Chapitre 41
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 41 : Fièvre premium ! (3)
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1.
Le combat avait été bien plus décevant que je ne l’avais redouté.
En réalité, ce n’était qu’une expérience pour mesurer l’efficacité de l’Accélération de croissance…
« Impossible à dire. »
Quand je cessai de me retenir et laissai la Sentence de mort se déchaîner, le combat était déjà terminé.
Le type qui avait essayé de l’esquiver mourut lui aussi en un rien de temps.
J’avais aussi l’impression que la Sentence de mort se déclenchait bien plus facilement que contre Sunming.
Et maintenant, je pouvais la lancer dans toutes les directions.
« Au fait, comment les mages deviennent-ils plus puissants ? »
Ça ne suffisait pas de tuer dix-huit personnes de rang 8 pour gagner de l’expérience.
Comme j’utilisais une magie liée à la mort, est-ce que tuer davantage me rendait plus puissant, tout comme mourir davantage ?
« Enfin, j’ai appris quelque chose. »
Ce combat m’avait éclairé sur plusieurs points.
D’abord, la cause de mort que je définissais et la forme de mon mana devaient présenter un certain degré de similitude pour que sa puissance augmente.
Pour une entaille, il fallait un mana en croissant, qui semblait trancher.
Pour une balle, du mana en forme de balle.
Pour briser le cou de quelqu’un, il fallait qu’il s’enroule autour de son cou.
Ensuite, le sort était faible contre les abris.
En fin de compte, la Sentence de mort matérialisait la « mort » que j’imaginais.
Elle pouvait trancher un ourlet parce que cela faisait partie de cette image de la mort, mais le lieu où nous nous étions battus avait à peine été abîmé.
Si je m’étais battu dans un entrepôt avec suffisamment d’endroits où se mettre à couvert, l’issue aurait pu être différente.
Et enfin…
« Moi, Cedric, je suis incontestablement le roi du rang 7. Preuve faite. »
J’avais une puissance de combat sans commune mesure avec une simple augmentation de niveau un.
Dans cet endroit barbare où seule comptait la force, j’avais de quoi me défendre.
Si je faisais bon usage de l’Accélération de croissance et que j’apprenais la magie auprès de Mama Ceres…
Peut-être pourrais-je viser le rang 6 chez les fixeurs avant la fin de cette voie premium.
Mais d’abord, je devais faire ce pour quoi j’étais venu.
« Beurk, la poussière. »
Je fouillai minutieusement le bureau crasseux.
Contrairement à chez moi, où Arbel faisait office de désodorisant naturel, ce bureau rempli de célibataires empestait le renfermé.
« Le doux parfum de noisette d’Arbel me manque. »
Elle devait dormir en ce moment même, en se grattant le ventre.
Quelle veinarde.
Mon butin se composait de cinq paquets de cigarettes bas de gamme, d’un registre de transactions, de vingt mille Bios en tout et de deux bidons d’huile synthétique.
« Ils avaient vraiment que dalle. »
Enfin, c’était compréhensible.
Les bureaux de fixeurs dans ce genre d’endroit ne gardaient généralement que le strict minimum, puisqu’ils étaient souvent la cible de raids.
La seule trouvaille potable fut un long manteau en cuir bordeaux qui m’allait parfaitement.
Il était lourd et gênant pour bouger, mais bon sang, il avait la classe.
« Mais où est la marchandise ? J’aurais dû en garder un vivant ! »
Ce ne fut qu’après avoir retourné le canapé et même arraché les lattes du plancher que je la trouvai.
Un paquet enveloppé de papier, caché tout au fond du grenier.
Il avait l’air louche au premier coup d’œil.
« Voyons voir. »
Une fois le papier retiré, je découvris un grand bocal en verre rempli d’une substance brune qui ressemblait à de la pommade.
« L’exportation la plus prisée de l’Empire britannique… ? »[1]
Il pesait dans les dix kilos.
Quand j’ouvris le couvercle, une odeur sucrée, comme celle d’une décoction d’herbes, me monta au nez.
« Je devrais en prélever la moitié et la vendre ? »
Si je la mettais sur le marché noir du secteur E ou la vendais à des drogués, je pourrais en tirer un petit paquet.
