Chapitre 333
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 333 : Le déclic se propage encore et encore (2)
= = =
« On peut vraiment le laisser là ? »
Le lieutenant du seigneur Graham posa la question à son supérieur.
Ça ne lui semblait pas normal.
Ils venaient de laisser Enkrid devant un homme qui prétendait être à la fois un noble et le patron d’une compagnie marchande.
Maintenant qu’ils l’avaient trouvé, c’était peut-être la bonne décision, mais le seigneur n’aurait-il pas dû s’en charger lui-même ?
Ne pouvant pas exprimer toutes ses pensées, il fit court.
La main sur son épée, le seigneur Graham répondit :
« Et si on ne le laisse pas là ?
Pour l’instant, c’est toujours moi, le seigneur.
S’il n’est pas content, il n’a qu’à venir me trancher la tête. »
Le lieutenant trouvait que son seigneur jouait un peu trop légèrement avec sa vie ces derniers temps, mais il ne dit rien.
Même à ses yeux, si Enkrid s’y mettait sérieusement, devenir un simple seigneur ne lui poserait aucun problème.
Et puis, Graham semblait tout à fait prêt à lui céder sa propre tête.
« Oui. »
Le lieutenant accepta.
Il n’avait rien à ajouter.
À la place, il observa son seigneur.
Il y vit une concentration qu’il ne lui avait jamais connue.
Graham plissa les yeux, empoigna son épée et l’abaissa lentement.
L’Épée écrasante ?
La façon de manier l’épée d’Enkrid n’avait-elle donc influencé qu’Esther ?
Non.
Pour la première fois depuis bien longtemps, le cœur de Graham s’emballa.
Sa poitrine le lança.
Une envie irrépressible, un désir ardent s’embrasa en lui, comme un allumeur en spirale.
L’émotion devint un carburant qui propulsa son corps.
Ah.
À force de répéter le mouvement, une petite révélation le frappa.
Graham se remémora l’entraînement de la veille, de l’avant-veille, de toute la semaine.
Il n’avait pas négligé la pratique.
Mais avait-il vraiment fait de son mieux ?
S’était-il donné à fond ?
Non.
Pas du tout.
Il s’était contenté de rester là où il était, englué dans ses habitudes.
Il s’était obsédé à préserver le statu quo.
Être devenu seigneur lui avait-il servi d’excuse pour être occupé ?
S’était-il dit qu’il n’avait plus rien à gravir ?
L’ardeur qu’il avait ressentie en prenant une épée pour la première fois s’était-elle déjà consumée ?
Pouvait-il avouer tout ça devant ce salaud ?
Ce salaud, c’était évidemment Enkrid.
Celui qui avait déclaré rêver de devenir chevalier.
Celui qui suivait maintenant cette voie.
Celui qu’on n’avait cessé de railler à son arrivée dans l’unité.
Celui qu’on avait sali avec d’ignobles rumeurs, en prétendant qu’il avait dû vendre son corps à ses compagnons d’escouade.
Celui qui n’avait été qu’un simple soldat de basse extraction.
Graham avait vu Enkrid changer. Il n’était donc peut-être pas étonnant qu’il en soit remué.
Une révélation, née de l’épée, l’avait poussé à repenser à toute sa vie.
Être seigneur ne signifie pas que je dois rengainer mon épée.
Graham savait qu’il n’était pas particulièrement malin.
C’était pour cela qu’il avait confié la majeure partie du travail à son lieutenant.
En plus de cela, il avait même délégué certaines tâches à Grands Yeux, de la Compagnie des Fous, réputé pour son esprit retors et redoutable.
Il avait aussi réduit au minimum ses relations avec les autres.
En ce moment, il avait l’impression qu’il deviendrait fou s’il ne pouvait pas continuer à manier son épée.
Le lieutenant ne pouvait pas arrêter son seigneur.
Aurait-il agi autrement, lui ?
