Chapitre 299
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 299 : Le bandit Lykanos
= = =
Lykanos regarda l’avancée des Cultistes s’enrayer.
Impossible de ne pas remarquer l’homme, là-bas, qui se battait à mains nues contre un Loup sinistre.
Grrr !
L’homme encaissa en pleine poitrine un coup de patte avant du Loup sinistre, puis s’écria :
« Hahahahaha ! Qu’est-ce que ça fait du bien ! »
De quoi était donc fait ce corps, pour recevoir le coup de patte d’une Créature démoniaque et s’en tirer avec quelques égratignures et des bleus ?
Sa peau avait jauni sous les ecchymoses, mais cela ne faisait que le rendre plus anormal encore.
N’importe qui d’autre aurait été réduit en bouillie sanglante.
Après avoir encaissé le coup de patte de la Créature démoniaque, l’homme lui en décocha un à son tour.
Boum !
« Ça fait du bien ?! »
Qu’est-ce qui pouvait bien faire du bien, là-dedans ?
Lykanos ne put que regarder, incrédule, la Créature démoniaque chanceler après avoir été frappée.
Il est fou ?
Et ce n’était pas le seul problème. L’avancée de la horde des Cultistes était devenue chaotique.
Ils n’arrivaient pas à se battre correctement.
Pourquoi ? Son instinct le lui disait.
Le commandement était défaillant.
Les Cultistes, c’était une chose, mais de leur côté aussi, il y avait de redoutables combattants.
Il y avait Enkrid, celui qu’il n’avait toujours pas réussi à tuer.
Et il y avait cet épéiste, qui taillait en pièces et tuait l’unité que Lykanos avait lui-même formée.
Ce salaud n’est pas un rigolo non plus.
Il s’était déjà battu contre lui et, quel que soit l’angle sous lequel il l’examinait, l’homme ne lui était pas inférieur. L’Épée la plus rapide fonctionnerait-elle contre lui ?
La question lui traversa l’esprit, mais il n’avait aucune envie de vérifier.
Non. Que ça marche ou non, il ne voulait pas échanger son ultime frappe avec ce salaud.
Était-ce la dernière marque d’égoïsme qui lui restait ?
Ou bien l’esprit combatif d’un guerrier qu’il avait ignoré jusqu’au bout ?
Inutile de décortiquer tout ça maintenant.
Il ne s’était pas attendu à finir ainsi.
« Finissons-en tous les deux. »
Lykanos s’adressa à Enkrid, qui s’était écarté sur le côté.
Ce n’était pas qu’il n’aimait pas son adversaire blond. Il voulait simplement choisir lui-même la fin qui l’attendait.
Le premier homme à avoir bloqué mon épée.
Celui qui avait rattrapé l’Épée la plus rapide ne sortirait pas de son esprit.
C’était aussi la première fois qu’il avait vraiment décidé de tuer quelqu’un et qu’il avait échoué.
Non, la deuxième. Mais le premier à lui avoir échappé était un chevalier, non ?
C’était pour cela que celle-ci lui semblait être la première fois.
Les chevaliers ne comptaient pas. Ils faisaient exception.
Enkrid le fixa d’un air absent.
Il se redressa sur ses jambes chancelantes, resserrant puis relâchant plusieurs fois sa prise sur son épée.
Que révélaient cette posture et cette attitude ?
Un homme qui ne reculait pas et ne faisait qu’avancer.
Je n’aurais jamais dû laisser ça à mes subordonnés.
Voilà où il avait commis une erreur.
Combattons.
Que ce soit son dernier combat ne signifiait pas qu’il était prêt à tout pour tuer Enkrid.
Il s’était déjà battu contre lui et voulait simplement recommencer.
Son instinct de combattant, cette fougue juvénile qu’il croyait avoir oubliée, se réveilla de lui-même.
Alors comme ça, tu as copié l’Épée la plus rapide ? On te traite de génie ?
Eh bien, goûte à la lame que j’ai forgée. Voyons qui est le plus rapide.
C’était tout.
Les yeux de Lykanos brillèrent comme des étoiles scintillantes. Ce n’étaient pas les yeux d’un homme qui avait renoncé.
Enkrid reprit son souffle et resserra sa prise sur son épée. Ce n’est qu’alors qu’il se sentit à l’aise. Une petite précaution.
« D’accord. »
Enkrid ne refusa pas. Il n’avait aucune raison de le faire.
Il désirait tout autant un nouvel affrontement.
