Chapitre 347
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 347 : On ne pouvait rêver mieux
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347. On ne pouvait rêver mieux
Enkrid avait dit qu’il escorterait Crang, mais ce n’était pas pour tout de suite.
« Nous resterons ici dix jours, peut-être une semaine si les choses avancent vite. »
déclara Marcus.
« Si nous restons plus longtemps, ça ne risque pas de devenir dangereux ? »
Kraiss intervint, mais Marcus secoua la tête.
« Tu ne t’es pas déjà dit que c’était un pari bien trop risqué pour un voyage censé servir uniquement à rencontrer quelqu’un ? »
Kraiss comprit aussitôt. Enkrid aussi.
Ils étaient venus le voir, certes, mais ce n’avait jamais été leur seul objectif.
S’aventurer dans la ville de la Garde-frontière comportait des risques, mais il y avait aussi d’autres raisons pratiques.
Cela se tenait.
Le comte Molsen était un poids lourd dont l’influence s’étendait jusque dans les cercles nobiliaires de la capitale.
Échapper à ses yeux et à ses oreilles était déjà difficile.
Et la reine tenait toujours fermement les rênes du pouvoir.
Personne ne savait si elle ne s’intéressait pas à la succession ou si elle avait une autre idée en tête.
Malgré cela, ils tentaient de lui ravir le trône.
Ce serait facile ? Ou difficile ?
Ils étaient partis de rien : ni base, ni position, ni avantage.
Tout ce qu’ils avaient, c’était le sang d’un bâtard royal.
Non, il a aussi cet étrange charisme.
C’était la deuxième fois que Kraiss voyait quelqu’un qui semblait rayonner par sa seule présence.
Le premier, c’était évidemment Enkrid.
Le patron est hors du commun.
Pour Kraiss, Crang l’était d’une tout autre manière.
Il attirait les gens à lui, puis avançait en s’en servant comme de tremplins.
Parfois, Kraiss se le représentait comme un immense navire, transportant des gens à son bord tout en poursuivant sa route.
Enkrid, en revanche, lui faisait plutôt penser à un drapeau.
Il tenait debout tout seul et avançait en solitaire. Un drapeau qui pouvait devenir le repère de quelqu’un, sa cible, et parfois même un bouclier dressé devant lui.
Et il a le talent qui va avec.
Quoi qu’il en soit, ce navire — non, Crang — combattait dans une position défavorable.
Que prouvait le fait qu’il ait non seulement survécu à un tel combat, mais qu’il en soit sorti victorieux ?
Que ni lui ni ceux qui l’entouraient n’étaient des amateurs.
« Alors, on y va ou pas ? »
Le froid s’était dissipé et Rem débordait d’enthousiasme.
Il n’avait pas compris un traître mot de leur échange.
Il s’était contenté de se curer le nez en râlant.
« Attends. »
Enkrid savait comment s’y prendre avec les bêtes. Il leva la main et s’adressa à Rem.
« Pas encore. Attends. »
On aurait dit quelqu’un qui essayait de maîtriser un chiot.
« … »
Rem leva silencieusement sa hache. Puis, comme de bien entendu, les coups de hache fusèrent plus vite que les paroles.
C’était aussi une manière de le provoquer, à moitié délibérée.
Ils passèrent donc leur temps libre à s’affronter.
Ou à s’entraîner.
Ou à répéter leurs mouvements.
Encore et encore.
* * *
Creuser un seul puits permet d’aller plus profond que d’en creuser plusieurs.
Choisis-en un et creuse.
Tous ceux qui avaient un jour pris une épée ou une hache en main avaient entendu cette phrase.
Droit, lourd, trompeur, rapide, souple.
Dans lequel creuserais-tu ?
Prends dix hommes qui prétendent savoir manier une lame et pose-leur la question : tous les dix répondront la même chose.
À creuser des puits un peu partout, aucun ne donnera d’eau et, au bout du compte, tu mourras de soif.
Bien sûr, certains précisaient qu’il fallait choisir un puits susceptible de donner de l’eau, autrement dit une voie adaptée à soi. Mais c’était un détail plus pointu, une question légèrement différente. L’essentiel, c’était ceci :
« Creuse un seul puits. »
Pose la question à cent hommes, et les réponses se ressembleront.
Mais Enkrid n’avait pas fait cela.
