Chapitre 42
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 42 : Garçon, viande, fille
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1.
« C’est ça. »
« Quoi donc ? »
« C’est gravé. Une Gravure. »
Quoi ?!
J’avais une Gravure ?
Mais c’était quoi, une Gravure ?
Pour être honnête, je n’en savais pas grand-chose non plus. Écoutons donc les explications de notre instructrice en chef, maman Ceres.
« Une Gravure est un “biais dans le circuit”. »
En temps normal, les circuits de mana étaient comme des feuilles blanches, capables d’accueillir n’importe quel type de mana.
En formant un paysage mental approprié et en suivant la procédure adéquate, on pouvait, en théorie, utiliser n’importe quelle magie.
« Mais un circuit doté d’une Gravure ne peut plus utiliser d’autre magie que le sort gravé. Ton bras droit, du haut de l’épaule jusqu’au coude, porte actuellement une Gravure de Sentence de mort. »
Ceres fit glisser le bout des doigts de mon épaule droite à mon coude, comme si elle traçait une ligne.
C’était étrangement chatouilleux et ça me donnait la chair de poule.
En résumé…
« Vous voulez dire que les circuits de mon bras droit ont été entraînés exclusivement pour la Sentence de mort ? »
« Il faut vraiment le formuler comme ça ? »
« Alors, qu’est-ce que ça change ? »
« Tu gagnes en spécialisation ce que tu perds en polyvalence. Au bout du compte, le niveau d’un mage dépend de sa capacité à perfectionner et à faire progresser sa Gravure. Tu viens de faire ton premier pas. »
Après quelques explications supplémentaires, je compris pourquoi elle appelait ça un biais dans le circuit.
En gros, c’était comme si une mémoire morte avait été gravée dans mes circuits.
Pour faire encore plus simple, j’avais désormais un bouton sur lequel appuyer pour activer une compétence.
Non seulement je pouvais me passer de la plupart des procédures habituelles nécessaires pour lancer un sort, mais celui-ci serait aussi beaucoup plus puissant.
Mais une question me vint à l’esprit.
« Les Gravures se forment-elles aussi facilement, normalement ? »
« Non. C’est bien pour ça que c’est étrange. »
Ceres répondit d’un ton catégorique.
« Une Gravure ne se forme que lorsqu’on comprend parfaitement les principes de cette magie et qu’on la répète des milliers, voire des dizaines de milliers de fois, jusqu’à la maîtriser. »
« Pourtant, je ne comprends pas vraiment les mécanismes de la Sentence de mort. »
« Je sais. Ta maîtrise du mana n’a rien d’impressionnant. Elle est même légèrement inférieure à la moyenne. Tes circuits sont moyens, eux aussi. Mais… »
Ceres me caressa la joue.
« Ton paysage mental est particulier. Comme si… oui, comme si tu avais connu la mort encore et encore. »
Comme prévu, maman Ceres avait l’œil.
Ça devait sûrement jouer aussi, mais…
La Gravure s’était probablement formée grâce au bonus de maîtrise de l’Accélération de croissance.
J’avais massacré des fixeurs de grade 8 et gagné des niveaux à toute vitesse, en temps réel.
Je posai une dernière question.
« Ceres, si ma Gravure disparaissait pour une raison ou une autre… est-ce que ce serait difficile de la reconstituer ? »
« Tu poses toujours des questions aussi bizarres. »
C’était une question importante.
Grandir vite, c’était bien, mais ça voulait dire que ma progression restait inscrite dans le matériel qu’était la Gravure.
Si elle était réinitialisée quand je régressais, je devrais revoir mon plan pour cette première partie.
« Même si ça arrivait, tu la retrouverais vite. Perdre une Gravure ne signifie pas que ton paysage mental et ta compréhension s’effacent, si ? Tu retrouverais rapidement le même niveau. »
Parfait. Aucun problème, alors.
Je pouvais garder mon plan pour cette première partie.
Il ne me restait plus qu’à perfectionner cette fameuse Gravure en participant au plus de combats réels possible.
