Chapitre 222
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 222 : Le soldat qui mit fin à la guerre
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« Aucune idée de la façon dont la rumeur s’est répandue, mais… »
Enkrid vit dans les yeux de son adversaire quelque chose de profondément déplaisant.
L’homme n’avait pas l’air d’être venu croiser le fer juste pour éprouver son talent.
Son regard était plein de convoitise, d’une avidité brute.
« Le Soldat qui met fin aux guerres, hein ? C’est pas un peu prétentieux ? »
Le mercenaire Ibarn leva son étoile du matin en posant la question.
Sa posture et son attitude étaient ouvertement menaçantes.
Une véritable posture de combat.
Comme si tout son corps disait : Je peux te fracasser le crâne avec ça.
Enkrid resta pourtant immobile et répondit d’un ton plat :
« C’est vrai. »
« On dirait que tu as sacrément confiance en tes capacités ? »
Il semblait prêt à bondir sans crier gare, mais il prit tout de même le temps de sonder son adversaire. Enkrid n’aimait pas ça non plus.
« Ça suffit. »
Cette réponse vague fit froncer les sourcils à Ibarn.
« Putain d’arrogant. Espèce de connard. »
Il l’insultait délibérément : une ruse verbale pour déstabiliser l’adversaire.
Enkrid avait lui aussi excellé dans cet art, autrefois.
Quand il se battait pour survivre, il lui arrivait de se servir davantage de l’épée dans sa bouche que de celle à sa ceinture.
« Raaah ! »
Après avoir été ignoré encore et encore, Ibarn finit par bouger. Il s’avança d’un pas décidé et lança son arme contondante sans hésiter.
C’était donc lui, Ibarn l’Étrangleur ? Une pointure de la classe Cité ?
Il était beaucoup trop lent.
Comparé à Rem, il paraissait carrément pataud.
Enkrid n’était pas assez détendu pour bailler, mais il avait de la marge.
Cela ne voulait pas dire pour autant qu’il comptait se battre à la légère.
Quand il se battait, il donnait le meilleur de lui-même.
Ce n’était pas une parole en l’air. Enkrid vivait réellement ainsi. En toute chose, il faisait tout ce qu’il pouvait.
C’était ainsi qu’un homme sans talent avançait.
S’il avait flanché ne serait-ce qu’une fois sur la route de son rêve, l’Enkrid d’aujourd’hui n’existerait pas.
Peut-être est-il différent de ce qu’il semble.
Il resta sur ses gardes. Il doutait.
Tout cela pouvait n’être qu’une tactique personnelle.
Pour un mercenaire, savoir pousser l’adversaire à baisser sa garde était presque une compétence indispensable.
Fouuu.
Enkrid suivit l’étoile du matin des yeux jusqu’au dernier instant, puis déplaça son pied gauche sur le côté. Il pivota d’un demi-tour et dégaina.
Chling !
Il frappa dès que la lame quitta le fourreau.
Ibarn tenta de ramener son arme, mais elle était déjà partie sur son élan. En essayant de la récupérer, il s’emmêla dans ses mouvements.
« Ngh ! »
Le mercenaire au visage balafré serra les dents, poussa un cri qui tenait du cri de guerre, lâcha son arme et se jeta sur le côté.
La lame trancha le vide. C’était voulu.
Enkrid s’était dit qu’il feindrait peut-être l’esquive avant de foncer ; il s’était donc contenté d’un coup simple, tout en restant prêt à se défendre.
Pourquoi ne fonce-t-il pas ?
Il n’avait même pas cherché à laisser une ouverture, mais celle-ci suffisait amplement pour se ruer sur lui.
« On va continuer à mains nues. »
Ibarn prit la parole après avoir perdu son arme.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Enkrid comprit aussitôt.
Un imposteur ?
Il apprit plus tard qu’Ibarn l’Étrangleur devait son surnom à sa force de préhension, mais face à l’avant-bras d’Enkrid, renforcé à l’extrême par la Technique d’isolement, il ne laissa que des marques de doigts.
Enkrid lui brisa ensuite le poignet par la même méthode, à l’identique.
« Kyaaaagh ! »
Seul un cri strident retentit.
