Chapitre 9
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans le Fusionpunk ◈
Chapitre 9 : Début de la deuxième partie
──────
1.
Une nuit étouffante dans un réduit s’était écoulée.
Mais ma journée ne faisait que commencer.
« Citoyens de la Nécropole, vous avez la chance de pouvoir travailler un jour de plus. Il est actuellement cinq heures du matin. Passons la journée avec gratitude pour les dortoirs et les blocs nutritifs mis à notre disposition ! »
Cette putain d’annonce publique.
J’aurais aimé voir la tronche du connard qui écrivait ces conneries.
Ça m’avait vraiment plombé le moral.
Le contraste était terrifiant.
Un instant plus tôt, j’étais dans un endroit digne d’un palais de rêve. À présent, j’étais au fond du caniveau. Je n’avais plus la moindre motivation.
Il me restait tout de même une consolation…
Le poids de la Pièce universelle dans mes bras, peut-être ?
Je fis rouler la lourde pièce d’or entre mes doigts.
« Quelle merveille, ce petit truc. »
La Pièce universelle.
La seule monnaie qu’on pouvait échanger directement avec le Monde.
Si on glissait une Pièce universelle dans un « distributeur », le Monde exauçait le « souhait » choisi par son utilisateur.
Mais une pièce ne pouvait pas faire grand-chose.
Tout au plus pouvait-elle ralentir le vieillissement et prolonger la vie d’un an,
renforcer les circuits de mana,
ou en implanter dans un corps qui en était dépourvu.
Malheureusement, l’utiliser de cette façon ne serait pas rentable, pour l’instant.
Qu’est-ce que je ferais d’une année de vie supplémentaire, ici ? Je n’avais même pas accès à un distributeur.
En pratique, ça valait dix millions de Bios.
Et dix millions de Bios, c’était déjà une sacrée somme.
Il n’y avait eu aucune affection entre nous, mais Arbel m’avait laissé un souvenir d’une valeur inestimable.
« … »
Ça me rendait mélancolique sans raison, mais bref,
à part la disparition d’Arbel, mes objectifs n’avaient pas changé.
Premièrement, survivre.
Deuxièmement, fuir la Nécropole.
Troisièmement, entrer dans la Cité-Arche, récupérer deux cents millions de Bios et vivre heureux dans un autre monde.
Au moins, j’avais désormais un peu de capital de départ.
Quelle était la voie la plus rapide pour atteindre mon but ?
« Et si je triplai ça au casino ? »
J’avais envie de foncer au casino, mais je réfrénai tant bien que mal ma cupidité.
Même en Corée, se retrouver avec une grosse somme d’argent, c’était dangereux.
Si quelqu’un, dans cette ville de merde, apprenait que j’avais de l’argent…
Ils accourraient pour me tuer.
Alors…
« D’abord, je vais au boulot. »
J’étais désespérément à court d’informations.
Sur le fonctionnement de la Nécropole, les moyens de faire fructifier mon argent et la façon de rejoindre Aden.
Le bureau de Gros Dick était le seul allié qui me soit favorable.
Au moins, je pourrais y trouver une foule de renseignements.
2.
Bien qu’il fît encore nuit, le bureau donnait déjà des signes de vie.
« Le nouveau est arrivé. »
« James, déjà là ? Non, attends. Qu’est-ce que t’as aux yeux ? Ils sont injectés de sang. Il s’est passé quelque chose ? »
« Ma famille a fini par crever, alors je suis passé à l’ossuaire et je suis venu directement au travail. »
« Ah bon ? Accroche-toi. Tu dois être crevé, alors prends au moins ça. »
Ron, le chef d’équipe, semblait encore plus déprimé que moi tandis qu’il m’offrait du réconfort et un café.
Slurp.
Je n’avais aucune idée du goût que ce café bas de gamme était censé avoir, mais s’il me soulageait de la fatigue, ça me suffisait.
« Chef. »
« Ouais ? »
« Comment on quitte cet endroit pour rejoindre Aden ? »
Le chef d’équipe y réfléchit un instant, puis se gratta vigoureusement la barbe mal entretenue.
« Je comprends ce que tu ressens, mais oublie cette idée, petit. Aden n’est pas un endroit où tu peux aller juste parce que tu as de l’argent. »
« Même avec dix millions de Bios ? »
« Ce serait évidemment difficile. »
« Quoi ? Pourquoi ? »
Sa réponse immédiate me prit au dépourvu.
