Chapitre 43
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 43 : Un garçon rencontre une fille (2)
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1.
Une femme était recroquevillée dans la valise.
En y regardant de plus près, je vis qu’elle n’était pas seulement recroquevillée.
Une camisole de force la maintenait dans cette position.
Je ne m’attendais pas à ce qu’une beauté adepte de jeux de bondage surgisse d’une valise abandonnée dans un endroit pareil.
Même Cedric en fut surpris.
« C’est quoi, ce bordel ? »
Ses cheveux blond pêche, pâles, évoquaient de la barbe à papa. Elle avait l’air d’avoir à peu près l’âge d’Arbel.
Entre menue et voluptueuse, elle penchait plutôt du côté menu.
Son visage de poupée était d’une beauté irréelle.
« Hmm. Elle a une beauté à faire tomber un royaume. »
Une femme comme ça, recroquevillée dans une valise, donnait à la scène un air plutôt criminel.
Non, attends.
Enfermer une femme dans une camisole de force et la fourrer dans une valise, c’était évidemment un crime.
« Du trafic d’êtres humains ? »
Je tendis prudemment la main et plaçai un doigt sous son nez.
Elle était froide comme de la poitrine de porc qui sortait du réfrigérateur.
Et pourtant, elle respirait encore.
« Ce serait une surprise de la part de Yiming ? Je me serais trompé dans les infos ? »
Alors que je tentais de comprendre ce qui se passait…
Ding ! Ding !
Une notification retentit.
« Oh, putain, tu m’as fait peur ! »
Putain ! J’avais oublié d’essuyer mon mascara, alors mon exclamation prit une voix féminine.
Quand je consultai la notification non lue de la fenêtre de statut…
[ L’effet Rencontre prédestinée s’active ! ]
[ Vous avez rencontré un personnage clé du scénario ! ]
Rencontre prédestinée ?
✧ [Rencontre prédestinée] : augmente ▲considérablement▲ les chances de rencontrer les personnages clés du scénario !
C’était donc ça ?
C’était l’un des avantages de la Fièvre Premium.
Comparé aux autres, celui-là ne m’avait pas paru assez intuitif pour que je m’y intéresse jusqu’ici.
Et c’était la première fois que l’effet s’activait réellement.
S’il était apparu maintenant…
« Cette fille est un personnage clé ? »
Je regardai de nouveau dans la valise.
La beauté surnaturelle de la fille sans nom attira une fois de plus mon regard.
Cette aura d’un autre monde était l’un des traits distinctifs des mages.
Une cargaison abandonnée depuis un mois entier. Personne ne s’en était occupé. Elle avait été enfermée dans une boîte aussi froide qu’une glacière.
Et pourtant, elle respirait et était en vie, dans des conditions qui auraient transformé un humain ordinaire en bonbon surgelé.
Et ce que je voulais le plus, à cet instant, c’était ressusciter Arbel grâce au sang d’un Véritable Progéniteur.
Alors…
« Tu serais… un Véritable Progéniteur ? »
On ne pouvait pas appeler ça une coïncidence, si ?
La fenêtre de statut pouvait vraiment infléchir le scénario à ce point ?
« … Non. Impossible. »
Je rejetai vite cette idée.
Réfléchissons logiquement.
Le rêve de toute une vie du Développement des ressources du Crépuscule était de former un Véritable Progéniteur.
Et il y aurait un Véritable Progéniteur parmi les marchandises dont la Famille de la Carpe dorée s’était débarrassée ?
Et même pas sous bonne garde. Il n’y avait pas un seul garde dans les parages.
« Probabilité : 0,1 %. »
Malheureusement, la fenêtre de statut que j’avais reçue n’était pas si pratique.
Mais, juste au cas où…
Voyons. D’après Yiming, les Véritables Progéniteurs étaient des vampires, non ?
« Patiente, dis ah. »
Comme si je donnais un médicament à un chiot, je soulevai doucement ses lèvres souples.
« … »
Ses longs crocs pointus attirèrent mon attention.
Ce n’étaient pas de simples dents de travers.
C’étaient des crocs acérés, comme ceux d’un animal appartenant à une autre espèce.
« … C’est vrai, ça ? »
2.
Comme elle ne montrait aucun signe de réveil, même quand j’essayai de la stimuler, je ramenai la valise entière chez moi.
Avec la valise, elle devait peser au moins soixante-dix kilos.
