Chapitre 197
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Réviseur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 197 : Il l’avait pensé. C’est ce qu’il avait cru.
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Bansento avait élaboré le meilleur plan possible dans sa situation. Ou plutôt, il avait cru que c’était le cas.
Tuer les hommes chargés de l’escorte, tuer ce salaud d’Enkrid et tout son groupe, puis profiter de l’occasion pour s’allier à Martai et renverser la ville.
Il avait même dit qu’ils auraient dû le faire depuis longtemps.
À présent, Bansento n’était plus en état de parler.
Un homme au crâne fendu et enterré n’avait plus rien à dire.
« Allons-y. »
Enkrid fouilla les deux cadavres et la charrette, prit tout ce qui valait la peine d’être emporté, creusa un trou et enterra les corps.
Pas mal.
Une bourse bien remplie de pièces d’or, plus quelques bijoux.
Il y avait aussi plusieurs pierres noires qu’il ne parvint pas à identifier.
Elles n’avaient pas l’air d’être des bijoux, mais dès qu’il les vit, il sentit quelque chose d’étrange émaner d’elles.
Est-ce qu’il pourrait les vendre ? Peut-être qu’elles s’échangeraient contre quelques pièces ; il les prit donc aussi.
Il fourra l’or et le reste dans son sac, puis emporta même la dague noire utilisée par l’homme de l’escorte. À ce stade, il ne restait plus rien à prendre.
Il les avait tellement dépouillés qu’on aurait dit qu’il les avait mis à nu.
« J’ai l’air d’un bandit. »
Enkrid le dit lui-même.
« La bande d’Enkrid. Pourquoi ne pas en fonder une quand tu quitteras l’armée ? »
Rem lança cette plaisanterie sans intérêt. Il avait beau parler comme ça, ce n’était pas le genre à détrousser les gens du peuple.
Sans prendre de repos, Enkrid et ses hommes repartirent aussitôt. Dès qu’ils se mirent en route, Dunbakel n’eut d’autre choix que de les suivre, toujours ligotée.
Elle n’avait aucune chance de s’enfuir.
Elle leur avait indiqué l’endroit où l’embuscade les attendait.
Elle leur avait même appris qu’une partie des forces principales des Lames Noires s’y trouverait.
Et malgré tout, ils restaient parfaitement détendus.
« Terres sauvages et rudes, soleil noir, terre qui se brise, ciel qui s’effondre. »
Ce Rem s’arrêta en plein milieu du chemin et se mit à chanter quelque chose qui ressemblait à une chanson des confins de l’Ouest.
Ce n’était pas une chanson particulièrement bonne, mais la voix de Rem était meilleure que prévu.
« Brise le ciel et fonce pour le faire tomber. »
Tandis qu’elle l’écoutait d’une oreille, laissant les paroles ressortir par l’autre, elle entendit aussi les deux autres discuter devant elle.
« Comment as-tu fait pour que ces mouvements d’épée s’ancrent dans ton corps ? »
« Je les ai tous mémorisés. »
La question semblait compliquée, mais la réponse était claire.
L’homme blond qui l’avait posée hésita un moment, comme s’il cherchait ses mots, puis finit par les lâcher.
« Tendre la main gauche sert à pousser l’adversaire vers ta droite. Tu ne peux pas faire abstraction du sens du mouvement. »
« Ouais. J’ai compris. »
Leur chef, Enkrid, hocha la tête.
Compris ?
Dunbakel n’y comprenait rien. De quoi parlaient-ils, au juste ?
Enkrid reprit :
« Tu veux dire que chaque pas a un sens, et que même la main qui tient l’épée en a un, c’est ça ? »
Le blond hocha vivement la tête.
« Oui. Chaque mouvement a un sens. »
Elle ne comprenait pas tout, mais avait saisi une chose.
Ils parlaient d’escrime.
Dunbakel était toujours aussi perplexe. Pourquoi étaient-ils si détendus ?
Quelque chose frémissait dans sa poitrine. Elle n’arrivait pas à mettre clairement un nom dessus, mais une chose était sûre.
