Chapitre 285
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 285 : La langue de l’Ouest
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Quand Enkrid fondit sur l’unité de cultistes, Sinar passa elle aussi à l’action.
Elle n’emmena que vingt soldats de son unité, les plus rapides à la course et les plus prompts à manier les armes, puis contourna le champ de bataille par la périphérie.
Leur rôle consistait à frapper par surprise.
Ce groupe de vingt ne rejoignait jamais la ligne de front. Ses membres observaient le cours de la bataille, déchiffraient la formation ennemie et se déplaçaient en conséquence.
L’elfe, qui avait survécu à des centaines de champs de bataille, lisait le cours des combats avec une intuition acérée comme une lame.
Sinar tria les sons qu’elle entendait, les dissocia et repéra ceux qui comptaient.
Puis elle choisit sa première cible.
« En avant. »
Les soldats triés sur le volet la suivirent.
L’unité de Sinar longea le bord du champ de bataille à toute allure et s’abattit sur un flanc.
« Putain, ces dingues ! »
Les soldats ennemis ripostèrent avec férocité. Les vingt tinrent bon et encaissèrent.
Ils étaient d’excellents combattants, mais leur niveau restait à peu près équivalent à celui de leurs adversaires.
C’étaient des soldats d’élite, certes, mais ils n’étaient pas du calibre des Gardes-frontières.
Sinar, elle, était différente.
Tandis que l’attention ennemie se portait sur ses vingt compagnons, elle bondit et prit appui sur la tête d’un soldat adverse.
Elle poussa sur son pied et s’éleva si légèrement qu’on aurait dit qu’une main, venue d’en haut, la tirait vers le ciel.
Elle semblait avoir des ailes.
Depuis ce point d’appui, elle frappa une pomme d’Adam du bout du pied.
Paf !
La lame fixée sous sa botte transperça la gorge du soldat qui lui avait servi de tremplin. Puis elle dégaina Naidhl.
Cling ! La Lame-Feuille apparut dans un éclat de lumière réfléchie. Sinar asséna ensuite quelques coups brusques vers le bas avec Naidhl.
Clang, boum, crac.
Le plus chanceux reçut le coup sur son casque, chancela et s’effondra sur le côté.
Le suivant, encore plus chanceux, ne fut qu’effleuré au casque et lança sa courte lance vers le haut.
Le troisième, que la Déesse de la Fortune avait pris en grippe, eut le front fendu. Le sang lui ruissela sur le visage tandis qu’il s’écroulait.
Tout cela se produisit avant même que le soldat sur lequel elle avait pris appui ait fini de tomber.
Sinar ramena Naidhl et trancha en deux la lance qui fonçait vers elle.
Naidhl fendit le manche. La lance perdit sa pointe et se réduisit à un bâton court.
Le soldat, qui tenait désormais un bâton au lieu d’une lance, leva son bouclier.
Au lieu de le taillader, Sinar prit appui dessus et fonça en avant.
Elle était une flèche lancée en plein cœur de l’ennemi.
Bouclier, tête, épaule : elle prit appui sur trois autres hommes et atterrit légèrement en frappant le sol du pied. Sa cible se trouvait juste devant elle.
La cible qu’elle avait repérée en filtrant les sons était le commandant. Plus précisément, le chef d’une petite unité, celui qui dirigeait les forces locales.
« Arrêtez-la ! »
Le cri du commandant sonna creux. À peine eut-il crié que Naidhl lui transperça la gorge.
Son épée était partie de l’épaule, avait jailli jusqu’au bout de ses doigts et s’était accompagnée d’une torsion des hanches : c’était la Poussée du caillou bondissant, l’une des techniques de Sinar.
Si les forces du baronnet Tarnin tenaient encore ensemble, c’était en partie grâce à des commandants comme lui.
Des commandants étaient postés sur tout le champ de bataille.
Au cours de la bataille de ce jour-là, Sinar en abattit trois autres de la même trempe.
« Cette salope d’elfe complètement cinglée ! »
Un commandant de rang supérieur, qui observait le champ de bataille, grinça des dents et hurla.
