Chapitre 323
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 323 : Un seul coup
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Une révélation frappa le chevalier Jamal comme la foudre, mais la mettre en pratique restait une tâche pour le corps.
Enkrid se redressa d’un bond pour accueillir un nouveau jour, et Kraiss tressaillit à côté de lui.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Paralysie du sommeil ? »
Enkrid se contenta de fixer le vide, alors Kraiss continua de parler.
« J’ai entendu dire que ça arrivait quand on était épuisé. Repose-toi comme il faut, et ça ira. »
« Ah bon ? »
Ce n’est qu’alors qu’Enkrid répondit distraitement, avant de repasser cette révélation dans son esprit.
En était-il capable ?
Cela semblait possible.
Cette sensation, ce Sixième Sens, lui parcourut le corps comme une décharge.
« Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que tu vas de plus en plus mal chaque jour ? » marmonna Kraiss à côté de lui.
Enkrid fit comme s’il ne l’avait pas entendu.
Ensuite, il lui fallut encore douze jours d’efforts.
Au fil de ces journées qui se répétaient, il devait s’assurer que l’escrime qu’il avait éveillée s’ancre véritablement dans son corps.
« … Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Ragna, qui l’avait aidé dans cette entreprise, avait l’air surpris, pour une fois.
« Pourquoi ? »
« Quand est-ce que tu as trouvé ça ? »
« C’est venu comme ça. »
« Alors, c’est ça, le talent. »
Ragna marmonna dans sa barbe.
Il n’avait même pas l’air particulièrement curieux.
Enkrid peaufinait son style de combat à l’épée, en discutait avec Ragna et s’entraînait légèrement à la Lame à une main avec Sinar.
Les mains de l’elfe avaient quelque chose de différent.
Son aptitude à lire les intentions de son adversaire dépassait l’entendement.
Quand il l’interrogea à ce sujet, elle répondit :
« C’est un talent propre aux elfes. »
Cela valait largement la peine de l’apprendre.
En fait, Enkrid se rendit compte qu’il utilisait déjà lui-même une partie de ce talent.
Après cela, il ne lui resta qu’à s’entraîner.
C’était ce qu’il faisait de mieux.
Alors il s’entraîna.
Il recommença encore et encore, affinant et répétant son escrime jusqu’à la maîtriser.
Il se montra tout aussi acharné à interroger l’elfe sur son talent et à lui en emprunter tout ce qu’il pouvait.
Le mot « emprunter » ne convenait pas tout à fait, cela dit.
Sinar lui expliquait tout sans réserve.
« En affinant un peu ta lecture des émotions, tu peux faire quelque chose qui s’apparente à la télépathie. Ensuite, tu projettes ça dans le combat. »
Surtout, Sinar était l’une des rares personnes capables de bien expliquer les choses.
Comparée à Rem, Ragna, Jaxon et Audin, c’était un ange.
La qualifier d’archange n’aurait pas été exagéré.
Audin essayait parfois de lui expliquer, mais selon lui, on apprenait plus vite avec son corps.
Autrement dit, il préférait les explications physiques aux explications verbales.
Pour l’élève, ce n’était pas toujours une bonne chose.
Quoi qu’il en soit, en s’appuyant sur les explications de Sinar, Enkrid répéta l’exercice jusqu’à ce que ce talent s’ancre lui aussi dans son corps.
Les chaînes du pressentiment l’aidèrent une nouvelle fois.
Le Sens de l’esquive consistait à affronter ses propres instincts.
D’où venaient ces instincts ?
De ce qui se produisait juste devant lui.
Des avertissements forgés par tout ce qui effleurait ses cinq sens en un instant.
C’était cela, le Sixième Sens.
Le Sens de l’esquive était une technique d’évitement qui s’appuyait sur ce Sixième Sens.
Et le talent des elfes ?
Il ne pouvait pas copier un trait propre à leur race, qui leur permettait de lire les émotions.
Enkrid s’y prit donc autrement.
Il commença par ses yeux.
