Chapitre 196
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Réviseur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 196 : Quand un festin vous attend, ne devriez-vous pas au moins y goûter ?
= = =
Ils allumèrent un petit feu et posèrent une marmite dessus.
C’était un repas de campagne, rien de raffiné.
De la viande séchée, des fruits, du fromage et de l’eau coupée de vin. Voilà tout.
Tous mangèrent et burent.
Enkrid dévorait la viande séchée assaisonnée qu’il avait apportée lorsqu’il remarqua qu’on le fixait.
C’était la femme-bête.
Elle en veut ?
La faim qui se lisait dans ses yeux ne laissait aucun doute.
À bien y réfléchir, elle n’avait probablement pas mangé à sa faim depuis qu’on l’avait enfermée.
Qu’ils la tuent ou la libèrent, ne devraient-ils pas au moins la nourrir d’abord ?
La faim brillait dans ses yeux dorés.
Pas la peine de lésiner.
Ce n’était qu’un morceau de viande séchée.
Enkrid en déchira une longue lanière, s’assit devant la femme-bête et la lui tendit. Ses yeux s’écarquillèrent.
« Goûte. »
Dunbakel mâcha. Le mélange de saveurs salées et sucrées se répandit dans sa bouche et réveilla ses sens.
En même temps, elle regarda l’homme assis devant elle.
À force de l’observer, encore et encore, elle était passée de l’envie et de la jalousie à quelque chose qui ressemblait à de l’admiration.
Si j’avais vécu comme cet homme…
Qu’aurait été sa vie si elle s’était appliquée avec autant d’ardeur ?
Elle éprouvait aussi une envie toute simple. Avoir des subordonnés aussi impressionnants, ça devait être une sacrée chance.
Si seulement cette chance lui était échue.
Pourquoi était-elle née ainsi, dès le départ ?
Pourquoi était-elle née ainsi, puis rejetée ?
Si seulement on s’était contenté de l’exclure. Elle aurait alors pu risquer sa vie pour son village. Comme elle aurait aimé mourir ainsi.
Si elle avait pu rejoindre de cette manière l’étreinte de Krimhalt.
Regret et jalousie, admiration et remords.
Au terme de ce tourbillon d’émotions, elle mâchait sa viande séchée.
Elle avala, et il porta une gourde à ses lèvres. Elle s’attendait à du vin coupé d’eau, mais un parfum de pomme fraîche emplit sa bouche.
« Du cidre de pomme. »
Pourquoi la traitait-il ainsi ?
Dunbakel se demanda s’il cherchait à l’amadouer, mais elle n’en était pas sûre.
Quoi qu’il en soit, l’heure était venue de choisir.
Parler ou se taire ?
Elle se trouvait à la croisée des chemins.
Dunbakel fit son choix.
« Il y aura une embuscade des Lames Noires. »
La bouche encore pleine d’assaisonnement, elle prit la parole.
S’il lui demandait comment elle le savait, elle était prête à lui expliquer l’histoire des marques.
Enkrid la regarda droit dans les yeux et répondit simplement :
« Je vois. »
Même après cela, Dunbakel s’attendit à ce qu’Enkrid réagisse d’une manière ou d’une autre, mais il resta étonnamment calme.
Il se remit simplement à manger et lança quelques mots au noble, qui n’était autre qu’une marionnette des Lames Noires.
« Comment connaissez-vous l’itinéraire ? »
Servir d’émissaire aux Bandits des Lames Noires et connaître le chemin étaient deux choses différentes.
Enkrid souleva une question que même Marcus n’avait pas pris la peine d’éclaircir.
Bansento tordit un coin de sa bouche. Avec un rictus que tout le monde pouvait comprendre, il répondit :
« Tu n’as pas besoin de le savoir, roturier. »
Il ajoutait « roturier » à chacune de ses phrases par habitude ?
Et puis, il n’avait pas non plus l’air d’un grand seigneur.
Enkrid hocha la tête, comme pour dire que ça lui allait, quoi qu’il en pense.