La curiosité l’envahissait.
Qui étaient donc ces gens ?
* * *
En écoutant Ragna, Enkrid parvint à une petite révélation.
C’était précisément ce qu’il avait besoin d’entendre à cet instant.
Ragna l’avait compris après un seul combat et le lui avait dit.
Comme il s’exprimait très mal, tout était sorti en vrac.
Mais du moment qu’Enkrid comprenait correctement.
Aucun problème.
Enkrid reformula ses paroles, les mettant en ordre au fur et à mesure, et repassa la leçon dans sa tête.
Chaque mouvement de l’escrime avait un sens.
Il devait en saisir toutes les significations.
Il avait déjà ressenti quelque chose de semblable en combattant ce demi-homme-bête par-derrière.
L’harmonie entre l’escrime des mercenaires du Style de Vallen et l’escrime classique.
Au bout du compte, celui qui maniait l’épée était celui qui la tenait.
Comprendre, puis faire sien.
S’il comprenait tout, il pourrait décomposer les mouvements et s’en servir. Quand il en aurait besoin, il pourrait ressortir exactement celui qu’il lui fallait.
Ragna avait commencé par parler du sens des mouvements, mais Enkrid, lui, en était revenu à l’état d’esprit nécessaire pour apprendre l’escrime.
« Le Style de l’épée lourde viendra après, quand tu auras parfaitement compris ce que tu viens d’apprendre. »
Ragna marchait à ses côtés.
« Quand j’aurai compris tout ça et que ce sera ancré dans mon corps. »
ajouta Enkrid.
Tous deux regardèrent devant eux et hochèrent la tête.
« Tu sais qu’il y a une embuscade devant nous ? »
Rem avait fini de chanter, et leur conversation avec Ragna était elle aussi terminée. La femme-bête derrière eux prit la parole. Non, elle posa une question.
Sa voix était ferme. Elle ne cachait pas le moins du monde sa perplexité.
« Comment tu m’as dit que tu t’appelais ? »
demanda Enkrid en tournant légèrement la tête.
Il se demanda combien de fois il avait déjà posé la question, mais la femme-bête lui répondit d’un regard qui semblait dire que son nom n’avait aucune importance.
« Dunbakel. »
« C’est vrai, Dunbakel. »
Enkrid essaya de lui expliquer.
Pourquoi ils se dirigeaient droit vers le lieu de l’embuscade. Pourquoi ils étaient prêts à prendre ce risque.
Enkrid ne voyait pas l’embuscade qui les attendait comme une crise.
Pourquoi ?
Qui aurait pu révéler leur force à l’ennemi ?
Sans doute le noble et l’homme de l’escorte, tous deux morts.
Tous les assaillants des Lames Noires étaient morts, et la seule survivante était cette femme-bête.
Si elle avait envoyé un message en secret, ce serait une autre histoire.
Mais rien ne laissait penser que c’était le cas.
De toute façon, il ne lui en avait pas donné l’occasion, mais certaines choses se voyaient au premier coup d’œil.
Dans ses yeux dorés se mêlaient le doute, la curiosité et quelque chose qui ressemblait à de l’envie.
Cette femme-bête appelée Dunbakel ne cessait de poser la même question.
Pourquoi se dirigeaient-ils vers le lieu de l’embuscade ?
La réponse était simple.
Si une petite troupe d’élite les y attendait sans connaître leur véritable force,
alors ce ne serait pas une embuscade du tout.
Bien sûr, tous ses calculs pouvaient être faux et les mettre en danger. Cette possibilité existait toujours.
Et si les Lames Noires étaient devenues à moitié folles et avaient envoyé ici plus de la moitié de leurs forces ?
Impossible.
Les chances que cela arrive étaient bien trop faibles.
Comme Kraiss l’avait reconnu, Enkrid ne se servait pas souvent de sa tête, mais quand il le faisait, elle fonctionnait plutôt bien.