Il avait exploré de nombreux puits et creusé de nombreux trous.
Cœur de la Bête, Art sensoriel, Technique d’isolement, Point de concentration.
Il avait aussi appris toutes sortes d’escrime.
Cent hommes sur cent auraient affirmé que c’était la mauvaise voie.
Pourtant, aucun membre de la Compagnie des Fous n’ouvrit la bouche pour le critiquer.
Personne ne protesta.
Quand dix ou cent personnes affirmaient quelque chose, cela ressemblait à une vérité, voire à une loi. Mais quand le nombre dépassait le millier, puis les dix mille, quelques voix commençaient à s’élever pour répondre autrement.
« Pourquoi faudrait-il faire comme ça ? »
demandaient-ils à leur tour.
Ou bien :
« À quoi bon ? Faites simplement ce qui vous vient naturellement. »
À force d’entendre ce genre de propos, on finissait aussi par entendre :
« Vous êtes tous aussi dingues, les génies ? »
La plupart passaient pour des cinglés ou se faisaient envier.
Rien d’étonnant à cela.
Ils refusaient la voie habituelle, suivie par tous les autres, et pourtant avançaient seuls. Ils ne couraient pas à la même vitesse que les autres.
Ceux qui les regardaient de loin devaient lutter contre leur frustration et leur désespoir.
Le talent était une discrimination.
Le monde était injuste.
La Déesse de la Fortune n’aimait pas tout le monde.
Tout le monde le savait.
Enkrid avait souvent entendu des choses semblables.
« Creuse un seul puits. »
Ou alors, engage-toi dans l’Escrime à l’épée de mercenaire du Style de Vallen.
Ou bien :
« Pourquoi ne pas te concentrer uniquement sur l’Épée rapide ? Tu serais au moins meilleur qu’aujourd’hui. »
On lui avait souvent conseillé d’apprendre l’Épée rapide, qui misait tout sur la première frappe.
Ceux qui le lui conseillaient admiraient sa persévérance.
Mais Enkrid ne les avait pas écoutés.
Il n’avait pas creusé un seul puits.
À vrai dire, il ne le pouvait pas.
S’il l’avait fait, il n’aurait pas survécu.
Ensuite était arrivée cette bénédiction qui ressemblait à une malédiction, et il avait naturellement absorbé toutes sortes de choses dans son corps.
Avait-il oublié, au cours de ce processus, cette maxime du « puits unique » ?
Non. Il l’avait ignorée.
La réponse de tout le monde ne pouvait pas être la bonne. Enkrid suivait son propre instinct.
Plus que tout, c’était le plaisir qui le poussait.
C’est amusant aussi.
Cela aussi, c’était amusant.
Il le devait à la répétition des jours. Ce qui aurait pu être pénible s’était changé en exaltation.
Dès lors qu’il avait commencé à y prendre plaisir, inutile de se quereller pour savoir s’il fallait creuser un seul puits ou plusieurs.
Il avait superposé l’escrime à toutes les techniques que lui enseignait la Compagnie des Fous. Chaque étape du processus était amusante, puis de plus en plus amusante.
Chaque jour était différent.
Se réveiller chaque matin, c’était comme recevoir un cadeau.
Progresser, changer, avancer : tout cela le plongeait dans une joie profonde.
C’était possible parce qu’Enkrid lui-même n’était pas normal.
Tout le monde pouvait-il se réjouir de se voir ramper à quatre pattes ?
Non. Ce n’était pas à la portée de tous.
Enkrid était le seul à pouvoir le faire.
Il avait appris à ne jamais se contenter de ce qu’il avait et en éprouvait une sincère gratitude. Chaque jour, chaque instant lui paraissait donc nouveau et réjouissant.
Toute cette volonté. Cette malédiction qui ressemblait à une bénédiction. Les membres de la Compagnie des Fous, entrés par hasard dans sa vie et qui y étaient restés par le destin.
Tout cela réuni, Enkrid avait puisé de l’eau dans chacun de ses puits.
« Si je devais diviser le talent au combat, à l’arme ou à mains nues, je le répartirais en deux catégories. »
C’était ce qu’avait dit un instructeur d’une grande ville, un homme aux principes et aux critères très stricts.
« D’un côté, il y a ça. »
En parlant, il s’était pointé le front de l’index.