Ce n’était pas là l’essentiel, de toute façon.
Enkrid tourna les yeux vers le garde vêtu de noir.
Depuis le début, il observait sa démarche, ses gestes, son attitude et sa position.
Il l’avait aperçu quelques fois en ville, mais maintenant qu’ils étaient dehors, il pouvait en être sûr.
Ça pourrait être intéressant.
Rem, Ragna, Jaxon, Audin, et même le commandant de compagnie elfe.
Ces derniers temps, il avait largement de quoi s’entraîner, mais aucun de ses partenaires ne lui inspirait cette sensation.
Cet homme aurait les pieds légers et les mains rapides.
Il privilégierait les armes courtes. Son lancer devait être excellent lui aussi.
La moitié de son intérêt venait de sa curiosité pour les techniques particulières de l’homme, l’autre moitié d’une soif discrète.
Un entraînement restait un entraînement. Le vrai combat, c’était autre chose.
À le voir mâcher un morceau de pain mince, avaler et boire de l’eau juste devant lui, une pensée lui vint.
J’ai envie de l’affronter.
Ses mouvements et ses gestes éveillaient naturellement l’intérêt d’Enkrid.
Jusqu’où mon escrime ira-t-elle contre lui ?
À quoi devrais-je faire attention en l’affrontant ?
Comment rivaliser avec ses jeux de jambes ?
Enkrid n’était pas un génie.
Il ne lui suffisait pas de voir un adversaire pour que la solution lui apparaisse.
Mais il avait déjà participé à des centaines d’affrontements, peut-être même plus d’un millier, et son expérience lui permettait d’imaginer comment réagir.
Si je lui tranche la cuisse…
Sa jambe se raidira. Ainsi, l’une de ses spécialités sera neutralisée.
Dès qu’il avait remarqué cette habitude particulière, Enkrid avait eu envie de l’affronter.
Peut-être parce qu’il avait senti ce regard posé sur lui.
« Tu es agaçant. »
Après avoir avalé quelques bouchées de pain et quelques gorgées d’eau, le garde vêtu de noir releva la tête et prit la parole.
Enkrid, au bout de ce regard, ouvrit la bouche.
« Moi ? »
« Qui d’autre ? »
Une étrange tension passa entre eux. D’un côté, une combativité contenue ; de l’autre, une intention meurtrière et de l’agacement.
Le garde vêtu de noir, dont l’intention meurtrière était manifeste, resta assis, les mains sur les genoux et les doigts entrelacés.
Ils s’étaient rassemblés à l’ombre d’un arbre convenable.
Deux chevaux broutaient l’herbe sèche, leurs sabots claquant doucement. Pour un jour d’été, la brise était fraîche. Le garde reprit la parole :
« C’est l’âge où l’on prend confiance en ses capacités. »
Enkrid en convint intérieurement. Ces derniers temps, il sentait en lui quelque chose qui ressemblait à de l’assurance.
« Mais il faut rester prudent et bien choisir ses adversaires. »
C’était vrai aussi.
« Tu n’es qu’au niveau d’un soldat d’élite, dans ce système de classement minable, non ? »
… Là, c’était faux.
« Ne risque pas ta vie par stupidité. »
Rien de tout cela ne semblait nouveau à Enkrid. Quand donc avait-on cessé de le mépriser ?
Ça lui était arrivé d’innombrables fois.
Kraiss ne lui avait-il pas dit la même chose avant de partir ?
« Marcus a tendance à dissimuler vos exploits, capitaine. On dirait qu’il prépare quelque chose. »
Des choses avaient été cachées et enterrées. Il était donc logique que l’autre camp se méprenne.
Il y avait pourtant une chose qui le décevait.
Son jugement.
Enkrid l’avait reconnu, mais l’homme, lui, ne l’avait pas reconnu.
À vrai dire, c’était normal.
Enkrid avait grimpé depuis le bas de l’échelle jusqu’à la place qu’il occupait désormais.
Il n’avait rien des habitudes de ceux qui devenaient forts en un clin d’œil.