Après avoir appris la Technique d’isolement auprès d’Audin, il avait entraîné son regard à jauger le niveau d’un adversaire.
Il y ajouta la concentration.
Il réduisait l’adversaire devant lui à un seul point et se focalisait sur lui.
Il gardait son corps, forgé par la Technique d’isolement, prêt à bouger à tout instant.
Il observait son adversaire avec son Point de concentration.
En plus de cela, il aiguisait encore et encore son Art sensoriel, jusqu’à le rendre tranchant comme un rasoir.
Il voyait avec ses yeux et sentait avec ses sens.
Cela devint la base sur laquelle il s’appuya pour s’approprier et imiter le talent des elfes.
« Toi, à l’instant, ça… »
Quand il utilisa cette astuce devant une elfe, elle-même en fut surprise.
Son expression ne changea pas, mais sa pupille se dilata d’un cheveu — un mouvement si infime que personne n’aurait pu le remarquer sans le Point de concentration.
Même Enkrid trouva cela fascinant.
Il devait s’immerger plus profondément qu’avant et scruter son adversaire droit dans les yeux pour le voir.
Après avoir appris à élargir son Point de concentration, il était revenu à la méthode d’origine et avait appris à creuser plus profond avec.
« Je l’ai copié. »
« Si ça suffisait de copier, personne ne parlerait d’un art secret propre à une race. »
« Ah bon ? »
« Quand tu salueras le clan des elfes, tu devrais leur montrer ce talent. »
« Les saluer ? »
« Tu devrais au moins te montrer une fois avant qu’on ait un enfant. »
Le monde des elfes était organisé en clans.
Il avait entendu dire que les enfants étaient élevés en communauté ; le village lui-même, leur terre natale, faisait donc office de parent, de proche et de famille.
« Un enfant issu d’une union entre un humain et une elfe ne serait-il pas malheureux ? »
« Ça ira. Entoure-le d’amour. »
Enkrid essaya de lui répondre par une plaisanterie, mais se fit retourner la situation, et éclata de rire sans même s’en rendre compte.
« Tu souris bien. »
Sinar le lui dit en le regardant.
Elle semblait vouloir dire que son sourire lui allait bien.
Enkrid laissa passer.
Il était temps de se reconcentrer.
Au bout du compte, l’art secret des elfes consistait à ne jamais perdre de vue la respiration, les mouvements ou le moindre changement chez son adversaire.
Un chevalier restait un être humain.
Ce n’était pas un dieu : même lui avait de minuscules failles, des ouvertures fines comme un fil.
Enkrid comptait s’y engouffrer.
Mon corps ne se remettra jamais complètement.
Il devait donc faire avec ce qu’il avait.
Ce qui lui manquait, il décida de le compenser par la force.
Autrement dit : le Cœur de la Force surhumaine.
Le Cœur de la Force surhumaine serait le moteur qui pousserait son corps blessé au-delà de ses limites.
Il ne pouvait pas se permettre de s’inquiéter des dégâts que le contrecoup infligerait à son corps.
S’il s’en souciait, il n’irait pas plus loin qu’aujourd’hui.
Une fois ses préparatifs rudimentaires achevés, Enkrid se rendit soudain compte d’une chose.
Il n’avait pas besoin de faire durer cette journée.
Non, il n’y avait aucune raison de la faire durer.
Était-ce de la présomption ?
De l’arrogance ?
Ou une illusion ?
Il l’ignorait.
On ne le savait jamais avant d’y être confronté.
Alors il continua tout simplement d’avancer.
Enkrid traversa une journée répétée après l’autre, jusqu’à accueillir de nouveau le matin.
Aujourd’hui.
Le jour qu’il devait transformer en hier.
Enkrid se leva et se frotta le visage sec. Kraiss lui demanda : « Pourquoi ? Tu es malade ? »
« Assez pour ça. »
« Ça veut dire quoi, “assez pour ça” ? »
« Ça veut dire que j’ai mal, mais que je peux encore bouger. »
« Ah. D’accord. »
Kraiss inclina la tête en voyant le regard un peu dérangé de son capitaine.
