Chapitre 243
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 243 : Parce qu’elle aspirait à vivre
= = =
Martai avait une forêt de conifères au nord, des plaines et l’Unité de défense de la frontière à l’ouest, le territoire du Royaume de l’Est à l’est, et une autre forêt assez vaste au sud.
Cette forêt s’appelait la Forêt Reconnaissante.
« Mais pourquoi l’appelle-t-on la Forêt Reconnaissante ? »
Torres s’efforçait de se familiariser avec le terrain autour du territoire où ils venaient de s’installer.
Un soldat qui avait servi chez les Rangers forestiers marchait à ses côtés et lui répondit.
Cinq soldats de la Garde-frontière les suivaient.
« Parce que nous lui en sommes reconnaissants. »
À cette réponse, Torres faillit grimacer, se demandant si ce salaud se moquait de lui. Avant qu’il ait le temps de réagir, le soldat poursuivit :
« Vous êtes déjà allé dans la forêt de conifères, au nord ? Personne ne peut y vivre. Même les Rangers n’y vont pas. Vous savez comment on la surnomme ? Bois de la Falaise. »
Torres en avait déjà entendu parler. Elle était célèbre.
Au nord de Martai s’étendait une forêt de conifères, qui marquait la frontière séparant le continent.
Pourquoi l’appelait-on le Bois de la Falaise ? Parce qu’y entrer revenait à tomber à une mort certaine. Le nom était resté.
« Mais ici, au sud, la forêt regorge de fruits et de gibier. Les gens qui vivent dans le coin depuis des générations en étaient si reconnaissants qu’elle a fini par porter ce nom. »
La Forêt Reconnaissante, hein.
Ce nom avait-il du caractère, ou pas du tout ?
Sans trop y réfléchir, Torres continua de découvrir le terrain au cours de sa patrouille.
Et c’est alors que cela se produisit.
Kiiiiiiiii !
Un cri déchira l’air. Il n’avait rien d’un hennissement et charriait une telle malveillance, une telle soif de meurtre, qu’il hérissa la peau de Torres. C’était le cri d’une Bête magique.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Dans le champ de vision de Torres, près de la lisière de la Forêt Reconnaissante, se tenait un cheval.
Bien sûr, ce n’était pas un cheval ordinaire. Quel cheval normal pouvait avoir des crocs aussi longs et apparents ?
« On dirait une Bête magique ? »
« On dirait ? »
Les chevaux étaient herbivores, et il était rare qu’un herbivore devienne une Bête magique. Pas impossible, simplement rare.
Torres fronça les sourcils, puis détendit son visage et leur fit signe.
N’y en avait-il qu’une seule ? Ou d’autres se cachaient-elles derrière elle ?
Ne les avaient-elles pas encore remarqués ?
Peut-être.
« Une Bête magique chevaline, voilà qui est intéressant. »
C’était le soldat qui avait autrefois servi chez les Rangers.
« Il n’y a pas de Rangers forestiers dans cette forêt ? »
Martai avait déployé des unités de Rangers dans les forêts environnantes. Les Rangers forestiers étaient des troupes de reconnaissance qui faisaient des bois leur champ de bataille.
Sur ce continent, les Bêtes magiques et les Créatures démoniaques représentaient une menace constante. Les patrouilles régulières allaient de soi.
« Si. »
Le soldat poursuivit.
Il avait cette habitude de parler par bribes, au lieu de tout dire d’un coup.
« Il y a déjà eu des Créatures démoniaques et des Bêtes magiques dans la Forêt Reconnaissante, mais ce côté-ci était à l’origine assez sûr pour qu’on le considère comme une zone protégée. On y apercevait très rarement des Bêtes magiques. »
La bouche du soldat s’était peut-être desséchée à force de parler. Il déglutit, puis reprit :
« Une escouade y patrouille à tour de rôle. »
« Même en ce moment ? »
« Oui, même en ce moment. »
Plusieurs autres créatures apparurent derrière la Bête magique chevaline.
C’étaient des chiens à visage humain. Entre leurs museaux, Torres aperçut des lambeaux de chair et des traces de sang rouge.
