Chapitre 373
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 373 : Destins funestes, un par un
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Quand le groupe mené par Ropord atteignit le côté ouest, la coalition du vicomte Mernes avait déjà bouclé la porte principale.
Ils étaient si nombreux.
Rien qu’au premier coup d’œil, l’armée ennemie était imposante. Il distinguait même des machines de siège.
Dix hommes s’étaient avancés. Ils fixaient le mur, et aucun n’avait l’air facile à affronter.
Leur équipement variait, mais la pression qu’ils dégageaient était indéniable.
Ropord en reconnut même un.
« Le déserteur. »
C’était ce salaud qui avait semé le trouble dans l’ordre des chevaliers avant de prendre la fuite.
L’homme leva les yeux vers le mur, repéra Ropord et lui adressa un sourire narquois.
« Imbécile. »
Ropord le lut sur ses lèvres et sentit un frisson lui parcourir l’échine.
Cet homme avait été son supérieur, et il était bien plus fort que lui.
Il n’était pas tout à fait au niveau d’un chevalier junior, mais il était prêt à tout pour gagner. Dans un combat à mort, il comptait parmi les adversaires les plus terrifiants.
Et les neuf autres, à ses côtés, étaient-ils tout aussi dangereux ?
Derrière eux se tenait une autre silhouette, clairement d’un rang supérieur.
Il portait un casque orné d’une unique corne acérée.
Même ses épaulières étaient munies de cornes. Ses talents mis à part, il avait des goûts pour le moins singuliers.
Les dix hommes devant eux représentaient déjà une menace, mais comment pourraient-ils repousser les troupes massées derrière eux ?
Un sentiment de défaite lui envahit la poitrine.
« Il y en a pas mal d’intéressants, ici. »
C’était la voix de l’homme-bête.
Puis l’épéiste qui se perdait tout le temps prit la parole à son tour.
« Il y en a au moins un qui mérite qu’on se batte. Les autres n’ont rien de spécial. »
Ropord resta interdit. Dans une telle situation, aucun des deux ne montrait le moindre signe d’inquiétude.
« Ouvrez la porte. Nous sommes les hommes du vicomte Mernes, venus arrêter des traîtres. »
Le commandant ennemi cria. Ropord ne le connaissait pas. Il avait l’air soigné, son casque calé sous le bras gauche.
Une épée pendait à sa taille et il tenait un bouclier dans une main. Le soleil s’y reflétait avec un éclat si vif qu’il en faisait mal aux yeux.
Sur le mur, les soldats étaient tétanisés de peur.
S’ils cédaient du terrain maintenant, ils perdraient avant même le début de la bataille.
La volonté.
Ropord se rappela cette révélation. Ils avaient des murs. Ils avaient du cœur. Ils voulaient protéger cet endroit.
Il prit une profonde inspiration et s’avança.
« Impossible ! Sa Majesté n’a donné aucun ordre de ce genre ! »
Espérant ne pas avoir l’air d’un chien effrayé, Ropord cria.
« Vous n’allez pas l’ouvrir gentiment ? »
Le chevalier junior déserteur lança ces mots avec un sourire mauvais, comme s’il n’avait aucune raison de se retenir.
Comme pour leur dire : et qu’est-ce que vous allez faire si on force le passage ?
« … Retirons-nous. »
Ropord prononça ces mots en serrant les dents.
Il ne lui restait plus qu’à les arrêter quand ils passeraient à l’attaque.
Ils n’étaient que dix, mais ces dix-là avaient déjà brisé le moral des soldats sur le mur.
Et Ragna n’était pas du genre à tout régler à coups de beaux discours.
Il était plus à l’aise avec une épée qu’avec sa langue.
Alors il choisit l’épée.
Dunbakel fit de même.
Elle se contenta de tapoter les lames courbes à ses deux hanches.
Tous deux avaient du mal à s’exprimer. Il était donc temps de parler autrement.
* * *
Peu après le départ de Ragna, Enkrid aperçut Odd-Eye.
La créature semblait regarder à l’intérieur, attirée par le tumulte.
Enkrid s’adressa à elle sans hésiter.
« Emmène-moi. »
Odd-Eye était son ami. Il pouvait bien lui demander un service pareil. Enkrid avait déjà tracé dans sa tête l’itinéraire jusqu’au palais royal.
