Chapitre 221
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 221 : Parce qu’ils ont enduré l’entraînement
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Quand Enkrid resta planté sur l’estrade, l’air absent, les soldats en entraînement le regardèrent avec une rancœur à peine voilée.
« Je te l’ai dit : quand tu te mets à courir avec eux, fais au moins semblant de prendre une pause. C’est mieux comme ça. »
C’était Rem qui parlait.
Enkrid fit donc exactement ça.
Était-ce devenu le moteur qui les poussait à courir encore plus vite ?
Qui sait.
« Écoute-moi bien. Je t’ai dit que j’étais un professionnel pour épuiser les gens. »
Rem insista, puis demanda à Enkrid de se contenter d’observer en silence. Enkrid obéit.
Et il n’avait pas tort.
Rem savait vraiment mener un homme à bout.
Autrement, ces hommes n’auraient pas eu une telle haine dans le regard après une seule semaine.
Quand ils pénétraient en courant dans la cour d’entraînement, on aurait presque dit qu’une aura bleutée et glaciale jaillissait de leurs yeux.
Fchhhhh.
La pluie battante rendait l’impression encore plus saisissante.
Enkrid n’avait jamais beaucoup aimé cette pluie incessante.
Mais bon.
Tant mieux.
Il adorait leur regard. Il avait suffi qu’ils bougent les jambes et courent pour que leurs yeux se remplissent de rancœur.
Il n’avait plus aucune raison de rester là à les regarder.
Même avant que cette journée ne se répète, Enkrid était déjà un forcené de l’entraînement, à moitié fou.
Chaque jour, il faisait travailler son corps et maniait son épée jusqu’à s’ouvrir les paumes.
Qu’est-ce qui aurait changé, à présent ?
S’il y avait une chose difficile, c’était bien de se retenir.
Il les faisait courir sous prétexte de les entraîner, puis pensait au comte Molsen. Bien sûr qu’il avait envie de manier l’épée.
Alors Enkrid poussait aussi son propre corps à bout, en dehors de ses heures d’entraînement personnel, sur l’estrade comme en contrebas.
« À ce stade, je crois qu’on peut appeler ça de la pure stupidité. »
Kraiss observa la scène et marmonna dans sa barbe. Enkrid était exactement le même qu’avant.
C’était toujours ainsi.
Enkrid aimait voir les soldats poussés à bout, et il aimait sentir qu’il avançait lui aussi.
« Maintenant, prenez vos armes et frappez. »
Il les avait fait courir sans relâche toute la journée et ne leur avait permis de toucher une arme qu’au bout de sept jours.
Pas d’exercices en formation carrée, pas de manœuvres, pas d’exercices collectifs coordonnés. Ce n’était ni sa spécialité ni quelque chose qu’il savait faire.
Il comptait continuer à développer leurs aptitudes fondamentales.
Marcus observait tout cela de loin.
« Je lui ai juste donné un titre. »
Pourquoi se donnait-il autant de mal ?
Le lieutenant à ses côtés hocha la tête et répondit :
« C’est clair. »
« Des déserteurs ? »
« … On dirait qu’ils en meurent d’envie. »
Le lieutenant laissa sa phrase en suspens, et Marcus insista :
« On dirait ? »
« Ils n’ont pas l’air d’avoir la force de fuir. »
Quand on ne laisse plus à quelqu’un la force de s’enfuir, il ne peut pas s’enfuir. C’était le dicton.
L’entraînement d’Enkrid correspondait exactement à ça.
Du point de vue de Marcus, Enkrid aimait recevoir les acclamations et les compliments des autres.
Mais il y avait quelque chose qui passait avant tout ça.
Enkrid était du genre à foncer droit vers son objectif.
S’il avait quelque chose à faire, il s’en occupait d’abord, avant de se soucier des acclamations ou des compliments.
Que dois-je faire pour devenir chevalier ?
Aiguiser mon épée.
Alors il le faisait, chaque jour, de la même façon.
Enkrid était ainsi. À le regarder, Marcus ne pouvait s’empêcher d’être impressionné. Il ne pouvait s’empêcher d’éprouver de l’admiration.
Alors, pourquoi faisait-il ça, maintenant ?
On aurait dit qu’il attendait depuis toujours d’obtenir le poste de commandant de compagnie d’instruction.