« Tout le monde, en formation de combat ! »
Torres réagit vite et prit la bonne décision.
Qu’était-il arrivé à l’escouade de Rangers entrée dans la forêt ? Avait-elle été décimée ?
À tout le moins, il estima qu’elle avait été attaquée et qu’elle n’était plus en état de combattre. Il ordonna donc le repli.
Avaient-ils vraiment été mis hors de combat par un groupe aussi réduit ?
Ou s’agissait-il d’une embuscade ?
Quoi qu’il en soit, il devait y avoir une raison.
La meute de Bêtes magiques — des Bêtes magiques chevalines et des chiens à visage humain, dix au moins — ne chargea pas.
Cela aussi laissa Torres perplexe.
« Les Bêtes magiques du coin se contentent de se lécher les babines quand elles voient des humains ? »
« Hein ? »
Il avait hâte de voir Zimmer pour lui demander pourquoi il lui avait collé cet idiot de soldat.
Le type ne comprenait jamais rien du premier coup.
« Ah, non. Non, pas du tout. La patrouille précédente n’a eu aucun problème. Elle n’a trouvé aucune trace d’une meute comme celle-ci. »
C’était étrange. Les Rangers qui parcouraient la Forêt Reconnaissante n’avaient rien repéré, et voilà que plus d’une douzaine de Bêtes magiques apparaissaient en groupe ?
Et que faisaient des Bêtes magiques chevalines au milieu de chiens à visage humain ?
Quelque chose clochait.
Quelques-unes des créatures qui les observaient se mirent à avancer furtivement.
Torres n’attendit pas. Il alla à leur rencontre.
« Tuez-les toutes. »
Kraaa !
Plusieurs chiens à visage humain bondirent. La Bête magique chevaline recula.
Le combat ne fut pas difficile.
Torres et ses hommes tuèrent trois ou quatre chiens à visage humain. La Bête magique chevaline les contempla d’un air absent, puis s’enfuit dans la forêt.
Ils jugèrent trop dangereux de s’aventurer à l’intérieur et s’arrêtèrent là.
Torres essuya sans ménagement son épée ensanglantée sur la peau d’un chien à visage humain, puis déclara :
« Il faut signaler ça. »
Torres rentra faire son rapport à l’ancien capitaine de l’Unité de défense de la frontière, désormais seigneur de Martai. Celui-ci estima qu’il y avait probablement d’autres Bêtes magiques et transmit une demande de mission à la Garde-frontière.
Une mission sur demande présentait plusieurs avantages ; ils ne cherchèrent donc pas à régler le problème eux-mêmes.
En outre, la Garde-frontière avait d’autres tâches que l’extermination des Bêtes magiques.
L’ordre public n’était pas encore pleinement rétabli sur le territoire.
Des rumeurs couraient aussi selon lesquelles le prétendu Roi des mercenaires de l’Est voyait d’un mauvais œil le rattachement complet de Martai à Naurillia.
En réalité, quelques soldats venus de l’est avaient même déserté en pleine nuit.
« Mieux vaut les laisser partir. »
Zimmer avait lui aussi conseillé de ne pas les retenir. Ils étaient de toute façon originaires de l’est. Tôt ou tard, ils deviendraient des lames tournées contre les leurs.
Robustes, féroces et obstinés.
C’est ainsi qu’un explorateur d’autrefois avait décrit les nomades de l’est.
Par la suite, Torres se consacra à d’autres tâches. Ceux qui viendraient de la Garde-frontière s’occuperaient des Créatures démoniaques au sud de la Forêt Reconnaissante.
Le seigneur de Martai et le commandant de bataillon Marcus, de la Garde-frontière, souhaitaient sans doute tous deux que les deux territoires échangent naturellement leurs ressources. Cette répartition des tâches devait donc faire partie de leur plan.
Pendant les deux jours qui suivirent, Torres et Zimmer se creusèrent la tête pour organiser une force de sécurité territoriale.
Entre-temps, il reçut aussi des rapports d’observation des Rangers récemment chargés de patrouiller dans la Forêt Reconnaissante.