Même pas avec dix millions ?
« Hmm. »
Ron étira ce petit son, comme s’il allait me révéler une information capitale.
« La Nécropole, c’est la poubelle d’Aden. Tu sais bien qu’on y exile les criminels et ceux qui n’arrivent pas à payer leurs impôts à Aden, non ? »
« Je sais. »
« Ceux qui ont échoué tout en bas ont connu l’enfer. Tu crois qu’Aden accueillerait à bras ouverts des gens qui ont déjà été dégoûtés par le système ? Surtout quand la ville est déjà au bord de l’explosion à cause de la surpopulation ? »
« … ? »
« En plus, ils doivent continuer à envoyer des gens dans le District extérieur pour le gérer. Ils ne peuvent pas laisser la population revenir. Alors ils ont placé la barre extrêmement haut, pour que les gens n’osent même pas en rêver. »
J’étais vraiment sous le choc.
Ce chef d’équipe à l’air hébété venait de dérouler un raisonnement d’une logique stupéfiante.
En voyant ma réaction déconcertée, Ron sourit.
« James. Enfin, je ne connais pas ton vrai nom, mais… j’ai été exilé de la Cité-Arche, moi aussi. Il y a quinze ans, j’étais un avocat plutôt compétent. »
« Tss, ça ressemble à un mensonge, chef… »
« C’est vrai, espèce de petit con. »
Ron éclata de rire, puis poursuivit.
« Bref, si tu veux une nouvelle identité et une nouvelle vie à Aden, il te faudra cinq cents millions de Bios ou des capacités équivalentes à celles d’un réparateur de rang cinq. »
« Un réparateur de rang cinq ? »
Il voulait que j’aie la puissance d’un mage de premier ordre ?
Et cinq cents millions de Bios ? C’était censé être de l’argent de poche ?
Non. Voyons le bon côté des choses.
Waouh ! C’était au moins moins cher qu’une carte Visa Gold Doramp !
« Et si je m’y faufile en douce ? »
« Si tu arrives à te cacher à Aden pendant au moins un an sans citoyenneté, c’est que tu as au moins le niveau d’un réparateur de rang cinq. »
Je commençai à avoir mal au crâne.
Ça faisait voler mon plan en éclats dès le départ.
Si je choisissais la voie financière, même après avoir récupéré les deux cents millions de Bios, il m’en manquerait encore trois cents millions.
« Ça va être dur, mais garde la tête haute. Tant qu’on vit, on finit par s’en sortir. Ah, et ne dis pas aux gens d’ici que tu viens d’Aden. Ils te prendront pour une proie facile et te tomberont dessus. »
« … »
« Tu as du talent. Contrairement à moi, à mes débuts. Tu t’adapteras vite. »
Ron me tapota le dos avec le calme d’un adulte.
Je n’avais même pas l’énergie de répondre.
Ha.
Pourquoi la difficulté de la vie était-elle aussi délirante ?
Ou bien l’était-elle vraiment ?
Peut-être que j’exagérais.
Clic, clic, clic.
Le tueur à gages qui avait attaqué le manoir était bien réel.
Albert, le majordome en chef, avait affirmé que personne ne pourrait jamais découvrir mon identité.
Clic, clic, clic.
Mais est-ce que ce tueur en avait vraiment après moi aussi ?
Un délinquant minable, parfaitement incompétent ?
Si ce n’était pas le cas, je n’avais pas besoin d’obtenir la citoyenneté.
Je pouvais retourner à Aden et vivre confortablement sous le nom de Cedric.
Gniii.
La vieille porte du bureau s’ouvrit.
Soudain, la pièce sembla s’illuminer.
Une belle femme vêtue d’habits traditionnels orientaux venait d’entrer.
Ses cheveux étaient noirs comme l’ébène et ses yeux aussi beaux que des violettes en pleine floraison.
À chacun de ses mouvements, les poissons rouges brodés de fil doré sur la soie noire semblaient agiter leurs nageoires.
Elle portait aussi un extravagant chapeau de feutre digne d’une courtisane, un long sabre japonais à la taille et de hautes sandales en bois.
Tout chez elle paraissait irréel.
Quand nos regards se croisèrent, elle esquissa un sourire.
« Bonjour. »
Je commençais à comprendre.
