Chapitre 254
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 254 : Alors tu veux mourir ?
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Sur le continent, on disait souvent ceci des Orientaux :
« Ils sont tenaces, rustres et sacrément têtus. »
Hans était l’un de ces Orientaux.
Et parmi ceux qui étaient restés à Martai, la plupart partageaient le même état d’esprit.
Voyons un peu ce que tu sais vraiment faire.
Autrement dit, ils en voulaient au seigneur actuel.
Hans était l’un d’eux.
« Ils ont bloqué une colonie ? Putain, c’est forcément truqué, non ? »
Hans, qui connaissait les jeux de dés, en était arrivé à cette conclusion.
Même aux dés, quand la partie était truquée, hein ? C’était toujours le même qui gagnait.
Quand Martai était en danger, on demandait souvent l’aide du Roi des mercenaires de l’Est.
Puis ils avaient perdu une bataille, le seigneur était mort, le commandant avait changé et, ensuite, le territoire était tombé sous le contrôle des gardes-frontières.
Et voilà que, tout à coup, une grave menace s’était abattue sur le territoire, avant que quelques soldats des gardes-frontières ne viennent la repousser.
Putain. Je déteste absolument tout là-dedans.
Pour Hans, toute cette histoire était du foutage de gueule.
Si quelques types avaient pu repousser ces monstres, c’est que le danger n’était pas si grand, non ?
Contrairement aux soldats qui avaient combattu sur le champ de bataille, Hans était devenu une petite frappe locale ; il n’avait donc jamais vu Enkrid se battre.
À l’époque, il était occupé à se soûler et à cuver. Le danger qui planait sur le territoire et sa propre sécurité étaient deux choses distinctes, à ses yeux.
Les deux camps s’étaient discrètement séparés.
Et la coopération clandestine entre les Orientaux et les gens du continent avait aussi contribué à ce que les informations circulent mal.
Malgré tout, ceux qui avaient besoin de savoir étaient au courant. Mais Hans n’écoutait que ce qu’il voulait entendre.
C’était un imbécile de première classe.
La seule chose qu’il savait faire, c’était cogner. De temps à autre, il se faisait quelques pièces d’argent en vendant ses poings.
Même si j’allais me battre…
Quelques goules ne poseraient pas de problème, si ?
Des chiens à visage humain ? Ce n’étaient que des cabots avec une tête d’homme greffée dessus, non ?
Il suffisait de prendre une lance et de les embrocher. Un coup, et c’était réglé.
Se faire avoir par des chiens sauvages, et prétendre être un Oriental ?
La vertu d’un Oriental, c’était le courage : abattre un lion d’un seul coup d’épée.
C’était ce qu’avait fait le Roi des mercenaires de l’Est.
À dix-huit ans, il avait tué un lion d’un seul coup d’épée.
Une bête qui avait mordu à mort des dizaines de personnes et goûté à la chair humaine.
Ce fut le premier exploit qui fit la renommée du Roi des mercenaires dans les plaines orientales.
« Il doit porter une relique ou nous jouer un tour. »
Son compagnon avait dit ça. Plus précisément, il avait donné un coup de coude à Hans, l’avait encouragé, puis lui avait tendu du vin. Hans en avait avalé une gorgée.
C’était sucré, comme si on y avait mélangé du miel.
Ce n’était pas très fort, mais peut-être parce qu’il l’avait bu alors qu’il était déjà remonté, il eut un instant la tête qui tourna, puis cela passa vite.
Hans serra les fesses pour ne pas avoir l’air ivre, fit comme si de rien n’était et déclara :
« Pas très fort, mais c’est bon. »
« Je viens de le recevoir. Pas mal, hein ? »
Son compagnon ne sembla pas remarquer qu’il tanguait sous l’effet de l’alcool. Il sourit simplement. Hans hocha vigoureusement la tête. Ses gestes devinrent plus amples, sans qu’il se rende compte qu’ils changeaient.
Après cet échange insignifiant, son compagnon reprit :
« En vrai, il a juste l’air d’un idiot. Tout ce qu’il a, c’est une jolie gueule. »
Et pourtant, les femmes lui tombaient dans les bras les unes après les autres, rien qu’à cause de son visage.