Je devais accepter les missions de Yiming, découper des fixeurs comme je l’avais fait aujourd’hui et repousser mon plafond aussi haut que possible.
En plus, je pourrais faire progresser mon affinité avec Yiming en même temps : deux coups d’un seul geste.
Je bâtissais peu à peu l’escalier qui me mènerait à Arbel en tenue de lapine !
J’enfilai mon manteau en cuir bordeaux et me préparai à partir.
« Tu pars déjà ? »
Maman Ceres m’avait exceptionnellement accompagné jusqu’à l’ascenseur. Je m’inclinai profondément devant elle.
« Oui ! Vous m’avez beaucoup aidé. Merci infiniment pour aujourd’hui ! »
« … D’accord. »
Maman Ceres n’avait pas l’air de bonne humeur aujourd’hui.
2.
Après la mission où j’avais récupéré cette spécialité britannique, la dernière fois, je commençai à accepter sérieusement des missions de la Famille Xuan.
« Rowan, si je ne t’intègre pas officiellement à la Famille Xuan, c’est parce que… »
« Je sais. Pas besoin de le dire, grand frère. Tu crois que je ne comprendrais pas ? »
« Espèce de morveux ! Tu as compris ! »
Je n’avais pas officiellement rejoint la Famille Xuan.
Mon poste officiel était toujours celui de larbin de Yiming, un fixeur sous contrat externe.
Et ce n’était pas plus mal.
Me mêler de trop près aux affaires de la Famille Xuan aurait impliqué bien plus de responsabilités et d’obligations.
Les mots que je détestais le plus, c’était « responsabilité » et « obligation ».
De toute façon, Yiming me traitait comme bien plus qu’un simple larbin. Je n’avais donc qu’à profiter des missions sans les responsabilités.
« Si possible, donnez-moi des missions où je peux tabasser des méchants. »
« Il y a plein de missions faciles et tranquilles. Pourquoi celles-là ? »
« Ça me correspond. »
« Kéhéhé ! Exactement ! Un homme doit jouir au moins une fois du frisson du combat ! »
« Pardon ? »
T-T’es vraiment un taré…
Yiming qui se travestissait, se battait et jouissait d’excitation ?
Aaaah ! J’avais l’impression que mon cerveau allait exploser.
« Je ferai de mon mieux pour jouir comme il faut ! »
« Excellent !!! »
Enfin bref.
Les Produits pharmaceutiques Overnus étaient bel et bien ce cartel criminel déguisé en entreprise auquel je m’attendais.
Une mafia honorable qui respectait les règles ? Une mafia de gentlemen ? Le Parrain ? Don Corleone ?
Tout ça, c’était de la fanfiction écrite avec l’argent de la mafia.
« Tiens… choisis une mission. »
« Il y a autant de conflits que ça ? »
« Ce ne sont que ceux qui correspondent à tes capacités. »
En réalité, les Produits pharmaceutiques Overnus voulaient s’entretuer comme les différentes communautés de fans de VTubers.
Résultat, je ne manquai jamais de boulot jusqu’au septième jour de cette première partie.
Je gagnai même neuf points grâce aux Défis !
Et puis…
Après avoir atteint sans encombre le huitième jour, à force d’enchaîner deux ou trois duels à mort par jour comme si je prenais mes vitamines, Yiming, vêtu d’une robe de chambre, porta élégamment une tasse de thé à ses lèvres.
« Rowan, si tu as un Mandat du Ciel… ça doit être un instinct de tueur. Même dans ce métier, c’est rare de trouver quelqu’un qui ne recule jamais devant un combat comme toi. »
« Ah, au collège, tout le monde m’appelait le Démon meurtrier de la Septième Nuit. »
« Kéhat ! Ce surnom te va vraiment bien, petit frère. »
Je répondis, un énorme nœud perché sur la tête.
Comme vous pouvez le voir, c’était une séance de club fort sympathique, pour une fois.
Les missions étaient importantes, mais j’étais un espion. Il fallait aussi que j’apporte des informations utiles à maman Ceres.
