Chapitre 188
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 188 : La Manticore et l’Ours
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« Même s’il ne s’agit que d’une bande de brigands, nous ne pouvons pas faire abstraction de la puissance militaire des Lames Noires. Si nous les rallions à nous, Martai rentrera la queue entre les jambes et battra en retraite. »
Martai était une ville de Naurillia à l’histoire mouvementée.
Tantôt, elle appartenait au Roi des mercenaires de l’est ; tantôt, elle revenait à Naurillia.
À cause de cela, elle était devenue une ville où se mêlaient deux peuples. À présent, elle appartenait à Naurillia, mais était aussi le territoire d’un homme qui se faisait appeler général.
Autrement dit, une ville à moitié naurillienne et à moitié orientale.
Et Martai venait d’annoncer qu’elle enverrait à la Garde-frontière une menace qui ressemblait fort à une déclaration de guerre.
Il était donc naturel que ce genre de proposition soit mis sur la table.
L’homme qui parlait était l’un des nobles de la Garde-frontière.
La Garde-frontière comptait plusieurs nobles. Leur pouvoir était dérisoire comparé à celui de la noblesse du centre, mais ce n’étaient pas des hommes qu’on pouvait balayer d’un revers de main.
Chacun d’eux exerçait une véritable influence dans la ville de la Garde-frontière.
Le salaud qui se tenait devant Marcus faisait partie de ces petits nobles.
Comment s’appelait-il, déjà ?
Marcus ne s’en souvenait même pas.
Celui qui s’empiffre avec l’or des Lames Noires.
C’était tout ce dont il se rappelait.
Aux yeux de Marcus, il n’était guère différent d’un membre des Bandits des Lames Noires.
Il avait envie de l’abattre sur-le-champ. De lui trancher la tête et de faire comme si de rien n’était, mais…
En public, le commandant de compagnie elfe était sa subordonnée, mais elle était loin d’être une subordonnée ordinaire.
Chaque geste qu’il faisait en sa présence lui semblait devoir lui coûter quelque chose.
Marcus se fiait à son instinct.
Pour une raison ou pour une autre, il ne pouvait pas simplement fendre cet homme en deux.
De toute façon, Marcus n’était pas une brute enragée. Il n’était pas du genre à tout régler à coups d’épée.
Surtout, à y réfléchir un peu, tuer cet homme ne serait pas difficile.
Les imbéciles bornés étaient toujours faciles à appâter.
« L’avancée de Martai est préoccupante, mais nous pouvons y faire face en concentrant nos forces sur la défense. »
Marcus le coupa. Le noble des Lames Noires avança la lèvre inférieure, puis la ravala.
S’il avait ajouté un mot, Marcus aurait peut-être vraiment perdu patience et lui aurait fracassé le crâne.
Pas que j’irais jusque-là, en réalité.
Il pouvait néanmoins lui en donner l’impression. En public, Marcus avait pour surnom le Fanatique de guerre.
Il s’était délibérément forgé cette réputation et ce surnom.
Marcus le fixa sans expression. On pouvait parler d’un regard noir ou simplement d’un regard soutenu, mais l’effet était évident.
Les yeux froids et brutaux du fanatique de guerre clouèrent le noble au silence.
Après l’avoir fait taire,
« Quel est le point suivant ? »
C’était une réunion de conseil ordinaire. La Garde-frontière était à la fois une ville militaire et une cité fortifiée.
Repousser Azpen ne signifiait pas qu’il n’y avait plus rien à faire.
On leur apprenait encore que, dans le sud, certains nobles n’avaient pas correctement maîtrisé les Créatures démoniaques, puis avaient gonflé leurs rapports ; à présent, un groupe assez important de Créatures démoniaques remontait vers le nord.
S’ils laissaient cette horde tranquille, elle finirait par devenir un véritable problème. Il fallait donc s’en occuper.
Que les troubles dans les zones méridionales infestées de monstres affectent la Garde-frontière, tout au nord, était franchement un sacré désordre.