Dans cette ville, quand quelqu’un avait une présence aussi irréelle, c’était probablement un mage.
« Oh ! Vous êtes venue nous confier un boulot ! »
« Oui. »
« Vous êtes à la bonne adresse. Nous sommes le célèbre bureau de Gros Dick, fiers d’afficher un taux de réussite de cent pour cent ! »
Surtout quand cette personne regardait les autres comme des créatures insignifiantes, bien au-dessous d’elle.
Malgré ce regard méprisant, Ron ne sembla pas s’en offusquer.
« Petit nouveau ! Prépare du café ! Il y en a du bon, derrière cette étagère ! »
Au contraire, il se frotta les mains et lui proposa un siège.
« C’est un peu en désordre, n’est-ce pas ? Notre bureau est bien trop sale pour accueillir une aussi belle dame ! »
« C’est vrai. Et ça sent mauvais, aussi. »
« Oh, je vous prie de m’excuser. C’est la place la plus propre, alors je vous en prie, asseyez-vous ici. »
« Ça ira. »
La femme sourit avec douceur et posa la main sur la garde de son sabre.
Elle tira la lame de son fourreau sur environ trois centimètres.
Clic.
Puis elle la rengaina.
« Hein ? »
La tête de Ron s’envola dans les airs et roula jusqu’à mes pieds.
Les yeux de Ron étaient écarquillés comme ceux d’un poisson, comme s’il ne comprenait toujours pas ce qui s’était passé.
Son corps resta debout, projetant du sang dans toutes les directions comme un arroseur, avant de s’écrouler dans un bruit sourd.
L’odeur épaisse du fer emplit la pièce.
« … ? »
Quand on est surpris, on panique. Mais quand quelque chose dépasse l’entendement, on reste simplement bouche bée.
Qu’est-ce que c’était ?
Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?
L’attaque d’un bureau rival ? Une de ces bagarres de catch qu’on voyait parfois dans la Nécropole ?
Ou alors…
« Vous êtes Cedric Montraven, n’est-ce pas ? »
Putain… voilà, c’était ça.
Elle était venue pour moi.
Ma nuque se raidit sous l’effet de la tension.
« C’est qui, ça ? Moi, c’est James. »
J’essayai de gagner du temps en gardant mon calme autant que possible.
C’était la deuxième vie qu’on m’avait accordée de justesse.
Je ne pouvais pas mourir comme ça. Après tout ce que j’avais fait pour survivre jusque-là ?!
Comment m’avait-elle retrouvé ?
Est-ce que j’avais laissé une piste ?
Non. Je réfléchirais à ça plus tard.
Les priorités. Pour l’instant, je devais me concentrer sur ma survie.
Mais avais-je la moindre chance ?
C’était clairement une vraie mage.
« J’ai eu du mal à vous trouver. »
L’inconnue claqua la langue.
Sa main se dirigea vers sa taille.
« Attendez, attendez, attendez ! »
Comme tout à l’heure, elle tira légèrement son sabre, puis le rengaina.
Fouuu.
Un son étrange me parvint.
Un bruit minuscule, comme le son d’une bougie qu’on éteignait, enregistré par un microphone ultraperfectionné.
Au même instant, mon corps sembla basculer en avant et ma vision se mit à tourner à toute allure.
« Quelle déception. »
Lorsque mon champ de vision, qui tournoyait comme si j’étais dans une machine à laver, finit par se stabiliser,
je vis mes pieds.
Mon reflet apparut dans la flaque de sang qui coulait le long de mes jambes.
Ah, c’est vrai.
Je n’étais pas tombé en avant.
Seule ma tête s’était détachée et avait roulé par terre.
« Ta sœur m’ennuyait… mais j’avais de grands espoirs pour toi. »
Je mourus la tête tranchée.
C’était ma deuxième mort.
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『 F. 1 : Je ne connais pas votre nom 』
Tu as lamentablement rencontré la mort de la manière la plus banale qui soit.
Quelle fin prévisible, née de ton ignorance et de ta négligence.
Enfin, je ne sais pas si ça te consolera, mais…
Tu as encore largement de quoi échouer.
<Résultats de l’itération>
▶ Succès obtenus : Aucun
▶ Titre obtenu : « Chanceux pour l’instant »
▶ Points de défi : +221 pt
※ Une pénalité de mort est appliquée. ※
[Réponse tardive]
- Tu ne peux pas bouger pendant 24 heures après la régression.