Bien sûr, il avait déjà doublé sa garde.
Des frappes simultanées. Voilà ce que Kraiss avait cherché à mettre en place.
Un groupe s’en prenait aux provisions. L’autre visait les commandants.
Face aux groupes ennemis qui convergeaient de deux directions, il voulait leur infliger le plus de dégâts possible.
Sinar accomplit sa part et récolta quelques égratignures au passage.
*Pourvu qu’il s’en sorte bien.*
Elle essuya le sang sur Naidhl et y pensa.
Comment Enkrid et son unité s’en sortaient-ils ?
Cette plaisanterie était-elle devenue réalité, d’une façon ou d’une autre ?
*La bataille n’est même pas finie, et je pense déjà à lui.*
Sinar sentit quelque chose s’émousser en elle, puis sourit.
Cela aussi faisait partie de la vie, et du bonheur.
Cet homme avait un étrange pouvoir d’attraction. Pas celui qui permettait d’achever un sort, mais celui qui poussait les gens à le regarder et à l’encourager. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’elle pense sans cesse à lui.
« Retraite. »
Sa mission accomplie, alors qu’elle regagnait les lignes arrière sous le soleil de midi qui inondait le sol, l’elfe pensa à un humain.
Ce n’était pas seulement un sentiment entre un homme et une femme. C’était plutôt l’impatience de voir ce qu’un être humain pouvait accomplir.
*Jusqu’où ira-t-il ?*
L’elfe se posa la question en son for intérieur. Bien sûr, aucune réponse ne lui parvint.
* * *
*La détente.*
Si le corps restait constamment sous tension, il se raidissait. Un corps raidi ne pouvait pas donner le meilleur de lui-même.
« Le développement musculaire et l’amélioration de l’endurance, c’est pareil. Le repos compte autant que l’entraînement intensif. Ce n’est qu’après s’être reposé qu’on gagne en force et en endurance. »
Audin avait dit cela.
Enkrid repassa ces mots dans sa tête. Au fil du combat, il avait découvert un nouvel indice et le retournait encore et encore dans son esprit.
Tension et détente.
Et s’il s’accordait des moments pour relâcher son corps, même en plein combat ?
Il l’avait ressenti en observant Ragna, et aussi en regardant Jaxon.
Jaxon semblait ne faire aucun effort, sauf lorsqu’il maniait son épée, tandis que Ragna paraissait garder son corps presque détendu même en enchaînant les coups.
Audin faisait de même.
Dunbakel et Teresa avaient aussi des habitudes semblables.
Ce ressort né du contrôle de la tension et de la détente, et même du changement de rythme.
Le repos augmentait l’endurance.
Le repos améliorait aussi la force.
L’escrime ne pouvait-elle pas fonctionner de la même manière ?
« Le repos est important. »
Audin l’avait répété d’innombrables fois, mais ces mots ne lui étaient jamais vraiment entrés dans la tête. Ce ne fut que maintenant que cette courte phrase pénétra sa peau et s’ancrât dans ses entrailles.
Il pouvait réfléchir et agir en même temps, alors il le fit. Cette bataille était devenue un lieu d’apprentissage.
*Et si je poussais la détente encore plus loin ?*
S’observer et se comprendre clairement était essentiel, et pour Enkrid, c’était aussi naturel que respirer.
Cette introspection lui avait appris cela.
C’était le début de la détente.
Il le devait à la première capacité qu’il avait acquise en revivant ses journées.
*Cœur de la Bête.*
Son audace lui permettait d’accorder un repos convenable à ses muscles et à sa respiration, même quand les lames s’entrechoquaient et que des carreaux visaient son crâne.
C’était aussi une façon de combattre longtemps. Quand quelques hommes devaient en affronter beaucoup, ils étaient obligés de ménager leurs forces.
Bien sûr, l’endurance d’Enkrid était monstrueuse.
Comparée à celle des soldats ordinaires, elle était sans commune mesure.