Le chemin le plus rapide vers le palais.
Il lui fallait un cheval. Le plus rapide serait de sprinter par la route qu’il avait autrefois empruntée en carrosse.
C’était ce qu’il avait en tête en parlant à Odd-Eye.
Odd-Eye cligna une fois des yeux et se tourna légèrement sur le côté.
Enkrid prit cela pour un accord et s’avança, quand un carreau siffla dans les airs.
Il rejeta brusquement la tête en arrière. Le petit carreau passa juste devant son visage.
Des visages familiers apparurent au-dessus du mur.
Le soleil était encore haut, pourtant le groupe portait des masques. Ils étaient plus de trente.
Il avait déjà croisé ce genre d’individus plusieurs fois. Les mêmes vêtements, la même atmosphère.
« Vous ne vous lassez jamais ? »
demanda Enkrid. Pourquoi aller aussi loin ? À cause d’un contrat ? Non. Personne ne misait tout sur une simple mission. Il suffisait de les regarder pour le comprendre.
Il avait déjà affronté leur mage et toutes sortes d’assassins. S’ils avaient quand même déployé autant d’hommes, c’est qu’ils avaient engagé toutes leurs forces.
Ils semblaient prêts à mourir ici.
« Si on se lasse, on arrête de travailler ? On fait ce qu’on a à faire. »
L’homme tout à gauche d’Enkrid prit la parole.
Ses bras ballants semblaient presque deux fois plus longs que ceux des autres.
Mais il n’était pas avachi. Il les laissait simplement pendre.
L’un d’eux ne portait pas de masque. Il se tenait seul au milieu du mur.
Les autres étaient accroupis ou penchés en avant.
L’homme au centre avait les cheveux blancs et portait un monocle. Il était le seul à être convenablement vêtu, d’une chemise et d’une veste. Tapotant le mur avec sa canne-épée, il déclara :
« Je lui ai dit de te poignarder, et il ne m’a pas écouté. Il prend les contrats pour plaisanter ? »
Son regard glissa derrière Enkrid, vers Jaxon.
C’était donc lui qui avait parlé du contrat à Jaxon.
Enkrid ne se donna pas la peine de se retourner.
Ne pas refuser sur-le-champ, c’était accepter.
Mais Jaxon n’avait pas respecté le contrat. Il ne l’avait pas mené à bien. On lui avait dit de tuer, et pourtant Enkrid se tenait là, parfaitement indemne.
« Non, il a tenu parole. Alors vous devriez nous raconter tout ce que vous savez. »
Enkrid répondit fermement à la place de Jaxon.
Jaxon se mordit légèrement la lèvre et détourna le regard. Il semblait vouloir échapper à cette conversation. Il ne voulait pas entendre ça.
« De quoi tu parles ? Tu es là, bien vivant. »
L’épéiste aux cheveux blancs et à la canne-épée était l’un des piliers de l’Alliance des assassins.
En pratique, toute l’Alliance était réunie.
Leur dirigeante, qui dissimulait son identité, observait la scène à l’écart en maîtrisant sa respiration.
Sa spécialité consistait à se faire passer pour une simple assassin avant de porter un coup fatal.
« Je l’ai poignardé. »
Enkrid répondit sans hésiter.
« Quoi ? »
« J’ai dit qu’il m’avait poignardé. Là, juste ici. Paf. Si vous ne me croyez pas, il peut recommencer tout de suite. »
Enkrid désigna son bras gauche. La blessure avait déjà disparu. Il en restait une cicatrice, mais il fallait s’approcher pour la voir.
Et cette partie était de toute façon recouverte par une protection. Ils n’avaient aucune chance de la distinguer.
Mais qu’est-ce qu’il racontait, ce salaud ?
La dirigeante de l’Alliance y réfléchit et une possibilité lui vint à l’esprit.
Suivant le même raisonnement, l’assassin aux cheveux blancs demanda :
« … Tu t’es fait poignarder ? »
« Vous avez dit de le poignarder. »
Enkrid répondit sans même reprendre son souffle.
Un bref silence s’ensuivit.
Ils lui avaient dit de le poignarder, il s’était fait poignarder : le contrat était donc rempli.
S’il n’était pas mort, tant pis. Il avait bien été poignardé. Pour de vrai.
Enkrid continua de désigner son bras gauche, répétant la même chose d’un air entendu.