Son surnom était quelque chose comme Chef d’escouade séduisant.
C’était quoi, ce putain de type ?
« Tu connais Reni, pas vrai ? On dirait bien qu’elle aussi est complètement tombée sous le charme de cet idiot séduisant. »
Reni, la fille de l’aubergiste, était la femme qui plaisait à Hans.
Il bouillait de rage tandis que les gens autour de lui acclamaient le retour d’un héros.
L’ambiance ne se prêtait pas à montrer son mécontentement ; il ravala donc sa colère de force.
Puis, une fois l’agitation retombée, il apprit que l’idiot séduisant et son groupe se trouvaient à l’auberge de Reni.
« Si tu l’affrontais pour de vrai, il ne serait probablement pas si terrible. Hans, tu pourrais peut-être t’en charger. »
Son compagnon lui proposa encore du vin. Hans le siffla d’un trait, et une confiance qu’il n’avait même pas se mit à monter en lui.
Le liquide doux et brûlant lui coula dans la gorge, emplit son ventre, et une chaleur lui monta du bas-ventre.
Je vais démolir ce salaud.
S’il ne faisait pas preuve de courage oriental maintenant, quand le ferait-il ?
C’est avec cette idée en tête que Hans entra dans l’auberge et le foudroya du regard.
En le voyant de près, il avait vraiment une tête d’idiot.
On aurait dit qu’il était fait pour servir de compagnon de lit à une noble dame. Comment diable pouvait-il être un héros de guerre ?
Hans aperçut aussi Reni. Elle ne quittait pas des yeux l’homme aux cheveux roux-brun, les paupières mi-closes et les lèvres serrées.
Pourquoi diable a-t-il aussi cette tête-là ?
Putain de merde.
Je suis censé encaisser ça, même après avoir vu ça ?
Hans était une petite frappe bien connue. Il avait rarement perdu une bagarre.
Hans se leva.
Raclement, fracas !
Il se redressa d’un coup ; sa chaise racla le sol avant de basculer.
Il n’y avait dans l’auberge que le groupe de l’idiot séduisant, Reni et quelques villageois.
Plusieurs d’entre eux froncèrent les sourcils.
Qu’est-ce que cette petite frappe essaie de faire ?
* * *
Enkrid trouva cela rafraîchissant.
C’est une provocation, pas vrai ?
Il interrogea Rem du regard.
Rem cligna des yeux. Il avait l’air tout aussi perplexe.
Son regard parcourut le groupe.
Audin, Dunbakel, Teresa.
Ces trois-là suffisaient à faire réfléchir à deux fois la plupart des gens avant de chercher des ennuis.
Et Rem était là aussi.
Sans vouloir me vanter, il était rare de croiser quelqu’un qui cherchait la bagarre à la légère dans ce territoire.
Enkrid avait toujours eu une jolie figure.
Peut-être que les gens le prenaient de haut à cause de ça.
Mais une bataille venait d’avoir lieu.
Si quelqu’un en avait entendu parler, s’il l’avait vue, et si les récits s’étaient déjà répandus dans tout le territoire…
Et il vient quand même nous chercher ?
C’est quoi, ça ? Quel genre d’idiot est-ce ?
Enkrid jeta un regard à Rem, puis examina l’autre homme.
Sa perception aiguisée, désormais proche de l’instinct, passa sa cible au crible.
Les traces d’entraînement, le développement musculaire, la position des mains, les habitudes de ses pieds, jusqu’à l’enchaînement des mouvements entre le moment où il avait quitté sa chaise d’un coup de reins et celui où il s’était redressé.
Après avoir tout enregistré, il avança légèrement la main gauche et recula le pied droit.
Quiconque avait des yeux aurait dû comprendre ce que signifiait cette posture.
Mais l’autre homme ne sembla pas s’en apercevoir.
Vraiment pas. Pas du tout. Pas même un peu.
« Hé, ne fais pas tant le malin sur le territoire des autres. »
Voilà ce qu’il dit.
« Je le tue ? »
demanda Dunbakel. Ce n’est qu’alors qu’Enkrid se rappela les paroles du seigneur.