Mais cela ne voulait pas dire qu’il ne se fatiguait jamais.
De ce point de vue,
*Rem s’en sort bien.*
Cette pensée s’imposa naturellement.
Qui lui avait enseigné le Cœur de la Bête ?
Qui excellait le plus à débiter des absurdités au beau milieu d’un combat ?
On pouvait bien le qualifier de maître de la détente.
« Ce n’est pas un maître de la détente. Il ne pense tout simplement à rien », dit Jaxon quand Enkrid lui fit part de ses réflexions.
« C’est un crétin », ajouta Ragna.
« Quand il me frappait, ses muscles avaient l’air complètement tendus », dit Dunbakel d’un ton critique, tandis que Teresa ne disait rien.
Audin prit alors la parole.
« Notre frère barbare vous inquiète ? »
L’inquiétait ? Rem ? Ce monstre aux cheveux gris ? Ce salaud démoniaque qui serait probablement capable de hacher un vrai démon à coups de hache avant de revenir ?
« Moi ? »
Enkrid choisit ses mots un instant, puis lui renvoya la question d’un ton sérieux.
Avait-il vraiment l’air inquiet ? C’était ça ?
Audin sourit doucement.
« Quand un résidu demeure dans votre cœur, votre regard se trouble. Quand l’inquiétude y persiste, vos pensées s’égarent dans cette direction. Ne pensez qu’au Seigneur et chassez ce résidu. Ne louez et n’honorez que le Seigneur. Alors vous trouverez la paix dans votre cœur. »
Audin récita un passage des Écritures. À côté de lui, Teresa reprit la dernière phrase.
« Trouvez la paix dans votre cœur. »
Son masque dissimulait son visage, mais elle semblait plongée dans ses pensées.
Peut-être était-ce gênant pour elle de se retrouver à nouveau face à des cultistes.
N’était-ce pas là son milieu d’origine ?
D’après ce qu’Enkrid avait entendu, elle y était née et y avait grandi.
N’importe qui aurait pu se sentir troublé.
Enkrid lança un bref regard à Teresa et se demanda de nouveau s’il était vraiment inquiet.
*Pas du tout.*
Pourquoi s’inquiéterait-il pour ce Rem de cinglé ?
Et pourtant, quelque chose le démangeait. C’était subtil, mais désagréable.
*Pourquoi ?*
Ils battaient en retraite vers l’arrière. Rien n’indiquait qu’ils avaient été pris à revers. Aucun membre de l’unité n’avait reçu une flèche perdue. Bien sûr, personne n’était blessé.
Tout s’était déroulé en un instant.
Embuscade, frappe, incendie criminel, retraite.
Ils n’avaient même pas eu besoin de la couverture de la nuit : ils avaient donc agi en plein jour. Et cela avait marché. Ils avaient été assez rapides pour achever leur mission avant que la nouvelle de la mort de leurs éclaireurs ne se répande.
Alors pourquoi l’inquiétude se glissait-elle en lui ?
Il avait l’habitude de s’observer, et donc aussi de repasser les événements dans sa tête.
*Ils étaient trop faibles.*
Des dizaines de Bêtes magiques lupines étaient déjà dangereuses par nature.
*Les cultistes seraient-ils venus ici sans connaître nos forces ?*
Peu probable.
Alors pourquoi avaient-ils paru si vulnérables ?
Enkrid se souvint de la façon dont Marcus l’avait caché, lui et sa compagnie.
*Si quelque chose semble faible, c’est qu’on nous cache quelque chose.*
Les forces des cultistes, là-bas, ne représentaient pas tout ce qu’ils avaient.
Ce qui signifiait que…
*Les Bandits des Lames Noires cachent eux aussi quelque chose.*
Une fois qu’il eut passé en revue quelques éléments, la conclusion s’imposa d’elle-même. Kraiss aurait-il pu ne pas s’en rendre compte ?
*Non, il le sait.*
C’était pour cela qu’il avait mis cette stratégie au point.