La façon dont Kraiss l’avait formulé était agaçante, mais ce n’était pas une insulte. Enkrid le savait.
À sa place.
S’il avait été le chef des Lames Noires, il aurait envoyé exactement deux fois plus d’hommes que la fois précédente.
Cela aurait suffi.
S’il avait encore eu des doutes, il aurait ajouté quelqu’un de plus doué pour tuer que pour se battre.
Donc.
Leur estimation des forces ennemies serait déjà faussée. Enkrid n’était pas seul : Rem et Ragna étaient avec lui.
Ragna bâillait à s’en décrocher la mâchoire et marmonnait qu’il avait sommeil.
Rem donnait des coups de pied dans les cailloux sur son chemin.
Aucun des deux ne montrait le moindre signe de tension.
Pour l’instant, ils étaient tous deux encore largement plus forts qu’Enkrid.
Voilà pourquoi l’ennemi se tromperait dans son estimation des forces.
C’était ce qu’Enkrid croyait.
Quand Dunbakel répétait qu’une embuscade les attendait, ce qu’elle voulait vraiment demander, c’était : pourquoi continuer tout droit ?
Il avait bien une réponse, mais tout expliquer prendrait trop de temps, et il n’avait aucune raison de convaincre la femme-bête aux yeux dorés qui se tenait devant lui.
« Si tu demandes pourquoi nous allons droit dans l’embuscade, il n’y a pas de raison particulière. »
Il s’interrompit, regarda ses yeux pleins d’envie et ajouta une phrase.
« C’est parce que j’ai envie de manier davantage mon épée. »
Ce n’était pas un mensonge. Il avait fait ses calculs, certes, mais c’était aussi ce qu’il désirait vraiment.
À ces mots, les pupilles dorées de Dunbakel tremblèrent violemment.
« … Pourquoi ? »
Pourquoi pour une raison pareille ?
Et pourtant, c’était précisément pour cela que tout s’éclairait.
L’enseignement de Krimhalt jaillit du fond de sa poitrine comme une fontaine et lui frappa l’esprit.
Elle eut l’impression que quelqu’un venait de faire sonner une cloche tout près de son oreille.
Fleurir et faner, au bout du compte, sur le champ de bataille.
Krimhalt, le dieu auquel elle croyait, lui avait dit de fleurir et de faner sur le champ de bataille.
L’homme devant elle cherchait justement à faire cela.
Au même moment, elle se souvint de la vieille devineresse qui lui avait parlé lorsqu’elle avait été chassée de son village.
« Le jour où tu chercheras la mort, un guide se tiendra à tes côtés. »
À l’époque, elle avait cru qu’il ne s’agissait que d’une marque de pitié, d’une phrase compatissante lancée pour la réconforter.
À présent, elle la voyait autrement.
Dunbakel s’était préparée à mourir, mais elle avait survécu.
À qui devait-elle ce caprice du destin ?
À l’homme qui se tenait devant elle.
Au milieu de l’envie, de la jalousie et de l’admiration qui emplissaient le cœur de Dunbakel, une brise douce se mit à souffler.
Je veux avoir un enfant de cet homme.
En réalité, ce serait probablement impossible.
Les enfants issus d’une union entre les femmes-bêtes et les humains naissaient rarement.
Et ce n’était pas son seul désir.
Je veux rester dans son sillage.
Elle voulait rester à ses côtés. Elle voulait apprendre à vivre comme lui. Elle voulait mourir à ses côtés.
Ces désirs complexes et subtils lui brûlaient la poitrine.
Enkrid jeta un coup d’œil à ses yeux.
Qu’est-ce qu’elle a, maintenant ?
Ces derniers temps, il avait vu tant de gens au regard fou qu’il pensait s’y être habitué, mais celui-là était nouveau.
Quelque chose d’étrange et d’intense. Presque sensuel.
« Au fait, pourquoi Esther n’est-elle pas venue ? »
Alors qu’Enkrid observait les yeux de Dunbakel, Rem posa soudain la question.
Enkrid détourna le regard et lui répondit.
