Chapitre 230
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 230 : Ah, ça va être amusant.
= = =
« Est-ce que je peux gagner simplement parce que je sais ? »
La question du passeur lui trottait dans la tête.
Enkrid se rappelait aussi la réponse qu’il lui avait donnée.
« Peu importe si je ne sais pas. »
Il le pensait. Il n’y avait pas un soupçon de mensonge dans ses paroles.
Par-dessus tout, combattre le Berger était tout simplement trop amusant.
Comment dire ça ?
Le Demi-Géant, Lame Hirondelle, le garde du comte Molsen, l’Épéiste à la rapière.
Et tous ceux qui étaient restés à ses côtés.
Rem et Ragna, Jaxon et Audin.
Aucun d’eux ne l’avait jamais stimulé autant que le Berger.
Leurs niveaux étaient proches, et peut-être leur attitude et leur âge jouaient-ils aussi un rôle.
Mais surtout, Enkrid sentait qu’il avançait.
En vérité, son talent ne faisait pas un bond prodigieux après un seul entraînement ou une seule mort.
Même si ses sens, autrefois émoussés, s’étaient aiguisés, même s’il avait désormais le cœur hardi et le corps obéissant à sa volonté.
Même si sa concentration surhumaine lui permettait de voir et d’esquiver les flèches en plein vol.
Il ne pouvait pourtant pas ignorer cette impression de progresser. Ce sentiment, à lui seul, l’exaltait.
« Les étoiles sont sorties. »
Enkrid sortit avant l’arrivée de Bell.
Les étoiles scintillaient au-dessus de lui et deux lunes flottaient dans le ciel. Les Lunes Jumelles.
La nuit était vraiment plus claire que d’habitude.
L’air frais d’automne était incomparablement plus frais que celui de l’été.
Une brise fraîche lui effleura les oreilles. Bientôt, le froid s’installerait.
L’automne était bref, et Enkrid aimait cette température.
Rem passa la tête par la porte du logement, probablement pour voir ce que ce cinglé préparait encore, et demanda : « Il y a encore des moustiques. Qu’est-ce que tu fabriques ? »
Bzz.
Avant même que ses paroles ne s’éteignent, un moustique lui passa près de l’oreille.
La main gauche d’Enkrid jaillit et l’attrapa en plein vol.
Le poing toujours fermé, il se retourna et répondit : « Je vais faire un tour. »
« Comme ça, tout à coup ? »
« J’en ai envie. »
« Waouh, quelle âme romantique. Quoi, t’es furieux parce que tu n’arrêtes pas de perdre ? »
Enkrid fit un pas, puis demanda : « Si tu devais battre un adversaire sans même te laisser effleurer, qu’est-ce que tu ferais ? »
« Je lui fracasserais le crâne avant qu’il bouge. »
Rem répondit sans hésiter. Enkrid lui posait toujours des questions sorties de nulle part.
Puis Rem se gratta l’oreille et ajouta : « Tu sais quoi ? Tes questions sont complètement barrées. »
« C’est vrai ? »
Enkrid acquiesça.
Pourquoi pas ?
Il y avait des moments que lui seul traversait.
Il y avait des jours que lui seul vivait.
Il y avait des instants dont lui seul pouvait profiter.
Les questions d’Enkrid venaient de ces instants et de ce temps qu’il était le seul à avoir vécus.
« Ouais, elles sont plutôt bizarres. »
Il répondit distraitement et se mit en marche.
« Prends le temps d’aller dans un temple ou je sais pas quoi. Vu d’ici, ta tête est manifestement en vrac. »
Quel salaud.
Sa grande gueule était toujours le problème. À cause de cette foutue bouche de Rem, même le passeur s’était mis à raconter des choses étranges.
Enfin.
Enkrid se dit que des murs se dressaient tout aussi soudainement devant lui.
Était-ce un tour du passeur ?
Ou bien la vie était-elle toujours ainsi ?
Un moment inattendu, une mort totalement imprévisible. Si cette épreuve était encore un mur comme les précédents, alors les leçons tirées d’une seule mort ne suffiraient pas à le franchir.
Et pourtant.
« Ah, ça va être amusant. »
Une joie insoutenable monta en lui.