Ne se comportait-il pas exactement comme un homme qui l’avait attendu ?
À le voir ainsi, il semblait même apprécier les intentions meurtrières et l’hostilité autant que les acclamations et les compliments.
À moins que… Il aimait simplement tourmenter les autres ?
L’idée pouvait venir à l’esprit.
Marcus était juste soulagé de ne pas être là-bas, à leur place.
* * *
Bell avait un passé commun avec Enkrid.
Enkrid lui avait sauvé la vie et, depuis, leurs chemins s’étaient croisés à plusieurs reprises.
Bell se disait donc :
Il ne va pas exagérer.
N’importe qui ferait attention.
Certes, Enkrid n’était pas un homme normal.
Mais il ne pouvait tout de même pas s’attendre à ce que tout le monde endure exactement le même entraînement que lui.
Il ne va pas exagérer.
Il va faire attention.
Bell y croyait.
Cette croyance vola en éclats en deux jours. La tour qu’il avait bâtie sur la confiance s’évanouit sans laisser de trace. Balayée. Effondrée.
« Hah, hah… argh. »
Il avait le souffle court, la gorge serrée.
« Si vous traînez, vous vous prenez un coup, hein ? »
Derrière eux, le fou à la hache les poursuivait avec un grand sourire.
Il faisait tournoyer sa hache dans le vide, hilare. Il ne les tuerait peut-être pas vraiment, mais il avait tout l’air de vouloir les tabasser, et se faire frapper par un truc pareil devait évidemment faire bien plus mal que courir.
« Alors, vous courez ? »
Au début, ils avaient simplement fait le tour de la cour d’entraînement. À présent, le fou à la hache les poursuivait et les harcelait. Ils devaient courir comme si leur vie en dépendait.
Et de fait, dès qu’ils prenaient du retard, ils se faisaient frapper, puis repartaient courir, encore et encore.
« Vous voulez me tuer ? Alors tuez-moi. Attaque surprise, embuscade, peu importe. Venez me chercher, les gars. »
Il gloussa en parlant, et plusieurs soldats frémirent des épaules.
Ils avaient vraiment envie de le battre à mort.
Bell, non. Non, il ne pouvait pas. Rien que courir lui coupait déjà le souffle.
Après avoir franchi plusieurs collines au pas de course, ils retournèrent au terrain d’entraînement.
« Prenez vos armes. »
Ensuite, ils répétèrent simplement les mouvements de base.
« Si vous voulez, je peux me battre n’importe quand. Sérieusement, venez donc. »
Entre les exercices, le fou à la hache continuait à les provoquer. Quelques soldats préférèrent défier le blond à l’épée, qui paraissait plus calme et plus facile à affronter.
« Si on tient cinq échanges en combat d’entraînement, on a droit à une pause ? »
« Ça prouvera votre niveau. »
Il s’appelait Ragna.
Et il ne ressemblait pas du tout à ce qu’il était.
Bell s’attendait à ce qu’il se retienne.
Crac. Paf.
Ragna mania son épée de bois si vite que Bell la distinguait à peine. Si elle n’avait pas été en bois, si elle avait été en métal, même émoussée…
Il serait mort.
Ragna baissa les yeux vers l’homme inconscient et déclara d’un ton égal :
« Faible. »
Non, putain.
On n’est pas faibles, c’est vous qui êtes complètement aberrants.
Les mots lui montèrent jusqu’à la gorge, mais Bell ne les prononça pas.
« Si ça vous énerve, venez vous battre contre moi aussi, je vous en prie. Je vous en supplie. »
Les paroles du fou à la hache refroidirent la colère de Bell.
Si tu y vas, tu meurs. Compris.
Ils couraient à toute allure toute la matinée, déjeunaient, puis passaient l’après-midi à frapper de toutes leurs forces.
Un entraînement simple.
Mais le répéter tous les jours en faisait un véritable enfer.
« C’est un démon, peut-être ? »
Au moment de se coucher, un camarade marmonna ces mots, et Bell fut silencieusement d’accord.
Foutu démon.
Malgré tout, personne ne pouvait trop se plaindre, parce que ce salaud s’entraînait plus longtemps que les soldats, plus durement et plus sauvagement qu’eux.
« Regardez ce combat, les gars. »
Enkrid affrontait l’énorme soldat religieux.