En voyant Enkrid s’avancer, Ragna tailla en pièces les ennemis tout proches, empêchant quiconque de s’approcher.
C’était suffisant.
Enkrid se tenait là, en boitant. Sa jambe était loin d’être remise.
Lykanos n’était pas en meilleur état.
Il s’était précipité pour bloquer l’épée de Ragna et s’était fait ouvrir l’épaule droite.
Le sang continuait de couler.
Les deux hommes se firent face.
Le grésil tombait entre eux. Le champ de neige blanchissait toujours davantage et s’épaississait.
« Tu as cette chose autour du ventre, pas vrai ? »
demanda Lykanos. Enkrid hocha la tête.
Cet objet l’avait empêché de se faire transpercer le ventre encore et encore.
Lykanos hocha la tête pour lui-même.
La cible est choisie.
Il laissa pendre son bras. Puis il frapperait d’un seul coup, dans une explosion de puissance. Un point, un seul. Il viserait ce point en suivant la meilleure trajectoire possible. Il en finirait ainsi.
En finir ? Était-ce vraiment la fin ? Gagner, puis mourir ? À le regarder, son adversaire n’avait même pas l’air si redoutable.
Alors fallait-il vraiment que tout s’arrête là ? Pourquoi tout devait-il s’arrêter ?
Lykanos changea d’avis.
Finissons-en ici, puis occupons-nous du reste.
S’il était arrivé jusque-là, c’était parce qu’il n’avait jamais considéré une fin comme définitive. La volonté de vivre, ce qu’il avait accompli, ce qu’il lui restait à accomplir, ce qu’il avait laissé derrière lui et ce qui lui appartiendrait à l’avenir.
Le regard de Lykanos se brouilla.
Comme la neige d’un blanc pur qui se troublait en se mêlant au sang et à la terre, son regard se ternit à son tour.
Malgré tout, son aura était celle d’une lame aiguisée avec soin. Tranchante, plus tranchante encore.
Lykanos savait lui aussi manier la Volonté. La sienne se limitait à son bras.
À l’instant où la Volonté instantanée se fondait dans la force de son bras tendu, elle devenait l’Épée la plus rapide.
Quand il sentit sa préparation achevée, Lykanos fit osciller son épée d’avant en arrière.
Ce mouvement étrange, tel celui d’un pendule, attirait le regard.
Enkrid, lui, n’était pas comme d’habitude.
À quelle vitesse allait-elle ?
Il y avait eu un moment où la hache de Rem lui avait paru être un rayon de lumière.
Mais l’épée de cet homme allait encore plus vite. Dès qu’elle avait jailli, elle lui avait transpercé le corps.
Depuis, Enkrid n’arrivait toujours pas à se servir correctement de son bras droit.
Sans prévenir, Enkrid se rappela l’instant où il avait sauvé cet enfant.
Celui qui avait dit qu’il deviendrait cueilleur d’herbes.
Il avait sauvé cet enfant parce qu’il savait dissimuler ses intentions.
Devait-il faire de même maintenant ?
Ah, non.
Il n’en avait pas envie. Enkrid voulait croiser le fer.
Il voulait opposer sa propre épée à l’Épée la plus rapide.
La vitesse, elle aussi.
Il voulait la saisir, l’absorber, la comprendre et se l’approprier.
C’était pour cela que cette journée s’était répétée encore et encore.
Elle lui avait permis de poursuivre l’un après l’autre deux lièvres courant dans des directions opposées.
Le moment était venu d’attraper le second.
Le Cœur de la bête battit à grands coups. Dès qu’il reconnut la vitesse de son adversaire, ses muscles tendus se relâchèrent.
Seule l’audace rendait cela possible.
Dosant juste la force dans son bras et sa main, il tint son épée sans crispation et la pointa devant lui.
La pointe de son épée longue s’éleva en diagonale, du bas vers le haut, et se lança vers le ciel.
Vint ensuite l’Art sensoriel. Il superposa son intention au Sens de l’esquive. La Volonté qu’il devait placer à présent ne pouvait viser qu’une chose : l’estocade.
La concentration qu’il avait forgée grâce au Point de concentration exploserait à l’instant où il frapperait.
Le corps qu’il avait façonné grâce à la Technique d’isolement était le socle qui soutenait tout cela.
Enkrid prit conscience de tout cela, le comprit, puis l’oublia.
Il ne garda devant lui que son adversaire et effaça tout le reste de son esprit.