Il marcha et ne tarda pas à croiser Bell, qui arrivait en sens inverse. Bien sûr. Il était déjà parti, ayant anticipé l’itinéraire de Bell.
En direction de la porte de la ville.
« Hein ? Tu vas où ? »
demanda Bell.
« Et toi, tu vas où ? »
« Je… euh… j’allais vous appeler, capitaine. »
La même conversation qu’un jour déjà vécu se répéta.
Enkrid passa en revue ce qu’il savait.
Au moment où le prêtre l’avait entaillé, un cri avait retenti, faisant vibrer son crâne : un hurlement pareil à quelque chose qui remontait des enfers abyssaux.
Plus qu’un son, il avait eu l’impression que quelque chose, en contrebas, lui agrippait les chevilles pour le tirer vers le fond.
Bien sûr, ce n’était pas le plus important. Ce qui s’était infiltré dans son corps n’était ni un sort ni du poison.
S’il devait le décrire, c’était comme le cri d’un être fou de malveillance.
« Commençons par le commencement. »
Il écarta tout ça. D’abord, le combat. D’abord, croiser le fer. Même en mettant l’épée de côté, son adversaire était excellent.
Et maintenant, si je commençais comme Rem ?
Enkrid ne parvenait pas à cacher son excitation, et un sourire lui revenait sans cesse aux lèvres.
Bell pencha la tête en le voyant.
À première vue, cet homme n’avait vraiment pas l’air normal.
« Si vous êtes malade, je peux quand même vous mettre dehors. »
Bell le dit avec inquiétude.
« Non. »
Enkrid était catégorique. Il ouvrit grand les yeux et se redressa.
« Hein ? »
« J’ai dit non. »
Ses pas étaient étrangement légers tandis qu’il parlait comme pour le mettre en garde.
Si toute la compagnie connaissait sa situation, chacun secouerait la tête.
Était-ce vraiment la démarche d’un homme qui marchait vers la mort ?
On aurait plutôt dit un enfant qui partait en pique-nique.
D’un pas léger et vif, Enkrid franchit la porte.
Une fois encore, le même genre d’échange prit fin.
« Alors… »
Enkrid prit sa garde, et son adversaire tira une dague.
Le bonheur, l’excitation et l’impatience martelaient le cœur d’Enkrid. Tous les poils de son corps se hérissèrent.
Alors, Enkrid suivit le conseil de Rem.
Boum.
En un souffle, il poussa le Cœur de la Force surhumaine à son maximum et abattit son épée.
Fouu.
Entaille du Lion, Style de l’épée lourde.
Un coup descendant qui fendait l’air droit vers le sol. D’une rapidité brutale, il avait assez de puissance pour trancher d’un seul coup le torse d’un homme en mouvement.
Son adversaire réagit aussitôt. Il avait peut-être jugé qu’une simple dague ne pourrait pas arrêter un tel coup.
Clang ! Boum !
Il tira à moitié son épée d’un fourreau noir, semblable à une tige. Une main sur la poignée, l’autre serrant le fourreau, il para le coup.
Kaaang !
L’Entaille du Lion fut stoppée. Enkrid mit toute sa force dans le choc. Son adversaire fit de même.
Grrrk.
Les deux épées se rencontrèrent et s’entrechoquèrent.
L’acier se mit à chanter contre l’acier.
Les lames verrouillées, le regard d’Enkrid s’accrocha à celui du Berger.
Un bref instant, ils s’évaluèrent du regard.
Enkrid se dit une nouvelle fois que cet homme était peut-être meilleur que ne le laissaient croire toutes ces journées répétées.
« Et s’il était à l’origine un épéiste qui se sert simplement d’une dague ? »
C’était peut-être bien le cas.
Peu importait. Que son adversaire tire son épée ou non, c’était son choix.
Enkrid avait déjà décidé de pousser sa propre voie jusqu’au bout.
Au loin, Bell observait la scène en avalant difficilement sa salive.
C’est alors que leurs lames se séparèrent.
Bientôt, le même affrontement brutal que lors des jours répétés reprit.
Enkrid le pressait sans relâche. Il ne tenait pas compte des petites entailles de la dague. Tant qu’il évitait les points vitaux et restait à portée, il continuait à tenter de le trancher.
Il se fiait aux sensations de son corps et à son instinct athlétique naturel, cherchant à en finir d’un seul coup.
