Chapitre 287
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 287 : Beurk, recrache, ce n’est pas de la nourriture.
= = =
Dès qu’Enkrid s’avança à la tête de l’unité, un éclaireur aux yeux perçants prit la parole.
« Quelqu’un sort. »
Comme il l’avait annoncé, un homme s’éloigna du groupe du baronnet Tarnin en traînant les pieds. Une faible lumière filtrait à travers les nuages et se déversait sur sa tête.
Cette taille ?
Il était immense. À peu près aussi grand qu’Audin.
De loin, Enkrid observa l’homme qui semblait déformer l’espace autour de lui. L’ennemi avançait à pied, et non à cheval.
Ni lent ni rapide, mais sûr de lui.
Que pouvait bien être le fait de s’avancer seul au milieu d’un champ de bataille, sinon une preuve d’assurance ?
« On tire ? »
demanda l’un des archers.
« Non. »
répondit Enkrid.
Certains archers, toujours nerveux, portèrent tout de même la main à la corde de leur arc, puis la baissèrent.
Les batailles commençaient généralement par une volée de flèches. C’était la règle élémentaire de la guerre.
Ouaf ! Ouaf ! Grrr !
Plusieurs loups aboyèrent derrière l’homme. Le vacarme était infernal, mais il se contenta de se curer une oreille avant de crier :
« Je m’appelle Lykanos ! Envoyez-moi votre meilleur combattant ! »
Il martela le sol en parlant, qui trembla sous ses pas.
Comment pouvait-il être aussi fort ?
L’élan des soldats retomba. Rem avait été vaincu, et celui qui s’avançait avait l’air féroce. Même face au célèbre Enkrid, il ne semblait pas faire le poids.
Avant une bataille, l’une des meilleures tactiques consistait à briser le moral de l’ennemi.
Un duel.
Quand on avait des atouts en main, on les jouait.
La Lame Noire avait évidemment préparé les siens.
Ragna s’avança. Audin réagit lui aussi.
Enkrid dégaina son épée et frappa devant eux.
Ni vite ni fort.
Fwoosh.
La lame aux reflets bleus fendit l’air et leur barra le passage.
« Il est à moi. Vous deux, occupez-vous d’autre chose. »
Enkrid ne quittait pas Lykanos des yeux.
En même temps, il réfléchissait déjà à la façon de traverser cette bataille et ce champ de bataille.
Combien de combats suivraient ? Et que pourrait-il gagner aujourd’hui ?
Kraiss avait dressé le plateau ; à Enkrid de voir ce qu’il pouvait en tirer.
Depuis quand suis-je devenu aussi sûr de moi ?
Une sorte d’assurance lui monta à la poitrine et le poussa à se lancer dans ce combat.
Enkrid ne la détestait pas.
L’endroit qu’il avait toujours voulu atteindre, celui qu’il avait toujours visé, l’attendait.
« Jaxon. »
« Oui. »
« Quand tu en auras l’occasion, rapporte-moi le cou du porc. »
Aujourd’hui lui convenait. Le combat suivant aussi. Cela pouvait attendre, peu importait, mais il fallait régler ce qui devait l’être.
« Bien sûr. »
Jaxon acquiesça sans afficher la moindre émotion.
C’était rassurant. Il ne le décevrait pas.
« Audin, Teresa. On dirait qu’il y a un gros morceau parmi les loups ? »
Lorsqu’ils s’étaient infiltrés en territoire ennemi, il y avait trois bêtes gigantesques. Il semblait qu’il en restait une.
Non… était-elle encore plus grosse que les autres ?
Ça ne changerait probablement rien. Ce n’était qu’une grosse Bête magique.
Il ne fallait tout de même pas laisser de simples soldats se retrouver face à cette chose. Son instinct le lui soufflait.
« Qu’il en soit selon la volonté de mon frère. Prions. »
Audin recula discrètement, les mains jointes. À ses côtés, Teresa posa un genou à terre et déclara :
« À vos ordres. »
Dunbakel tira alors sur le col d’Enkrid.
Ragna était là aussi. Son visage était impassible, mais son regard parlait pour lui : il voulait se battre. Il en avait l’envie. À cet instant, son épée pouvait trancher cette chose en deux.