Avait-il pris quelque chose ?
Non, probablement pas.
« Je vais jusqu’à demain. »
Enkrid marmonna pour lui-même, brûlant d’une détermination qu’il n’avait encore jamais montrée.
« Sérieusement, il n’y a pas un prêtre dans le coin ? Tu as mal à la tête, non ? En fuyant les lignes ennemies, tu es tombé d’une falaise la tête la première ou quoi ? »
Kraiss parla fort.
Son capitaine se comportait vraiment bizarrement.
« Si tu tombes d’une falaise la tête la première, tu meurs. »
Même après que Sinar eut fait cette remarque, Kraiss ne changea pas d’expression.
Son capitaine, qui aurait dû répliquer aussitôt, bougea un instant, puis se rallongea.
Il se passait vraiment des choses étranges.
Ensuite, Kraiss enchaîna les expériences bizarres.
Le capitaine, qui prétendait pouvoir bouger, ne sortit pas du lit.
Il se contenta de donner des ordres sans lever le petit doigt.
« Mais qu’est-ce que c’est que ça, sérieux ? »
Il disait qu’il pouvait bouger.
Alors pourquoi le commandant de compagnie elfe lui donnait-il de la bouillie à manger ?
Dunbakel avait aussi essayé de le nourrir, mais elle manquait de délicatesse, alors Sinar avait pris le relais.
Et Enkrid ne cessait de donner des ordres, si bien que Kraiss lui répondait avec une irritation croissante.
« Je me repose. »
« C’est exactement ce que je dis. On dirait que tu te reposes pour l’éternité. Quelqu’un t’a annoncé le jour de ta mort ? Il ne nous reste qu’à survivre et à gagner, alors pourquoi tu fais ça ? Tu nous rends nerveux. »
On aurait dit que l’instinct de Kraiss lui soufflait que quelque chose clochait.
Qui se reposait à ce point ?
Ce n’était pas le genre d’homme à agir ainsi sans raison.
« Je m’entraîne à me reposer à fond. »
Enkrid cloua le bec à Kraiss avec un aplomb déconcertant.
Savoir dire exactement ce qu’il fallait au bon moment, c’était ça, le talent oratoire.
Enkrid avait un talent oratoire remarquable.
« Il s’est cogné la tête et il a pris de la drogue, c’est certain. »
Kraiss tira sa propre conclusion.
Jusqu’au coucher du soleil, Enkrid se reposa de toutes ses forces, comme Kraiss l’avait dit.
Cela faisait partie des efforts pour obtenir la meilleure condition physique que son corps pouvait encore lui offrir.
« Le soleil se couche ? »
« Hein ? »
« Va voir dehors. »
« Oui, bientôt. »
Après avoir envoyé Kraiss vérifier l’heure, Enkrid se leva enfin, juste après le coucher du soleil.
Il commença alors à échauffer son corps.
Il vérifia la souplesse de chaque articulation, contracta et relâcha chaque faisceau musculaire.
Il ajusta la position de son ceinturon d’épée et de son équipement.
En plus de préparer son corps, il mit de l’ordre dans ses pensées.
Il leva une lame unique dans son cœur.
Tous le regardaient, se demandant ce qui lui prenait.
Quel que soit l’angle, il avait l’air bizarre.
Il n’avait jamais été normal, mais aujourd’hui, il était encore plus étrange.
« Capitaine, vous êtes vraiment malade ? »
Kraiss finit par poser la question avec le plus grand sérieux.
Enkrid répondit tout aussi sérieusement.
« Non. Ça ne va pas tarder. »
Même si ça marchait, il ne pensait pas s’en sortir indemne.
Riiip.
Avant que Kraiss puisse ajouter quoi que ce soit, la tente se déchira.
Un homme d’apparence ordinaire, aux cheveux bruns, entra.
« Désolé pour ça. »
La même phrase que d’habitude.
« Un seul coup. C’est le minimum que je puisse faire. »
Il répéta quelque chose de semblable.
Il ne demanda pas qu’on le comprenne.
