Chapitre 210
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 210 : Marcus a caché Enkrid
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Jaxon s’attendait à ce que la cavalerie s’arrête après avoir parcouru une courte distance. Quand les hommes tombaient les uns après les autres au cours d’une seule charge, n’importe quel commandant prenait cette décision.
Au lieu de faire face à la charge de front, il fléchit les jambes et se mit en mouvement.
Tous les autres observaient les cavaliers qui fonçaient sur eux.
Ils regardaient ceux qui avaient repoussé la charge.
Jaxon visa l’endroit où la cavalerie s’arrêterait et partit le premier.
Il devança les cavaliers et, sur une courte distance, en se lançant à pleine vitesse, il était certain de pouvoir presque rivaliser avec un cheval.
Et voici ce qui se passa.
Il donna un coup de pied dans le mollet de l’homme dont le cou transpercé l’avait fait basculer sur le côté, retira son pied de l’étrier, puis le poussa de la main.
Le commandant s’écrasa au sol dans un bruit sourd. Jaxon, lui, resta détendu.
Il se hissa en selle et tapota l’encolure du cheval, à mi-chemin entre la tape et la caresse.
La monture, qui se débattait encore, ne tarda pas à se calmer.
Sans même regarder derrière lui, Jaxon revint vers Enkrid.
Clop, clop !
Le bruit des sabots résonna vivement dans le silence.
Les cavaliers qui l’observaient, si déconcertés par son calme, laissèrent passer leur chance de le prendre en embuscade.
« Ce sauvage de chat sauvage se garde toujours la partie facile pour lui tout seul. »
Rem accueillit Jaxon à son retour.
« Espèce de brute démente, va donc te battre comme un idiot. »
Jaxon lui rendit son salut, mit pied à terre et claqua la croupe du cheval.
Le cheval poussa un hennissement aigu et fila de côté, martelant le sol de ses sabots.
Tout naturellement, il courut vers un terrain dégagé où aucune troupe n’était rassemblée.
La poussière qu’il soulevait derrière lui ondulait comme un mirage de chaleur.
En plein champ de bataille, comme si rien n’avait d’importance, Rem et Jaxon échangèrent des regards féroces en se saluant.
Enkrid, qui aurait dû les arrêter, était plongé dans ses pensées quand il prit soudain la parole.
Il ruminait cette question depuis un moment.
« Ils ne pourraient pas simplement frapper sans coincer le manche derrière eux ? »
Si une épée brisait leur vouge, il leur suffirait de lâcher l’arme. Mais ils avaient fixé des crochets sur leur armure de flanc et celle de leur cheval, puis y avaient bloqué le talon du manche : toutes leurs réactions s’en trouvaient ralenties.
Il pensait que c’était pour cette raison qu’ils avaient si mal réagi au premier coup.
Ils n’avaient donc eu d’autre choix que d’encaisser.
Rem, qui entendait Enkrid débiter ses absurdités, soupira et lui répondit.
Cela mit fin à son échange de regards avec Jaxon. Ce dernier secoua lui aussi la tête et détourna les yeux.
« Si tu bloques l’arme contre ta taille, il faut encaisser à la fois la vitesse du cheval et la force du choc. À ton avis, ta taille résiste ou elle casse ? »
Celle d’Enkrid ne casserait pas. Mais celle des autres ? Sans un entraînement suffisant, si.
Il comprit.
L’idée d’Enkrid était simple.
L’attaque ennemie était trop simple et trop linéaire.
Et coincer le manche contre son flanc tout en portant un coup tranchant ? Ça pouvait être efficace contre des adversaires plus faibles, mais dans une situation pareille, l’échec était inévitable.
Voilà pourquoi ils n’avaient pas su parer ce genre de contre.
Sans le vouloir, Enkrid avait mis le doigt sur la faiblesse fondamentale de la cavalerie ennemie.
Ces cavaliers à la vouge étaient à l’origine spécialisés dans l’art de faucher des adversaires pris au dépourvu, et moins forts qu’eux.
Ils auraient dû entraîner leur force brute au lieu de bloquer le manche derrière eux.
Après les avoir affrontés, il voyait ce qu’il fallait corriger.