« Ça vous dirait de croiser le fer ? »
Lui aussi appartenait à une compagnie d’infanterie lourde et était connu comme un vétéran, un soldat d’élite.
À présent, il était également le lieutenant et le garde du corps du seigneur.
Naturellement, il avait lui aussi vu Enkrid.
Il avait vu son évolution, ce qu’il était devenu et la bataille récente.
Prétendre que cela ne lui avait rien fait aurait été mentir.
« Faisons un tour.
Je vais te montrer la différence entre nous. »
Le seigneur acquiesça.
Ils n’étaient pas les seuls à avoir été touchés.
Toute l’unité l’avait été.
Le commandant de compagnie elfe n’y avait pas échappé.
Sinar tenait Naidhl et répétait inlassablement le même mouvement.
Elle travaillait la délicatesse et la précision de ses gestes.
Ce qui l’avait remuée, c’était le dos d’Enkrid faisant face à un chevalier.
Je vais le bloquer.
Dans ces trois mots, Sinar avait perçu la lame acérée de son émotion.
Sa sensibilité lui permettait de ressentir les émotions et, parfois, de lire ainsi le cœur de l’autre.
Elle ne pouvait pas tout déchiffrer, mais les puissantes bourrasques d’émotion se lisaient souvent avec une facilité surprenante.
Plus la volonté de l’adversaire était forte, plus elle devenait limpide.
Sinar avait donc senti l’émotion d’Enkrid au moment où il avait bloqué le chevalier.
Même si je meurs, même si je suis en train de mourir, même si mon cœur se fend en deux.
Je le bloquerai.
Quel genre de personne était capable de faire ça ?
Quelqu’un de si concentré sur une seule chose que tout le reste disparaissait.
Et quel était ce fragment d’émotion qui s’y mêlait ?
Une exaltation pure, enveloppée de peur.
Ce n’était pas qu’il n’avait pas peur.
Ce n’était pas qu’il ignorait la douleur.
Il se contentait d’envelopper tout cela dans le frisson de l’instant.
Il savourait le moment et en oubliait la douleur.
Il mettait de côté les souffrances à venir et se consacrait pleinement au présent.
On aurait dit quelqu’un qui ne vivait que pour l’instant.
Il est fou.
Sinar pouvait l’affirmer sans hésiter.
Il y avait en lui une folie, comme si sa tête était cassée.
Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir un frisson aigu à la seule pensée de lui.
Les elfes étaient censés maîtriser leurs émotions ; ils n’étaient donc pas censés éprouver ce genre de frisson.
Mais, cette fois, elle avait oublié de se maîtriser.
Naidhl se mit à danser au bout des doigts de Sinar.
Elle avait commencé par des gestes précis et délicats, puis avait avancé, oubliant forme et cadre.
L’énergie vitale qu’elle avait retenue si longtemps dans son corps se mit à circuler d’elle-même.
Elle la laissa faire.
Elle ne chercha pas à la maîtriser.
À cet instant, tout ce qu’elle voulait, c’était manier son épée.
Le dos d’Enkrid l’avait transformée ainsi.
* * *
« Ce n’est pas comme si j’en étais incapable, moi aussi, hein ? »
Il était tout naturel que les exploits d’Enkrid remuent les soldats de l’unité, surtout ceux qui étaient fiers de leur maniement de la lame.
Plusieurs l’avaient même suivi de la Perle Verte jusqu’ici après l’avoir vu combattre.
À leur arrivée à la Garde-frontière, ils s’étaient vantés à grand bruit de leurs talents de combattants et avaient annoncé qu’ils rejoindraient la Compagnie des Fous.
Forcément, ils attirèrent l’attention.
L’un des soldats d’origine de la Garde-frontière en interpella donc naturellement un.
« Tu sais te battre ?
Tu la ramènes beaucoup. »
Le soldat de la Perle Verte ne fit pas semblant de ne pas entendre la provocation.
À vrai dire, c’était lui qui avait autrefois provoqué Enkrid.