« Comment veux-tu que je le sache ? Notre Esther est lunatique. »
Enkrid dit cela sur le ton de la plaisanterie, et Rem ricana.
« Si Esther t’entendait, elle te lacérerait le visage de coups de bâton, capitaine. Cela dit, tu n’as pas tort. »
Parfois, elle se comportait comme si elle ne voulait jamais s’éloigner de lui. D’autres fois, elle quittait l’auberge toute seule et ne revenait pas pendant des jours.
À voir comment Esther se comportait, lunatique lui allait plutôt bien.
Toujours aussi détendus, ils gravirent une petite pente.
Ils aperçurent d’abord quelques petits arbres, puis bientôt, il y en eut assez pour obstruer la vue des deux côtés.
Le chemin était également accidenté. Des pierres aux arêtes vives dépassaient de la terre.
Des fourmis avançaient en file dans les interstices, transportant des choses comme des carcasses d’insectes. Des travailleuses infatigables.
Le chemin n’était pas facile.
À mesure qu’ils avançaient, l’endroit ressemblait moins à une colline qu’à un petit monticule.
À l’origine, une fois cet endroit traversé, il fallait deux jours de marche pour atteindre le point de rendez-vous convenu.
L’endroit où l’émissaire et les Lames Noires étaient censés se rencontrer.
Bien sûr, cet accord n’avait plus aucune valeur.
Froufrou.
Les feuilles frémissaient sous le vent, et les rayons du soleil filtraient à travers elles.
Il faisait beau. Le vent n’était pas étouffant, et le soleil qui perçait les feuilles ne tapait pas trop fort.
Un peu plus loin, ils aperçurent une clairière dégagée et, derrière, un épais feuillage mêlé à des buissons épineux.
Il n’y avait pas de chemin au-delà. C’était une impasse.
« Vous n’irez pas plus loin. »
Une dizaine de personnes se tenaient dans la clairière. L’une d’elles prit la parole.
Trois femmes, sept hommes.
L’un avait une hache. Un autre se tenait les bras ballants. Un troisième était assis bien droit sur un rocher de taille moyenne et les observait. Un dernier était perché sur une branche, au-dessus de lui.
Un groupe hétéroclite.
Un air glacial passa entre les deux camps. Celui qui avait parlé leur lança un regard noir, et le groupe d’Enkrid s’arrêta.
Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
La tension se répandit. Au milieu de celle-ci, Enkrid ouvrit la bouche.
« Waouh, une embuscade. »
Il prit un ton théâtral. Et son jeu était lamentable.
« Waouh, on s’est fait repérer. »
Rem entra dans son jeu.
« Oh non, quelle surprise. »
Ragna lança une phrase du même genre. Il se frottait les yeux encore ensommeillés, alors peut-être avait-il vraiment l’air surpris.
Dunbakel les regardait, toujours aussi perplexe.
Ils faisaient du théâtre, maintenant ?
« Alors, vous nous attendiez ici. Vous êtes prévoyants. »
Enkrid continua. Il était mémorable de le voir dire cela tout en se curant l’oreille.
« C’était totalement inattendu. Mes genoux tremblent. »
Rem dit cela en se curant le nez.
Même le doigt dans le nez, Rem avait l’air beau.
« J’ai eu tellement peur que j’ai failli me mordre la langue. »
En disant cela, Enkrid croqua dans un bonbon.
Croque.
Il devait être sucré. Mais d’où sortait ce bonbon ?
En les regardant, Dunbakel ne put s’empêcher de se poser exactement cette question.
« Beurk, j’ai envie de m’enfuir. »
À la réplique d’Enkrid, Rem, qui prenait toujours les moqueries au sérieux, joua le jeu.
Qu’est-ce qu’ils fabriquaient, tous les deux ?
Ils les provoquaient.
Rien qu’à entendre ces paroles agacer l’autre camp, Dunbakel en éprouvait elle-même de l’irritation.
Alors, qu’est-ce que les autres devaient ressentir ?