Voir Ragna plein d’ardeur était plus plaisant qu’Enkrid ne l’aurait cru.
Le voir traîner la patte ne l’avait jamais frustré.
Mais il n’y avait aucune raison de se réjouir de voir un talent se gâcher.
Bien sûr, Enkrid avait le cœur assez dur pour laisser couler quand ce n’était pas important. Dans un cas comme dans l’autre, ça lui allait.
L’ardeur d’un génie, hein.
Voir Ragna plein d’ardeur était amusant. Ce n’était pas parce que l’inverse ne le faisait pas souffrir qu’il ne pouvait pas apprécier le spectacle.
Et se voir ainsi aux côtés de Ragna lui plaisait aussi.
« Lâchez-vous. Abattez tout ce qui vous tombe sous la main. Mais seulement après avoir arrêté ce loup. »
Si l’ennemi avait préparé un loup géant, eux avaient un homme-bête plus féroce que les loups et une épée capable de tout trancher.
Si ces deux-là se jetaient dans les rangs des simples soldats, ils pourraient faire pencher la bataille d’un côté.
Inutile de remonter davantage le moral des troupes. La seule avancée de ces deux-là changerait le cours du combat.
Un champ de bataille dominé par une poignée d’élite. Ces deux-là montreraient pourquoi c’était vrai.
Ça suffisait. Dunbakel acquiesça et renifla.
« Je me battrai d’une manière digne du regard de Krimhalt. »
Krimhalt était le nom du dieu que servaient les hommes-bêtes.
Le dieu de la guerre et de la fertilité.
Le montrer à ce dieu, c’était lui offrir un combat dont on n’aurait pas à rougir.
Tout cela, c’était grâce à Rem. Les tourments d’un barbare avaient fait d’une femme-bête une femme-bête enragée.
« Je vous laisse la place. »
Après ces mots calmes de Ragna, Enkrid se mit lui aussi en marche.
« Je me demandais quand vous sortiriez. Je croyais qu’il n’y avait pas un seul homme avec des couilles, là-bas. Vous attendez le lever du soleil, les filles ? »
Lykanos cria en se tapotant l’entrejambe.
C’était une provocation, et des paroles destinées à remonter le moral de ses troupes.
Il n’attendait pas de réponse.
« Ouais ! Bande de couilles molles ! »
« Petites bites ! »
« Putain d’idiots ! »
Les ennemis leur lancèrent des insultes.
Leur camp leur répondit à son tour.
« Vous racontez n’importe quoi ! »
« Nous, on en a ! »
« Et des grosses, en plus ! »
« Bande de vermines de bandits ! »
Tandis qu’Enkrid avançait au milieu des insultes et des acclamations, Graham lui demanda derrière lui :
« Tu peux gagner, pas vrai ? »
« Oui. Même si je meurs, je gagnerai. »
Était-il prêt à mourir ? Graham croisa les bras pour dissimuler son inquiétude.
Enkrid ne faisait que dire la vérité.
Il le pensait au sens littéral. Si cette chose devant lui était un mur, si c’était la mort,
il le franchirait. Et alors, il gagnerait.
Étrangement, Enkrid se tenait devant lui sans la moindre excitation.
Il n’était ni en forme ni mal en point.
« J’en ai une. Probablement plus grosse que la tienne. »
À ces mots, lancés en face de lui, Lykanos tordit la bouche.
Quel arrogant petit bâtard.
« Plus grosse que la mienne ? »
« Je n’ai jamais vu personne en avoir une plus grosse que moi. »
« … Quel petit con prétentieux. Toi, je vais t’ouvrir en deux. Tu es bien ce type, non ? Enkrid, ou je ne sais quoi. »
Son adversaire connaissait déjà son nom. Enkrid connaissait le sien, bien sûr.
Il avait entendu dire que Lykanos était l’un des vrais poids lourds des Bandits des Lames Noires.
Sa carrure égalait celle d’Audin, et l’arme lourde dans son dos renseignait Enkrid sur le style de combat auquel s’attendre.
Lykanos glissa bientôt le pied gauche en avant.
Il pénétra dans la distance qu’Enkrid avait revendiquée.
Enkrid réagit aussitôt. Il dégaina l’épée à sa hanche gauche et frappa.