Il eut de nouveau une révélation.
Enkrid savait désormais repérer les faiblesses d’un adversaire et les lui signaler.
C’était une nouvelle occasion de progresser.
Bien.
Indépendamment de la manière dont il avait arrêté la charge de cavalerie, les yeux d’Enkrid brillèrent étrangement.
Les cavaliers restants l’observèrent, hésitèrent, puis ordonnèrent une nouvelle charge.
« Chargez ! Tuez-les tous ! »
D’un certain point de vue, leur courage forçait l’admiration. Après ce qu’ils venaient de subir, ils voulaient encore se ruer sur eux.
Enkrid pointa son épée dégainée vers les cavaliers qui chargeaient et les affronta une nouvelle fois.
S’il l’avait fait une fois, pourquoi pas deux ?
Lorsqu’il avait fait face à la première charge, la Déesse de la Fortune n’était pas intervenue.
C’était du talent, pas de la chance.
« C’est une fichue fosse à fourmilions, ou quoi ? »
Marcus lâcha cette remarque. De l’autre côté, le commandant ennemi Olf maudit la stupidité des cavaliers qui chargeaient, mais prit malgré tout la meilleure décision qu’il pouvait dans l’urgence.
Battre en retraite à cet instant aurait été encore plus stupide.
« Chargez ! »
Bientôt, l’infanterie de Martai se mit en mouvement. La mêlée avait commencé.
Avant même que la charge de l’infanterie ne les atteigne, les cavaliers tombèrent par dizaines et battirent en retraite.
Cinq hommes à peine avaient accompli tout cela, alors il était naturel que le moral de l’infanterie de Martai, qui chargeait, s’effondre.
* * *
« Ragna et moi, on prend le front. Rem à droite, Jaxon à gauche, Audin protège l’arrière. »
Avant de venir ici, Enkrid avait réfléchi à la formation, plutôt qu’à une mêlée générale, en tant que chef d’unité.
Ce n’était pas un plan très élaboré.
Il s’agissait simplement de tenir leurs positions et de combattre sans se gêner les uns les autres.
Dans une mêlée, les pertes alliées augmentaient vite. Il avait renoncé à l’idée de recourir à des tactiques défensives pour les réduire.
Ce n’était pas à cela que servait une petite unité d’élite.
Il avait donc choisi l’approche inverse : pour réduire les pertes alliées, il fallait augmenter rapidement celles de l’ennemi.
C’est ainsi qu’était née cette « formation rudimentaire ».
Il semblait plus efficace de rester groupés que de combattre séparément.
« Gardez vos distances. »
Aucun d’eux n’était du genre à obéir d’ordinaire à une structure.
Audin, Ragna et Jaxon le feraient peut-être, mais est-ce que ce fichu Rem accepterait vraiment d’écouter ?
Enkrid se posait lui aussi la question.
Si Rem refusait, il comptait le laisser faire.
Dans ce cas, Ragna devant et moi à droite.
Jaxon, Ragna et Audin pourraient eux aussi l’ignorer.
Si ça arrivait, il abandonnerait la formation et se battrait. Il n’y aurait ni le temps ni la place de convaincre qui que ce soit.
À partir de là, seules les épées parleraient.
Quand Enkrid avait proposé la formation, il s’était déjà résigné à cette éventualité.
Et puis…
« Compris. »
Rem prit position le premier, sur la droite. À environ trois pas : assez loin pour que les coups d’épée ne l’atteignent pas, mais assez près pour intervenir si besoin.
« Trois pas d’écart, donc. Compris. »
Jaxon se plaça à gauche.
Après Rem et Jaxon, Ragna avança lui aussi de deux pas.
Enfin, Audin prit l’arrière.
« … Tu ne vas pas foncer seul ? »
Sans même s’en rendre compte, Enkrid regarda Rem et lui posa la question.
Rem avait obéi avec une telle facilité qu’il était impossible de ne pas s’en étonner.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Ces salauds nous foncent dessus. Tu crois qu’on a le temps de jacasser ? »
Non, ils ne l’avaient pas. L’infanterie ennemie déferlait sur eux comme une meute de fous.