C’était si irritant que la joue de l’assassin aux cheveux blancs tressaillit.
Certains des hauts gradés de l’Alliance comprirent ce qu’Enkrid voulait dire et le dévisagèrent, incrédules. Les autres laissèrent exploser leur intention meurtrière.
Ce salaud se moque de nous.
Derrière eux, Jaxon poussa un soupir si discret qu’on ne l’entendit pas.
Il le fait vraiment.
« Vous avez dit de le poignarder. Alors il l’a poignardé. »
« Non, ce n’est pas ce que ça veut dire. »
C’était ce qu’ils s’étaient dit pendant leur entraînement. Oui, Enkrid n’avait pas mal compris.
Enkrid avait souri et répondu :
« C’est vrai, vous m’avez dit de me poignarder. »
Il répétait simplement la même phrase, montrant clairement qu’il n’écouterait rien d’autre. Il était probablement en colère.
Parce qu’ils avaient essayé de le manipuler ?
C’était vraiment un homme étrange.
Il leur renvoyait cette colère par des paroles douces et détournées.
« Ça m’a fait mal. J’ai vraiment eu mal. »
Quand Enkrid poursuivit, les autres réagirent.
« Ce salaud est vraiment fou. »
L’assassin aux cheveux blancs claqua la langue.
Jaxon se sentit un peu gêné. Certaines choses s’imposaient, d’autres non.
Enkrid faisait semblant de ne pas comprendre le sens implicite de leurs paroles.
Bien sûr, il n’essayait pas vraiment de gagner un débat.
Il les provoquait pour leur taper sur les nerfs et leur montrer à quel point il était agacé.
Et cela créa une ouverture.
En écoutant, plusieurs assassins hésitèrent franchement, comme s’ils se demandaient : mais qu’est-ce que c’est que ces conneries ?
La main d’Enkrid bougea plus vite que l’œil. À l’instant où l’autre le traita de fou, il lança le bras.
Le dernier son du mot se mêla à un sifflement aigu.
Enkrid lança ses deux mains. Il venait de jeter deux Dagues sifflantes.
Les deux dagues s’enfoncèrent en plein dans le front de deux assassins.
Paf !
Les deux corps basculèrent en arrière.
Ils tombèrent du mur, et un bruit sourd retentit.
Avant même que le bruit ne s’éteigne, Enkrid et Jaxon se mirent en mouvement.
« Passe devant. »
Jaxon le lui dit, et Enkrid hocha la tête. Ils partirent chacun d’un côté. Jaxon s’éloigna, remonta sa robe à capuche, ajusta sa ceinture, puis se jeta dans les ombres près du mur.
Enkrid lui jeta un regard, inspira et cria :
« Venez tous vous battre contre moi ! »
Dans le même temps, il frappa le sol du pied gauche.
Boum !
Chargé par le Cœur de la Force surhumaine, son piétinement fissura la terre.
Une force monstrueuse.
Pas étonnant que tous les assassins aient sursauté.
Son cri retentissant et son piétinement attirèrent vers lui tous les assassins qui tenaient leur position sur le mur.
Ses absurdités contribuèrent aussi à capter leur attention.
Il les avait amenés à se demander ce qu’il fichait au juste.
Les assassins ne se laissaient pas facilement intimider par un effet de masse.
Au contraire, l’un d’eux, emporté par la colère, sortit une fiole du poison nommé Dix Souffles.
On l’avait modifié pour qu’il explose en libérant un gaz vert ; une seule inspiration suffisait à vous achever.
On l’appelait Dix Souffles parce que si vous aviez le temps de respirer dix fois, vous étiez déjà mort.
Alors qu’il ramenait le bras en arrière,
Un coup de poignard.
Une chaleur brûlante jaillit dans sa gorge. Elle se propagea dans son corps avant que la douleur ne l’atteigne, et ses yeux se fermèrent.
Le monde devint noir, et il entendit le grondement de l’eau d’une rivière.
Puis il mourut.
Dans l’ombre, Jaxon effaça sa présence et étouffa tous les sons.
L’artefact lui était d’une grande aide. Il l’avait récupéré lors du raid contre le village des Bandits des Lames Noires.
La robe empêchait son énergie vitale de s’échapper, et la ceinture, enchantée, étouffait les bruits.