À la fin, le Berger tira de nouveau son épée.
Cette escrime était différente du coup qui avait ouvert le front d’Enkrid.
Ting ! Tang ! Kkang !
Le Berger dévia d’une dague la vive estocade à une main d’Enkrid, puis, de l’autre, lança son fourreau en l’air, tira son épée et jeta le fourreau.
Enkrid, plongé lui aussi dans une concentration absolue, réagit à tout cela.
Il ramena l’épée qui avait heurté la dague, transforma la pression vers le bas en un puissant coup tranchant, et reçut le fourreau en plein front.
Le fourreau lui heurta le front et rebondit, mais Enkrid ne cligna pas des yeux.
Tant qu’il ne perdait pas l’épée de son adversaire de vue, il pouvait encore esquiver.
Il avait le Sens de l’esquive. Ce n’était pas impossible.
Fouu !
À l’instant où le Berger rattrapa l’épée qu’il avait lancée en l’air, la lame se courba comme un serpent et déchira la joue d’Enkrid.
Il avait esquivé, mais il lui manquait une demi-articulation de doigt.
Un corps-à-corps féroce, un affrontement prolongé dans une concentration totale.
« Je l’ai pourtant vu. »
Son adversaire n’était pas un plaisantin. D’après Enkrid, il dépassait Lame Hirondelle.
Ne pas se laisser effleurer par un tel adversaire était bien trop difficile.
Bien sûr, difficile ne voulait pas dire qu’il renoncerait.
Il se contenta de repasser dans sa tête les leçons de leur affrontement du jour.
Kyaaaahhh !
Le cri retentit de nouveau à son oreille.
« Ah, merde, j’aurais pas dû. Je vous ai entaillé sans réfléchir. »
Il entendit l’homme marmonner.
Grrrraaaah, grrrraaaah.
Un hurlement, comme si quelque chose remontait des enfers abyssaux, lui saisit les chevilles.
Son corps s’alourdissait.
Enkrid savait déjà ce qui allait se produire, grâce à sa première expérience.
Une douleur qu’il savait mortelle ne pouvait toutefois pas l’arrêter.
« C’est quoi, cette épée ? »
« … Vous en auriez une, par hasard ? »
« Vous avez l’air à l’article de la mort. Répondez-moi, au moins. »
« Vous arrivez encore à parler après avoir été entaillé ? Quel homme intéressant. Cette épée renferme l’âme d’un démon. Je m’étais juré de ne pas m’en servir à la légère contre des gens. Alors, je suis désolé. »
Des paroles insensées. L’idiot avait toujours l’esprit en désordre.
« Bon, d’accord. Pel. »
« … Je vous ai dit mon nom ? »
Non. Enkrid l’avait entendu lors du premier jour.
C’était la fin.
Il mourut.
« Vous êtes fou. »
Le passeur apparut deux fois de suite.
En le voyant, Enkrid laissa échapper ce qu’il pensait vraiment.
Il ne l’avait pas voulu. Il se trouvait dans un rêve, et là, il ne pouvait pas dissimuler ses sentiments.
« Vous vous êtes ennuyé, ces derniers temps ? »
Le corps du passeur tanguait dans la barque. La lampe violette se balançait avec lui.
Le silence s’installa. Bref, mais profond. La Rivière Noire ne murmurait pas.
Au terme de ce silence.
« Espèce de fils de… »
Le passeur tenta de lancer une insulte, et Enkrid se réveilla.
Dès qu’il ouvrit les yeux, il pressa Ragna de questions.
« Il existe un art de l’épée capable de bloquer tous les coups ? »
« Où est-ce que t’as entendu ça ? C’est le summum du style de l’Épée fluide. »
L’Épée fluide, la lame qui s’écoule.
Une épée qui porte l’attaque et la défense en même temps.
« Tu sais t’en servir ? »
« Des bases. »
Si même le Sens de l’esquive ne parvenait pas à éviter cette vitesse et ce timing…
« Alors, je le bloquerai. »
Il décida que c’était la solution. Après avoir appris les bases de l’Épée fluide auprès de Ragna, il ressortit ce soir-là.
Et pourtant.
« Aujourd’hui, ce sera encore plus amusant. »
Il avait déjà repéré quelques habitudes chez son adversaire au fil de ses deux expériences.