Mais ce poids ne me posait plus de problème depuis que mes circuits s’étaient éveillés.
Comme je l’ai dit, le simple éveil des circuits conférait naturellement des capacités physiques comparables à celles d’une augmentation de niveau un.
« Ouf… »
Les gouttes de sueur qui se formaient sur mon menton n’étaient donc pas dues à l’effort.
J’étais juste mort de trouille.
Objectivement, la situation était excellente.
Le plan que j’avais envisagé pour terminer la Voie Premium consistait à tuer Arbel, puis à la ressusciter en vampire grâce au sang d’un Véritable Progéniteur.
En sachant que, dans ce monde, les vampires ne souffraient d’aucun effet secondaire, hormis une légère envie de boire du sang, cette option devenait encore plus intéressante.
Le point essentiel, c’était le « sang d’un Véritable Progéniteur ».
Mais ce sang était loin d’être ordinaire.
« Même avant d’être scellé, le Véritable Progéniteur était un mage de rang 7, au sommet de la magie liée à la vie. »
« En tant que vampire, une seule goutte de son sang recèle un potentiel magique illimité. »
Une seule goutte de ce sang suffisait à l’injecter dans un cadavre et à le transformer en vampire subalterne, le ramenant ainsi à la vie.
Ou bien, comme avec le Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule, on pouvait le diluer à raison d’une dose pour deux millions et s’en servir pour transformer des centaines de milliers d’humains en goules.
« Cependant… Même scellé, un Véritable Progéniteur garde un puissant contrôle sur son propre sang. À ma connaissance, même le Développement des ressources du Crépuscule ne peut en libérer et en manipuler librement qu’une quantité infime. »
« Je n’en ai jamais vu moi-même non plus. »
C’était pour ça que la difficulté d’en obtenir me semblait comparable à celle de mettre la main sur une bombe nucléaire.
Mais maintenant…
J’avais ramassé un Véritable Progéniteur.
Sans même avoir eu à me raser.
Paradoxalement, cette chance me rendait encore plus nerveux.
« Putain… Qu’est-ce que tu manigances, cette fois… ? »
J’avais appris une chose en vivant dans ce monde :
Quand Cedric passait une journée chanceuse, il fallait se méfier.
C’était arrivé quand j’avais décroché le gros lot de la Pièce universelle au gacha.
C’était arrivé quand la Voie Premium était apparue.
La fenêtre de statut était comme un camarade de classe qui devenait terriblement jaloux dès que je réussissais quelque chose.
« Mais qu’est-ce qui prouve que c’est un Véritable Progéniteur ? »
Ce développement ne serait-il pas un peu trop commode ?
Et si elle n’était qu’un vampire produit en série ?
Mais j’avais reçu la notification de Rencontre prédestinée.
« Je devrais lui prélever un peu de sang et en faire boire à Arbel d’abord ? »
À cet instant…
Clic. Clic. Clic.
Comme dans un film d’horreur, les serrures de la valise s’ouvrirent toutes seules.
Clac !
La valise s’ouvrit en grand avant que je puisse l’en empêcher.
La créature recroquevillée à l’intérieur ouvrit les yeux.
Son regard se déplaça lentement, comme si elle n’avait pas encore tout à fait émergé de son sommeil.
Des yeux rouge sombre dont je ne parvenais pas à sonder les profondeurs.
À l’instant où je croisai ses pupilles fendues verticalement…
« Ghh… ! »
Je compris pourquoi les chiens bâtards se pissaient et se chiaient dessus quand ils rencontraient un attrapeur de chiens.
Les proies comprenaient instinctivement.
Elles savaient que l’être qui se tenait devant elles était un prédateur suprême.
Clic. Clic. Clic.
Les attaches de la camisole de force, qui avait l’air solide, se défirent toutes seules.
Non, non, tu ne peux pas enlever ça d’un coup comme ça…
Libérée de ses entraves, elle se redressa lentement, se couvrant de ses longs cheveux blond pêche.
« Est-ce toi qui as troublé mon long sommeil ? »
Au-dessus du ciel et sous le ciel, moi seule suis suprême.
Sa voix hautaine résonna à mes oreilles, comme si tous les êtres vivants du monde gisaient à ses pieds.
Je le compris instinctivement.
Putain… C’était du sérieux !!!
Allongée sans bouger, elle avait seulement l’air mignonne. Mais dès qu’elle ouvrit les yeux, elle dégagea une pression supérieure à celle de cette Salope samouraï complètement tarée, Kisara.
