Chapitre 47
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 47 : Règle numéro un : ne faire confiance à personne (2)
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1.
Une ruelle maculée de sang.
Ceres, celle qui m’avait sauvé alors que la mort se tenait juste devant moi.
« Pourquoi as-tu fait évader le Véritable Progéniteur ? »
À ces mots, mon cœur se glaça.
« Ou devrais-je plutôt dire le faux Progéniteur ? »
Ceres ne pouvait pas être au courant.
Je n’avais signalé le faux Progéniteur à personne.
« Comment Lady Ceres sait-elle ça… ? »
Jusqu’où allait cette histoire ?
Je m’écartai de l’étreinte de Ceres.
Elle ne m’en empêcha pas.
Sa robe noire était tachée de sang par endroits.
Ceres sortit une cigarette et l’alluma.
« Cedric, je te suis reconnaissante. Tu m’as libérée de ce Commandement pénible. Je ne mentais pas quand je disais que je tenais à toi. »
Confusion. Chaos. Questions.
Je ne comprenais rien. J’avais l’esprit en vrac.
« Alors j’ai fermé les yeux sur les choses qui ne collaient pas. »
Ceres ferma les yeux, comme épuisée.
Ses paupières tremblèrent légèrement.
« Tu connaissais le Commandement dont je n’avais parlé à personne, et tu t’es rapproché de moi à cause de ça. Tu connaissais les détails confidentiels du Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule et tu as essayé de l’empêcher. Tu savais même pour Yiming et Gisela, que je comptais attirer avec le Projet Z comme appât. Tout ça. J’ai laissé passer parce que je te trouvais mignon. Et maintenant, il y a aussi un faux Véritable Progéniteur ? »
« Ce n’est pas ça… »
En l’écoutant, je compris soudain.
J’avais dû avoir l’air suspect.
J’avais régressé.
Toutes ces informations, je les avais obtenues à force de vivre et de mourir, avec l’aide des Jokers, en apprenant par essais et erreurs.
Mais à quoi ressemblais-je du point de vue de Ceres ?
À un type louche qui mettait la main sur des informations cruciales et menait chaque opération à bien sans jamais échouer.
« Qui es-tu ? Dans quel but t’es-tu rapproché de moi ? »
Sa question n’avait rien d’étrange.
« Pfiou… »
Elle expira un long filet de fumée, puis rouvrit les yeux.
La chaleur avait disparu de ses yeux noirs.
« Dis-moi la vérité. Je te laisse encore une chance. »
« Je suis le fidèle chien de Lady Ceres. J’ai juste… récupéré le faux Progéniteur. »
« Impossible. C’était un objet sous la garde de la Famille de la Carpe dorée. Ils l’avaient entouré d’une barrière qui brouillait les perceptions. Tu ne peux pas prétendre que tu es tombé dessus par hasard. »
« Une barrière qui brouillait les perceptions ? Quand je l’ai trouvé, il était juste là… »
Non, attends.
Et si… ?
✧ [Rencontre prédestinée] : Les chances de rencontrer des personnages clés du scénario ▲augmentent considérablement▲ !
C’était peut-être ça ?
Putain, voilà qui expliquait tout.
Même si c’était un faux Progéniteur, ça ressemblait beaucoup trop à une boîte où l’on aurait écrit : « Chaton gratuit, servez-vous. »
Alors c’était à cause du modificateur de la fenêtre de statut.
Mais Ceres ?
Comment pouvait-elle en savoir autant ?
« Sois honnête, même maintenant. Alors… »
Ceres s’interrompit.
« …je ferai comme si rien de tout ça ne s’était passé. »
Je compris que c’était à la fois son dernier avertissement et une concession majeure.
C’était Ceres la daronne, celle qui m’avait arraché les yeux lors de notre première rencontre.
Elle était méfiante, prudente et méticuleuse à un point extrême.