Il s’appelait Janson.
Janson tourna la tête et répondit :
« Je me débrouille. »
Il avait combattu en première ligne lors de cette bataille.
Il s’était aussi entraîné tous les jours après avoir vu Enkrid.
Il s’était poussé plus loin que jamais.
Cette confiance était justifiée.
« Bell, vas-y doucement avec lui. »
Un autre soldat, derrière eux, jeta un coup d’œil à Janson et lança cette remarque.
Pour une raison étrange, elle piqua son orgueil.
Bell, l’homme qui lui faisait face, hocha la tête et s’avança.
Sa posture disait : allons-y.
« Tu vas te faire mal.
Toi. »
dit Janson.
« Ouais. Faisons-nous mal. »
répondit Bell.
Bell s’était entraîné avec la Compagnie des Fous, parfois lors d’exercices intensifs.
Ce après-midi-là, le soldat de la Perle Verte vit des étoiles en plein jour.
Bell encaissa le coup de poing de Janson sur le front, puis lui décocha un contre au niveau de la tempe et l’envoya au tapis.
Il y avait un écart de compétence.
Mais, surtout, leur état d’esprit était manifestement différent.
« Ça fait mal ?
Des types de mon niveau, il y en a partout ici. »
Bell se frotta le front en parlant, et le soldat à terre releva la tête.
« Je m’appelle Janson. »
« Bien. Bienvenue. »
Janson rejoignit l’escouade de Bell sur-le-champ.
Et il ne fut pas le seul.
Tous ceux qui avaient vu Enkrid combattre se jetèrent à corps perdu dans l’entraînement.
Ils suèrent comme des damnés.
Même sans les exercices de la Compagnie des Fous, ils se poussaient eux-mêmes.
On aurait dit une caserne pleine de fous.
Bien sûr, certains se reposaient au milieu de tout ça.
Quelques-uns se retenaient clairement.
Chacun était libre, alors personne n’obligeait personne.
Malgré tout, même eux le savaient instinctivement.
Si tout le monde s’entraîne comme ça et que je suis le seul à glander…
Sur le champ de bataille, l’écart serait forcément là.
C’est ainsi que le déclic se propagea.
Rem faisait-il exception ?
Lui aussi se mit à faire tournoyer ses haches.
On était à la fin de l’hiver, mais voir Rem sans son cuir doublé était tout de même rare.
« Tu es blessé quelque part ? »
lui demanda Kraiss avec inquiétude en passant à la hâte.
« Si tu ne veux pas finir avec une hache plantée dans le crâne, dégage. »
Kraiss déguerpit aussitôt.
Après Rem, Dunbakel se mit elle aussi à s’entraîner comme si quelqu’un la poursuivait, s’acharnant sans relâche.
Rem ne la tourmentait plus exprès comme avant, mais, quand il le fallait, il mêlait combats d’entraînement, exercices et conseils.
« Tous les hommes-bêtes sont aussi stupides que toi ? »
« C’est une remarque raciste. »
« Et alors ?
Tu veux mourir ? »
Parfois, on aurait même dit que Rem passait ses nerfs sur elle, mais le résultat était là.
Dunbakel apprenait tout ce qu’elle devait savoir, même en se faisant frapper.
Audin remarqua lui aussi les changements.
Ragna avait changé, et son capitaine aussi.
Qu’est-ce que cela lui faisait ?
Beaucoup de choses.
Audin eut donc l’esprit fort occupé pendant un moment.
Au moins, il avait de la chance que ce soit Ragna.
Si ç’avait été Rem…
Ce barbare aurait foncé sur lui et exigé un combat d’entraînement sans retenue.
Il aurait insisté sur son avantage et se serait délecté de la situation.
Ragna ne fit rien de tel.
Il était toujours aussi paresseux.
Contrairement à avant, il maniait désormais son épée et s’entraînait souvent avec le capitaine, mais il ne lançait plus de provocations à peine voilées pour mettre Audin et Rem sous pression.