« C’est le talent qui consiste à manier l’épée avec sa tête. Tu observes, tu juges, tu réfléchis, tu planifies. La deuxième catégorie, c’est le talent physique. Est-ce que ton corps fait ce que tu lui demandes ou non ? Le tien, non. Tu fermes les yeux quand une épée vole vers toi ? Même après t’être préparé, si tu as encore du mal, qu’est-ce que ça signifie ? Ton corps ne suit pas ta volonté. »
Alors, concentre-toi sur une seule chose. Si tu veux manier une épée, frappe le premier.
Ce même homme lui avait aussi conseillé de privilégier l’Épée rapide de mercenaire.
Mais personne, dans la Compagnie des Fous, ne disait ce genre de choses.
C’étaient des monstres qui avaient fait voler en éclats le bon sens depuis l’extérieur du bon sens. Même parmi les elfes, Sinar était considéré comme exceptionnel.
Surtout, à leurs yeux aussi, les techniques développées par Enkrid étaient toutes liées entre elles.
Il n’avait pas besoin de s’en tenir à un seul puits.
« C’était bien, ça. »
C’était justement ce que Rem avait ressenti un instant plus tôt.
L’art du combat à mains nues d’Audin, enchaîné après la Technique d’isolement, s’était fondu dans l’épée d’Enkrid.
Le Style de l’épée lourde de Ragna s’était mêlé à l’Épée entravante, bâtie sur les fondations simples de l’Épée correcte.
Un instant plus tôt, Enkrid avait abattu de la main droite son épée longue argentée, posé la main gauche sur Spark et avancé le pied gauche d’un demi-pas.
Spark était une épée conçue pour les estocs rapides et directs.
La pression de l’arme semblait prête à jaillir à tout instant, si bien que Rem avait dû balancer sa hache.
Dévier, détourner.
Des pensées lui avaient traversé l’esprit avant d’aboutir en un instant.
Mais Spark n’avait jamais jailli.
L’épée qui s’abattait d’en haut n’avait pas non plus la moindre force derrière elle.
Quelle feinte dégueulasse, avait-il pensé l’espace d’un instant, avant qu’Enkrid ne réduise la distance en se servant de ses deux coups d’épée principaux comme d’appâts.
Puis il avait imposé un combat au corps à corps.
Cette méthode résultait d’un mélange avec l’Escrime à l’épée de mercenaire du Style de Vallen.
Ses deux coups d’épée étaient portés avec assez d’élan pour paraître réels.
Cela lui venait de ce qu’il avait appris grâce à l’Épée écrasante.
« C’est complètement dingue ! »
Rem avait crié, surexcité.
À ce moment-là, la main d’Enkrid avait déjà saisi le bras de Rem pour le tordre dans l’autre sens.
Sentant son bras sur le point de se démettre, Rem avait pris appui, bondi en l’air et tournoyé.
Le mouvement tenait presque de l’acrobatie.
Son bras étant tordu, il avait fait pivoter tout son corps dans la même direction.
En même temps, il avait frappé l’avant-bras d’Enkrid du tranchant de la main et l’avait repoussé.
Repoussé en arrière, Enkrid avait agi comme si tout était prévu : il avait rattrapé l’épée longue qu’il avait lâchée — non, qu’il avait lancée légèrement en l’air — puis s’en était ressaisi.
Il l’avait empoignée et abattue. L’Épée écrasante. Il y avait ajouté un coup descendant du Style de l’épée lourde.
La méthode était si incroyablement amusante que Rem s’était lui aussi enflammé.
Il avait tournoyé une fois en plein air, touché terre, puis bondi aussitôt grâce à la force monstrueuse de ses jambes. Son corps était devenu flou. Une image rémanente était apparue.
On aurait dit que son corps s’était dédoublé.
Un Rem immobile, un autre qui reculait.
L’épée d’Enkrid avait fendu celui qui se tenait sur place.
Le Rem qui reculait avait incliné le dos en arrière, puis s’était plié vers l’avant.
Chaque mouvement était rapide, brutal, sans retenue.
Il s’était étiré vers l’arrière, replié sur lui-même, puis avait lancé les deux armes qu’il tenait : deux haches.
Incroyable.
Enkrid l’avait admiré en silence.