L’arrogance et la suffisance étaient les mots qui lui correspondaient le moins.
Il ne lui restait que la férocité de celui qui avait rampé vers le sommet en se nourrissant de ses défaites.
Autrement dit, vu de l’extérieur, il avait simplement l’air de savoir manier l’épée à peu près correctement.
« Quelle connerie. »
Rem lâcha ces mots en voyant la scène.
Le noble Bansento l’entendit et prit lui aussi la parole.
« La ferme, barbare idiot. Tu veux crier sur tous les toits que tu as été élevé sans mère ? »
Ses paroles franchirent la limite et frappèrent Rem comme des lames. Enkrid se dit qu’il n’y avait plus moyen d’arrêter les choses.
À vrai dire, il trouvait que c’était déjà suffisant.
* * *
Le garde vêtu de noir avait prévu de calmer le jeu en parlant.
De toute façon, une fois le repas terminé et après une demi-journée de route supplémentaire, tout serait fini. Les membres des Lames Noires en embuscade plus loin les tueraient tous.
En temps normal, il aurait eu l’intention de s’en charger lui-même.
Un seul, ça va, mais…
Si c’étaient Rem et Ragna, tous les deux.
Il voulait éviter d’affronter ces deux-là en même temps.
Enkrid n’attirait même pas son attention. Qui était-il, après tout ? Même parmi les membres des Lames Noires, il comptait parmi les meilleurs au pur talent. De plus, il avait appris auprès d’un excellent maître.
Et c’est alors que ça arriva.
« La ferme, barbare idiot. Tu veux crier sur tous les toits que tu as été élevé sans mère ? »
Bansento cracha son venin habituel.
Enkrid devait encore retenir Rem, mais il n’en eut pas le temps, pas même une seconde.
Fouu, boum !
Quelque chose fendit l’air, puis un bruit sourd et écœurant retentit.
Le garde tourna la tête. Même après s’être retourné, il lui fallut un moment pour comprendre ce qu’il voyait.
« Ghh, grrk. »
Un homme avec une lame de hache enfoncée dans le visage ne pouvait pas parler correctement. Rien d’étonnant.
Il ne survivrait pas non plus. Si quelqu’un survivait avec la moitié du visage fendu, ce n’était pas un homme, mais une goule.
Même une goule mourrait avec le visage fendu ainsi.
Entre les deux moitiés de son crâne, quelque chose de petit et de précieux, à l’intérieur de sa tête, s’échappa, bientôt suivi par un flot de sang.
Au moment de l’impact, un de ses yeux jaillit et roula au loin.
Propulsé de plusieurs pas par la force du coup, il était tombé en arrière et s’était changé en cadavre.
Il s’appelait Bansento. C’était un membre des Lames Noires, l’émissaire de cette mission et un noble.
« Putain de salaud. Tu as vraiment dépassé les bornes. »
En regardant la scène, le barbare nommé Rem agita la main et marmonna.
« Q-Qu’est-ce qui se passe ?! »
Ce ne fut qu’alors que le garde bondit, sous le choc, et cria.
Hiiii !
La soudaine agitation effraya les deux chevaux attelés à la carriole, qui hennirent.
Dunbakel aussi fixait la scène, bouche bée.
Il a tué un noble ?
Ils venaient tout juste d’atteindre un endroit hors de vue des gardes-frontières, après un peu plus d’une demi-journée de route, et voilà que l’émissaire, leur cible, était mort.
Tué par l’homme chargé de l’escorter.
« Ah, il l’a fait. »
La réaction d’Enkrid fut simple et sans détour.
« Ah, il l’a fait ? Bande de dingues. »
Le garde n’était pas très vif. Du moins, c’était ce qu’Enkrid pensait.
Ragna avait l’air ennuyé.
Il demanda seulement à Enkrid :
« Tu t’en charges tout seul ? »
« J’en ai envie. »
« Fais comme tu veux. »
Rem s’approcha comme s’il se promenait et récupéra sa hache. Plop, elle se détacha. En dessous gisait le cadavre de Bansento, cette ordure qui avait accepté l’or des Lames Noires.