Lykanos, désormais à portée, bondit en arrière bien plus vite que sa taille ne le laissait supposer.
Deux pas au-delà de l’endroit où il s’était avancé.
Fwoosh.
La lame fendit le vide.
Tandis que l’épée d’Enkrid remontait en diagonale, Lykanos balança son arme.
Boum !
Une ombre noire s’abattit derrière sa tête.
Alors que l’arme retombait à la verticale, Enkrid bougea lui aussi.
Fffft !
Il rasa le sol en changeant de position. Son pied droit glissa sur le côté et contourna l’ennemi pour atteindre son flanc.
La masse de fer s’écrasa à l’endroit où se trouvait Enkrid un instant plus tôt.
Bang !
La terre et les pierres jaillirent de tous côtés. Certaines frappèrent le corps et la tête d’Enkrid, mais il ignora ces petits chocs, prit le flanc, dégaina le glaive nain et porta une estocade droit devant lui.
L’estocade qu’il avait apprise en répétant sans cesse cette première journée s’enfonça entre les côtes de Lykanos.
Une estocade fulgurante.
Lykanos leva le bras et coinça la lame contre son flanc.
L’épée se retrouva prise entre son bras et ses côtes.
Sa vitesse de réaction était stupéfiante.
Il essaya de la tordre pour la briser sur-le-champ, mais n’y parvint pas.
« T’es sacrément solide ! »
hurla-t-il de rage en lançant de nouveau sa masse.
Boum !
Avant même que la masse ne l’atteigne, l’onde de choc qui la précédait écrasa le visage d’Enkrid.
Sans regarder, Enkrid jugea la trajectoire de la masse au seul son.
Il s’accroupit.
L’arme contondante, capable de déchirer la chair d’un simple frôlement, passa au-dessus de sa tête.
Enkrid activa le Cœur de la Force surhumaine et tordit le glaive.
Hup.
À sa courte inspiration, les muscles de son bras gauche gonflèrent comme s’ils allaient éclater.
Crac !
La lame pivota comme si elle allait broyer son flanc et son avant-bras.
Lykanos ne put la retenir et lâcha la lame qu’il avait coincée contre lui.
« Petit merdeux. »
Le sang ruisselait à l’intérieur de son avant-bras.
Son armure latérale n’avait qu’une égratignure, mais l’intérieur de son avant-bras était clairement déchiré.
« Ça fait mal ? »
demanda Enkrid en faisant mine de reprendre son souffle, puis il abattit droit devant lui l’épée qu’il tenait de la main droite.
Dans le même temps, il récupéra le glaive et le rengaina.
Lykanos recula pour éviter le coup qui arrivait.
Ce n’était pas un idiot qui se contentait de manier une masse. Ses mouvements étaient précis et nets.
Il s’était entraîné pendant des années et possédait une grande expérience du combat.
La lame ne rencontra que le vide. À travers ce large mouvement, Lykanos garda les yeux rivés sur Enkrid.
Ses yeux brun foncé et ternes rappelèrent Jaxon à Enkrid.
Ils avaient l’air si calculateurs.
Boum.
Lykanos poussa sur le sol et chargea de nouveau. La terre gelée se fendit, projetant des mottes dures comme des pierres.
Enkrid posa la main gauche sur la poignée du glaive.
Il feignit de dégainer et déplaça encore ses pieds.
Cette fois, il poussa sur ses orteils et recula d’un pas.
Un pas qui lui fit éviter toutes les mottes projetées entre eux.
Il a esquivé ?
Perplexe, Lykanos tenta de poursuivre son mouvement.
Il leva la masse pour frapper en diagonale depuis le haut.
Au même instant, il croisa les pieds et bondit en avant.
Juste avant que le mouvement de son adversaire n’aboutisse, Enkrid lâcha en plein vol l’épée de sa main droite et frappa vers le bas.
Pour un observateur, il aurait pu sembler avoir soudainement lâché son épée pour frapper le vide.
Mais il tenait une dague sifflante dans cette main, ce qui changeait tout.
Couic !
À bout portant, une dague sifflante se planta dans le visage de Lykanos.
Dès qu’il avait dégainé son épée, Enkrid s’était attendu à ce que son adversaire esquive et pare. Il avait donc frappé tout en tenant une dague sifflante dans la main droite.