« Voilà le fou à la hache. »
Il se battait contre Rem, qui avait commencé à se faire appeler comme les soldats le surnommaient.
Il affrontait aussi Ragna, et Jaxon.
Enkrid se battait avec acharnement, mais ne gagnait pas.
En fait, il se faisait même encore plus malmener.
Audin lui balaya la cheville, puis enchaîna avec un coup de pied retourné, à une vitesse que personne n’aurait attendue d’un corps aussi imposant.
Le coup envoya Enkrid voler. Il devint un oiseau, partit à la renverse et s’écrasa contre le râtelier rempli d’épées d’entraînement, sur le côté de la cour.
Boum.
Après des jours de pluie, le sol était devenu boueux ; il s’y enfonça tête la première.
Il va mourir comme ça ? Les hommes étaient si stupéfaits qu’ils s’arrêtèrent spontanément.
« Si vous voulez vous reposer, crevez d’abord. »
Rem, qui faisait office d’instructeur, lança alors ces mots aux soldats qui regardaient. Parfois, Jaxon apparaissait à leurs côtés et leur enfonçait un doigt dans les côtes.
Bougez. Voilà ce que ça voulait dire.
Ils agitaient les bras et leurs armes par réflexe, mais ne quittaient pas Enkrid des yeux.
Le démon de l’entraînement et de la discipline se releva.
On aurait dit qu’il rampait hors de l’enfer.
Son cuir chevelu était fendu, le sang lui coulait le long du crâne et une boue brunâtre dégoulinait de son corps après qu’il s’était roulé dans la fange.
Quelque chose de brun et de sombre coulait autour de son avant-bras, et tous les regards remontèrent vers son visage.
Ça va ?
Tous se posèrent la question.
« Hum, ça fait mal. »
Voilà tout ce qu’il trouva à dire.
Il était fou. Cinglé de l’épée.
Foutu dingue de l’épée.
Bell ravala sa pensée.
« J’ai plus de mal à garder autant de retenue qu’avant, grand frère commandant de compagnie. Surtout quand vous foncez sur moi comme ça. »
Enkrid avait dû franchir une limite et charger trop violemment.
Ils voyaient des scènes de ce genre un jour sur deux.
Au début, ils étaient stupéfaits. Ensuite, ils étaient horrifiés. Au bout d’un mois, ils commencèrent peu à peu à s’y habituer.
Puis l’été passa, l’automne approcha et, au cours de cette marche forcée, sans aucun jour de repos pendant deux mois entiers, à l’exception d’une demi-journée tous les dix jours, on leur annonça qu’il fallait éliminer les Bêtes magiques des environs.
« Le nombre de Bêtes magiques dans le coin a augmenté ces derniers temps. J’ai entendu dire qu’il y avait des Bêtes magiques équines avec des crocs. Il s’agit d’une opération d’extermination. »
Le commandant de bataillon l’annonça, et l’opération commença sous la direction du commandant de la 2e compagnie.
« Ah, putain, ça veut dire qu’on ne s’entraîne pas aujourd’hui ? »
C’était le chef de peloton Vengeance. Du fiel brillait dans ses yeux, et une aura tranchante émanait de tout son corps.
On pouvait changer en seulement deux mois.
« À la place, on va se battre toute la journée, pas vrai ? »
Bell lui répondit depuis le côté.
Bell aussi avait changé d’allure.
Sinon, il aurait peut-être déserté depuis longtemps.
Mourir pendant l’entraînement aurait été la mort la plus stupide qui soit.
« Commençons par tuer ces putains de poulains tarés. »
Vengeance secoua son grand arc en le disant. Il était devenu plus fort qu’avant et avait reçu un nouvel arc.
Il faisait une fois et demie la taille de l’ancien. La corde en tendon était également plus dure et plus résistante.
Tout son peloton d’archers avait reçu du matériel similaire.
Marcus ne lésinait pas sur les couronnes pour l’équipement de l’unité. Ça aussi, c’était sacrément appréciable.
Le pire, c’était d’avoir laissé un commandant de compagnie cinglé s’occuper de l’entraînement.
« Là-bas ! »
Trois soldats de l’équipe de reconnaissance repérèrent un groupe de Bêtes magiques qui approchait.
Les Bêtes magiques étaient généralement d’anciens carnivores, mais il arrivait parfois que des herbivores le deviennent aussi.