Les salauds.
Les nobles étaient pourris jusqu’à la moelle. Seuls leur domaine et leur richesse les intéressaient.
Voilà précisément pourquoi on disait que les royaumes finissaient par s’effondrer.
Le noble sans nom qui lui faisait face ne faisait pas exception. Marcus ne pouvait pas le voir en peinture.
S’il continuait à ruminer, il mourrait jeune.
Alors Marcus s’obligea à penser à autre chose.
Son esprit se tourna vers Enkrid. Ce noble était quelqu’un dont il ne voulait pas retenir le nom, mais Enkrid, lui, était impossible à oublier.
Il s’est jeté dans une légion de gnolls pour sauver le village de Pioneer ?
Cette histoire suffisait à susciter l’admiration de n’importe qui.
On disait qu’il avait abattu à lui seul mille gnolls.
Il y avait sans doute une part d’exagération, mais une chose était certaine : il avait progressé. Le commandant de la 4e compagnie l’avait confirmé en personne.
« Dans un vrai combat, personne ne pourrait facilement garantir la victoire. »
Marcus était le seul à avoir perçu le véritable niveau du commandant de compagnie elfe.
Elle était meilleure que la plupart des guerriers célèbres. Ses états de service sur le champ de bataille le prouvaient.
Et cette même elfe reconnaissait la valeur d’Enkrid.
Avant, elle le traitait de brute aux compétences lamentables, qui ne savait que s’entraîner comme un forcené.
On l’avait aussi qualifié de soldat chanceux.
Des sottises. Ce n’était pas de la chance, c’était du talent.
Et il avait le caractère qui allait avec.
Ça ne sautait pas toujours aux yeux, mais son attitude et les résultats de ses actes ne laissaient aucun doute.
Surtout, le visage d’Enkrid lorsqu’il parlait de son rêve était resté gravé dans la mémoire de Marcus.
Le champ de bataille, l’épée, et quelque chose qui brillait.
Pouvait-il vraiment devenir chevalier ?
Marcus avait vu d’innombrables personnes au fil des ans. En raisonnant froidement, il pouvait l’affirmer avec certitude.
C’était impossible.
Mais s’il ne se fiait qu’à ce qu’il avait vu et ressenti auprès d’Enkrid,
Je ne sais pas s’il en est capable, mais j’espère qu’il y arrivera.
De jour comme de nuit, il ne changeait pas.
Quel que soit le temps, il restait le même.
Immuable. Chaque jour pareil au précédent. Le genre d’homme qui vivait chaque journée comme si c’était celle-ci. Marcus sentit soudain l’envie de l’aider à poursuivre sa route.
Un léger sourire effleura les lèvres de Marcus.
En le voyant, le noble des Lames Noires reprit soudain la parole.
« Je trouve déraisonnable de le nommer directement commandant de compagnie sans même lui avoir d’abord confié une formation digne de ce nom. Même la mission qui lui a servi à faire ses preuves aurait été largement exagérée, à en croire les rumeurs… »
Il parlait de la nomination d’Enkrid.
À ces mots, Marcus fronça les sourcils. Les coins de sa bouche s’abaissèrent. Son expression se durcit.
« Ça suffit. C’est ma décision. Si elle ne te plaît pas, prends donc la tête du bataillon. »
Quand il s’était agi de rallier les Lames Noires, Marcus avait laissé une ouverture pour tâter le terrain, même en refusant.
Mais dès que le nom d’Enkrid avait été prononcé, toute indulgence avait disparu.
Sa position était sans équivoque : aucune objection, aucun avis.
Quiconque le défierait ici aurait eu l’impression qu’il était prêt à le tuer pour de bon.
Le noble des Lames Noires détestait cela plus que tout.
Mais il ne pouvait pas tuer Marcus.
Fils de pute.
Toute sa colère se retourna donc contre Enkrid.
Quand quelqu’un recevait les acclamations, la confiance et l’affection des autres,
il se trouvait toujours quelque part quelqu’un pour le haïr tout aussi profondément.