Mais je n’hésitai pas longtemps.
Se faire prendre pour cible par une organisation et crever en essayant de refourguer de la marchandise comme un amateur, c’était le cliché des clichés.
Et puis, j’avais encore des choses à tirer de Yiming.
« Ensuite, on efface les preuves ? »
Je fourrai le grand bocal dans le sac que j’avais apporté.
Puis je versai uniformément sur les corps éparpillés dehors l’huile trouvée dans le bureau, et leur offris des funérailles collectives.
Les corps brûlèrent bien, en dégageant une fumée âcre.
L’odeur de viande qui cuisait se mêlait à celle de la chair brûlée. C’était plutôt dégueulasse.
Fffzz.
J’allumai une cigarette et jetai dans les flammes un paquet de cigarettes bon marché trouvé en fouillant les lieux.
Le paquet se ratatina et noircit en un instant sous le feu rugissant.
« Ouf. Puissiez-vous atteindre le paradis. »
C’était tout ce que je pouvais offrir comme marque de gentillesse.
Après tout, la Nécropole était un endroit si agréable où vivre.
2.
Quand je récupérai la marchandise et retournai au Pavillon rouge ivre, le bureau de Yiming était bondé de membres de l’organisation vêtus de toutes sortes de tenues.
Comme il se passait sûrement quelque chose d’intéressant, je m’approchai.
« Mm ! Mmmph !!! »
Un homme nu était attaché à une chaise recouverte d’une bâche.
« Découpez-le par endroits, puis donnez-le aux chiens. Coupez-lui la tête et suspendez-la dans la salle de jeu. »
« Oui, Maître de l’encens ! »
Yiming allumait une cigarette sans la moindre expression, mais il m’aperçut et s’approcha, le sourire aux lèvres.
« Rowan ! »
« Grand frère ! J’ai trouvé la marchandise. »
« Tu as déjà fini ? »
« Je te l’avais dit, non ? Que je serais de retour avant que ton verre ne refroidisse. »
« Bwahahaha ! Rowan, tu es vraiment quelqu’un ! Quelqu’un d’important, même ! »
« Évidemment. À l’époque, j’étais un héros qui rapportait des devises étrangères. »
J’affichai un grand sourire et posai lourdement le bocal en verre.
Yiming éclata d’un rire chaleureux, comme si rien de cruel ne s’était passé quelques instants plus tôt.
« Les gars, vous l’avez découpé, ce salaud ? »
« Hein ? On lui a seulement coupé un bras pour l’instant, monsieur. »
« Laissez-le partir. On ne peut pas faire couler le sang un jour aussi faste. »
« Oui, monsieur ! »
Les membres de l’organisation eurent l’air perplexes, mais détachèrent l’homme qu’ils avaient capturé.
« Qu’est-ce qu’il a fait pour finir dans cet état ? »
« On l’a surpris en train de tricher à ma salle de jeu. »
« Hm. On ne devrait pas simplement le découper ? »
« Tu crois ? Les gars ! Découpez-le, finalement ! »
« Oui, monsieur ! »
« Mmmph !!!!! »
Pendant qu’ils envoyaient le tricheur dans un monde meilleur et qu’ils nettoyaient les lieux, je fis un compte rendu succinct à Yiming.
Yiming hocha la tête, satisfait, avec le sourire d’un père qui regardait sa fille de trois ans lire un livre d’images.
« Au fait, c’est la première fois que tu t’occupes d’une mission pour l’organisation ? »
« Oui. »
« Eh bien, eh bien. Je ne peux pas laisser mon adorable petit frère repartir sans cadeau ! »
« Vraiment, grand frère ?! »
« Bien sûr ! Suis-moi ! »
J’aimais vraiment cette culture du guanxi.[2]
Pas besoin de refuser les cadeaux.
Un cadeau renforçait la position de Yiming tout en reconnaissant que j’étais l’un des siens, un zijiren.
Le refuser aurait été impoli. Il me suffisait de bien réagir.
Yiming me conduisit dans une pièce qui abritait un immense coffre-fort.
Dire que c’était un coffre-fort était un peu exagéré. C’était presque une pièce à part entière.