Il n’en avait pas besoin. Ces mots n’étaient destinés qu’à lui-même.
Le moment qu’Enkrid attendait arriva alors.
Il bougea le premier.
L’attention de l’ennemi se tourna vers lui.
L’heure était venue de montrer ce qu’il avait préparé.
* * *
« Chevalier Jamal, je vous en prie. »
« Vous savez ce que vous me demandez ? Cela entache mon honneur. »
Abnair ne trouva rien à répondre.
« Vous savez aussi que c’est impossible. Non, vous ne pouvez pas l’ignorer. C’est ça, vous le savez, et vous insistez quand même pour que je le fasse. »
Le chevalier Jamal prit la parole.
Ses mots avaient du poids.
Et des épines.
Ils étaient tranchants, mais Abnair serra les dents.
Même s’il devait encaisser le coup et la douleur, il n’avait pas d’autre choix.
« Je vous en prie. »
« Après ça, vous ne me devrez plus aucune faveur. »
« Je comprends. »
Jamal ne fronça pas les sourcils. Il ne jura pas.
Ce n’était pas nécessaire.
Il était déjà trop tard pour faire marche arrière.
Mais ça ne signifiait pas pour autant que la situation lui plaisait.
« Une fois. Je ne frapperai qu’une fois, puis je repartirai. Vous comprenez que c’est le mieux que je puisse faire. »
« Oui. Je comprends. »
Abnair baissa la tête.
Un chevalier était lui aussi lié par l’honneur.
C’étaient des hommes qui faisaient respecter leur honneur par des serments et des vœux.
Pourquoi fallait-il qu’il en soit ainsi ?
Ce n’était pas qu’une question de principes moraux.
Les raisons pratiques pesaient davantage.
Si la Volonté était une force intérieure, comment la préserver ?
Comment la faire grandir ?
Une chevalière avait juré de ne voir le monde que d’un seul œil jusqu’à la fin de sa vie ; ce vœu lui avait conféré une vision qu’aucun autre chevalier ne pouvait égaler.
C’était la chevalière surnommée Luper à un œil.
La Volonté était invisible.
Au moindre doute, cette puissance faiblissait.
Comment affirmer avec force quelque chose d’invisible ?
Il fallait des entraves capables de stimuler leur volonté.
Des restrictions, des vœux, des serments.
C’était l’une des principales raisons pour lesquelles ces éléments étaient devenus l’axe central de la chevalerie.
Un serment se renforçait grâce aux vœux.
À cela s’ajoutait leur attachement à l’honneur.
Les deux mots « être chevalier » perdaient leur sens dès qu’on abandonnait l’honneur.
Parmi ceux qui oubliaient l’honneur, qui tenait encore ses promesses ?
En fin de compte, l’honneur était lui aussi l’une des racines de la Volonté qu’ils bâtissaient et protégeaient.
L’une de ses racines.
Parce qu’ils avaient choisi de leur plein gré de vivre dans l’honneur.
Les chevaliers affrontaient les chevaliers.
Jamal enfreignait cette règle.
Bien sûr, de tels principes ne pouvaient pas toujours être respectés en temps de guerre.
Dans le chaos, il arrivait même qu’ils se lancent délibérément au milieu des rangs des soldats ennemis ordinaires.
Mais c’étaient des cas particuliers.
Il existait des convictions et un honneur qui primaient même sur la règle voulant que les chevaliers s’affrontent entre eux.
La loyauté, et un autre monde de la chevalerie.
Mais cette fois, il devait frapper quelqu’un en sachant que sa cible n’était pas un chevalier et qu’elle n’était pas préparée.
Même si on me traitait de chevalier assassin, je n’aurais rien à répondre.
Voilà pourquoi Jamal n’aimait pas cette mission.
Voilà aussi pourquoi il comptait y mettre fin d’un seul coup.
Après avoir dit tout cela, il ne frapperait pas à la légère pour autant.
Il jaugerait sa cible et frapperait juste assez fort pour qu’elle ne puisse pas parer.