Le noble des Lames Noires, l’un des principaux hommes de pouvoir de la Garde-frontière, était précisément de ceux-là.
Il haïssait Enkrid. Sans aucune raison. Il avait même envie de le tuer sur-le-champ.
Lorsque la réunion prit fin et que tous les nobles furent partis,
le commandant de compagnie elfe regarda Marcus en silence et lui demanda :
« Qui t’a donné le surnom de Fanatique de guerre ? »
L’elfe avait l’esprit vif, et Marcus ne prit pas la peine de nier.
« Moi. »
« Tu es malin. »
« Je prends ça pour un compliment. »
C’était la vérité. Marcus n’aimait pas vraiment la guerre et n’était pas un fou obsédé par les combats.
Il avait simplement pris soin d’en donner l’impression.
Pourquoi ?
Cela lui fournissait un prétexte commode pour se tenir à l’écart de la politique du centre, et permettait à ses ennemis de baisser leur garde.
En réalité, Marcus n’avait pas non plus un talent exceptionnel pour la guerre.
Il savait envoyer ses troupes au bon moment, mais son véritable talent se situait ailleurs.
Par exemple, il avait le palais assez fin pour reconnaître un bon thé.
« Au fait, tu ne me sors jamais cette plaisanterie ? »
Les plaisanteries entre Enkrid et le commandant de compagnie elfe étaient assez célèbres dans les baraquements. C’était à cela qu’il faisait allusion.
« Je déteste les plaisanteries, figure-toi. »
Sur ces mots, le commandant de compagnie elfe se détourna et s’en alla.
Marcus réfléchit à ce qu’elle avait voulu dire, puis laissa échapper un rire sans joie.
« Bon sang, c’est compliqué. L’humour à la manière des elfes. »
C’était forcément une plaisanterie à la manière des elfes. Évidemment. Cette elfe adorait plaisanter.
* * *
Le noble des Lames Noires s’appelait Bansento.
Bansento avait grandi dans une région frontalière grouillante de monstres.
La Terre Maudite exerçait une forte influence sur la région, et la nourriture y manquait toujours.
Pour le jeune Bansento, tout était donc une chose qu’on prenait, et non qu’on achetait. C’était normal.
Une vie humaine valait un pain. Parfois, le pain valait davantage.
Bansento survécut à cette enfance sans pitié et finit, par un concours de circonstances, par échouer dans une ville.
La chance lui sourit et il parvint à fonder une petite compagnie marchande.
Pour se développer, il s’appuya sur les épées et le sang, les poings et les menaces, mais rien ne devint un obstacle insurmontable.
C’est à cette époque qu’il entra en contact avec les Lames Noires.
Leur puissance était écrasante et leur soutien devint un pilier solide de son ascension.
Après dix ans passés ainsi, il vendit sa compagnie et versa une somme colossale pour devenir noble.
Comme dans son enfance, il bâtit sa vie en prenant ce qu’il voulait.
À présent, Bansento avait jeté son dévolu sur la Garde-frontière.
Plus précisément, il voulait s’en emparer entièrement grâce à la puissance des Lames Noires.
Il n’avait pas de sang noble héréditaire et avait acheté son titre avec de l’or ; il se heurtait donc à des limites évidentes qu’il ne pouvait franchir facilement.
C’était pour cela que Bansento convoitait quelque chose de plus grand qu’un titre.
Une ville, par exemple.
Voilà l’avenir dont il rêvait.
Une terre gouvernée par les Lames Noires, dont il tiendrait la ville.
Devenir le maire et le châtelain de l’endroit ne serait pas mal non plus.
Quand ce sera fait, je mettrai d’abord la main sur cette garce d’elfe.
Cette elfe, le commandant de la 4e compagnie, lui mettait l’eau à la bouche chaque fois qu’il la voyait.
« Tu veux que je tue Marcus ou ce sale gamin indiscipliné ? »
« Pas Marcus. »
S’il mourait ici, le centre s’en mêlerait. Bansento ne le voulait pas.