C’était un imposteur.
Une fausse réputation bâtie sur des mensonges.
« Hum. »
Kraiss ravala un gémissement en regardant la scène.
Quelques membres de la compagnie étaient venus assister au spectacle après avoir entendu parler du premier visiteur.
Rem secoua la tête.
« On dirait qu’on va attirer que des abrutis. »
Jaxon ne dit rien. Ragna non plus. Audin n’ajouta pas un mot.
Le plan consistait à réunir des gens qui voulaient parcourir le monde et rencontrer des combattants puissants.
Mais le premier arrivé était une ordure.
« Tu veux continuer ? »
Enkrid interrogea Ibarn, qui avait le poignet brisé.
« N-non ! Pas du tout ! »
Ibarn était terrifié.
À ce niveau, Bell aurait pu s’occuper de lui, pensa Enkrid en se détournant.
« Ne sois pas trop déçu. Tu n’as pas dit que l’aventure commençait quand on quittait son village ? »
Kraiss avait parlé.
Il voulait dire que le début et la fin ne survenaient pas en même temps.
L’Est avait un proverbe similaire : on ne se remplit pas l’estomac avec la première bouchée.
Enkrid hocha discrètement la tête et réfléchit.
Rem était intense et sauvage.
Jaxon menaçait des vies avec un calme détaché.
Ragna imposait son escrime et excellait dans les échanges tactiques.
Audin avait une force naturelle extraordinaire et une maîtrise remarquable de son corps.
Même entouré de gens comme eux, Enkrid avait toujours soif de nouvelles expériences.
Il lui manquait encore quelque chose.
Il voulait découvrir autre chose. Combler ce vide.
Cette envie relevait presque de l’instinct.
Et, pour être franc, son premier adversaire avait été…
Une ordure.
Un idiot s’était présenté. Était-il déçu ?
Non.
Enkrid n’était pas du genre à se laisser décevoir par une broutille pareille.
Pour ce qui était d’attendre et d’endurer, il devait compter parmi les meilleurs du continent.
« C’est pas grave. »
Parmi les visiteurs suivants, quatre sur cinq étaient du même acabit : des imbéciles qui convoitaient la renommée d’Enkrid.
« Si je te bats, je deviens commandant de compagnie sur-le-champ ? »
« Tu as vraiment entraîné ce corps ? Il est pas mal, mais il lui manque quelque chose. »
« Tu ne dégaines pas ? Alors, si tu meurs, tu ne viendras pas me le reprocher ? »
Enkrid assaisonna le plateau que Kraiss lui avait préparé exactement à son goût.
Quiconque se ruait sur lui avec une technique bâclée repartait avec un bras ou une jambe cassés.
Quelques-uns étaient des mercenaires connus.
L’un prétendait être un épéiste errant qui s’entraînait seul.
Un autre se vantait bruyamment d’être issu d’une école d’écuyers.
Malgré tout, la plupart étaient des mercenaires.
Nombre d’entre eux convoitaient le titre de Soldat qui met fin aux guerres.
Sept autres visiteurs se présentèrent ensuite, mais il était difficile de trouver quoi que ce soit à apprendre d’eux.
Beaucoup étaient littéralement moins bons que des soldats ordinaires.
Il y en eut tout de même un qui était convenable.
« Homme-bête, Barakal. »
Il parlait mal la langue des humains, mais ses capacités athlétiques naturelles étaient exceptionnelles.
Pour Enkrid, c’était un adversaire rare qui valait la peine d’être affronté.
L’homme-bête utilisait une Griffe, des lames fixées sur le dos de ses mains, et maîtrisait à merveille les attaques imprévisibles.
Il levait brusquement un genou pour attirer le regard, puis abattait une Griffe dans un large arc, par-dessus sa tête.
Ou bien il s’abaissait si bas qu’il frôlait le sol avant de bondir sur son adversaire.
Des mouvements rendus possibles uniquement par ses dons physiques innés.
Enkrid observait, expérimentait et apprenait.
Ce n’était pas une mauvaise période.
Même sans revivre cette journée, il passa ces jours à absorber, marteler et affûter tout ce qu’il avait bâti jusque-là.