Avant que l’ennemi ne puisse jouer toutes ses cartes cachées, il fallait lui arracher ce qu’on pouvait lui arracher et prendre ce qu’on pouvait prendre.
C’était là le principe de cette opération d’incendie des provisions.
« Même si tu pries de toutes tes forces pour qu’il crève, il reviendra. »
En entendant parler d’inquiétude, Jaxon ajouta ces mots. Son regard demeura indifférent. Enkrid plongea les yeux dans ses iris rouges et hocha la tête.
« Je sais. »
Inutile de s’inquiéter. De qui s’inquiétait-il, au juste ? Celui qu’ils avaient laissé derrière eux, c’était Rem, un barbare cinglé.
* * *
Rem admit qu’il était excité.
Tout commençait par la reconnaissance.
Ce n’est qu’après l’avoir admis et reconnu qu’un changement pouvait s’opérer.
Quand on avait tendance à s’enflammer facilement, il fallait d’abord le savoir pour parvenir à se calmer.
« Toutes les bêtes sont-elles pareilles ? Non. Mais toutes celles qui survivent ont un point commun. »
C’était une chose qu’il avait entendue lorsqu’il avait appris à chasser.
De longs crocs ne garantissaient pas la survie.
Des griffes plus acérées n’y changeaient rien non plus.
Qu’il s’agisse d’un lion qui courait dans les plaines ou d’un tigre qui régnait sur les chaînes de montagnes,
ils survivaient parce qu’ils savaient quelque chose.
Et si le savoir comptait, il fallait commencer par se connaître soi-même.
Connaître la longueur de ses griffes, la force de ses jambes, son endurance. C’était la première étape.
*De ce point de vue, le capitaine est vraiment unique.*
Il se connaissait, connaissait son propre niveau et savait clairement ce qu’il pouvait faire, mais son corps n’avait pas suivi. Non, auparavant, il n’avait pas suivi.
À présent, il suivait. Son talent avait grandi au point de devenir menaçant.
Assister à cette progression avait parfois semblé relever de la chance.
Le savoir, le changement, le sang qui lui était monté à la tête après des jours d’immobilité : tout cela s’entremêlait.
Le frisson s’empara de Rem, qui se sentit un peu grisé.
Il jaugea la situation, prit conscience de lui-même et ne chercha pas à le cacher.
« Bande de fils de chienne à tête de clébard. »
Les trois Bêtes magiques lupines qui fonçaient sur lui étaient différentes des précédentes.
Leur vitesse, leur puissance et leur intelligence étaient d’un tout autre niveau.
Les Bêtes magiques n’étaient pas toutes pareilles.
Même parmi elles, certaines sortaient du lot.
Ces trois-là en faisaient partie.
Rapides comme l’enfer, intelligentes comme l’enfer.
Pour les massacrer rapidement, Rem accepta qu’une griffe lui entaille le flanc, assez profondément pour y creuser une plaie de la longueur d’une phalange.
Il laissa la griffe l’effleurer.
À cet instant, sa hache jaillit et fracassa le crâne de la bête qui le pressait de plus près.
Le sang et la cervelle éclaboussèrent l’air et lui bouchèrent la vue, mais Rem ne cligna pas une seule fois des yeux. De son autre hache, il trancha la gorge de la bête au crâne fendu.
Puis il envoya valser sur le côté cette tête à demi tranchée qui pendait encore, d’un revers de la main.
Tandis que cette tête volait comme une fleur en pleine floraison, une Bête magique esquiva sur le côté. Rem s’y était déjà attendu et lança sa hache.
Fouu ! Vrille !
Tournoyant si vite qu’elle ressemblait à un disque, la hache s’enfonça profondément dans le crâne de la Bête magique lupine qui venait de changer de position.
On aurait presque dit que son lancer et le mouvement de la bête, qui venait de pousser sa tête en avant, s’étaient produits au même instant.
Il avait réussi parce qu’il avait déjà prévu dans quelle direction la bête esquiverait.
Il n’en restait qu’une.
Rem étira sa bouche en un large sourire.