Surtout, il restait souvent à fixer le vide et sortait rarement de la caserne.
Malgré tout, la situation le mettait mal à l’aise.
Prendre de l’avance, avant moi.
songea Audin.
Est-il temps de lever l’interdiction ?
Si Rem avait changé ainsi, il s’en serait sérieusement inquiété, mais ce n’était pas le cas.
Audin avait lui aussi trouvé quelque chose qui ressemblait à une réponse, mais il ne pensait pas que cela marcherait sur ceux qui lui avaient imposé ce Sceau d’Interdiction.
Alors…
« Comme ils l’ont dit, repasse le chemin que tu as parcouru. La réponse à ce qui t’a empêché d’avancer se trouve là. »
Il réciterait les textes sacrés et prierait.
Et c’est ce qu’il fit.
Tout le reste du temps, il consacrait ses heures à réentraîner son corps, morceau par morceau.
Une couche après l’autre, puis encore une. Voilà la source de la force d’Audin.
Il repassa tout le chemin parcouru, du début jusqu’à aujourd’hui.
Il retraça chaque étape des changements de son corps.
Voilà ce qu’il faisait.
Tandis qu’Enkrid avançait, ceux qui l’entouraient avançaient aussi ; le déclic se propagea encore et encore, jusqu’à remuer toute la caserne.
Dans le calme, mais avec ardeur.
Ardemment, mais avec discrétion.
Un changement s’opérait dans le camp.
Il y avait déjà eu des gens motivés, mais cette fois, même le seigneur était pris dans le mouvement, qui changeait l’atmosphère de toute la ville.
* * *
« Vous ne pourriez pas trouver de meilleures conditions ! »
Enkrid avait oublié le nom de l’homme.
Il se tourna pour chercher Graham, mais celui-ci était parti.
Depuis le comte Molsen, le seigneur se montrait dès qu’une grosse pointure arrivait. Mais voilà qu’un type comme celui-ci débarquait, et il le refilait à Enkrid.
C’est comme ça qu’on traite un héros de guerre ?
Il avait beau trouver gênant de se qualifier lui-même de héros, il n’allait quand même pas lui refiler tout le travail de représentation ?
C’était ça, un seigneur ?
Enkrid eut soudain envie de croiser le fer avec Graham.
Il avait l’impression qu’il avait beaucoup à apprendre de lui.
Par exemple, comment bien tomber, bien encaisser les coups et perdre connaissance sans douleur.
Le noble marchand à la tête de crapaud prit la parole.
« C’est ma fille, et la plus belle femme de notre territoire. »
Une femme qui avait l’air un peu plus humaine qu’un crapaud esquissa un sourire timide, croisa son regard, puis détourna les yeux.
Devait-il le tuer ?
Évidemment que non.
Alors, lui coller une raclée ?
« Tu es Rem ?
Le capitaine, maintenant, c’est Rem ! »
Il entendait presque Kraiss lui faire la morale.
Sinar était occupée, elle aussi, aujourd’hui. C’était donc exclu.
Esther s’était enfermée pour méditer et n’avait aucune intention de sortir.
Il aurait peut-être dû amener Rem.
Rem aurait pu faire un scandale, Enkrid l’aurait calmé, et tout aurait été vite réglé.
Il aurait dû s’entraîner avec Rem ce matin.
Il détestait même que son emploi du temps ait été chamboulé.
Mais il ne pouvait pas passer ses nerfs ici.
À voix haute, il continua la conversation. Dans sa tête, il commença un combat d’entraînement imaginaire.
Avant même de s’en rendre compte, il était occupé à esquiver les haches fulgurantes de Rem.
Il a dit qu’il utilisait une fronde, non ?
Quelle serait la meilleure façon d’esquiver ça ?
Il n’en savait rien.
Il ne pouvait que faire de son mieux.
L’apprentissage par l’expérience l’attendait.
Il brûlait d’impatience d’y retourner.