Les menaces et les obstacles ne changeaient rien pour lui ; Enkrid vivait donc chaque journée comme s’il répétait celle-ci.
* * *
Rem poussait Dunbakel dans ses derniers retranchements.
Non, c’était encore trop faible comme expression.
« Si tu ne le fais pas correctement, tu crèves, homme-bête. »
Au début, il avait pris ça pour une plaisanterie, mais il commençait maintenant à y mêler une véritable intention meurtrière.
Et comment aurait-il pu en être autrement ?
Comment pouvait-elle se tenir aux côtés du capitaine sans rien ressentir ?
Cette folle d’homme-bête ne savait toujours pas utiliser correctement sa propre force.
Et qu’est-ce qu’on faisait avec quelqu’un comme ça ?
On le poussait au bord d’une falaise, puis on le précipitait dans le vide. Face à la mort, on trouvait la force de se relever ou on craquait.
C’est exactement ce que fit Rem.
Et lui aussi ressentit quelque chose.
Elle a du talent.
Ses capacités physiques innées étaient différentes. Ses mouvements avaient parfois une fulgurance remarquable.
Elle était donc différente d’Enkrid.
Non, très différente.
Elle avait une tête désespérante, mais son corps était exceptionnel, ce qui la rendait amusante à entraîner.
Elle ne deviendrait pourtant jamais comme le capitaine.
« Je vais mourir. »
Après lui avoir fait répéter l’exercice quelques fois, elle s’effondra et perdit connaissance.
L’endurance ? La volonté ? Même avec ces qualités, l’écart entre elle et Enkrid resterait immense.
Après avoir à moitié tué Dunbakel, Rem pensa à Enkrid.
À présent, il avait l’impression qu’Enkrid avait considérablement progressé.
Au point qu’il se sentait mal à l’aise de le ménager comme avant.
Au point qu’une seule petite erreur l’obligeait à se battre sérieusement.
En jaugeant cette progression, un mot lui vint à l’esprit.
« Chevalier. »
La voie qu’Enkrid voulait emprunter était également ouverte à Rem.
Bien sûr, pas ces absurdités de chevalerie dont les gens du continent parlaient.
La tribu de Rem avait sa propre voie.
Ces derniers temps, il réfléchissait trop pour quelqu’un comme lui. C’était pour ça qu’il poussait Dunbakel encore plus fort.
Il acculait son adversaire et, ce faisant, s’acculait lui-même.
Pour Rem, c’était utile.
« T’es folle ? Tu te couches ? Tu dors ? Tu dors, là ? Tu arrêtes de t’entraîner pour dormir ? »
Sous ces railleries, Dunbakel se força à se relever.
Si quelqu’un lui avait dit que ce démon avait rampé hors du Royaume démoniaque, elle l’aurait cru sans hésiter.
* * *
Le Soldat qui mit fin à la guerre.
« Alors, c’est lui, le fameux type. »
Dans une petite taverne, l’un des cadres de la Sainte Secte de la Terre Maudite, qui multipliait les manigances dans le nord du Continent de Pen-Hanil, marmonna pour lui-même.
Il s’était installé à une vieille table en bois.
Il était encore tôt ; quelques personnes seulement se trouvaient à l’intérieur.
Un croquis reposait sur la table. Le visage d’Enkrid y était dessiné.
Celui qui avait fait échouer leurs plans encore et encore.
Celui qui avait écrasé la colonie de Gnolls du Village des Pionniers, puis fini par tuer leurs fidèles.
Ils avaient envoyé une Manticore et son dresseur pour l’assassiner ; il les avait tués eux aussi.
Un obstacle.
Le cadre de la secte prit sa décision.
Cet obstacle répandait d’étranges rumeurs et invitait les gens à venir le trouver.
« Allez le tuer. »
Le Cultiste donna l’ordre.
Ils avaient eux aussi des hommes capables d’anéantir une colonie de Gnolls. Ils disposaient de forces en réserve.
Et ils en avaient bien davantage.
À cet ordre, la femme assise en face de lui se leva.