Il n’avait pas non plus le temps de consulter les autres.
« … En avant. »
Enkrid le murmura. Sa voix était basse, mais ses compagnons y entendirent une détermination sans faille.
Ragna se cala sur son pas. Quoi qu’on en dise, Enkrid était le pivot de cette formation.
Ça marchait vraiment, comme ça ? Ils obéissaient aussi facilement ?
C’était absurde, mais pas le moment d’en discuter.
Waaaaah !
Au milieu des cris de guerre ennemis :
« Tuez-les tous ! »
« Crève, espèce d’idiot ! »
« Salauds ! »
Parmi les soldats du premier rang, certains étaient terrifiés, d’autres enragés, d’autres encore parfaitement calmes.
Les gens étaient tous différents.
Entre peur, folie et calme, les injures et les cris retentissaient en harmonie.
C’était une véritable symphonie de guerre.
Enkrid ne courut pas. Il accéléra seulement le pas, et ses alliés avancèrent au même rythme que lui.
Le moral des alliés était infiniment supérieur.
La force qui se propageait dans les rangs semblait différente.
Enkrid le sentait jusque sur sa peau.
« Waaaaah, bande de salauds ! »
Les acclamations de ses alliés éclatèrent dans son dos. Enkrid rencontra le premier ennemi.
Les conséquences de la charge de cavalerie furent pires la deuxième fois.
La première s’était achevée dans la confusion générale, mais la seconde fut différente.
Les soldats l’avaient déjà vue une fois, puis avaient assisté à la répétition de la même scène, qui avait cette fois fait encore plus de morts.
Les cavaliers balayés s’étaient aussitôt repliés. S’ils avaient chargé encore une fois, ils auraient mérité le titre des hommes les plus stupides du continent.
Il n’était donc pas étonnant que le soldat devant lui ne soit plus que peur : son calme et sa folie avaient tous deux disparu.
Une lame fendit l’air, et un souffle brûlant s’engouffra dans l’espace entre eux.
Enkrid abattit son épée d’un coup droit, de haut en bas.
Boum, crac !
Le premier coup fracassa le crâne du soldat.
Dans un mouvement tranchant, sa tête éclata, projetant du sang et de la cervelle dans toutes les directions.
Des gouttes de sang éclaboussèrent aussi le casque de cuir d’Enkrid.
Et tandis qu’elles tombaient encore, Enkrid tranchait déjà la poitrine et le bras gauche d’un autre soldat.
Fssht !
Si l’escrime comptait, l’arme elle-même ne pouvait-elle pas aussi faire partie de la technique ?
Après cette réflexion, Enkrid exploita pleinement les capacités de son épée.
Une lame à la puissance de coupe et à la solidité inhabituelles fendit encore et encore la vague de soldats qui se pressaient contre eux.
L’effet de la formation ? Il n’y pensa pas. Il ne se concentra que sur une chose.
Combattre groupés, pas dispersés.
Son intention était claire. Enkrid s’enfonça dans les rangs ennemis comme la pointe d’une épée.
Tout le monde le suivit naturellement, Rem compris. La charge de la Compagnie des Fous fut comme un couteau qui transperçait une pomme mûre. Bientôt, ils se retrouvèrent profondément enfoncés dans les lignes ennemies.
Et que se passait-il lorsqu’ils s’enfonçaient aussi loin ?
Ils étaient encerclés. Autrement dit, ils combattaient au milieu d’ennemis qui les pressaient de toutes parts.
Était-ce une mauvaise tactique ? Pas vraiment.
« Mes frères, au paradis ! »
Audin, qui protégeait l’arrière, cria.
Ses poings et son gourdin bougeaient plus vite que sa respiration.
Foumf, bam ! Clac, crac !
À droite, Rem ricana et brandit sa hache.
Des éclairs de hache fusaient dans tous les sens, brisant les lames ennemies, fracassant des crânes et déchirant des armures.
« Approchez. Je suis en pleine forme, là. »
Rem prononça ces mots, couvert de sang.
Entre son casque et son visage maculés de rouge, seuls ses yeux gris clignaient.
La peur s’empara de l’ennemi, et les soldats qui chargeaient de front hésitèrent.