« Vous êtes des fous ? »
L’un d’eux les regarda, abasourdi.
« Vous êtes si pressés de mourir, bande de salauds ? »
Une femme prit un air calme.
« Ils sont déjà morts, de toute façon. »
L’un d’eux ne s’était jamais intéressé à eux.
« Espèces de putain de salauds ? »
Et l’un d’eux était ouvertement furieux.
Enkrid observa leurs réactions, hocha la tête et regarda Rem. Celui-ci lui rendit son regard, ricana et hocha la tête à son tour.
Tous deux semblaient ravis de leur réaction.
« Ne cours pas. Reste ici. »
Après ces mots, Ragna, blond aux yeux rouges, la plaça derrière lui.
Si elle avait eu un moment pour fuir, c’était celui-là.
Mais au lieu de s’enfuir, Dunbakel choisit d’observer.
Elle voulait savoir. Elle voulait voir.
Sur quoi ces trois-là comptaient-ils pour être venus jusqu’ici ?
Leurs adversaires étaient réputés pour leur force, même au sein des Lames Noires.
Dunbakel ne savait toujours pas vraiment à quel point Enkrid, Rem et Ragna étaient forts.
« De toute ma vie, je n’ai jamais vu des types comme vous. Bansento est introuvable, alors je suppose que vous vous êtes déjà occupés de lui. Et vous êtes quand même venus en sachant qu’on vous attendait ? »
L’homme qui parlait se tenait à l’avant. Il portait une barbe épaisse et une hallebarde.
La pointe en était acérée, et la lame de hache fixée à côté mesurait à peu près la taille d’une paume.
À la façon dont il la tenait, inclinée, il avait tout l’air d’un adversaire redoutable.
Si cette lame de hache touchait quelqu’un, son crâne éclaterait comme un fruit mûr.
« Comment tu l’as su ? »
demanda Enkrid.
« … Tu as vraiment un don pour énerver les gens. »
lâcha l’homme à la hallebarde, les yeux écarquillés.
Rem ricana.
« C’est vrai. De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi mordant. »
Enkrid se sentit injustement accusé.
« Je ne faisais que parler franchement. »
D’accord, il avait voulu les provoquer un peu, mais c’était exactement le genre de phrase qu’on sortait dans une situation pareille.
« Comment tu l’as su ? » Voilà qui était tout à fait approprié.
« Alors, n’essayez pas de gagner avec vos paroles. Venez plutôt nous affronter à l’épée. »
Rem prononça ces mots comme s’il mettait fin à la discussion.
L’homme à la hallebarde fronça les sourcils.
Pendant un instant, un tout petit instant, il y réfléchit.
Ils étaient venus en sachant qu’il y aurait une embuscade ?
Il n’eut pas le temps d’y réfléchir davantage.
« Qu’est-ce qu’il y a à réfléchir ?! »
Le cogneur passa à l’attaque le premier. Il portait aux deux mains des coups-de-poing renforcés de plaques de fer plates.
Toute cette comédie et ces provocations faisaient partie du stratagème d’Enkrid, au cas où l’ennemi se méfierait et hésiterait.
C’était donc exactement la réaction qu’il espérait.
Quand l’homme à la hallebarde vit le cogneur s’élancer, il ne put plus se retenir.
Les tuer d’abord.
Lui et les forces des Lames Noires rassemblées ici étaient considérés comme l’élite de cette branche.
À l’exception du chef de la branche, on les appelait parfois les Dix Lames Noires.
Dans cette région, lorsque les dix étaient réunis, ils avaient l’impression de ne craindre personne.
À condition de ne pas avoir affaire à un ordre de chevalerie.
Les Chevaliers à la Cape Rouge ne pouvaient pas intervenir dans cette situation ; l’homme à la hallebarde avait donc accepté cette mission, persuadé que la victoire était certaine.
C’est ce qu’il avait pensé. C’est ce qu’il avait cru.
Jusqu’à l’instant précédant l’échange du premier coup entre le cogneur et l’homme à la hache.
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