Même s’il faisait quelque chose qui lui déplaisait, cette mission était liée à un vœu.
Au moins, une promesse imposée sera rompue en échange.
N’avait-il pas déjà su qu’il lui faudrait faire des choses désagréables ?
Son seul réconfort était que c’était pour Azpen.
Jamal se posta devant la palissade ennemie et se glissa par une ouverture.
Peu importe le nombre de sentinelles, personne ne pouvait surveiller chaque endroit.
Passer inaperçu aux yeux des soldats ordinaires était facile pour Jamal.
Il lui suffisait de déployer sa Volonté et de repérer les positions ennemies.
Une fois à l’intérieur, tout devenait encore plus simple.
L’Assimilation.
Une technique fondée sur la Volonté qui lui permettait de fondre sa présence et son existence dans son environnement.
Un mouvement violent briserait cette présence, et l’astuce ne fonctionnait de toute façon pas contre les autres chevaliers, mais dans cette situation, elle était plus utile que tout le reste.
Il ne pouvait pas utiliser son arme de prédilection pour une mission pareille ; Jamal repéra donc une tente vide en chemin et s’empara d’une Épée courte.
Elle avait été très mal entretenue.
L’arme en main, il balaya les environs du regard.
Il ne fut pas difficile de trouver sa cible.
Une fois. Une seule.
Il frapperait de toutes ses forces.
Sa cible ne pourrait pas parer.
Jamal le savait mieux que quiconque.
Ces paroles ne servaient qu’à maîtriser son propre cœur, lié par les restrictions et les serments.
S’il n’en faisait pas autant, son cœur resterait troublé, et un cœur troublé entraverait le développement de sa Volonté.
Je n’ai pas fait le mauvais choix.
Il apaisa son esprit.
Il aiguisa sa force de volonté.
C’est exactement ce que fit Jamal.
Il était maintenant temps d’agir.
Tous les chevaliers ne se ressemblaient pas.
À l’époque où il était écuyer, Jamal avait dû renoncer à bien des choses pour obtenir ce dont il avait besoin.
Les vœux figuraient parmi ces choses.
Pour parler plus franchement, cela tenait presque du contrat.
Il donnait à l’autre partie ce qu’elle voulait.
Cette mission en faisait partie.
Riiip.
Il déchira la tente et entra.
Son regard suivit les visages tournés vers lui, puis s’arrêta sur l’un d’eux.
C’était un visage impossible à oublier, où qu’on le croise.
Un homme semblait rayonner malgré sa barbe et ses cheveux aplatis, emmêlés.
Un visage venu d’un autre monde que les traits ordinaires de Jamal.
« Désolé pour ça. »
Jamal prit la parole.
Sa cible, Enkrid, ne manifesta aucune surprise et ne dit rien.
À la place, il avança le pied.
Ce n’était pas discret, mais ce n’était pas non plus une déclaration ouverte d’attaque frontale.
Pourtant, quelque chose le gênait.
Il y avait bien une intention d’attaquer.
Jamal n’alla pas plus loin dans cette réflexion.
Il ne faisait que respecter son serment de chevalier.
Même si cela ressemblait presque à un contrat, il faisait ce qu’il avait à faire.
Il avait déjà dit qu’un seul coup suffirait.
Il avait laissé à son adversaire une possibilité de s’en sortir.
Si une seule personne lui faisait obstacle, il rebrousserait chemin : telle était la promesse qu’il s’était faite.
Un serment de chevalier.
Alors Jamal décida que son premier mouvement viserait le cœur de l’homme au visage rayonnant qui se tenait devant lui.
Tout le monde comptait ne viser que le cœur.
Lui laisser le visage intact serait au moins une consolation pour ses connaissances et ses compagnons.
Son cœur s’ébranla, et sa volonté s’éleva.
Sa volonté s’éleva, et son corps bougea.
L’Épée courte mal entretenue jaillit de son fourreau dans la main du chevalier.
Tiriing, tidik !
Le son de la lame quittant son fourreau n’était même pas net, mais peu importait.
Du moins, c’est ce que pensa Jamal.
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