Pourquoi personne n’avait-il tué cette ordure aussi facilement, alors qu’ils savaient qui il était ?
Parce que c’était un noble.
Son rang le protégeait, même s’il ne s’agissait que d’un titre de baronnet non héréditaire.
Si l’affaire s’ébruitait, Rem serait traqué jusqu’à sa mort. Pourtant, il avait pris ce risque.
Les pensées du garde s’emmêlèrent.
« Qu’est-ce que tu regardes ? Tu veux que je te plante une décoration dans le crâne, toi aussi ? »
Rem s’adressa au garde lorsque leurs regards se croisèrent.
« C’est le mien. »
Enkrid se montra rarement possessif.
« Ouais, ouais, je sais. Sinon, je lui aurais déjà coupé la tête. »
Rem secoua ses membres et essuya le sang de sa hache sur les vêtements de soie du défunt Bansento.
En voyant cela, le garde prit la parole.
« Nous sommes toujours dans le secteur de patrouille des gardes-frontières. Que ferez-vous si une patrouille passe ? »
C’était une question naturelle de sa part.
« Aucune patrouille ne passera. »
Enkrid répondit sans détour. Il savait déjà où et comment les patrouilles se déplaçaient. Le chef de peloton Vengeance, qui supervisait également les patrouilles, lui avait tout raconté.
« Aucune patrouille ne passera ? »
Ce ne fut qu’alors que le garde vêtu de noir comprit que ce n’était pas un geste impulsif.
Tout était prévu depuis le début ?
Ching ! Enkrid dégaina son épée. La lame capta les rayons du soleil et les dispersa. Voyant la pointe se tourner vers lui, le garde tira ses propres armes.
Deux dagues noires apparurent sans bruit.
Il les tenait toutes deux en prise inversée, la lame vers le bas, et adopta par réflexe sa garde.
Les renforts sont à une demi-journée de route.
Oublions la mort de Bansento. C’était le moment de trouver comment sauver sa peau.
Comment pouvait-il survivre ?
Ce salaud d’Enkrid avait dit qu’il l’affronterait seul.
Rem et Ragna semblaient s’en désintéresser.
Je vais foncer sur lui et tout régler d’un coup.
Il avait confiance en ses jambes. Mais, pour ça, il devait d’abord faire quelque chose.
« Alors tu savais qu’aucune patrouille ne passerait. Ça veut dire que c’était prévu, pas vrai ? »
Enkrid haussa les épaules.
« Du moment que personne ne nous voit, ça va, non ? »
Tout en parlant, le garde déplaça peu à peu ses pieds. On aurait dit qu’il voulait avoir le soleil dans le dos. Enkrid se déplaça avec lui.
Le garde atteignit la position qu’il souhaitait.
Plus exactement, la carriole se trouvait derrière lui, à droite.
Il projeta en l’air l’une de ses dagues tenue en prise inversée.
Enkrid leva son épée par réflexe.
Au moment où Enkrid sembla prêt à réagir, que ce soit à une lame lancée ou à une charge, le garde jeta sa dague en l’air et claqua la main droite. Dans le même mouvement, deux couteaux de lancer filèrent vers l’arrière.
Ses mains étaient rapides. Il se servit de l’arme qu’il tenait pour attirer l’attention, puis lança les couteaux depuis sa ceinture.
Les deux couteaux sifflèrent dans l’air et se plantèrent dans le cou des chevaux.
Ils hennirent de douleur. L’un d’eux trébucha sur le côté, le sang coulant à flots. Leurs cris retentirent. Les couteaux s’étaient enfoncés trop profondément ; même en essayant de les sauver, ils n’y parviendraient pas.
Le garde avait calculé que, sans chevaux, ces hommes ne pourraient pas le poursuivre.
Il ne lui restait qu’à se frayer un passage à travers Enkrid, qui lui barrait la route.
Il rattrapa la dague qu’il avait lancée, s’accroupit et bondit.
Il réduisit la distance à une vitesse terrifiante. En un clin d’œil, il était à portée d’épée.