Mais Yiming n’avait pas l’air d’avoir l’intention d’utiliser les documents du Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule…
« Grand frère, à propos de ces documents du Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule. Vous les gardez toujours, pas vrai ? »
« Hum ? Oui. Pourquoi cette question ? »
« Vous allez les garder, hein ? »
« Bien sûr. Pourquoi tu me poses cette question tout à coup ? »
À ce stade, Yiming ne se méfiait même plus de moi lorsque je posais des questions directes.
On aurait dit qu’il ne lui était jamais venu à l’esprit que moi, le seul membre du club, je puisse être un informateur.
J’en profitai pour glaner quelques renseignements supplémentaires.
« Vous aviez dit que le Sérum d’éveil du Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule était le sang du Véritable Progéniteur, ou quelque chose comme ça. C’est quoi, exactement, un Véritable Progéniteur ? »
« Le Véritable Progéniteur, le Véritable Progéniteur… Ça fait longtemps que je n’avais pas entendu ce nom. »
Le regard de Yiming s’assombrit.
Ce taré recommençait à se donner des airs.
« Rowan, tu as déjà entendu parler de la Fondation ? »
« Vous voulez dire la Fondation RCD ? »
« Exactement. Avant de tomber lors d’un coup d’État et de se scinder en Produits pharmaceutiques Overnus et en Développement des ressources du Crépuscule, la Fondation dirigeait la Nécropole. »
J’avais entendu dire que la famille de maman Ceres avait été déchirée par la chute de la Fondation.
Mais ça, je ne le savais pas.
« Avant d’être renversé lors du coup d’État, celui qui dirigeait la Fondation était le chef de la Maison Tsukimiya. La Lune rouge solitaire. Autrement dit, le Véritable Progéniteur. »
« Donc le chef de la Maison Tsukimiya égale la Lune rouge solitaire égale le Véritable Progéniteur ? Ça fait beaucoup de titres. »
« C’est justement ce qui est classe. »
Bon sang, Yiming.
Pour quelqu’un qui se travestissait, tu t’y connaissais quand même pas mal.
« Quel est le rapport entre le Véritable Progéniteur et le Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule ? »
« Je ne peux que faire des suppositions, mais… »
Yiming laissa sa phrase en suspens.
« Le Véritable Progéniteur n’est pas mort. Il est scellé au siège du Développement des ressources du Crépuscule. Ce projet raté était probablement une expérience visant à contrôler le Véritable Progéniteur. Ces salauds le convoitent depuis longtemps. »
Maintenant que j’y réfléchissais, les pièces du puzzle commençaient à s’assembler.
Ce que j’avais vu lors de l’incident du Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule, ce n’étaient pas des zombies, mais des créatures qui ressemblaient à des goules.
Ce monde était un vrai bordel de genres mélangés, mais il suivait curieusement les codes de chacun.
« Qu’est-ce qu’ils comptent faire en contrôlant le Véritable Progéniteur ? »
« Qui sait ? Peut-être qu’ils veulent devenir des vampires. »
« Attendez, il y a des choses que vous ignorez, grand frère ? »
« Comment veux-tu que je sache tout ce que mijotent ces saloperies de tortues sournoises ? »
Le Véritable Progéniteur était un fossile tellement antique que même Yiming semblait en savoir très peu à son sujet.
Hum. Un peu décevant.
« Si ça t’intrigue autant, tu veux que je te trouve quelques documents et que je rassemble tout ça ? »
« V-Vous feriez ça pour moi ? Grand frère ! Merci ! »
« Espèce de morveux, ce n’est rien. »
J’étais sincèrement reconnaissant !
La réunion du club se termina ce jour-là sur une note productive, avec quelques résultats intéressants.
3.
À peine la réunion du club terminée, j’acceptai une mission de Yiming et me rendis dans le secteur E.
« Beuh, j’ai sommeil. »
Il était largement passé minuit et j’avais déjà accompli une mission aujourd’hui, mais…
« Quand on a sommeil, Red Bull ! »
Un petit coup de fouet grâce à une boisson énergisante de cette marque de sport que j’aimais bien et que j’avais tirée plus tôt, et le tour serait joué.