« On ne dirait pas qu’une colonie de grande ampleur se soit installée. »
C’était une bonne nouvelle.
Mais alors, pourquoi l’escouade de Rangers avait-elle été décimée ? Encore des déserteurs ?
Peut-être bien.
* * *
Quelques jours plus tard, une unité de la Garde-frontière arriva pour répondre à la demande.
Ils étaient tout au plus une dizaine.
L’un d’eux avait un visage familier.
Parmi les hommes d’Enkrid se trouvait la femme-bête aux yeux dorés qui avait autrefois appartenu aux Bandits des Lames Noires.
Les troupes de Martai auraient pu s’en charger elles-mêmes, mais c’était la première étape vers une coopération entre les deux territoires.
« Je compte sur vous. »
Torres leur adressa ces mots, et le groupe qui approchait hocha la tête.
Le soldat qui avait l’habitude de parler par bribes prit de nouveau la tête pour les guider.
Les soldats chargés de la mission le suivirent, menés par la femme-bête.
Mieux valait faire appel aux soldats de la Garde-frontière que d’engager des mercenaires.
En hiver, les Bêtes magiques se déchaînaient.
En continuant de s’occuper de ces Bêtes magiques et Créatures démoniaques toujours plus gênantes, les deux territoires finiraient naturellement par fonctionner comme un seul commandement.
Au printemps, même si le Roi des mercenaires faisait jouer son influence, Martai aurait gagné assez de force pour lui résister.
Torres n’avait aucune inquiétude.
Les soldats de la Garde-frontière étaient de qualité. Ils ne se feraient pas battre par quelques Bêtes magiques chevalines ou chiens à visage humain.
Et cette femme-bête était avec eux.
Il ne pouvait rien leur arriver. Évidemment.
* * *
« Regarde-moi ça, où as-tu appris à faire ça ? »
Rem posa la question, et Dunbakel lui répondit.
Elle lui expliqua qu’elle avait fait du mercenariat, observé les gens autour d’elle et appris tout ce qu’elle pouvait en les imitant.
Dans son pays natal, personne ne lui avait rien enseigné.
Une transformation maudite et des yeux dorés suffisaient amplement à faire fuir tout le monde.
Elle attacha ses longs cheveux blancs, remua son nez félin, et Rem esquissa un sourire avant de lever le poing.
« C’est parti. »
Parti pour quoi ? Pour la violence, pour une bonne correction.
La journée avait commencé par une raclée et se termina par une raclée. Non, s’était terminée.
Était-ce un souvenir, ou une douleur née d’un traumatisme psychologique ?
Alors que Dunbakel marchait, un frisson la parcourut. Elle se frotta les bras comme pour se serrer contre elle-même.
« Tu as froid ? »
« Non. »
Un soldat lui posa la question derrière elle, mais la femme-bête secoua la tête.
Le froid préoccupait peu les hommes-bêtes. Leur température corporelle était plus élevée que celle des humains, et ils étaient eux aussi à sang chaud.
Les hommes-bêtes supportaient particulièrement mal la chaleur, plus que le froid. Autrement dit, ils résistaient bien au froid.
Leur pilosité était plus épaisse que celle des humains et poussait plus facilement.
Après cette question, le soldat se tut.
Dunbakel se dirigea vers l’endroit où les Bêtes magiques étaient apparues et se plongea dans ses pensées.
Plus exactement, elle repassait en mémoire la façon dont Rem lui avait enseigné.
Cela l’avait-il aidée ?
Elle aurait voulu répondre non, mais elle ne le pouvait pas.
« C’est vraiment ça, enseigner ? »
« Non. Tu as déjà vu un homme-bête plus idiot que toi ? Alors, à ton avis, qu’est-ce que je suis en train de faire ? »
« Tu me frappes et tu me donnes des coups de pied. »
À cette réponse sans détour, le barbare grossier afficha un large sourire.
« Comment t’as fait pour survivre jusque-là ? Avec aussi peu de jugeote ? »
Elle se fit encore frapper. Après deux jours à encaisser les coups, elle s’était dit : *Je vais mourir comme ça.*
Elle s’était glissée sous Enkrid pour survivre, et Dunbakel aspirait à vivre.