Ses épaules étaient deux fois plus larges que celles de la plupart des hommes, et ses cuisses étaient épaisses comme des troncs.
Ses yeux étaient si étroits qu’on distinguait à peine ses pupilles, et ses lèvres l’étaient encore plus.
C’était une épéiste élevée par le culte. Sans talent pour les sorts, elle avait atteint son rang actuel grâce à sa seule force physique.
« Oui. »
La guerrière se leva.
Elle était si grande qu’on l’aurait prise pour une Géante.
En réalité, du sang de Géant coulait dans ses veines.
La Sainte Secte de la Terre Maudite le lui avait injecté au cours d’expériences.
Sans tenir compte de sa volonté, ses capacités physiques et sa puissance au combat étaient pleinement…
de classe écuyer.
Elle ne devrait donc avoir aucun mal à tuer Enkrid. Inutile d’envoyer un assassin.
S’il voulait répandre des rumeurs et attirer des gens venus le tuer, soit.
Ils le laisseraient mourir exactement comme il le souhaitait, dans un combat loyal.
* * *
Les Bandits des Lames Noires savaient mieux que quiconque à quel point la réputation comptait.
« Je ne crois pas qu’on puisse en rester là : on s’est fait battre et on a dû battre en retraite. Même si on se retire, on ne peut pas simplement disparaître sans laisser de traces. »
La manœuvre de Marcus avait déjà été signalée à la Branche principale des Lames Noires.
Et l’un des bandits de la Branche principale se mit à échafauder un plan semblable à celui du culte.
S’ils tuaient l’homme que Marcus avait mis en avant ?
Plusieurs nobles aux relations influentes jusqu’au cœur du pouvoir étaient impliqués. Un contrat les liait à eux. Cet incident allait forcément affaiblir la position de Marcus.
Il s’agissait d’honorer le contrat.
Si nécessaire, ils étaient prêts à tuer Marcus aussi.
Mais d’abord, ils abattraient quiconque bougerait le premier.
Alors qu’ils venaient de se mettre d’accord, quelqu’un de dissimulé au sein de la Garde-frontière se mit à agir bizarrement.
La rumeur du Soldat qui met fin aux guerres leur parvint également.
« Alors, il dit que s’ils veulent se battre, ils n’ont qu’à venir ? »
Les Bandits des Lames Noires comptaient plusieurs combattants doués au combat.
La Branche principale des Lames Noires décida d’en envoyer un.
Un homme aux cheveux bruns et à l’apparence quelconque.
On le surnommait Lame Hirondelle.
Il devait son nom aux tours d’épée si singuliers qu’il accomplissait avec une seule lame.
« Ça te dit d’aller régler une affaire ? »
C’était le genre d’homme qui souriait en enfonçant un couteau dans la gorge de quelqu’un.
Un déviant dérangé que le meurtre plongeait dans l’extase.
« Bien sûr. »
Un cadre des Lames Noires envoya Lame Hirondelle.
Lame Hirondelle venait d’une école d’écuyers. La rumeur en faisait un génie tragique, expulsé pour avoir tué trop de monde.
S’il n’avait pas rejoint les Bandits des Lames Noires, il serait mort depuis longtemps.
Garder ce salaud nous a coûté une fortune.
Ils avaient convaincu les nobles qui voulaient sa mort, l’avaient caché et dépensé des quantités de kronas pour lui donner ce qu’il voulait.
À quoi bon aiguiser une lame si on ne s’en sert pas ?
Le moment était venu de l’utiliser.
Le culte et les Lames Noires ne furent pas les seuls à envoyer des hommes.
Plusieurs personnes au service du comte Molsen se mirent également en mouvement.
« Voilà un jeu intéressant. Aucun guerrier ne veut aller prouver que l’épée du comte est supérieure à la sienne ? »
À ces mots du comte, deux de ses fils et un guerrier s’avancèrent.
L’un d’eux était l’homme qu’Enkrid avait déjà vaincu.
« J’irai. »
Le comte ne prit pas la peine de retenir son fils.
Que l’impression soit bonne ou mauvaise, ils devaient faire sentir leur présence.
Et ce n’était pas tout.