Allez-y doucement.
« Je m’en charge. »
Enkrid se leva. Personne n’y prêta attention. Les yeux de l’autre homme rougirent encore. Non, ils étaient carrément injectés de sang, à présent.
Mais ça n’avait pas d’importance.
« Espèce de salaud ! »
Fou de rage, l’homme se rua sur lui. Enkrid pivota sur le côté, esquiva le poing qui balayait l’air, appuya sur l’avant-bras de son adversaire et lui donna un coup de pied à la cuisse.
Tout s’enchaîna d’un seul mouvement.
Avec naturel et souplesse.
Rem et les autres le virent et leurs yeux s’illuminèrent.
Une application de l’Épée fluide.
Il la mettait en pratique avec son corps. Une technique dans laquelle il s’était plongé ces derniers temps.
La poussée d’Enkrid fit perdre l’équilibre à l’homme, qui semblait sur le point de s’écraser la tête contre une table de l’auberge.
Mais Enkrid ne se contenta pas de regarder. Il l’attrapa par la nuque et le redressa d’un coup.
L’homme avait lancé un seul coup de poing, puis s’était soudain demandé ce qui venait de se passer.
Enkrid le repoussa à nouveau. Hans chancela et retrouva son équilibre.
Putain, qu’est-ce qui se passe ?
Pour une raison quelconque, sa colère s’embrasa encore davantage.
N’y tenant plus, Hans posa la main sur le couteau à sa ceinture.
« Si tu le sors, tu meurs. Après ça, impossible de revenir en arrière. »
Rem dit cela en mâchant un biscuit sec. Il en avait plein la bouche, ce qui le rendait très convaincant.
Hans ne l’entendit pas. Il ne pouvait pas vivre sans enfoncer au moins une fois son couteau dans le ventre de ce salaud.
Normalement, il aurait dû reprendre ses esprits à ce stade, tomber à genoux ou tourner les talons pour s’enfuir, mais cette idée ne lui vint même pas.
Tout le monde devait mourir. Il ne pouvait pas vivre sous le même ciel que ce salaud.
Il était tellement hors de lui que son cerveau avait cessé de fonctionner.
Ce n’était pas normal.
Enkrid sentit que quelque chose clochait.
Il observait la scène, se demandant s’il devait briser un membre à l’homme.
Crac !
Dans un claquement sec, le salaud renversa les yeux tandis que sa main reposait toujours sur son couteau, puis s’effondra en avant.
Jaxon, qui se tenait derrière lui, le rattrapa et l’allongea. Il lui souleva les paupières, puis lui ouvrit la bouche et renifla son haleine.
« … Qu’est-ce que tu fais ? T’as un faible pour les haleines ? »
lâcha Rem.
Jaxon l’ignora et s’adressa à Enkrid :
« On lui a administré une drogue. »
Une drogue ?
Il poursuivit en expliquant que, mal utilisée, elle pouvait rendre quelqu’un idiot à vie.
« Son jugement était altéré et il était hypnotisé. »
Son ton était celui d’un expert chevronné dans le domaine.
Et son diagnostic était juste.
Clap, clap, clap.
Quelqu’un applaudissait.
« Comme prévu, tu l’as remarqué. »
C’était un homme avec une gourde en cuir à la ceinture, deux couteaux à la hanche droite et une épée courte dans un baudrier à la hanche gauche.
À chacun de ses pas, l’épée courte dans son fourreau cognait contre sa cuisse.
Sa démarche suffisait à le comprendre : il savait se battre.
Il n’avait rien à voir avec l’homme qui s’était rué sur eux tout à l’heure.
Enkrid le fixa sans répondre. C’était quoi, encore, celui-là ?
Personne ne réagit, mais l’homme continua de sourire et s’approcha sans se laisser démonter.
Il avait une tête de rat.
« Salutations. »
Il les salua, mais personne ne répondit, une fois encore. Même Rem, qui n’aimait généralement pas laisser un salut sans réponse, se contenta de croiser les bras et de le fixer. Il avait toujours la bouche couverte de sucre, mais si les choses tournaient mal, il semblait prêt à manier cette hache à feu mal équilibrée ou la hallebarde qui avait appartenu au chef centaure.