C’était la première fois qu’elle comprenait qu’un désir aussi ardent pouvait brûler en elle.
Si je veux vivre, qu’est-ce que je dois faire ?
Son corps réagit avant sa tête.
Après avoir été rouée de coups d’innombrables fois, son corps apprit le premier. Dunbakel imita les mouvements de Rem et les fit siens.
« Maintenant, on peut enfin discuter. »
C’était la bonne réponse.
« Trouve toi-même comment observer et apprendre. Si tu ne veux pas mourir, c’est ce que tu feras. »
Si quelqu’un avait vu le regard de ce barbare à cet instant, sa vessie en aurait tremblé. Dunbakel avait ressenti la même chose.
Avec une expression étrange, à la fois excitée et agacée, Rem frappa de nouveau Dunbakel.
Si je veux vivre, qu’est-ce que je dois faire ?
Observer et apprendre.
C’est exactement ce qu’elle fit. Il lui fallut une semaine pour oublier ce qu’elle avait appris en faisant du mercenariat, et une autre pour le réapprendre en observant les autres et l’ancrer dans son corps.
« Il y a quelque chose que je me demande. »
C’est à cette période que Dunbakel prit la parole la première.
Quoi que Rem puisse lui répondre, elle voulait éclaircir ce point. Elle posa donc sa question.
« Tu enseignes gentiment au commandant de compagnie indépendante, on dirait ? »
Était-ce une sorte de déclencheur ?
Dunbakel ne le savait pas. Autrement dit, tout cela reposait sur un immense malentendu. Elle était seulement curieuse. Rien de plus.
« Putaiiin ? »
Ce fut le début. Rem leva sa hache sans répondre. Dunbakel dut dégainer son cimeterre à son tour.
Bam !
Elle eut de la chance de ne pas mourir d’un seul coup.
« Cet humain ! »
Tout en se battant, Rem avait lâché ces mots. C’en était presque absurde, vu la façon dont il bougeait tout en continuant de parler.
Dunbakel n’avait même pas le temps de reprendre son souffle, tandis que Rem ne cessait ni de bouger ni de parler.
« J’ai beau lui expliquer chaque geste ! »
« J’ai beau lui montrer des exemples, il ne progresse pas ! »
« Il ne progresse tout simplement pas. »
Il prononça la dernière phrase tout près d’elle, assez près pour que leurs souffles se mêlent.
Contre toute attente, son haleine ne puait pas. Les hommes-bêtes avaient l’odorat fin et repéraient facilement les odeurs, mais tout de même.
« Alors, c’était ça, ton problème ? Si c’est ça qui te tracasse, roule-toi par terre tous les jours comme le capitaine. »
Tout reposait sur un malentendu. Elle avait posé la question par curiosité, pas pour se plaindre.
Le barbare grossier n’avait pas l’air de vouloir écouter la moindre explication. Il continuait à la presser, comme s’il avait trouvé un prétexte.
Au terme de ses pensées, elle entendit la voix d’un soldat.
« Nous y voilà. La Forêt Reconnaissante, et si elle s’appelle ainsi, c’est parce que… »
Laissant derrière elle le soldat bavard, Dunbakel s’avança. Son sourcil gauche tressaillit malgré elle. Le sourcil levé trembla.
Son instinct d’homme-bête la mettait en garde.
« Ils n’ont pas dit qu’il y avait une dizaine de Bêtes magiques chevalines et de chiens à visage humain ? »
Dunbakel posa la question.
« Alors c’est pour ça qu’on l’appelle la Forêt Reconnaissante, euh ? Oui. »
Le guide, qui avait toujours l’habitude de parler par bribes, pencha la tête.
« Tout le monde, préparez-vous au combat. »
Dunbakel parla. Ses yeux dorés se posèrent au-delà de la forêt.
Elle voyait à travers l’obscurité. C’était une intuition née de son expérience du champ de bataille et de son instinct d’homme-bête.
Dunbakel sentait le danger.