Qui il était, qui était son adversaire, et même la raison de ce combat.
Il ne resta qu’une seule chose : une épée rapide.
Fff !
Le vent fut écarté. Une épée plus rapide que lui avait déjà atteint sa pomme d’Adam.
Estocade !
Le bruit de la chair transpercée éclata, et Enkrid s’effondra.
Alors qu’il s’écroulait au sol, le Passeur apparut devant lui, tel un mirage.
Son torse seul flottait dans les airs, entre les flocons de neige, et le Passeur demanda :
« C’est si bon que ça ? »
À ce moment-là, Enkrid avait le visage fendu d’un sourire.
Lors de l’estocade finale, l’espace d’un instant, il avait senti quelque chose qui ressemblait au Refus.
Alors, voilà ce qu’était la Volonté.
Cette fois, elle ne s’était pas installée dans son bras pour l’aider. Elle s’était ancrée dans l’instant même.
Pendant un bref instant, elle avait remonté son corps depuis ses orteils, traversé ses genoux et sa taille, dépassé son épaule et son coude, jusqu’au bout de ses doigts.
L’espace de cet instant, l’épée d’Enkrid avait été plus rapide que celle de Lykanos.
* * *
Graham ne s’épargna pas, même sous les attaques des assassins. Il ne quitta pas le champ de bataille et combattit avec une bravoure totale.
« Ne reculez pas ! »
Au beau milieu de la bataille, Dunbakel fit irruption et bouleversa le champ de bataille, tandis que Sinar allait égorgeant les mercenaires ennemis qui formaient le gros de leurs forces.
Au cœur de cette mêlée chaotique,
« Là-bas, le commandant ennemi. »
Son escorte, le lieutenant, le lui désigna. Par-dessus l’épaule du lieutenant, le casque enfoncé sur la tête, on distinguait bel et bien le commandant ennemi.
Enkrid se tenait lui aussi devant lui.
Les deux hommes se faisaient face et Ragna taillait en pièces tout ce qui les entourait. Pourtant, l’atmosphère entre ces deux-là accaparait aussitôt l’attention.
Graham cessa de presser l’ennemi et les observa.
Ils ne s’étaient même pas encore élancés, et aucune lame ne menaçait la gorge de quiconque.
Pourtant, dès qu’il les vit, ses paumes se couvrirent de sueur.
La tension lui hérissa la peau.
La sueur qui coulait le long de son corps lui parut glacée.
Il ne voyait même plus la neige tomber. Sans s’en rendre compte, Graham s’était entièrement concentré sur eux.
La moitié des soldats qui les regardaient était dans le même état.
C’était comme une tempête qui aspirait tous les regards alentour.
Cela venait de ce que leurs deux Volontés étaient actives, mais peu de gens le savaient.
Ah.
Graham sentit venir le malheur.
L’épée de ce commandant ennemi était terrifiante.
Il va mourir.
Il voyait presque Enkrid mourir.
Ils n’avaient pas encore bougé, mais dès que le commandant ennemi passerait à l’attaque, c’est la gorge d’Enkrid qui serait transpercée. Il en était certain.
Non !
Il devait empêcher ça.
Cet homme ne devait pas mourir là. Il fallait le sauver. Devait-il vraiment risquer sa vie pour combattre ici ? Non.
Bien sûr, Graham n’eut jamais l’occasion d’intervenir.
Sans signal, sans le moindre signe annonçant leur affrontement, le commandant ennemi et Enkrid bougèrent soudain.
Ils se croisèrent en portant chacun une estocade.
Non, ils se dépassèrent. Graham n’avait pas cligné des yeux, et pourtant il n’avait vu aucune des deux épées frapper sa cible.
Tout fut fini au moment même où cela commença.
Il n’avait pas vu le déroulement.
Mais il en vit le résultat.
« Ah. »
Un bref hoquet échappa à Graham.
Il était si bouleversé. C’était si inattendu. Et il ressentait aussi du soulagement.
Car il vit Lykanos tomber.
Enkrid, lui non plus, n’était pas indemne. Du sang coulait le long de son cou. Mais il pressa tranquillement une main sur la blessure, fit rouler son cou et se redressa, montrant qu’il allait encore bien.
Bien !
Sans s’en rendre compte, Graham se frappa la cuisse du poing.
« Commandant de la Compagnie des Fous ! »
« Hiiiii, Capitaine de la Douleur ! »
Les soldats qui observaient le combat et les gardes de Graham crièrent des encouragements.