Parmi elles, les chevaux étaient l’une des espèces les plus difficiles à affronter.
Un cheval aux crocs saillants était dangereux rien qu’en chargeant. La force de son corps lancé à pleine vitesse était son arme.
« Il y en a plus de dix ! »
À l’annonce de l’équipe de reconnaissance, le commandant de la 2e compagnie cria :
« Les archers ! »
Vengeance obéit au doigt et à l’œil. Le commandant de la 2e compagnie s’entraînait lui aussi avec eux, bien qu’il commandât une compagnie.
C’était un homme loyal.
Ils avaient entendu dire que le commandant de la 1re compagnie séchait l’entraînement.
À l’appel des archers, le peloton de Vengeance se mit en mouvement.
« Feu ! »
Vengeance cria, accrocha sa flèche à la corde et banda son arc. Le grand arc se tordit dans un grincement plaintif.
L’époque où ses muscles hurlaient de douleur était révolue.
Certes, cela ne faisait que deux mois, mais il avait vécu aux côtés d’un démon pire que ces Bêtes magiques équines, aux crocs découverts et au souffle rauque.
Ces journées avaient-elles été inutiles ?
Fiiou !
Sa flèche fila et s’enfonça dans le crâne d’une Bête magique équine.
Le sifflement de la flèche fendant l’air, puis le bruit sourd de son crâne éclaté, avaient quelque chose de presque réjouissant.
La tête de la bête touchée se cabra. Le cheval en pleine charge trébucha et s’effondra.
Une étrange sensation s’empara de Vengeance.
Il avait l’impression que chacune de ses fibres musculaires répondait à sa volonté.
La force et l’endurance acquises au fil de cet entraînement brutal lui avaient ouvert de nouvelles perspectives.
Plus encore, ces deux mois où on l’avait poussé à l’extrême lui avaient aussi donné une certaine marge de manœuvre mentale.
Encore un tir.
Les Bêtes magiques équines chargeaient, mais il gardait assez son calme pour juger qu’il en avait le temps.
« Feu ! »
Quand il banda son arc, la Bête magique équine lui parut énorme, surtout au niveau de la tête.
Sa concentration brûlait plus fort que jamais.
Il fixa sa cible, puis lâcha la corde.
Papapapam !
Il tira au même moment que ses hommes, qui bandaient et relâchaient leurs cordes.
Cette salve foudroya dix Bêtes magiques.
Les flèches volèrent et transpercèrent aussi bien les têtes que les torses.
« Hiiiiii ! »
Le cri des Bêtes magiques équines à l’agonie retentit.
« D’autres arrivent ! »
Avant que quiconque puisse admirer quoi que ce soit, l’équipe de reconnaissance lança un nouvel avertissement. À peine les dix premières abattues, une quinzaine d’autres surgirent en chargeant derrière elles.
C’étaient des bêtes qui seraient sur eux avant qu’ils aient le temps de tirer une nouvelle salve.
« Au contact ! »
Le commandant de la 2e compagnie venait de crier. Bientôt, les Bêtes magiques équines et les hommes s’affrontèrent au corps à corps.
On ne pouvait pas progresser de façon spectaculaire en deux mois.
Leur force et leur endurance avaient tout de même augmenté, et leur concentration s’était améliorée.
Bell le sentait aussi.
Son corps lui semblait léger. Comparées à un monstre comme Enkrid, les Bêtes magiques équines étaient des adversaires bien plus faciles.
« Tuez-les ! »
« Écrasez-les ! »
« Balayez-les ! »
Tous criaient quelque chose en transperçant les crânes des Bêtes magiques équines ou en tailladant leurs muscles épais, durcis par leur transformation en bêtes.
Ils frappaient à la lance et maniaient les vouges récupérées sur d’anciens champs de bataille.
Fouuu !
Le commandant de la 2e compagnie maniait lui aussi une vouge, et sa puissance était remarquable.
La lame de son arme trancha la patte avant d’un cheval.
Une giclée de sang violet jaillit.
Le sang des Créatures démoniaques était noir, tandis que celui des Bêtes magiques pouvait être bleu ou violet.
Ce sang caractéristique éclaboussait tout autour.
D’une certaine façon, le combat semblait presque trop facile.
Un fantassin, couvert de sang de la tête aux pieds, prit la parole.