Et voilà que cela payait.
Il avait aussi appris à dissimuler une lame courte dans sa manche, rien qu’en observant Torres, des Étrangleurs de la Frontière, par-dessus son épaule.
Tout cela lui servait à présent.
La tête de Lykanos partit en arrière, puis revint vers l’avant.
Hélas, le résultat n’était pas celui qu’Enkrid espérait.
« Tu va— »
La lame s’était coincée entre les dents de devant de Lykanos.
Sa dent supérieure se fendit dans un craquement, mais il avait bloqué l’attaque.
« Beurk, recrache, ce n’est pas de la nourriture. »
lança Enkrid. Il savait toujours viser juste dans ses provocations.
Les yeux de Lykanos s’embrasèrent tandis qu’il crachait la dague.
« Je vais te tuer, c’est sûr. Mais avant, je vais aussi t’écraser ça. Plus grosse, hein ? Je vais te la réduire en bouillie, tu ne la verras même plus. »
On aurait dit que le simple fait de le dire le répugnait, mais Enkrid remporta aussi la bataille psychologique en ne lui accordant même pas un sourire narquois.
Fwoosh.
La masse revint. Cette fois, Enkrid empoigna son épée à deux mains et la dévia.
L’Épée du Serpent. Il comptait la laisser glisser sur le côté avant de frapper.
Quelle force brute…
Même avec le Cœur de la Force surhumaine activé, son adversaire avait encore davantage de puissance pure.
Une Volonté ?
Cette pensée lui vint d’elle-même.
S’il existait une Volonté du Refus, il pouvait aussi exister une Volonté conférant une force monstrueuse.
Il ne parvint pas à dévier complètement l’arme, et la masse s’immobilisa contre sa lame.
Dans cette position, Lykanos força avec sa masse. Il plaça l’autre main à l’extrémité du manche et inspira brusquement.
Il comptait l’écraser par la force. Enkrid recula le pied gauche.
Son genou se plia à mi-chemin dans un sursaut.
La force brute l’avait repoussé.
Lykanos, qui pesait sur lui, lança :
« Alors ? Tu croyais qu’on ne pouvait pas te repousser dans un bras de fer ? Hé, petit merdeux, tu pensais être le seul à être fort ? »
Non, il y en a plein de plus forts que moi. Il y en a toujours eu.
Sans même compter Audin, il n’était toujours pas certain de pouvoir battre Rem, Ragna ou Teresa dans une épreuve de force pure.
« Tu as une dent de devant cassée. »
Lykanos campait sur ses appuis et Enkrid voyait clairement la dent de devant qui avait arrêté la dague : elle était brisée.
« Je crois que ça va déplaire aux femmes. »
Cette réplique, lâchée au moment idéal, suffit à faire sortir Lykanos de ses gonds.
« Raaaah ! »
La bête rugit.
Enkrid absorba même la force derrière ce rugissement.
Son adversaire était-il facile à provoquer ?
La question lui traversa brièvement l’esprit au beau milieu du combat, puis s’évanouit.
Il n’avait ni le temps ni l’espace pour ça.
Son adversaire était fort. Très fort.
Rien à voir avec ces mercenaires minables qui se vantaient d’être presque au niveau d’un écuyer.
Les armes toujours verrouillées l’une contre l’autre, Lykanos lâcha sa masse de la main gauche, serra le poing et frappa.
Boum !
Enkrid contracta son trapèze et tourna la tête pour dévier le coup.
La lutte à la valaf, déviation par le flux du corps.
Il ne se contenta pas d’encaisser et de passer à autre chose.
Tout en encaissant le coup, il modifia sa posture et frappa le tibia de son adversaire.
Thump !
Un son sourd résonna contre la protection.
« Ça fait mal, enfoiré. »
dit Lykanos avant de lâcher complètement son arme.
Puis il tenta d’agripper Enkrid par le col de sa main droite.
Enkrid se servit de sa gauche. Il dégaina son autre épée, le glaive, pour lui trancher tous les doigts.
Lykanos sembla même anticiper ce geste et retira la main qu’il avait tendue. Les mains et les pieds fusèrent dans les deux sens. Enkrid mêla aux attaques d’épée des coups de combat rapproché, mais ne porta aucun coup fatal.