Sa présence dissimulée, il planta son épée longue vers le haut, tout droit dans le cou de l’homme qui avait sorti la fiole de poison.
La pointe transperça la gorge de l’homme. Le sang se répandit au sol, et quatre assassins à proximité réagirent en s’écartant.
Au même moment, des fléchettes empoisonnées fusèrent vers lui.
Elles frappèrent l’endroit où Jaxon se trouvait. Mais il avait déjà bougé et s’était plaqué contre le mur.
« Trouvez-le ! »
cria l’épéiste aux cheveux blancs. L’homme avait disparu en un instant, trop vite pour que même ses sens le repèrent.
Sans se montrer, Jaxon longea le mur et lança trois dagues de lancer silencieuses.
Deux filèrent sans un bruit et transpercèrent la gorge de deux assassins. La troisième fut bloquée.
Celui qui l’avait arrêtée était l’assassin aux longs membres.
Ses yeux brillaient d’une lueur surnaturelle. C’était de la magie : une prothèse oculaire implantée, porteuse d’un sort.
« Là ! »
Il désigna Jaxon, qui courait en contrebas du mur, et cria.
Dissimuler sa présence et ses bruits ne rendait pas son corps invisible. Jaxon courait sous le mur, profitant d’un angle mort de leur champ de vision.
Repéré ou non, Jaxon bondit légèrement vers le haut, leva son épée longue et la balaya en un large arc.
Vu du haut du mur, on aurait dit une lame de guillotine qui jaillissait d’en bas.
Fouish ! D’un coup vertical, il accrocha le poignet de l’assassin qui tenait l’arbalète modifiée.
Paf !
Il n’y avait pas mis toute sa force ; il ne pouvait donc pas sectionner l’os du poignet d’un seul coup.
La lame s’enfonça à mi-chemin dans le poignet de l’arbalétrier.
Quand le coup avait surgi, l’homme s’apprêtait à tirer sur Enkrid.
« Aah ! »
Un cri retentit.
« Là ! »
cria un autre assassin.
Un autre encore bascula par-dessus le mur et lança des dagues.
Fiiit ! Fiiit !
Des Dagues sifflantes.
Jaxon s’arrêta net et les esquiva en restant immobile.
Les dagues s’écrasèrent contre le mur de pierre dans un bruit sourd.
Jaxon se remit à courir, arracha les dagues du mur, puis en lança une vers le haut et l’autre sur le côté.
Un assassin agile esquiva celle qui montait. L’autre fut bloquée par un homme qui sortit un bouclier de nulle part.
Quel genre d’assassin se promenait avec un bouclier ? Mais prévoir l’équipement de sa cible faisait partie des bases du métier.
Les dagues ne les atteindraient pas facilement.
Sur cette pensée, Jaxon grimpa sur la portion du mur que les assassins avaient abandonnée.
D’un coup de pied contre la paroi, il se hissa là-haut. Son talent pour escalader les murs frôlait celui d’Esther.
Debout au sommet, Jaxon balaya les environs du regard, puis déclara :
« Si vous ne voulez pas mourir, ne me poursuivez pas. »
Puis il se laissa tomber et s’enfuit.
« Si nous baissons notre garde, il nous aura. »
« C’est pour ça qu’on est venus en groupe. »
Deux chefs de l’Alliance des assassins échangèrent ces mots.
Pendant ce temps, l’assassin aux longs bras chercha Enkrid, mais celui-ci avait déjà disparu. Rapide, ce salaud. À moins que tout cela ait été prévu depuis le début.
C’était bien le cas. Pendant qu’Enkrid attirait leur attention, Jaxon se cachait. Puis, tandis que Jaxon attirait à son tour leur attention, Enkrid faisait ce qu’il avait à faire.
Tout avait commencé à se mettre en place au moment où Jaxon avait dit : « Passe devant. »
Ils s’entraînaient et s’affrontaient côte à côte tous les jours.
Une telle coordination leur venait sans effort.
« Celui-là, d’abord. »
L’épéiste aux cheveux blancs désigna Jaxon du bout de sa canne-épée. Depuis le départ, leur objectif avait été d’éliminer l’assassin de la Dague de Georg.
Et puis, même si Enkrid parvenait jusqu’au palais royal, rien ne changerait.
Cet endroit grouillait de monstres bien au-dessus de leur niveau.
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