« … Pourquoi ces types sont-ils si faciles à battre ? »
Il le pensait vraiment.
Ils n’avaient pas connu la moindre crise.
Piiiiii !
Puis un griffon plongea sur eux.
Les archers de Vengeance touchèrent ses ailes, puis les soldats se ruèrent sur lui et le tailladèrent jusqu’à ce qu’il meure.
Un griffon pouvait être considéré comme une Créature démoniaque de haut rang, mais ils réussirent à s’en charger.
Il n’y en avait pas une nuée, juste un seul.
Après la bataille, personne ne prétendit que leur niveau n’avait pas changé.
Les hommes de l’Armée permanente de la Garde-frontière vivaient depuis toujours au milieu de la guerre.
Leur niveau était déjà exceptionnel ; ils venaient encore de le dépasser.
De retour auprès de l’unité, Enkrid les félicita à sa façon.
« Vous n’avez pas encore couru aujourd’hui, pas vrai ? »
La chasse aux Bêtes magiques, c’était une chose ; courir, c’en était une autre.
« T’es vraiment un sacré fils de pute. »
Bell finit par cracher l’insulte qu’il avait retenue jusque-là. Il s’était dit en secret qu’il avait changé grâce à cet entraînement, mais les paroles d’Enkrid étaient si absurdes que ses véritables sentiments lui échappèrent avant qu’il puisse les retenir.
« C’est une demande de combat ? »
Si on insultait quelqu’un et qu’on lui tenait tête, ça comptait comme une demande de combat. C’était la règle de Rem.
« Ça faisait longtemps, Bell. »
Enkrid hocha la tête et le provoqua.
Bell ne pouvait pas reculer, pas cette fois.
Il ne pouvait pas non plus demander grâce.
Quand on décide de se battre, on donne tout.
C’était ce qu’Enkrid répétait sans cesse.
C’était le moment de foncer droit sur lui.
L’entraînement continua.
Indépendamment de la raclée que Bell prenait, Enkrid faisait ce qu’il avait à faire.
Et il ne s’agissait pas que d’entraînement.
« Il est arrivé. On dirait que c’est ton premier visiteur. »
Avant le soir, Kraiss vint trouver Enkrid.
Enkrid ne se lassait pas de répéter le même entraînement chaque jour, mais apprendre que quelqu’un était venu lui procura un bref élan de plaisir et d’excitation.
« On commence fort. »
Kraiss poursuivit.
Ces paroles étaient prometteuses.
Guidé par Kraiss, Enkrid s’engagea dans les rues du marché.
L’autre partie attendait à la Soupe au potiron de Vanessa.
Comme Kraiss l’avait assuré avec confiance, une fois la rumeur répandue, pas besoin d’aller les chercher : ils venaient à vous.
Voici donc ce premier visiteur.
« Alors, c’est toi ? Celui qu’on appelle le Soldat qui met fin aux guerres ? »
Un homme se tenait dans la cour d’entraînement derrière l’auberge. Deux cicatrices d’épée lui barraient le visage. L’une traversait l’arête du nez ; l’autre lui creusait profondément la joue.
Son visage avait à lui seul quelque chose d’imposant.
Tout comme l’arme qu’il tenait.
Une masse d’armes hérissée de pointes acérées.
Chacune paraissait terriblement aiguisée, et la tête de fer semblait d’un poids peu ordinaire.
« Ibarn. »
L’homme se présenta. Kraiss ajouta derrière Enkrid :
« Le mercenaire Ibarn. Il est extrêmement célèbre. C’est un colosse à l’échelle d’une ville, surnommé Ibarn l’Étrangleur. »
« Mon surnom a l’air plus tape-à-l’œil. »
Enkrid marmonna en l’observant, et Kraiss lui répondit comme si c’était évident :
« Ouais, exactement. Les fleurs voyantes attirent les abeilles et les papillons. »
Le surnom que Kraiss avait répandu exprès était sans aucun doute plus tape-à-l’œil.
Le Soldat qui met fin aux guerres, celui qui avait mis un terme à une guerre… Peu importait que son nom soit embarrassant, c’était ce qu’Enkrid désirait. Il s’avança.
Avant qu’Enkrid puisse dire quoi que ce soit, le mercenaire au visage balafré, Ibarn, prit la parole le premier.
« Faisons un combat d’entraînement. »
Enkrid hocha la tête.
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