Il allait s’en servir aujourd’hui.
Et ainsi arriva le troisième jour.
« Est-ce qu’on se connaît ? »
« Non. »
« Alors, pourquoi vous me regardez comme ça ? Vous avez l’habitude de faire comme si on était proches ? »
Le Berger pencha la tête.
Enkrid l’ignora.
Ils croisèrent de nouveau le fer. Ce qu’il avait pris pour une habitude s’avéra être un piège, et il ne le comprit qu’après être tombé dedans.
Après y avoir échappé de justesse, ils croisèrent le fer, puis recommencèrent.
Fff.
Cette fois, la lame l’effleura près de la cuisse.
Il ne portait pas d’armure, et la lame fendit son pantalon et lui ouvrit une plaie.
De nouveau, le cri. De nouveau, ce hurlement abyssal.
Quand Enkrid dit quelque chose, il reçut une question semblable en retour.
« Vous en auriez une, par hasard ? »
Qu’est-ce qu’il lui demandait toujours s’il avait ?
« Quoi ? »
Le Berger répondit comme si c’était évident.
« De la volonté. »
« Non. »
Enkrid n’eut le temps de prononcer que quelques mots de plus avant de mourir.
Comment dire… cette mort avait quelque chose de particulièrement répugnant. On ne lui avait tranché ni le cou ni broyé le cœur.
S’il devait nommer la cause de sa mort, qu’est-ce que ce serait ?
« Un arrêt cardiaque ? »
Même pour Enkrid, mort tant de fois, sentir son cœur s’arrêter vraiment était rare.
Quoi qu’il en soit, quelque chose s’était infiltré par la blessure, avait rampé dans son corps, puis l’avait traversé de part en part avant de faire trembler sa tête.
Voilà tout. S’il devait comparer ça à quelque chose…
« On dirait qu’un insecte est entré en moi. »
Cet insecte était rapide et impitoyable. Il déchirait son corps.
Il broyait son cœur en l’étreignant.
Quatrième jour, cinquième jour.
Enkrid perfectionna le style de l’Épée fluide.
Au fil du vingt-huitième jour répété…
« Prenez soin de moi. »
Il commençait à déchiffrer l’escrime de son adversaire.
« Je préfère vous prévenir : si vous mourez, je n’en saurai rien. »
Fchrring.
En quelques mouvements seulement, Enkrid força le Berger à tirer son épée.
Enkrid essaya d’esquiver. Il essaya de bloquer.
Encore et encore.
Le mur apparu de nulle part lui offrit la mort, encore et encore.
Puis, à la quarante-septième reprise, il ouvrit les yeux et marmonna aussitôt :
« Si je ne peux ni esquiver ni bloquer ? »
Pour une fois, Rem était levé tôt et se trouvait près de lui, ce matin-là. Il prit la parole.
« … Eh bien, raconte. Tu as fait quel rêve, cette fois ? À une époque, je savais interpréter les rêves, alors vas-y, qu’est-ce que c’était ? »
« Un rêve où le moindre effleurement tue. »
Enkrid répondit honnêtement.
« Hé, il faut détailler ! Tu t’y prends complètement mal. »
Enkrid épousseta ses vêtements, se leva et suivit sa routine habituelle.
Technique d’isolement, entraînement et perfectionnement du style de l’Épée fluide.
« Tu connaissais déjà ça ? Ou tu l’as appris où ? »
Ragna demanda cela en observant l’épée d’Enkrid. Son niveau avait bondi du jour au lendemain.
Enkrid ne s’en rendait même pas compte.
Son esprit était embrouillé.
« Est-ce que le mur consiste simplement à tuer un type qui se bat bien ? C’est tout ? »
Il remettait en question le principe même de l’épreuve, ce qu’était vraiment un mur.
À bien y réfléchir, les murs dont parlait le passeur n’avaient jamais été ordinaires.
« Le maniaque des estocades. »
Dès le début.
« Les pièges magiques. »
Comme ce piège qui avait explosé de nulle part.
« Une seule main autorisée. »
Aucun des murs n’avait été simple. Quand il était parti chercher la bannière ennemie, il avait même dû affronter la sorcellerie.
Alors, qu’était celui-ci ?
Vers le soixante-dixième jour, Enkrid infligea une grave blessure à son adversaire.