« Monstre ! »
« Ce salaud est un monstre ! »
« Aaaah, que la malédiction de la Terre Maudite s’abatte sur toi ! Le maître des Bêtes magiques te mâchera lui-même en morceaux ! »
Le groupe de cultistes tout proche ne cessait de hurler.
« Qu’est-ce que vous racontez, bande de fanatiques débiles ? Approchez donc. »
Rem grommela et passa la hache de sa main gauche à sa main droite.
« Hé, le clébard, tu ne viens pas ? »
La dernière Bête magique se tapit au sol, exhiba une pure intention meurtrière et leva les yeux. Profitant de cet instant, un cultiste lança un poignard.
Rem ne quitta pas la Bête magique lupine des yeux. Il se contenta d’incliner la tête pour esquiver.
La bête bondit dans l’ouverture.
Ses pattes ne produisirent même pas un bruit en quittant le sol. Le vent lui parvint d’abord aux narines.
Elle fondit sur lui dans un sifflement fouetté, bien trop vite et avec bien trop d’agilité pour sa taille. Elle s’accroupit si bas que son museau entra dans le champ d’attaque de Rem.
En la voyant charger, Rem fit tournoyer sa hache deux fois plus vite qu’un instant plus tôt.
Fouu !
Très peu de témoins parvinrent à distinguer correctement son mouvement.
Avant même qu’ils aient pu cligner des yeux, son bras droit et sa hache semblaient s’être volatilisés, passant du haut à droite au bas à gauche.
Il avait volontairement frappé avec légèreté jusque-là, pour que ces salauds s’y habituent. Puis il avait porté ce coup-ci pour de bon.
La Bête magique ne put réagir. Elle fonça droit sur lui, se fit trancher la moitié du cou et projeta du sang.
Mais l’élan de sa charge ne faiblit pas ; elle percuta Rem.
Rem frappa, se déporta et repoussa le corps du loup.
Le cadavre heurta le sol dans un bruit sourd et réduisit les cultistes au silence.
Toujours souriant, Rem leur lança :
« À la prochaine. »
Une formule de politesse ordinaire, mais qui sonna comme une menace meurtrière aux oreilles des cultistes.
Ils devraient revoir cette chose ? Ce monstre ?
Rem se replia sans encombre. En avançant, il récupéra la hache qu’il avait lancée et se mit à courir.
*Voyons voir.*
Son flanc était un peu entaillé et une de ses côtes était peut-être fêlée.
Rem évalua calmement son état. Rien de grave. C’était un bilan tout à fait acceptable après avoir abattu trois Bêtes magiques monstrueuses qui auraient été considérées comme des démons partout ailleurs.
Quelques cultistes le poursuivirent, mais ce n’était que pour la forme.
« Vous en voulez une autre en pleine gueule ? »
La menace que Rem leur lança par-dessus son épaule était sacrément violente.
Il partit retrouver Enkrid pour lui raconter comment il avait abattu trois Bêtes magiques presque démoniaques.
*Peut-être qu’il sera tellement impressionné qu’il me demandera encore de lui enseigner quelque chose.*
Tandis que cette pensée lui traversait l’esprit, le corps de Rem glissa sur le côté. Il planta le pied droit, prit appui sur son gros orteil, freina sa course et changea brusquement de direction. Sa force et son équilibre surhumains lui permirent cette manœuvre absurde.
Il courait à toute allure, puis bifurqua à angle droit.
Paf !
Une lance de jet longue comme un bras s’enfonça à l’endroit où Rem courait l’instant d’avant.
Elle s’enfonça jusqu’au milieu de sa hampe et trembla.
Il aurait été impossible de la déloger avec une force ordinaire.
Rem examina la forme de la lance de jet.
Elle lui était familière. Pas comme quelque chose qu’il venait de voir, mais comme un souvenir d’autrefois.
C’était une lance de jet prisée des tribus de l’Ouest.
« Voir l’un des miens aussi loin d’ici ? »
Il entendit alors une voix.
Ce n’était pas la langue de l’Empire. C’était la langue de l’Ouest.
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