- Cet effet dure jusqu’à la fin de cette partie.
Au terme de l’arrogance et de la sottise, puisses-tu atteindre la transcendance.
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J’entendis des rires.
2.
C’était ma deuxième partie, et ma deuxième mort.
La première fois, j’étais mort en tombant.
La deuxième, on m’avait proprement décapité.
Une fois encore, je fus précipité dans le vide.
Encore cette sensation.
L’horrible impression de devenir moins que poussière et de disparaître dans une effroyable vacuité, au milieu d’un sentiment d’inutilité.
Ma perception du temps s’émoussa et mon sentiment d’exister se brouilla rapidement, comme une goutte d’eau mêlée à de l’encre noire.
Les ténèbres me mâchèrent, me mordirent, puis m’avalèrent.
Non, ce n’étaient pas les ténèbres.
C’était ce qu’on appelait la mort.
.
.
.
« Tu n’iras pas à l’Académie, grande sœur. »
« … Quoi ? »
« Si j’y vais, je ne pourrai plus être avec toi. »
« Toi, tu… ? »
Hein ?
Arbel se tenait juste devant moi.
Ses magnifiques yeux dorés, devenus comme une fosse remplie de cadavres, étaient de nouveau vivants et mobiles.
Je n’avais ni mes esprits ni le temps de réagir, mais mon corps bougea tout seul.
« … Mmph ! »
« Mm… ?! »
« Mmph… ! Mmph… ?! »
L’aube du jour où le manoir avait été attaqué.
« Pah… ! »
Après avoir choisi l’option.
« Qu’est-ce que tu… fais, là… ? »
« Je te déclare ma flamme. »
« T-tu me déclares ta flamme… ? »
« Ouais. Ouais, moi aussi, je ressens la même chose pour toi, grande sœur. »
Au moment où j’embrassai Arbel.
« Non, là… ! Ngh ?! »
« Ne sois pas si tendue. Je ne vais rien te faire de mal. »
Tout se rejouait exactement à l’identique.
Qu’est-ce qui s’était passé ?
J’étais certain qu’on m’avait tranché la tête.
Ce corps qui bougeait comme une poupée se souvenait encore de cette sensation.
Je me souvenais toujours de l’éternité que j’avais passée, plongé au cœur de la mort.
La chair de poule qui me parcourait l’endroit où mon cou avait été tranché en était la preuve.
Mais finalement, j’étais revenu.
Au jour où j’avais choisi cette option.
Je me rappelai les conventions du genre.
La transmigration, puis la régression.
Les humains n’avaient droit qu’à une seule vie.
Aucun être ne pouvait s’y opposer.
Et pourtant, j’étais revenu.
« C’est complètement… »
Avant que toutes les catastrophes ne commencent.
Comme si j’étais revenu à une sauvegarde.
« Un jeu ? »
À l’instant où je le pensai,
Ding !
Une fenêtre translucide apparut dans mon champ de vision, accompagnée d’une notification claire.
- ■■■■ (NIV.0) a été activé.
Les lettres masquées se dévoilèrent une à une.
- J■■■ (NIV.0) a été activé.
- Je■■ (NIV.0) a été activé.
- Jeu ■■ (NIV.0) a été activé.
Lorsque toutes les lettres furent révélées,
- Jeu de mort (NIV.0) a été activé.
Une brillante fenêtre de système, semblable à une interface de jeu, apparut devant mes yeux.
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[ Jeu de mort (NIV.0) ]
▶ Utilisateur : Cedric Montraven
▶ Succès obtenus : « Mort zéro » « Chanceux pour l’instant »
▶ Titre détenu : « Hédoniste »
▶ POINTS : 221 pt
▶ Présentoir à reliques : [ ] [ ] [ ]
◆ Boutique
◆ Terrain de jeu (verrouillé)
◆ Amélioration (verrouillée)
※ Une pénalité de mort est appliquée. ※
[Réponse tardive]
- Tu ne peux pas bouger pendant [23 h 58 min 23 s] après la régression.
- Cet effet dure jusqu’à la fin de cette partie.
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Pourquoi tu ne t’es montré que maintenant ?!
Ma fenêtre de statut !
Notes de bas de page :
« Carte Visa Gold Doramp » est une parodie humoristique, à la coréenne, de Donald Trump et de son projet de visa Gold Card.
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