Les sens d’Enkrid lui indiquèrent que Rem était parfaitement prêt.
S’ils ne faisaient rien, cet homme allait simplement mourir.
« Qui êtes-vous ? »
demanda Jaxon.
« Ah, comment pourrais-je me présenter ? »
L’homme fit semblant de réfléchir, leva les mains devant sa poitrine, les joignit puis les écarta, et se mit à plaisanter.
Je le tue, tout simplement ?
On aurait presque pu lire cette pensée sur le visage de Rem.
« Attends. »
dit Enkrid.
Attendre quoi ?
Le seul à ne pas comprendre était l’autre homme.
Il balaya la question d’un geste et déclara :
« Je viens des Lames Noires. »
Les Lames Noires étaient une bande de bandits.
Enkrid baissa les bras. Il n’avait jamais eu de conversation agréable avec ces gens-là.
Le salaud agita les mains.
« Je ne suis pas venu pour me battre. Je voulais seulement vous transmettre quelques mots. »
Des employés de l’auberge et quelques clients se trouvaient dans les parages.
Il n’en tint pas compte et poursuivit :
« Accepteriez-vous de changer de camp ? »
Il posa la question avec un sourire en coin. Enkrid la pesa un instant, puis répondit :
« Alors tu veux mourir ? »
« Je viens avec des intentions sincères. Vous le savez, n’est-ce pas ? Les Lames Noires ne savent pas vraiment renoncer. Ce que je viens de vous montrer n’était qu’un échantillon. »
Alors envoyer cet idiot après l’avoir drogué et hypnotisé, c’était ça, l’échantillon.
« C’est une offre vraiment avantageuse. Une occasion à saisir. Je vous en prie, réfléchissez-y encore. »
L’homme était sérieux. Enkrid l’était aussi.
« Alors tu veux mourir ? »
« Pfft. »
Derrière lui, Rem éclata de rire en écoutant la conversation.
Il devinait déjà ce qu’Enkrid allait continuer de répéter.
Il connaissait ses habitudes de langage et sa façon de s’exprimer ; il avait vu venir la suite.
« Les Lames Noires ne renonceront pas. Je ne suis qu’un messager. Et toi, Dunbakel, tu n’as pas une dette à régler ? Tu crois pouvoir faire comme si de rien n’était et t’en aller ? »
Le messager des Lames Noires avança la tête et s’adressa à Dunbakel en la regardant.
Dunbakel avait usé de la force en tant que mercenaire pour les Lames Noires. Elle avait exécuté des missions, signé des contrats et touché sa paie.
Mais tout cela n’avait plus aucune importance.
Après ça, elle avait erré en cherchant à mourir.
Est-ce qu’on pouvait vraiment appeler ça une dette ?
« Ouais. »
Dunbakel hocha la tête.
Pour la première fois, le messager tressaillit.
Cette folle est devenue encore plus cinglée.
Voilà ce qu’il pensa.
« Ha, voilà qui est vraiment fâcheux. Je vais le redire : c’est une offre très, très intéressante. Nous pouvons fermer les yeux sur l’affaire Dunbakel et vous donner tout ce que vous voulez. Si tu veux devenir chevalier, nous pouvons même te faire entrer dans un ordre de chevalerie. »
Le messager parla, et Enkrid conserva un visage impassible.
Un ordre de chevalerie, hein ? Cela signifiait qu’ils connaissaient déjà son objectif.
Il en avait parlé à plusieurs reprises, ici et là.
C’était aussi la preuve qu’ils s’étaient renseignés sur lui.
Alors ? Tu vas encore refuser cette offre ?
L’homme le lui demanda du regard.
Enkrid ouvrit la bouche avec un calme étudié.
« Alors, tu veux mourir ou non ? Pourquoi ne réponds-tu pas à la question ? »
Pfft.
Ce ne fut qu’au deuxième rire de Rem que l’expression du messager changea.
Ces salauds… Faut-il vraiment que je leur montre ?
Il fit claquer un doigt, un signal discret que ses adversaires ne pouvaient pas voir.
C’était le moment pour les assassins sur le toit de passer à l’action.