Il n’y avait aucun doute.
Sans hésiter une seconde, je tombai à genoux.
C’était le moment d’imiter le roi Injo[1] !!!
Bang ! Bang ! Bang ! Bang !
« Ô grande Cheffe de la maison Tsukimiya ! Un misérable humain rend hommage à la seule et unique Lune rouge ! »
Était-ce ça, l’aura d’un mage de rang 7 ?
Une créature pareille avait-elle seulement le droit d’exister ? Je tremblais comme une feuille.
« Apporte-moi une tenue digne de mon rang. »
Sa voix était aiguë, mais pleine de dignité et de charisme.
« Oui ! »
Une tenue, c’était bien des vêtements, non ?
Elle semblait faire à peu près la même taille qu’Arbel, alors…
Je rapportai en hâte le qipao que j’avais reçu de la maison close et la culotte dorée que Yiming m’avait donnée.
« Je vous les ai apportés ! »
Je les lui présentai respectueusement à deux mains, puis me prosternai aussitôt de nouveau.
Fouish !
Un léger sifflement fendit l’air, suivi d’une douleur brûlante à l’oreille gauche.
Du sang coula le long de mon lobe.
Le bout de mon oreille avait été arraché, comme si un rat l’avait rongé.
« As-tu perdu la tête ? Tu oses mettre sur ce corps les vêtements vulgaires de ces minables des Trois Familles ? »
Et pourquoi pas, putain ? Ils étaient jolis !
C’étaient des vêtements précieux, réservés aux vedettes du quartier des plaisirs !
« A-Accordez-moi un instant, et je sortirai vous chercher de nouveaux vêtements… »
« Tais-toi, humain. »
« … »
Bon. Je compris immédiatement pourquoi elle avait été renversée et scellée.
Elle était complètement folle.
« Pourquoi ce tissu est-il ainsi ? L’as-tu arraché à un cadavre ? »
« Je n’aurais jamais imaginé avoir l’honneur de vous accueillir aussi soudainement ! Je vous supplie humblement de me pardonner !!! »
« Hmph. Dire que l’endroit où j’ai ouvert les yeux après tout ce temps est aussi minable. »
Malgré ses plaintes, j’entendis le doux froissement du tissu tandis qu’elle s’habillait.
« Je t’autorise à relever la tête. »
Quand je relevai la tête, le Véritable Progéniteur me regardait de haut, vêtue d’un qipao aux fentes latérales si hautes qu’elles dévoilaient ses jambes fines.
Tout dans cette situation semblait lui déplaire.
La culotte me vola au visage.
« Tu oses me proposer ça comme sous-vêtement ? Me prends-tu pour une idiote ? »
La culotte transparente de l’héritière de la Famille de la Carpe dorée semblait lui déplaire tout particulièrement.
« Le crime de ne pas m’avoir servie convenablement mériterait dix mille morts… Pourtant, l’air de ce monde des mortels est fort vivifiant après tout ce temps. Je ferai preuve de clémence ; ne prends pas cette faveur à la légère. »
« Votre clémence est sans limites ! »
J’avais apparemment réussi à m’en sortir.
C’était vraiment n’importe quoi.
Qu’est-ce qui se passait, bordel ?
Quoi qu’il en soit, même si tout était arrivé d’un coup, je devais garder la tête froide.
L’être devant moi n’était pas simplement un Véritable Progéniteur.
Elle était à la fois la clé pour terminer cette partie et une créature tout à fait capable de ruiner ma première tentative.
Que le Développement des ressources du Crépuscule s’affole après la disparition du Véritable Progéniteur…
Ou pourquoi un Véritable Progéniteur aussi incroyable avait soudainement surgi d’une cargaison abandonnée par la Famille de la Carpe dorée…
Je pourrais y réfléchir plus tard.
« Pourtant, tu as pris la peine de préparer un repas. »
La remarque du Véritable Progéniteur interrompit mes pensées.
Elle se lécha les lèvres en regardant Arbel.
Son expression suffisait à lui mettre l’eau à la bouche.
À bien y réfléchir, cette garce était un vampire.
Non ! Ne la regarde pas comme ça ! Arbel est à moi !
Je m’inclinai précipitamment et pris la parole.