Et pourtant, elle disait qu’elle me pardonnerait, malgré tous les soupçons que je lui inspirais, si je lui disais la vérité.
Pouvais-je lui faire confiance ?
Pouvais-je lui parler de mon objectif et lui révéler tout ce que je savais, gagner sa confiance et obtenir son aide ?
Après avoir longuement réfléchi, je pris la parole.
« Pour ce qui est du faux Progéniteur, je l’ai récupéré par hasard après avoir reçu des informations de Yiming. »
« Yiming t’a donné l’ordre de le faire ? »
« Oui. Mais Yiming n’a pas l’air de savoir non plus que l’objet qu’il m’a envoyé récupérer était un faux Progéniteur. Je ne lui en ai rien dit non plus. Le faux Progéniteur s’est enfui de chez lui. Honnêtement, je ne sais pas où il est allé. »
C’était presque impossible à remarquer.
Mais l’expression de Ceres se détendit un peu.
« Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé non plus ? »
« Je suis vraiment désolé. Mais j’avais besoin des pouvoirs du faux Progéniteur pour sauver ma sœur. »
« Tu as une sœur ? »
« Oui. Une sœur qui est pratiquement à l’agonie. »
Ceres croisa les bras, comme si quelque chose lui déplaisait.
« Tu aurais pu me le demander plus tôt, au lieu de faire des bêtises tout seul. »
Je n’y pouvais rien.
Lors de ma première itération, j’avais vu à quel point Ceres aimait le cadavre d’Arbel.
Évidemment que je devais me méfier.
En plus, sauver Arbel n’était pas une quête aussi simple.
Cette Route Premium ne pouvait être terminée qu’en tuant Arbel à la fin.
Mon objectif était de contourner ça en faisant d’elle la servante du faux Progéniteur.
Comment ce plan pouvait-il sembler aux yeux de Ceres ?
J’aurais eu l’air d’un vampire amoureux qui piquait une crise parce qu’il voulait faire d’Arbel une vampire, au lieu de la soigner avec une seule Pièce universelle.
Il n’y avait qu’un moyen de dissiper tous ces malentendus.
Lui révéler ma régression et la fenêtre de statut, puis tout lui expliquer.
Ça expliquerait tout ce que Ceres trouvait suspect, jusqu’à la raison pour laquelle j’avais besoin du faux Progéniteur.
Si je lui montrais l’effet d’un Joker, je pourrais même le prouver.
« … »
Je ne savais pas si je devais vraiment le faire, mais…
« Tu es déjà profondément impliqué. »
Ceres s’adressa à moi d’une voix douce, comme pour me convaincre.
« Ne me mens pas. Sinon, je ne pourrai plus te protéger. »
« …Je vais tout te dire. »
Les yeux de Ceres, dont les paupières étaient lourdement baissées, se relevèrent légèrement.
Ses lèvres, jusque-là serrées, se détendirent aussi.
Elle sembla même un peu soulagée, comme si elle avait attendu cette réponse.
Très bien !
Les secrets les plus secrets de Cedric, dévoilés à présent !
« En vérité, je… »
Ce qui interrompit ma résolution, ce fut…
Ding !
Une notification limpide.
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::: Avertissement :::
- Une pénalité sera appliquée si vous révélez des informations sur le Jeu de mort.
- Faites attention à vos paroles et à vos actes.
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PUTAIN !!!!!!!!!!!!
C’était possible, ça ?
Dans le genre, les régressés se faisaient toujours avoir s’ils révélaient leur régression, mais…
C’était pas un peu abusé ?!
Je ne pouvais pas expliquer correctement la situation à Ceres sans lui parler de ma régression.
Mais la fenêtre de statut était plus stricte que les juges de la Cour suprême qui traînaient dans les commentaires YouTube.
Je ne pouvais pas non plus me permettre d’ignorer une pénalité.
Putain.
J’étais coincé, Cedric.
« … »
Je fermai les yeux très fort.