Boum !
Sa lame passa sous la poitrine, et le Berger cracha du sang.
Le coup avait davantage frappé comme une masse qu’il n’avait tranché net ; ses organes semblaient touchés.
« Putain, tu t’es jeté sur lui au lieu d’esquiver ? »
Enkrid avait reçu un coup d’épée, mais il avait brandi la sienne comme une massue. Pour la première fois, le Berger abandonna le langage formel. Ses yeux trahissaient sa stupeur.
« J’ai vu une ouverture. »
« Je t’ai dit que si mon épée te transperçait, tu mourrais. »
C’est vrai, il l’avait dit avant qu’ils commencent.
Si elle te tranche, tu meurs. Même une éraflure suffit. Je préférerais éviter d’en arriver là. Je veux juste vérifier nos niveaux dans un véritable combat d’entraînement.
Mais pourquoi en serait-il ainsi ?
Enkrid ne le voulait pas. Vraiment, sincèrement, de tout son cœur.
Un combat à la limite absolue, le premier adversaire depuis Mitch Hurrier qui le forçait à donner tout ce qu’il avait.
« Si tu es le mur… »
Que se passerait-il s’ils mouraient ensemble ?
La question traversa l’esprit d’Enkrid.
Au quatre-vingt-neuvième jour, il obtint sa réponse.
« Ghk ! »
Il encaissa l’épée de son adversaire et lui perça le ventre d’un coup de poing en retour.
La lame transperça la chair, sectionna les intestins et fêla quelques côtes au passage. Dès qu’Enkrid l’eut enfoncée, il tordit le poignet et la retira.
Le sang jaillit de la plaie béante. Le visage du Berger prit une teinte bleu livide.
Le sang goutta sur le sol. S’il y avait eu du soleil, on aurait aperçu des intestins roses dans la blessure.
Le Berger se tint le ventre et marmonna :
« Ah, je ne peux pas mourir ici. J’ai encore tellement de choses à faire. »
Son regard s’assombrit. La mort s’était abattue sur son visage.
Ses yeux quittèrent Enkrid pour se perdre au loin, dans le vide.
Finalement, son regard revint vers Enkrid, et le Berger dit : « Ça n’avait pas besoin d’aller aussi loin. »
« Ah bon ? »
L’épée de son adversaire avait également entaillé la nuque d’Enkrid. Une main pressée contre sa blessure, il répondit d’une voix rauque. La coupure n’était pas profonde.
Le sang coulait à flots, mais d’ordinaire, ce n’était pas une blessure mortelle.
Le problème, c’était simplement que l’épée du Berger n’était pas normale.
Au même moment, quelque chose changea.
« Je peux le supporter. »
Il avait traversé plus de quatre-vingts journées répétées. Autrement dit, il avait vécu la même expérience plus de quatre-vingts fois.
Sans s’en rendre compte, Enkrid avait commencé à résister à ce qui habitait l’épée de son adversaire.
Mais cela ne changea rien à l’issue.
La mort se posa sur lui. Au milieu du cri, quelque chose parcourut tout son corps comme s’il était chez lui, forant son cœur et son cerveau.
« Putain ! Capitaine ! »
La voix de Bell retentit derrière lui. Comme la mort avait été retardée, Enkrid l’entendit crier en accourant.
Le matin revint, et Enkrid ouvrit les yeux sur un nouveau jour.
Il resta un instant étendu, les yeux ouverts, perdu dans ses pensées, puis se redressa.
À ce moment-là, il avait déjà repris sa routine, terminé sa Technique d’isolement avant l’aube et regagné le logement.
Alors, devant toute la compagnie, il demanda :
« Y a-t-il quelqu’un ici qui maîtrise la Volonté ? »
À présent, il en était certain. Il devait au moins éveiller une parcelle de cette Volonté.
Il avait décidé qu’une fois le moment venu, il surmonterait l’épreuve.
Il pensait que ce moment était arrivé.
Il ne la franchirait pas d’un seul coup.
Il ne croyait pas devenir chevalier d’un seul bond. Mais s’il ne s’agissait que d’en atteindre une parcelle, alors le moment était venu de la saisir.
C’est ce que croyait Enkrid.
Le moment d’avancer, de continuer d’avancer et de tendre la main, c’était maintenant.
= = =
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