La nouvelle concernant Enkrid parvint à des endroits qui n’avaient aucun lien avec le comte Molsen, les Lames Noires ou le culte.
« Notre ami est devenu si fort que ça ? »
C’était l’épéiste à la rapière qui avait escorté la Compagnie marchande Rockfreed autrefois, quand il ne pouvait pas révéler son nom.
Par habitude, il passa la main à l’endroit où se trouvait autrefois sa moustache.
À présent rasée de près, elle n’était plus là ; sa main ne rencontra rien et il ressentit un étrange vide.
« C’est ce qu’on raconte. »
Il venait d’achever plusieurs tâches.
Il avait donc maintenant du temps libre.
Je pourrais m’arrêter le voir ?
Il avait pensé qu’Enkrid ne progresserait plus beaucoup. Alors, s’il avait soudain autant grandi…
Peut-être avait-il vraiment vendu son âme à un démon.
Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas laisser passer ça.
Il était aussi simplement curieux.
Comment avait-il changé, au juste ?
Et puis, c’était sur la route.
« Il faudrait faire un grand détour. »
Un subordonné prit la parole.
L’épéiste à la rapière fixa la carte un moment, puis demanda :
« Ça me semble sur le chemin, pourtant ? »
Pas du tout.
Le subordonné marqua une pause, réfléchit un instant, puis répondit :
« Oui, en effet. »
Tous les autres acquiescèrent.
Vu son influence et son rang, ils avaient sans doute compris qu’ils ne pouvaient pas le contredire.
Un petit détour pour se changer les idées, ça fait du bien. Ils sont tous trop raides.
Sur cette pensée, l’homme se mit en route.
Il était très curieux de savoir à quel point Enkrid avait changé.
* * *
Après qu’Enkrid eut envoyé Ibarn au tapis, les mercenaires affluèrent en nombre.
Au début, il accepta tous les défis.
« Ça n’a aucun intérêt. On devrait faire en sorte qu’il n’affronte que ceux qui auront battu Bell, au minimum. »
Kraiss, qui observait la scène depuis le côté, résuma parfaitement la situation.
Ils firent exactement ainsi.
« Au suivant ! »
Pendant les entraînements, Bell ne fut pas le seul à s’avancer : plusieurs autres soldats participèrent aussi.
Parfois, un soldat perdait et quelqu’un au rang de chef d’escouade prenait sa place.
Si un chef d’escouade semblait sur le point de perdre, quelqu’un du rang de commandant de compagnie s’avançait à son tour.
« Ce n’est pas encore suffisant ! »
Le commandant de la 2e compagnie cria, une cicatrice bien visible sur la joue.
« Ouaah ! »
« Voilà ! »
« Paltor ! Paltor ! »
Ces acclamations inattendues étaient désormais devenues quotidiennes.
Même Allen, l’aubergiste, qui avait d’abord été déconcerté, trouvait maintenant tout cela parfaitement normal.
« Encore une bière ! »
Il avait fort à faire pour servir les spectateurs.
Les jours semblaient devoir s’écouler sans incident particulier.
Puis une guerrière capable de vaincre même Paltor, le commandant de la 2e compagnie, fit son apparition.
« Je n’ai jamais entendu son nom, mais elle a une technique inhabituelle. Et c’est une femme. »
La guerrière se retrouva donc face à Enkrid.
La cour d’entraînement derrière l’auberge était désormais bondée. Même des marchands du marché étaient venus assister au spectacle.
« Une Géante ? »
demanda Enkrid en la voyant.
Il n’avait jamais vu personne de plus grand qu’Audin, et le fait qu’elle soit une femme rendait la chose d’autant plus étonnante.
« Métisse. »
Son adversaire répondit.
Sa voix était rauque, mais clairement féminine.
Enkrid leva son épée.
La pointe orientée vers le haut, le poids centré au milieu de la plante des pieds.
Son instinct ne lui soufflait qu’une chose.
Cette adversaire n’avait rien de facile.
La femme leva elle aussi son arme.
Une épée et un bouclier.
Le bouclier était une épaisse plaque de fer.
Il suffisait de voir ce qu’elle portait pour comprendre.
Elle possédait une force brute monstrueuse.
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