La patience mise à part, Enkrid trouvait tout cela parfaitement futile.
Il avait déjà passé assez de temps ici.
Assez, en tout cas, pour boire une tasse de thé.
Même s’il l’avait avalée d’un trait.
« Alors, hum ?
Qu’en dites-vous ? »
Il se fichait de la proposition qu’on lui avait faite.
« Sur ce, je vous laisse. »
Sur cette formule nette, Enkrid se leva.
« Hein ?
Hé, je suis un noble et le propriétaire de la compagnie marchande qui contrôle le commerce de toute la région ! »
L’homme se mit à énumérer ses titres.
Enkrid ne prit même pas la peine de lui jeter un regard qui disait : et alors ?
Il était presque en train de perdre la tête, tant il avait envie de sortir en courant pour affronter les haches de Rem.
Que l’homme contrôle ou non le commerce régional, c’était au seigneur absent de s’en occuper.
S’il avait vraiment été important, le seigneur serait intervenu.
Enkrid n’avait donc aucune responsabilité dans cette affaire.
C’était une justification délirante, mais pas fausse.
Quand Enkrid détala ainsi, le noble marchand qu’il laissait derrière lui ne put que rester planté là, stupéfait.
Non, sa réaction ne s’arrêta pas à la stupeur.
Et cet homme n’était pas le seul à ressentir ce changement.
Combien de personnes Enkrid avait-il déjà éconduites ?
Pas une ou deux.
Un grand nombre.
Certaines avaient commencé à lui en vouloir.
« Espèce de salaud. »
Le noble marchand grinça des dents.
Les muscles de sa mâchoire ressortaient nettement sous sa peau.
Sa fille, qui l’accompagnait, avait les larmes aux yeux.
Voir un homme qui ne l’avait pas regardée une seule fois, alors qu’elle se tenait juste devant lui, lui serra le cœur.
Kraiss avait tout observé depuis la porte de la salle de réception.
« Allons-y ! »
Les invités presque indésirables s’en allaient.
Kraiss savait que si les choses continuaient ainsi, une catastrophe finirait par arriver.
Bien sûr qu’il le savait.
C’était évident.
Trop évident.
Le problème, c’était que tous ceux qui auraient dû régler la situation étaient collectivement fous.
Il aurait dû en être furieux, mais Kraiss était plutôt ravi.
S’il y avait une seule raison à sa joie, c’était bien celle-là.
Les kronas.
De l’argent était en jeu.
« Vous ne perdez rien pour attendre ! »
hurla le noble marchand, furieux, mais Kraiss ne s’en inquiétait pas le moins du monde.
Une femme derrière lui passa la tête par la porte et demanda :
« Vous voulez donc aussi que nous servions de bouclier aux marchands des alentours ? »
À sa question, Kraiss cligna de ses grands yeux ronds.
« Hein ?
Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« À d’autres, tu ne vois pas de quoi je parle. »
On aurait dit qu’elle avait avalé les mots « espèce de salaud ».
Kraiss finit par détourner le regard.
Elle avait raison.
Si les compagnies marchandes voisines piaillaient parce qu’elles convoitaient le commerce et le pouvoir économique de la Garde-frontière,
et si la place semblait libre,
alors il suffisait de tout refiler à une seule personne.
La veille au soir, il avait appris que la personne idéale venait d’entrer en ville.
Les nouvelles de la Guilde de Gielpin circulaient plus vite que les gardes.
« J’aurais dû vous saluer plus tôt, mais je suis en retard.
Maîtresse Leona Rockfreed. »
« Oui, vous avez effectivement pris votre temps pour me saluer. »
Leona sourit des yeux en réponse au salut de Kraiss.
Tous deux avaient beaucoup de choses en réserve.
Alors, même s’ils entamaient des négociations, elles ne seraient pas vite conclues.
Bien sûr, Kraiss n’avait pas l’intention de consacrer trop de temps à ce genre d’affaires.
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