Drakéides, géants, Grenouilles, hommes-bêtes, elfes, nains.
Parmi eux, les géants étaient les plus forts physiquement.
Les elfes étaient les plus sensibles.
Les Grenouilles avaient un œil pour déceler le talent, ainsi qu’une aptitude remarquable qui leur était propre.
On disait que les hommes-bêtes avaient une constitution supérieure.
« Espèce d’idiote, tu n’utilises même pas la moitié des capacités de ton corps. »
Elle avait observé les techniques à l’épée des mercenaires humains et les avait imitées. Elle se battait en pensant que c’était la bonne méthode.
Rem était un barbare grossier, mais son enseignement n’était pas vain.
« Ne bride pas tes capacités physiques quand tu te bats. »
Pas de techniques rigides enchaînées à partir de postures prédéfinies, mais confiance en ses aptitudes physiques et combat comme une folle.
Voilà ce que Rem lui avait dit.
Elle n’était peut-être pas allée jusqu’à la folie, mais se battre de cette manière tout en gardant le contrôle de son corps s’était révélé être la bonne réponse.
Depuis que Rem l’avait poussée dans cette voie, Dunbakel elle-même sentait que son niveau avait nettement progressé.
L’heure était venue de mettre ces progrès à l’épreuve.
Grrrr.
Une Bête magique chevaline et une meute de chiens à visage humain ?
Pas du tout.
Elle vit le nombre de créatures qui se faufilaient hors de la forêt, d’un côté.
Il y avait à elles seules plus de vingt Bêtes magiques chevalines, et tant de chiens à visage humain qu’elle n’avait même pas envie de les compter.
Au plus profond de la forêt brillaient des dizaines et des dizaines d’yeux rouges.
« Hé, va chercher des renforts. »
Dunbakel s’adressa au soldat qui leur servait de guide.
« Hein ? »
Ce salaud ne comprenait vraiment jamais rien du premier coup ?
Paf !
Dunbakel n’hésita pas. Elle lui asséna une tape derrière la tête.
« Ouh ! »
Après le coup, le guide se plia en deux, puis releva la tête. Une main plaquée sur l’arrière du crâne, il la regardait, stupéfait.
Et alors ?
« Cours si tu ne veux pas mourir. »
Dunbakel parlait maintenant comme Rem, mais ce n’était pas le moment de s’en rendre compte.
Le soldat guide se mit à courir, la main toujours posée derrière la tête.
Les soldats se tendirent : cette mission d’extermination des Bêtes magiques venait de se transformer en combat à mort.
« Putain, qu’est-ce qui se passe tout à coup ? »
« Qu’est-ce qu’on est censés faire, s’ils nous envoient sans même avoir vérifié la situation ? »
Dunbakel fit craquer son cou d’un côté puis de l’autre.
Si c’était tout ce qu’il y avait pour l’instant…
Elle ne risquait rien.
Telle était son évaluation. À présent, elle pouvait se permettre une telle assurance.
« Tu veux vivre ? Tu ne veux pas mourir ? Alors bats-toi. »
La voix de Rem résonna faiblement dans son esprit.
Elle détestait rien que d’y penser, mais ses entraînements avec Rem, ces épreuves face à ce barbare, avaient sans cesse fait naître en elle un désir ardent.
Un désir de vivre qui s’épanouissait et brûlait, sans rien à voir avec la reproduction.
Il brûlait dans ses yeux.
Sching.
Dunbakel dégaina son cimeterre.
« Ne vous mettez pas devant moi, et ne vous approchez pas non plus par le côté. »
Sur ces mots, la femme-bête s’élança. Boum, la terre et le gravier jaillirent sous ses pieds. Son corps se brouilla, laissant derrière lui une image rémanente.
Deux chevaux, de l’autre côté, réagirent simultanément.
Hiiii !
Le bref cri d’une Bête magique retentit dans les airs, et les bêtes nées pour courir foncèrent sur elle à une vitesse brutale.
Bientôt, Dunbakel et les deux Bêtes magiques se rejoignirent sur une même ligne, se croisèrent et passèrent l’une près des autres.
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