Silence.
Hein ?
L’homme fit encore plusieurs fois claquer son doigt à l’abri des regards. Ce n’est qu’alors que quelque chose tomba du toit dans un sifflement.
« Kyaaaah ! »
Une employée de l’auberge hurla en voyant ça.
Boum ! Boum !
Deux cadavres.
Ils avaient des trous dans le cou. Puis l’homme aux cheveux roux-brun qui se tenait à côté d’eux déclara :
« On dirait que c’est tout. »
Ah, putain, qu’est-ce que c’est que ça, maintenant ?
Il savait qu’ils savaient tous manier une lame, mais comment faisaient-ils pour repérer aussi facilement des assassins de haut niveau ?
Le visage du messager se décomposa davantage.
« Si vous me tuez, les Lames Noires… »
Fouish, boum ! Vrille, fracas ! Boum !
« Kyaaaah ! »
Le messager parlait tout en portant la main à la bombe fumigène attachée à sa ceinture.
Rem le vit et lança sa hache sans même reprendre son souffle.
Sa main droite se brouilla. Les sens aiguisés d’Enkrid saisirent chacun de ses gestes.
La hache à feu mal équilibrée fendit l’air, sa lame prenant le dessus sur son manche, et s’enfonça dans le crâne de l’homme. La force du coup lui souleva les jambes du sol et projeta le salaud des Lames Noires vers l’arrière. Son dos heurta le mur de l’auberge, puis il s’écroula par terre.
C’était tout.
Le messager des Lames Noires était devenu un cadavre.
La servante hurla à nouveau à cette vue, tandis que Jaxon fouillait le corps d’un geste expert.
Il en sortit des papiers soigneusement pliés, une bourse en cuir, des bombes fumigènes, du poison et des couteaux.
L’un des papiers pliés contenait une poudre étrange.
On aurait dit une drogue servant à envoûter les gens.
« Ne paniquez pas trop. Si vous prévenez la caserne, ils nettoieront tout ça. »
Enkrid dit cela sans bouger. Une mouche venait simplement de s’inviter dans leur repas.
C’était bruyant, mais il n’y voyait rien de grave.
S’il fallait retenir quelque chose, c’était le lancer de hache de Rem et les mouvements de Jaxon.
« Hé hé, on dirait que ton charme fait même bouger une bande de bandits, mon frère. »
Audin lança cette plaisanterie inutile, et le groupe se remit en marche.
Que les Lames Noires leur jouent des tours ou non, ils allaient voir la naine.
C’était le but depuis le début.
La naine mangeait du pain avec du vin et du fromage, dans un coin de la forge.
Clang ! Clang !
Comme si le bruit de l’acier et la chaleur de la forge ne la dérangeaient pas le moins du monde, elle lécha le fromage fondu sur ses doigts.
Les rumeurs se répandaient si vite dans le territoire que, pendant qu’ils parcouraient le marché, la nouvelle des exploits d’Enkrid semblait s’être déjà propagée partout.
La naine examina tout le monde et déclara :
« On dirait que vous savez vous battre, un peu ? »
Son ton était insolent. Enkrid la regarda.
Quel âge pouvait-elle avoir ?
Les différentes races ne paraissaient pas leur âge de la même façon. Elle avait donc peut-être vécu plus longtemps que lui, mais, à première vue, elle ressemblait à une gamine de quinze ans, toute petite.
Évidemment, ce n’était pas une gamine ordinaire. C’était une jeune fille musclée, dont le cou semblait plus épais que le sien.
Ses traits n’en étaient pas moins fins et jolis.
Kraiss n’avait pas raconté n’importe quoi en disant qu’elle était jolie.
Même si, à en juger selon les critères habituels, le mot « beauté » semblait encore un peu excessif.
« Tu trouves ça joli ? »
se moqua Rem. La naine répondit en mâchant :
« J’entends tout, crâne gris. »
Elle avait vraiment un tempérament de feu.
Et Rem restait Rem.
Le barbare sourit doucement et demanda à Enkrid :
« Tu comptes te faire empailler une naine pour la déco ou quoi ? On dirait que je viens de ramasser une naine fraîchement morte. »
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