L’échange débordait de férocité et d’intentions meurtrières, pourtant aucune attaque ne parvenait à achever l’autre.
Le sang coulait d’une plaie sur le côté de la tête d’Enkrid. Quant à Lykanos, son casque avait volé pendant le combat ; sa lèvre était éclatée, sa joue entaillée et le sang ruisselait.
Enkrid avait aussi reçu un coup au ventre, qu’il n’avait pas réussi à dévier complètement. Sa respiration s’en trouvait légèrement gênée.
Dans cette ouverture, il écrasa la mâchoire de Lykanos du bout du pied et exécuta même une manœuvre martiale presque acrobatique, tournoyant une fois en plein air avant de retomber. Lykanos en resta étourdi un instant.
Quand ils finirent par s’écarter, aucun des deux n’était en état de se battre normalement.
« Ça faisait longtemps que je n’avais pas rencontré quelqu’un comme toi. »
« J’en croise souvent, des types comme toi. »
« C’est la première fois que j’en vois un qui ne perd pas un mot. »
« Ah, j’ai l’habitude. »
L’habitude de gagner.
Crac.
Lykanos grinça des molaires. Avec sa dent de devant cassée, son visage avait maintenant l’air plus rude, mais son intention meurtrière n’avait pas changé.
« Espèce de sale bâtard. »
Après ces mots, Lykanos balança sa masse de la même façon, et Enkrid sentit que quelque chose clochait.
Quelque chose avait changé. Il n’aurait pas su dire quoi.
Et il n’avait pas la place de prendre ses distances et d’esquiver largement.
Il ne lui restait donc qu’à parer. Il leva son épée et la posa doucement contre la masse. Cette fois, contrairement à la précédente, la masse ne se bloqua pas pour le repousser : elle glissa sur le côté.
Kagagak !
Au moment où il dévia ce lourd gourdin de fer après le contact des lames, dans cette fraction de seconde qui se scindait et se scindait encore,
Lykanos se déplaça au moins deux fois plus vite qu’avant.
La concentration d’Enkrid s’embrasa plus fort que jamais.
La masse ?
Ce n’était qu’une coquille. Dans le temps ralenti, Lykanos tira sa véritable arme.
Une fine épée, semblable à une broche, dissimulée dans la masse qui lui servait de fourreau.
Il estocada.
C’était plus rapide que n’importe quelle épée qu’Enkrid avait vue.
À l’instant où il bloqua la lame, celle-ci lui sembla être une flèche de lumière lancée dans sa direction.
Avant même que ses yeux n’aient pu la distinguer nettement, elle le touchait déjà.
Juste avant que l’épée ne lui transperce le torse, tandis que son cerveau et ses globes oculaires brûlaient sous l’hyperconcentration, le Sens de l’esquive s’activa.
Enkrid se tordit par instinct. La lame lui effleura le flanc et s’enfonça dans le haut de son bras droit.
Chaque instant s’écoulait comme dans un rêve, comme une scène qui défile.
Le son d’une lame dégainée, l’acier qui s’enfonçait dans la chair, la douleur qui suivait.
Rien de tout cela n’existait.
Dans cette scène fugace qui défilait, il ne bougeait que par réflexe, car chaque jour, il luttait sans relâche pour ne pas mourir.
Le mouvement suivant fut identique.
Il tordit son corps, libéra son bras droit et fouetta l’air avec l’épée qu’il tenait de la main gauche.
Le glaive devint une lame terriblement rapide et s’écrasa sur le visage de son adversaire.
L’épée d’Enkrid entailla le visage depuis la mâchoire, en remontant jusqu’au-dessus de l’œil gauche.
Boum, crac !
Des bruits de déchirement différents retentirent entre eux, et tous deux reculèrent.
Non, ils furent plutôt projetés chacun de leur côté.
« Tirez ! »
cria quelqu’un.
Ensuite, les deux armées décochèrent leurs flèches, que les deux combattants se trouvent sur leur trajectoire ou non.
Le duel était terminé. La bataille générale commençait.
Enkrid chancela et tomba à genoux.
Quelqu’un l’attrapa par-derrière.
« On se replie. »
C’était Jaxon.
Enkrid acquiesça.
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