On disait souvent que les armes longues avaient l’avantage sur les armes courtes.
Mais une fois la distance réduite de cette façon, les armes courtes prenaient l’avantage.
Je le tiens.
Certain de l’avoir eu, le garde croisa ses dagues en prise inversée et frappa.
Les deux coups partirent à des instants différents, visant le poignet et la nuque d’Enkrid.
Enkrid dévia une lame avec le brassard à son poignet.
Il esquiva celle qui visait son cou en rejetant la tête en arrière.
Il n’avait pu réussir cet exploit qu’en lisant parfaitement le coup et en calculant son timing.
Dans cette posture, il leva le genou. L’ennemi s’était déjà trop avancé pour esquiver.
Le garde leva précipitamment le genou pour bloquer.
Boum !
« Urgh ! »
Quelle force… ?!
Un seul coup, un simple coup de genou, et son tibia lui lançait déjà.
Mais ce n’était pas tout.
Enkrid disparut un instant de son champ de vision. Puis une intention meurtrière surgit sur le côté, et le garde se baissa.
Ting.
Une large épée de garde, dégainée on ne savait quand, frôla ses cheveux.
Quelques mèches coupées flottèrent dans l’air.
Sans même avoir le temps de reprendre son souffle, le garde poussa ses deux dagues vers l’avant.
Fouu !
Les deux coups ne tranchèrent que le vide.
Après cela, il ne parvint même plus à percevoir correctement l’attaque d’Enkrid.
Un coup descendant et écrasant, qui décrivait un arc de haut en bas, l’avant-bras servant de faucille.
Crac ! Bam !
Le coup lui fracassa l’arrière du crâne.
Toujours accroupi, le garde s’écrasa le front contre le sol.
Sans hésiter, Enkrid pointa son épée vers le bas et frappa.
Transperce !
Il ouvrit une seconde bouche sous l’arrière du crâne, puis retira sa lame. Un jet de sang jaillit de cette nouvelle bouche comme d’une fontaine.
Enkrid recula et fit tournoyer son épée dans l’air. Des gouttes de sang éclaboussèrent le sol.
« Tu fais une drôle de tête. Ça ne t’a pas plu ? »
En voyant cela, Rem posa la question. Enkrid répondit honnêtement :
« C’était trop fade. »
Il était plus lent que le chef des Gnolls.
Son Jeu des mouvements était moins bon que celui de l’Esprit maléfique de l’Épée démoniaque.
Il n’avait pas non plus la moindre étincelle de génie.
Il était meilleur que cette femme-bête, mais pas au point qu’on puisse le qualifier d’écrasant.
Enkrid avait même l’impression d’avoir terminé sa besogne sans s’essuyer les mains.
« Comment tu as dit que tu t’appelais ? »
Toujours debout, Enkrid posa la question. Évidemment, il ne s’adressait ni à Rem ni à Ragna.
La femme-bête répondit peu après :
« Dunbakel. »
Enkrid observa les yeux dorés de Dunbakel, encore sous le choc, puis demanda avec regret :
« Combien d’hommes dans l’embuscade ? »
Quand un festin l’attendait, ne devait-il pas au moins y goûter ?
Enkrid le pensait sincèrement.
Dunbakel n’avait plus vraiment le choix.
Ces types étaient bel et bien complètement cinglés.
« Ce sera une petite troupe d’élite. Ils ont préparé cette embuscade exprès, ils n’enverraient donc jamais des faibles. »
À ces mots, Enkrid ne sourit pas, mais ses yeux brillèrent.
Rem eut un sourire en coin.
Et l’homme nommé Ragna se contenta de regarder Enkrid et de demander :
« Pourquoi lui as-tu laissé de la distance ? »
« Pour l’inciter à baisser sa garde. »
« Pas mal. »
Ils ne s’en lassaient jamais ? Même dans une situation pareille, ils ne parlaient que d’escrime.
Non, le plus absurde, c’était qu’ils ne semblaient absolument pas se soucier d’avoir tué un noble.
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