« Maîtresse, buvez plutôt mon sang. »
« Le sang d’un mâle de basse naissance ne m’intéresse pas. »
« Cette femme est ma sœur. Elle est à l’article de la mort et prend des médicaments ; son sang ne doit pas être très bon. »
Le Véritable Progéniteur haussa un sourcil, comme pour dire : « Comment oses-tu me répondre ? » Mais après avoir examiné Arbel, elle acquiesça sans hésiter.
« En effet. Elle n’a pas l’air très fraîche. »
« Pas vrai ? Ça risque de vous couper l’appétit. »
Le Véritable Progéniteur s’approcha de moi et me fit signe du doigt.
« Tends ton cou. »
Ses crocs brillaient avec une acuité particulière.
Tout à coup, j’avais un peu peur.
Et si elle me vidait de mon sang jusqu’à me tuer ?
« Plie davantage les genoux. N’es-tu pas trop grand ? »
Le Véritable Progéniteur me tapota légèrement le front de la paume.
Quelle garce malpolie, sérieux.
« Maîtresse, tout ça, c’est très bien, mais… vous ne comptez pas boire jusqu’à ce que j’en meure, n’est-ce pas ? »
« Ha… »
Au lieu de répondre, elle planta ses crocs dans mon cou.
Ça ne faisait pas aussi mal que je l’avais imaginé.
Mais le mouvement de ses lèvres douces et de sa langue, qui s’agitait comme si elle léchait la plaie, avait quelque chose d’étrangement sensuel.
Son souffle me chatouillait le cou.
Le Véritable Progéniteur sentait vaguement le désinfectant.
Slurp… Slurp… Slurp…
On aurait dit quelqu’un qui buvait une Capri-Sun.
Glou. Glou. Glou.
On aurait dit qu’elle avalait un liquide épais à grandes gorgées.
Slurp… Sluuurp…
Peut-être à cause de la perte de sang, mais je commençais à somnoler.
J’avais sommeil…
Mais combien de temps allait-elle continuer à boire ?
Slurp… Slurp… Slurp…
« Excusez-moi ? »
J’essayai de repousser doucement le Véritable Progéniteur.
Mais elle ne bougea pas d’un pouce.
Slurp… Sluurp… Sluuuurp…
« Excusez-moi ? À ce rythme, je vais mourir d’une perte de sang. »
Quand je tentai enfin de lui pousser le front, elle s’accrocha à moi comme un chat collé à une friandise à lécher, les yeux grands ouverts.
Même si les coins de ses yeux étaient tirés sur les côtés, elle ne me lâchait pas.
Sluurp ! Sluuuurp ! Sluuuuurp !
Arrête, arrête, arrête, arrête ! Putain, tu bois combien ?!
« Je vais mourir ! Je vais vraiment mourir comme ça !!! »
Ce ne fut qu’après que j’eus crié à pleins poumons que le Véritable Progéniteur se détacha de moi.
« Tss. Quel pleurnichard. »
Elle s’essuya la bouche et répondit sèchement.
« Pour un homme… Burp ! Tu m’as offert ton sang ; considère que c’est un honneur pour ta famille. »
« … »
Tu ne pouvais pas au moins dire que tu l’avais apprécié ?
Le petit rot qu’elle lâcha en plein milieu m’énerva vraiment.
Bref…
Au moins, je lui avais rempli l’estomac.
Et les gens étaient plus heureux quand ils avaient le ventre plein.
On disait aussi que les juges rendaient des verdicts plus cléments après avoir mangé.
Ça devait être pareil pour les vampires.
Ce ne serait pas le moment idéal pour lui demander si elle pouvait ressusciter Arbel, ou la supplier de le faire ?
« Pourquoi restes-tu planté là, l’air ahuri ? »
Le Véritable Progéniteur me rabroua comme un sergent instructeur engueulant une recrue désorientée.
« Oui ? »
« J’ai terminé mon repas. »
Et alors, garce ? Elle voulait que je lui brosse les dents ?
« Et le dessert ? »
« … Pardon ? »
« Où sont les mochis et le matcha ? »
Les mochis et le matcha, mon cul.
On était dans la Nécropole ! Espèce de tarée !
J’avalai ma colère et pris la parole.
« Maîtresse, préférez-vous les mochis à la fraise ou à la pâte de haricots rouges ? »
Je devais d’abord sauver Arbel !
Notes :
[1] À la manière du roi Injo : allusion à la capitulation humiliante du roi Injo face aux Qing en 1637, qui rend la soumission de Cedric volontairement excessive.
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