Ce que Rem venait de sortir était un mouvement improvisé.
Fouuuush !
Dans un grondement explosif, les deux haches avaient filé comme des disques en rotation.
Enkrid avait incliné son épée en diagonale.
Ainsi, il avait exactement bloqué la trajectoire des deux haches.
Boum ! Boum !
Il avait encaissé les haches en plein vol, et un impact semblable à une explosion avait secoué tout son corps.
La force derrière les coups était monstrueuse.
Les haches qui avaient heurté sa lame avaient tournoyé vers le haut. Après avoir tracé d’étranges arcs dans les airs, elles s’étaient toutes deux plantées dans le sol.
Leur poids reposait du côté de la lame ; elles ne pouvaient donc pas tomber manche en premier.
Enkrid se tenait là, les genoux à demi fléchis, les deux mains sur son épée longue qu’il maintenait toujours en diagonale.
« On s’arrête là. »
Rem avait vu Enkrid bloquer les haches et s’était arrêté.
S’ils continuaient, l’un d’eux repartirait avec des os brisés ou des blessures graves.
Après tout ça, Rem avait simplement dit : « C’était bien, ça. »
Enkrid reprit son souffle et demanda :
« Tu as improvisé ça sur le moment, pas vrai ? »
« Pourquoi tu me le demandes, si tu connais déjà la réponse ? »
répondit Rem avec un sourire en coin.
Enkrid avait mis plusieurs jours à réfléchir à sa manière de lancer son épée.
Rem, lui, n’avait pas réfléchi.
Il avait observé son adversaire et improvisé une technique sur-le-champ.
Et pourtant, son degré d’aboutissement était remarquable.
« Et après ? »
« Fronde, charge, combat à mains nues. »
Il parlait de ce qui venait après le lancer des haches. C’était une technique meurtrière, pas quelque chose qu’ils pouvaient poursuivre à l’entraînement.
Il lancerait une pierre à la fronde, prendrait appui pour charger, puis s’approcherait afin de distribuer coups de poing et coups de pied.
Le combat à mains nues de Rem était lui aussi de premier ordre.
Le plus effrayant, c’était cette charge téméraire qui réduisait la distance pendant que son adversaire s’occupait d’éviter et de bloquer les pierres lancées à la fronde.
Il voulait profiter du moment où le rythme de l’adversaire se brisait, occupé qu’il était à se défendre et à esquiver les pierres.
« Pas mal. »
Enkrid hocha la tête.
Le mouvement de Rem se dessinait dans son esprit.
« Vraiment pas mal. »
Rem hocha la tête à son tour. Il était sincèrement heureux des progrès d’Enkrid.
Bien sûr, Enkrid n’avait pas tout appris d’un seul coup. C’était un talent très étrange.
Parfois, il revenait soudain après avoir maîtrisé quelque chose de nouveau, mais, pour qui l’observait, sa progression semblait douloureusement lente.
Pourtant, il n’hésitait jamais, ne s’arrêtait pas et ne nourrissait aucun préjugé.
Il réagissait aux techniques de son adversaire avec une admiration sincère, puis les étudiait.
Quelle meilleure attitude pouvait-on avoir ?
« Tu t’amuses ? »
« Est-ce que j’ai besoin de répondre ? »
En dehors de Rem, il croisait parfois le fer avec Ragna aussi.
Ses séances avec Audin, elles, n’avaient pas changé.
Et au milieu de tout ça :
« Emmenez-moi aussi ! »
Dunbakel s’était avancée sans même savoir exactement de quoi il s’agissait.
Elle voulait se joindre à la mission d’escorte.
Enkrid acquiesça.
Un assassin, ou quelqu’un d’autre, ne manquerait pas de passer à l’action pour cette mission.
Serait-ce dangereux ?
La route qui les attendait était-elle semée d’épines ?
Était-ce l’une de ces missions où le danger vous guettait à chaque instant ?
Probablement.
Même en le sachant, Enkrid se sentait tout de même à moitié exalté.
« Pourquoi tu as l’air si content ? »
Il devait avoir ça sur le visage, car Grands Yeux le lui demanda d’un ton perspicace.
Comme toujours, Enkrid répondit franchement.
« À ton avis, quel genre de salaud va nous tomber dessus ? »
Dans l’esprit de Kraiss, trois ou quatre groupes d’assassins qu’il connaissait défilèrent.