« Alors, nous éliminerons Enkrid. »
Aux paroles de Bansento, le membre des Lames Noires qui lui servait de garde acquiesça.
Lui aussi trouvait Enkrid agaçant, sans trop savoir pourquoi.
Ils adorent vraiment encenser un moins que rien.
Un stratagème classique. Un duel d’entraînement ? N’importe qui pouvait truquer ça avec des hommes de peloton qui jouaient le jeu.
Toutes les histoires qui circulaient étaient bancales.
Mille gnolls ? Absurde. C’était quoi, un écuyer ? Un membre d’un ordre de chevalerie ?
Il avait vu Enkrid se battre une fois. Pas récemment : quelques mois plus tôt, il l’avait observé s’entraîner dans les baraquements.
Pas mauvais, mais…
Toujours inférieur à lui. Voilà son jugement. Les gens bornés ne croient qu’à ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux.
Enkrid avait pourtant changé de façon insensée depuis, mais il ne prit jamais la peine de bien l’observer. Il le méprisa, le prit pour une plaisanterie et n’y pensa plus.
Mais ces hommes de peloton…
Eux, ils étaient impressionnants. Très impressionnants.
Le genre d’hommes qu’on avait du mal à gérer, même à deux contre un.
Il ne comprenait pas pourquoi des combattants aussi doués gâchaient leur vie dans une ville fortifiée aux confins du royaume.
Quoi qu’il en soit, le plan avançait sans accroc.
Le royaume des Lames Noires commencerait ici.
Petit d’abord, puis de plus en plus grand.
Naurillia disparaîtrait et un royaume des Lames Noires s’élèverait à sa place.
Perdu dans son propre rêve, le garde, membre des Lames Noires, lâcha un pigeon.
L’oiseau porterait le message.
Même pour se débarrasser d’un simple caillou dans leur chaussure, les Lames Noires n’utilisaient jamais leurs hommes à la légère.
C’était le genre de groupe qu’elles formaient.
Bien sûr, elles nourrissaient des ambitions plus vastes que le simple meurtre d’un homme.
* * *
Après avoir reçu un message de leurs contacts dans la ville, les Bandits des Lames Noires envoyèrent dix guerriers.
Chacun d’eux était redoutable.
Leur capitaine, par exemple, avait autrefois été un nom connu dans les milieux mercenaires.
Une femme-bête nommée Dunbakel. Malgré ses traits délicats, elle maniait le cimeterre avec une rapidité et une violence foudroyantes.
Cela avait fait d’elle une puissance de premier plan dans les villes.
En clair, elle avait assez de force pour se faire un nom dans n’importe quelle ville.
Les neuf autres qui l’accompagnaient étaient à peu près du même niveau.
« Faire pression sur eux ? Vous voulez qu’on leur fasse un peu peur ? Très bien. »
Dunbakel acquiesça. Elle avait été payée, alors elle ferait le travail.
Ils n’étaient plus qu’à quelques instants d’entrer dans la Garde-frontière.
Les narines de Dunbakel frémirent. Une odeur âcre et aigre, avec, en dessous, une puanteur de pourriture humide.
L’odeur d’une Bête magique ou d’une Créature démoniaque.
Mêlée à celle d’un humain, aussi.
Dunbakel tourna brusquement la tête.
Un homme en robe noire se tenait là.
À côté de lui, une Bête magique aux yeux féroces luisants.
« Qui êtes-vous ? »
Dunbakel adopta aussitôt une posture de combat.
L’autre camp fit de même.
Un Bandit des Lames Noires à l’esprit vif comprit l’ambiance et lança :
« On dirait qu’il n’est pas là pour nous. »
Par hasard, les deux groupes étaient venus avec la Garde-frontière pour cible.
D’un côté, les Bandits des Lames Noires.
De l’autre, un assassin envoyé par la Sainte Secte de la Terre Maudite.
Ils avaient déjà envoyé plusieurs spécialistes de l’assassinat, mais avaient chaque fois perdu le contact avec eux.