Les lèvres de Ceres se tordirent à nouveau.
« Alors tu ne comptes pas me le dire. »
« …Il y a des choses qui font que je ne peux pas tout te dire. »
« C’est tout ce que tu as à me dire ? »
« …Je n’ai vraiment pas essayé de faire quoi que ce soit qui puisse nuire à Lady Ceres. Crois-moi au moins là-dessus. »
Un long silence s’installa.
La cigarette de Ceres se consuma entièrement tandis qu’elle respirait lentement.
Elle jeta le mégot par terre.
« Cedric… »
La voix de Ceres manquait d’assurance.
Au moins, ce n’était pas la voix glaciale de quelqu’un qui s’apprêtait à lancer une purge impitoyable.
« Comment veux-tu que je te fasse confiance ? »
Déception. Trahison. Regret. Mélancolie.
Sa voix troublée était chargée de tout ça.
Elle baissa la tête et se saisit le coude.
« Tu as fait de ton mieux jusqu’ici. Ne t’inquiète pas pour ta sœur. Je m’occuperai d’elle. »
Ah, cette itération se terminait encore comme ça.
C’était tellement frustrant que j’aurais pu en mourir.
Je fermai les yeux.
Comment allais-je gérer l’itération suivante… ?
Je fermai les yeux.
J’avais beau lutter, j’allais de toute façon me faire tuer en un coup, alors autant en finir vite.
« … »
Mais même après un moment…
« … ? »
Ceres ne me tua pas.
Elle disparut simplement, comme si elle n’avait jamais été là.
Puis, peu après, comme si quelqu’un prenait le relais…
Des voix résonnèrent au fond de la ruelle.
« On est vraiment obligés de s’occuper nous-mêmes d’un morveux pareil ? »
« Si les patrons disent de le faire, on le fait. Ne baisse pas ta garde. Il paraît qu’il peut utiliser la Sentence de mort. »
« Bon. Réglons ça proprement et allons dîner en équipe. »
« C’est marrant de voir Ceres Cassian protéger quelqu’un comme ça. Ce n’est pas son genre. »
« Hé hé, peut-être que c’est son concubin préféré. »
Deux hommes et une femme apparurent.
Leurs vêtements noirs étaient brodés de plusieurs carpes voyantes.
Ils ne portaient pas de badges d’identification, mais je pouvais deviner leur affiliation et leur rang.
Des tueurs à gages de la Famille de la Carpe dorée.
Leurs vêtements tape-à-l’œil et leur aura.
Tout chez eux différait des fixeurs ordinaires que j’avais affrontés jusque-là.
La situation n’était pas difficile à comprendre.
Comme prévu, le faux Progéniteur était lié à la Famille de la Carpe dorée.
Et, d’une manière ou d’une autre, Ceres la daronne était aussi mêlée à l’affaire.
Ils avaient découvert que j’avais fait évader le faux Progéniteur.
Comment avaient-ils pu me retrouver après tout ce temps sans le moindre problème ?
Peut-être que cette idiote de Shion s’était fait prendre après s’être enfuie avec les gâteaux de riz ?
À en juger par ce que Ceres avait dit — « Sinon, je ne pourrai plus te protéger »…
J’avais perdu la confiance de Ceres la daronne avant même d’avoir pu éclaircir les faits.
Sa protection avait pris fin.
Mon exécution était décidée.
Eh bien, soit.
La seule différence, c’était que je serais traqué et tué par des fixeurs ou assassiné par des tueurs d’élite.
« Bonjour, mes frères et sœurs ! »
Pour l’instant, je me frottai les mains d’un air servile.
Même si j’allais mourir, autant soutirer le plus d’informations possible avant, non ?
« Je ne comprends vraiment pas la situation. Si je dois mourir de toute façon, vous pourriez au moins me dire pourquoi ? »
« Bwahahaha ! Quel abruti hilarant. »
Le type devant, un sabre à la main, éclata de rire.