La poitrine de chacun se gonfla.
Ils avaient gagné !
Graham crut que le cours de la bataille avait changé.
C’était terminé.
Un relâchement de la vigilance pouvait se comprendre. Non, Graham ne baissa pas sa garde. Ce furent ses gardes qui le firent.
Boum !
Soudain, la terre explosa dans le dos de Graham.
Trois assassins qui s’étaient cachés sous terre.
Fchhh !
Tous trois frappèrent le dos de Graham d’un même mouvement.
Un seul d’entre eux atteignit son objectif.
Paf-paf, crac !
Tous trois jaillirent du sol en même temps, mais deux d’entre eux eurent la tête tranchée par une lame en forme de feuille.
Personne ne vit quand elle apparut. Elle fendit les airs et fit tournoyer son épée. La Lame-feuille incurvée fusa et trancha en un instant le cou de deux assassins.
« Ne baissez jamais votre garde. »
C’est ce que lança le commandant de compagnie elfe en brandissant sa lame.
Kraiss lui avait demandé de rester près de Graham.
L’elfe s’acquitta ainsi de sa tâche.
Le troisième assassin, toutefois, s’acharna. Il enfonça un bras dans la lame de l’elfe. En échange de ce bras, il se servit de sa main restante pour planter une courte lance dans le dos de Graham.
Boum !
La pointe de la lance était enduite de poison.
« Espèce de… »
Graham serra les dents et tituba en arrière.
La blessure ne le transperçait pas de part en part, mais la lame s’était enfoncée profondément.
« Pour un monde nouveau. »
L’assassin prononça ces derniers mots. Sinar brandit sa Lame-feuille sans hésiter.
La Lame-feuille de l’elfe trancha le cou de l’assassin.
* * *
Lykanos était étendu au sol et regardait tout cela.
Il sentait la mort approcher.
La raison pour laquelle il était allé si loin, les circonstances, le chemin parcouru… Rien ne lui revenait à l’esprit.
Seul un regret persistant lui restait.
Hyung-nim.
Il s’adressa à lui dans sa tête.
Un trou lui déchirait la gorge. Aucun son ne sortit de sa bouche.
Il resta là, à regarder son subordonné poignarder le commandant ennemi dans le dos et mourir. Naturellement, son regard se tourna vers le ciel, où tombait une neige épaisse. Le sang lui emplissait les yeux et rougissait même les flocons blancs. Tout ce qui l’entourait commença à se teinter de cramoisi.
En mourant, Lykanos se rappela un moment du passé.
« Si nous devenons des bandits, alors nous serons des bandits qui s’emparent d’un trône. Nous bâtirons un monde nouveau. Nous volerons la liberté. »
Quand on naît serf, doit-on aussi offrir sa vie ?
Quand on ne possède rien, doit-on accepter l’oppression comme une chose naturelle ?
Est-il normal de se faire dépouiller par les puissants ?
Alors, je vivrai comme eux.
« Nous deviendrons des rois. »
Une bande de bandits qui volaient les trônes.
Les débuts des Bandits des Lames Noires.
Lykanos était le frère juré de leur capitaine et le symbole de leur puissance.
En mourant, il songea :
Est-ce là le monde que nous voulions, hyung-nim ?
La corruption s’était installée rapidement.
Ils avaient acquis du pouvoir, des couronnes, de l’autorité.
S’emparer du trône, ouvrir un monde nouveau.
Le serment de ne plus laisser personne subir la même souffrance s’était évanoui avant qu’ils s’en rendent compte. Il s’était dispersé comme neige fondue.
À travers la neige qui tombait, Lykanos aperçut une porte étincelante.
Bientôt, elle s’ouvrit, et sa petite sœur, ses frères et ses parents, morts durant son enfance, en sortirent.
Sa sœur n’avait pas pu payer ses impôts. Le seigneur l’avait donc prise en paiement, violée et tuée.
Ses parents avaient été tués par des brigands, simplement parce qu’ils ne possédaient rien.
Ils l’accueillirent tous, le sang coulant de leurs yeux et de leurs narines.
« Tu arrives trop tard, mon fils. »
« Va en enfer. »
Lykanos ferma les yeux.
Juste sous l’endroit où se tenait sa famille, il vit le lieu où il allait se rendre. Un fleuve rouge sombre coulait sous la porte étincelante.
Il abandonna son corps à ce fleuve qui menait aux enfers.
Au-delà de la porte, le fleuve de sang ondulant l’accueillit.
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