Cela signifiait qu’il se passait quelque chose dans cette ville.
Il était venu à la fois pour le vérifier et pour semer le chaos dans cette ville qui ne se doutait de rien.
« Qui êtes-vous ? »
demanda le sectateur. C’était un moine ou quelqu’un qui employait les techniques du culte ; mieux valait ne pas le sous-estimer.
Un subordonné vif d’esprit répondit à leur place.
« Les Lames Noires. »
« Quel est votre objectif ? »
Dunbakel en avait assez du ton du sectateur et allait se jeter sur lui lorsqu’un subordonné derrière elle lui saisit le bras.
Pourquoi ?
Dunbakel l’interrogea du regard. Pourquoi ne pas simplement trancher la tête de ce pitoyable sectateur ?
Elle ne l’aimait pas. Le subordonné secoua la tête.
Elle essaya de se dégager, puis se retint.
Après tout, elle n’était qu’une mercenaire engagée.
Même en tant que capitaine, elle ne devait sa place qu’à sa force.
Un subordonné qui se tenait plus loin leva les yeux au ciel, puis déclara :
« Ça pourrait même être une bonne occasion. »
« Débrouille-toi. »
Dunbakel prit un ton glacial. Elle s’en désintéressait clairement ; croisant les bras, elle détourna le regard.
Une fois Dunbakel en retrait, l’un des Bandits des Lames Noires et le sectateur conclurent rapidement un accord.
« Alors, chacun prendra sa part. »
« Notre objectif est clair. »
Ils resteraient sur leurs gardes, mais agiraient dans le même sens.
« Je vais commencer. »
Le sectateur prononça ces mots avec un sourire tordu. Il tendit la main et caressa la crinière de sa Bête magique.
Grrrrrr.
Son grondement évoquait un chien des enfers qui se frayait un chemin hors des profondeurs infernales.
Et ce n’était pas si loin de la vérité.
C’était le genre de Bête magique qui faisait frissonner les gens rien qu’à la regarder.
Trois rangées de crocs acérés comme des rasoirs, une queue de scorpion, un corps et une tête de lion.
Ses yeux brillaient d’un jaune fendu par une pupille verticale, et chacune de ses griffes ressemblait à un couteau finement aiguisé.
Une Manticore, une Créature démoniaque de haut rang qui, disait-on, pouvait dévorer à elle seule une compagnie entière.
« Va. Régale-toi. »
À l’ordre du sectateur, la Manticore bondit. Ses foulées étaient terriblement rapides et, prenant appui au sol d’un puissant coup de patte, elle grimpa le long du mur.
Elle n’avait même pas besoin de passer par la porte. Elle franchit simplement le mur. Ce n’était pas un monstre de haut rang ordinaire.
« Khou-hou-houng ! »
Un rugissement qui glaçait le sang de ses ennemis, la Manticore sous la lune et, devant elle,
Un ours ?
Dunbakel plissa les yeux.
Quelque chose qui ressemblait à un ours semblait se tenir devant la Manticore.
La silhouette était loin, et le clair de lune ne suffisait pas à la distinguer nettement.
Mais une chose se trouvait bel et bien là.
Il avait peut-être empoché bien des choses en coulisses, mais aux yeux du monde, il demeurait un noble de Naurillia.
Si elle le tuait, ce serait donc considéré comme le meurtre d’un noble. En tout cas, elle ne pouvait pas le faire devant témoins.
Mieux vaut le tuer en secret.
Bien sûr, ce ne serait pas facile non plus.
Au premier coup d’œil, l’homme qui servait de garde au noble avait l’air redoutable.
Je devrais peut-être tâter le terrain auprès du commandant de la 4e compagnie ?
Cette elfe n’était-elle pas une assassine née ?
Avec des sens aussi aiguisés et des mouvements aussi silencieux, ne pourrait-elle pas lui trancher le cou d’un seul coup ?
Mais ce serait un fardeau d’un autre genre.
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