« Bwahaha ! On me le dit souvent. »
On ne pouvait pas cracher au visage de quelqu’un qui souriait, alors je ris avec lui.
« Tu croyais pouvoir voler les secrets de la Famille de la Carpe dorée et t’en tirer, petit con ? »
« C’est vrai, mais… je suis le bras droit de frère Yiming. Si vous faites ça, ça risque de compliquer les choses pour tout le monde… »
« Khahaha ! Ce bâtard a dit “frère Yiming” ! »
« Bwahaha ! »
Leurs rires s’arrêtèrent brusquement.
« Reste à ta place, connard. T’es qu’un bout de papier chiotte plein de merde qu’on utilise puis qu’on jette. Tu crois que Yiming chercherait des noises à la Famille de la Carpe dorée pour sauver une ordure comme toi ? »
« Finissons-en. Combien de temps on va continuer à discuter avec lui ? »
« Allons-y. »
Putain.
Ils étaient vraiment mesquins, à faire ça devant un type qui allait mourir.
« Ne bouge pas, et je t’expédie en un coup. »
J’avais presque épuisé mon mana, mais il me restait encore assez de forces pour me battre.
À quoi bon vivre longtemps, tout maigre et en bonne santé ? Pour un homme, c’est l’épaisseur qui compte.
Ce serait injuste de mourir sans pouvoir répliquer, non ?
J’en emporterais au moins un avec moi grâce à l’Écho de la Mort.
« Venez !!! »
Boum !
Les trois se ruèrent sur moi en même temps, tandis que je rassemblai mon mana.
Au moment où je formais les signes avec mes mains pour lancer la Sentence de mort, une lame pâle éclaira mon champ de vision.
Non, putain, déjà… ?
L’homme était déjà sur moi.
Il faisait tournoyer son sabre juste devant mon visage.
Sa vitesse était incompréhensible, comme si on avait supprimé des images au milieu d’un film.
Il était à un tout autre niveau que tous ceux que j’avais affrontés jusque-là.
C’était donc ça, un tueur à gages de la Famille de la Carpe dorée ?
Il bougeait plus vite que Sunming à pleine puissance, sans rien perdre de son calme.
Même si j’esquivais cette attaque, je n’avais aucune issue.
Les deux autres avaient anticipé ma retraite et bloqué toutes les voies de fuite.
Ils n’avaient rien à voir avec les fixeurs de bas étage.
C’étaient des professionnels, des gens qui avaient poussé l’art de tuer à son paroxysme.
Ouah, putain. Ces salauds ne plaisantaient pas.
Juste avant que la lame acérée ne me fende le crâne à l’horizontale…
BOUM !!!
L’air devant moi explosa dans un éclair blanc aveuglant.
Une détonation assourdissante. Des vibrations qui me secouèrent les os.
L’homme qui brandissait son long sabre fut projeté comme un boulet de canon contre la façade du bâtiment voisin, le haut du corps plié en deux.
Rrrumble… !
Le bâtiment s’effondra sous le choc.
Les deux autres, qui s’étaient rués derrière lui de concert, blêmirent et roulèrent sur le sol.
Quoi ?
C’était quoi, ce bordel ?
Plaqué au sol par la pression, je restai bouche bée, à fixer la scène.
Ça pouvait être… ?
« Espèces de putains d’ordures… »
Un nuage de poussière âcre s’éleva du centre de l’explosion, comme un mirage de chaleur.
Dans la lueur rouge éblouissante se découpait un dos imposant, aussi massif qu’une chaîne de montagnes traversant le continent.
« Vous avez osé toucher à mon petit frère ? »
Une fureur incontrôlable vibrait dans le grondement grave de l’homme colossal.
« Tu n’es pas blessé, Rowan ? »
« Frère Yiming !!!! »
Tu étais venu me sauver !
Pas que je comptais sur toi, hein !!!
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