« Bande de salauds ! »
Soudain, quelqu’un se rua sur eux par la gauche.
Enkrid l’ignorait, mais c’était Greg, le commandant du 1er bataillon.
Un officier redoutable, qui avait la confiance du général Olf. Devant lui se tenait Jaxon, son épée fine à la main.
Un adversaire qui ne s’était pas fait remarquer une seule fois jusque-là.
Greg ne le sous-estimait pas, mais n’en pensait pas grand-chose non plus.
Il abattit sa masse hexagonale.
Un coup puissant à la trajectoire vicieuse.
La masse visait la clavicule en diagonale. Esquiver aurait rompu la formation ; ne pas esquiver rendait le coup difficile à parer. L’écart de force semblait évident.
Enkrid aperçut la scène du coin de l’œil, mais ne s’inquiéta pas.
Aucune chance.
Il croyait que Jaxon était le plus facile à atteindre de face ?
Greg avait manifestement rôdé près de Rem. Pourtant, il ne l’avait pas affronté et avait délibérément contourné le groupe par la gauche.
Il visait Jaxon.
Le soldat aux cheveux roux-bruns opposa sa lame fine à la masse.
S’il ne pouvait l’éviter, il pouvait en dévier la trajectoire.
Scriii !
À l’aide du plat de sa lame, il réceptionna la masse, y imprima sa force et la fit glisser sur le côté.
Le métal racla le métal et des étincelles jaillirent. Jaxon ne cilla pas. Il bougeait comme s’il faisait simplement son travail.
Pour quelqu’un qui « faisait simplement son travail », cette déviation était d’un très haut niveau.
Elle prouvait qu’il maîtrisait parfaitement les bases de la Souplesse et de l’Épée fluide.
« Hah ! »
Greg tenta de forcer le retour de sa masse, à contre-courant de la déviation.
« Idiot. »
Jaxon marmonna en le regardant.
Greg l’entendit distinctement.
Petit salaud ! Greg le maudit du regard, reprit le contrôle de sa masse et planta le pied dans le sol.
Il comptait de nouveau l’écraser sous sa force brute.
Si ce salaud essayait encore de dévier son coup, Greg comptait lâcher son arme, foncer sur lui et lui briser le cou.
Il avait aussi confiance en ses capacités au corps à corps.
En un instant, Greg imagina la scène et se représenta le cou de son adversaire se brisant sous ses mains.
Le plus étrange, c’était que seule cette scène se répétait sans cesse.
Il lâche sa masse. Il fonce. Il lui brise le cou. Crac !
Il lâche sa masse. Il fonce. Il lui brise le cou. Crac !
Il lâche sa masse. Il fonce. Il lui brise le cou. Crac !
Puis, soudain, le monde se mit à tourner. Quand il baissa les yeux, celui qui l’avait traité d’idiot était déjà en train de planter son épée ailleurs.
Un soldat hurla lorsque la lame traversa la fente de son heaume et lui transperça l’œil et le crâne.
« Aaah ! »
Pourquoi est-ce que je vois tout ça ?
Greg baissa les yeux et vit, fffssht, un corps projeter du sang. Vidé de ses forces, il s’effondra en avant dans un bruit sourd, répandant du rouge partout.
Là où aurait dû se trouver sa tête, le sang jaillissait à gros flots, comme l’eau d’un seau renversé.
L’armure du cadavre ressemblait beaucoup à la sienne.
Ce fut la fin. Ses pensées s’interrompirent et les ténèbres engloutirent tout.
* * *
Au moment où celui qui visait Jaxon fut repoussé sur le côté, Ragna porta un coup.
Nul besoin d’utiliser la Séparation : il employa donc l’Entaille d’acier.
L’armure qui protégeait le cou avait beau sembler solide, cela ne changeait rien.
Paf, fssht !
Il trancha l’armure, les vertèbres cervicales, les tendons : tout. Une Entaille d’acier du Style de l’épée lourde.
La tête vola dans les airs et sembla cligner des yeux, étrangement.
Après cela, il s’en désintéressa.
Ragna était d’excellente humeur.
Quelle bande de types amusants.
Il les désignait tous, Enkrid compris.