Il avait commencé sa vie dans les bas-fonds.
Il en connaissait un rayon.
Non, il en savait encore plus maintenant.
Diriger la Guilde de Gielpin comme une guilde de renseignements lui avait beaucoup appris.
« Des salauds qui vont nous causer des ennuis ? »
À ces mots, Enkrid lui sourit avec un éclat qui évoquait le soleil printanier, et Kraiss fronça les sourcils.
« C’est une raison de sourire ? »
« Et pourquoi ça ne le serait pas ? »
Tap, tap.
Rem, qui observait la scène, tapa sur la tête de Kraiss et dit :
« Si tu comprenais ce qui se passe dans la tête de ce type, tu deviendrais cinglé toi aussi. »
Cette remarque agaça un peu Enkrid.
Le plus cinglé de tous le traitait de cinglé.
Était-ce ça, quand on disait qu’une goule insultait un molosse à tête humaine ?
Non, ce n’est pas ça.
Cette expression servait à parler de deux salauds qui se ressemblaient et s’insultaient l’un l’autre.
Il en fallait une autre, ici.
Un chien couvert de crasse qui réprimandait un chien couvert de poussière : voilà ce qui convenait.
« Très bien. Viens donc. Rem, j’accepte ton défi. »
« … Où est-ce que j’ai lancé un défi ? »
« Dans tout ce que tu as dit. »
« On dirait plutôt que tu cherches la bagarre. »
Aux yeux de Kraiss, ils se valaient bien.
Quoi qu’il en soit, cinq jours entiers passèrent de toutes sortes de façons.
« Tout s’est terminé plus tôt que prévu. »
Marcus leur transmit une demande officielle. Une maison royale commandait une mission d’escorte.
Officiellement, il s’agissait d’escorter des membres de la compagnie marchande de la maison. En réalité, ils escorteraient un fils bâtard de la famille royale. Les périodes seraient définies séparément, mais les deux missions seraient considérées comme faisant partie du même contrat.
De la Garde-frontière jusqu’à la capitale du royaume.
Le départ était prévu dans deux jours. Un autre jour passa, le soir arriva, et ils venaient tout juste de décider qui partirait et qui resterait.
« … Bordel. J’aurais dû m’y attendre, de la part de ce bâtard de chat sauvage : il s’infiltre sans un bruit ? »
Ils revenaient après avoir rassemblé du matériel utile et acheté de la viande séchée et assaisonnée, entre autres.
Enkrid avait aussi pris un peu de brandy dans une gourde.
Il pouvait toujours y avoir un moment où il aurait terriblement besoin d’en boire quelques gorgées.
À peine entré, Rem aperçut la silhouette assise dans la baraque et lâcha cette remarque.
« Tu parles d’infiltration ? C’est juste que tu es trop lent pour t’en rendre compte. »
Personne ne pouvait rivaliser avec ce type quand il s’agissait de dissimuler sa présence.
Aucune lampe n’était allumée. Il était assis là, tranquillement, comme un objet inanimé qui se confondait avec la couchette.
« Tu es de retour ? »
demanda Enkrid depuis l’entrée de la baraque.
Jaxon, qui était revenu, hocha la tête.
« Oui, je suis de retour. Mais je crois que je vais devoir repartir bientôt. »
« Où ça ? »
« J’ai des affaires à régler dans la capitale. »
« … Par capitale, tu veux dire l’endroit où se trouve le palais royal de Naurillia ? »
À la question d’Enkrid, Jaxon cligna une fois des yeux depuis sa chaise, puis répondit :
« Évidemment. »
Était-ce de la chance ou simplement le moment idéal ?
« Nous allons justement là-bas. »
Jaxon cligna encore des yeux.
Ils allaient où ?
« Un poids mort, un poids mort. Tu comptes nous emmener ça ? »
Rem intervint depuis le côté, mais Jaxon l’ignora complètement.
« Vous allez dans la capitale ? »
« Oui. »
« Quand ? »
« Demain. »
Jaxon trouva la coïncidence étrange.
Il cherchait un prétexte pour se rendre dans la capitale, ou plus précisément au palais royal.
Le plus tôt serait le mieux, et voilà qu’ils partaient demain.
On ne pouvait vraiment rêver mieux.
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