« Ahhh… c’est ça, le goût. »
Cedric avait vraiment le corps pur d’un jeune noble.
La caféine lui faisait un putain d’effet.
Enfin bref.
Ce dernier service de la journée ne serait pas difficile.
D’après Yiming, c’était à peu près aussi compliqué que de distribuer des prospectus.
« Ces salauds de la Famille de la Carpe dorée ont planqué quelque chose dans le secteur E. Mais c’est vraiment louche. Ils n’ont pas laissé de gardes pour surveiller le truc, et ça fait presque un mois que l’endroit est à l’abandon. »
« D’après ce que j’ai compris, ces abrutis arrogants ont développé une nouvelle drogue et comptaient la distribuer dans le secteur E. Le trafic de drogue, c’est le territoire de la Famille Xuan. »
« La surveillance du secteur E s’est resserrée après que le Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule a failli éclater au grand jour, alors ils ont probablement laissé tomber un moment. Autant leur piquer ça avant qu’ils s’y remettent. »
Voilà, en gros, le boulot.
Je traversai les ruelles crasseuses et lugubres jusqu’à l’adresse indiquée sur la carte que Yiming m’avait donnée.
« C’est vraiment ici ? »
À première vue, l’endroit n’avait rien d’une cachette pour quelque chose d’important.
C’était l’une des innombrables petites pièces des bidonvilles, comme mon ancien appartement.
« La bonne vieille cachette à la vue de tous ? »
Ou peut-être qu’ils avaient vraiment été pressés.
Hum, ça faisait un bail que je n’avais pas fait ça.
Boum !
« FBI !!! OUVREZ !!!! »
J’enfonçai la porte déglinguée d’un coup de pied.
Un nuage de poussière rance s’éleva, révélant une pièce minuscule et tout à fait ordinaire.
Pas trace de gens, de meubles ou de l’objet en question.
« Non, c’est pas vrai ! Il n’y a rien ici ! »
Avant, j’aurais peut-être erré sans savoir quoi faire, mais…
Dernièrement, j’avais enchaîné ce genre de situations, et j’étais devenu plutôt doué pour jouer les détectives.
Grincement !
Je soulevai une lame du plancher, légèrement plus haute que les autres, découvrant une trappe qui menait sous terre.
Un escalier en colimaçon, tout en acier, descendait dans le sous-sol.
« Mort, viens à moi. »
Après cette incantation qui en jetait, je chargeai la Sentence de mort.
Prêt à me battre si nécessaire, je descendis l’escalier.
Clang. Clang. Clang.
À chaque fois que les talons de mes bottes frappaient les marches métalliques, le son résonnait profondément.
Le sous-sol était bien plus profond et vaste que je ne l’avais imaginé.
Des tuyaux rouillés rampaient sur les murs comme des serpents, et une eau glaciale recouvrait le sol jusqu’aux chevilles.
Il n’y avait ni gardes, ni verrous, ni pièges.
Seul un conteneur se trouvait au milieu de la pièce, isolé comme une île déserte.
Grrriiiincement !
« Excusez-moi. »
Le conteneur n’était pas verrouillé.
Quand j’ouvris la valve de fermeture, je découvris une unique valise à l’intérieur.
Je compris aussitôt qu’elle n’avait rien d’ordinaire.
Sa surface métallique était lisse, sans la moindre jointure.
Au lieu d’une fermeture éclair, son côté était équipé de petits cadrans qui ressemblaient à des manomètres.
« Hmm… pourquoi est-ce que ça a l’air aussi suspect ? »
C’était beaucoup trop louche pour ne pas l’ouvrir.
Comment aurais-je pu résister à ma curiosité ?
« Place au déballage ! »
Je tripotai nonchalamment la serrure…
Pssshhh !
Une vapeur blanche et glaciale jaillit de la valise.
Et à l’intérieur…
« … C’est pas vrai. »
Une femme à la silhouette fine et frêle, presque comme celle d’un oiseau, était recroquevillée à l’intérieur. Les yeux fermés, elle respirait doucement.
« Cette fois, c’est Boy Meets Girl ?! »
Arrêtez de mélanger les genres !!!
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