Où pouvait-on rassembler des hommes pareils ?
Le fruit d’une succession de coïncidences.
Une farce de la Déesse de la Fortune.
C’était probablement quelque chose de ce genre qui avait créé cette situation.
Non, peut-être pas.
La vie ne commençait-elle pas par le hasard pour s’achever dans la nécessité ?
Peut-être était-ce arrivé indépendamment de la chance. Sans Enkrid, lui-même ne serait pas encore là, alors c’était une nécessité.
Et Rem et les autres, n’avaient-ils donc joué aucun rôle ?
Dans une vie morne, il avait trouvé des combattants de son niveau. Il était tout naturel qu’il se soit arrêté et qu’il soit resté avec eux.
Le hasard et la nécessité : ces pensées inutiles s’évanouirent.
L’exaltation, le plaisir.
Des sensations que Ragna ne pouvait éprouver facilement, même en maniant une épée trempée de sang, le submergèrent. L’exaltation l’envahit, déborda et continua de se déverser.
Voilà pourquoi.
L’épée de Ragna devint plus féroce, plus précise et plus rapide.
Au bout d’un moment, même Enkrid dut caler son rythme sur celui de Ragna.
Dès que Ragna prenait les devants et se mettait à frapper, il ne se distinguait plus d’un sinistre faucheur.
Dans les yeux des ennemis, au-delà de la peur, quelque chose se formait : une terreur qu’ils ne comprenaient pas.
« Uaaaaah ! »
« Épargnez-moi ! »
« C’est un monstre ! »
Ce n’étaient plus des cris de guerre, mais des sanglots.
Au milieu des hurlements, des lamentations glacées commencèrent à teinter le champ de bataille.
La symphonie touchait à sa fin.
« … Quels sont ces monstres ? »
Le chef d’escouade qui avait autrefois tendu un piège à Enkrid sur la route du ravitaillement avait lui aussi rejoint le champ de bataille.
Un soupir creux lui échappa.
S’il avait survécu, il aurait peut-être fait un excellent commandant et un soldat remarquable.
Mais lui non plus ne pouvait pas survivre.
Avant même qu’il s’en rende compte, une hache lui avait fendu la poitrine et l’avait traversée.
« Ghh. »
Sa cage thoracique s’enfonça et son cœur éclata. Une douleur atroce parcourut tout son corps. Il s’effondra en pleurant des larmes de sang.
Les morts approchaient la centaine.
* * *
« Putain. »
Olf sentit la défaite s’abattre sur lui.
Non, c’était pire que ça.
Ils ne jouaient même pas dans la même catégorie.
Cinq écuyers ?
Espèce de salaud, tu les avais bien cachés.
Olf était pris de vertige, au-delà du désespoir. Cinq écuyers, et même pas un ordre de chevalerie. Quelle folie était-ce là ?
Non, même s’ils n’étaient pas écuyers, comment avait-il pu dissimuler cinq hommes aussi puissants ?
Olf ne pouvait pas l’accepter.
Il n’avait pas perdu une guerre.
C’était la politique qui avait gagné. Celui qui avait bien caché sa force l’avait emporté.
Tout cela était arrivé parce que Marcus avait si bien dissimulé Enkrid.
« Maintenez la mêlée. »
Au milieu de tout cela, le commandant sans insigne qui les accompagnait lança cet ordre en passant devant lui au pas de course.
Il n’y avait plus rien à maintenir.
Le cours de la bataille ne lui appartenait plus.
À partir de maintenant, sa vie, son commencement et sa fin dépendaient de la volonté de Marcus.
Au-delà du moral et de l’élan des troupes, tout le champ de bataille était tombé entre les mains d’un politicien.
« Quel parfait salaud. »
Il avait lancé une attaque en comptant sur la force de ses subordonnés, puis s’était fait écraser d’une manière insensée. Qui pouvait comprendre le malheur d’Olf ?
Pouvait-on vraiment appeler ça de la stratégie et de la tactique ?
Il s’était contenté de si bien cacher la puissance de cinq hommes ?
S’il fallait donner un nom à cette bataille, celui-ci lui conviendrait parfaitement :
Marcus a caché Enkrid.
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