« Rowan. C’est vraiment précieux. Même moi, je n’ai pu en obtenir qu’un seul. »
Ah bon ?
J’étais excité depuis qu’il m’avait conduit au coffre-fort.
Il allait m’offrir quelque chose d’aussi précieux pour une mission aussi facile ?
Plus j’en apprenais sur Yiming, plus il me semblait être un type bien.
À la Nécropole, le shikku — cette mode du moment qui consistait à habiller des cadavres —, le travestissement sans embêter personne et la collection de vêtements féminins étaient franchement des loisirs plutôt sains, non ?
« G-grand frère… »
« Ouvre-le. Tu peux regarder ici. »
Yiming me tendit une boîte en bois de la taille d’une Bible.
Je l’ouvris avec impatience.
À l’intérieur, il y avait…
« Qu’est-ce que c’est ? »
« La culotte de Li Xingfei, la jeune cheffe de la Famille de la Carpe dorée, son joyau le plus précieux. »
C’était une culotte délicate, tissée dans de la soie fine.
« Alors, qu’en penses-tu ? J’ai eu du mal à l’obtenir. »
« … »
… Putain. Qu’est-ce que j’étais censé faire de cet idiot ?
Je fixai Yiming, qui souriait timidement.
« Pourquoi ? Ça ne te plaît pas ? »
Mais c’était un cadeau que Yiming avait fait à son petit frère.
Si je montrais que ça ne me plaisait pas, je le mettrais dans l’embarras.
Ah…
Voilà pourquoi je détestais cette putain de culture du guanxi.
Une culture primitive de merde, pour les vermines qui bouffent de la merde.
Mais bon, c’était comme ça.
Snif !!!!!!
J’enfouis aussitôt mon nez dans la culotte.
« Waouh, grand frère ! Ça sent la pivoine ! »
« Pas vrai ?! »
« Je ne recevrai jamais de cadeau aussi inoubliable de toute ma vie ! »
« Pas vrai ?!!!! »
Ils avaient peut-être utilisé un bon adoucissant, parce qu’elle sentait effectivement bon.
Plus tard, si elle lui allait, je ferais porter la culotte à Arbel.
3.
Cette nuit-là.
« Je ne t’avais pas dit de ne venir qu’en cas d’absolue nécessité ? »
Ceres m’accueillit avec une nette irritation.
Elle avait enfin levé le Commandement, mais aujourd’hui encore, elle était en mode maman.
Je trouvais ça plus familier aussi, mais n’avait-elle pas dit qu’elle voulait se lâcher ?
Je pensais qu’à la maison, elle serait sous sa forme d’Ines.
« C’est absolument nécessaire. »
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Tu me manquais. »
Flick !
« Aïe ! »
Malgré tout, une pichenette sur le front me valut le droit d’entrer.
Eh oui, je le savais.
Il valait mieux limiter mes contacts avec Ceres, et si Yiming découvrait nos rencontres secrètes, c’était moi qui serais en danger.
Mais cette itération reposait sur le principe que je régresserais après ma mort.
J’avais renoncé à sauver Arbel en une seule fois.
Si je me faisais prendre, je n’aurais qu’à mourir une fois.
Bien sûr, je n’étais pas venu voir Ceres sans avoir de plan.
« Tu veux savoir s’il existe d’autres magies que la Sentence de mort ? »
« Oui. »
C’était là mon véritable objectif.
Dans cette voie premium, j’avais trois vies de vingt jours chacune.
Si nécessaire, je pouvais utiliser les Talismans de protection contre le malheur qu’il me restait et mourir encore deux fois.
Si je considérais ces nouvelles vies comme la première, la deuxième, puis les suivantes…
J’avais décidé de consacrer toute cette première vie à l’entraînement.
Quoi que je fasse à partir de maintenant, l’événement d’amélioration de Cedric était indispensable si je voulais survivre dans cet endroit pourri.
Mon objectif approximatif, c’était le rang 6 chez les fixeurs.
« Tu maîtrises déjà la Sentence de mort ? À courir avant de savoir marcher, tu vas trébucher. Ne prends pas la grosse tête. Concentre-toi sur les bases. »
« Je ne prends pas la grosse tête. Je l’ai déjà utilisée deux fois en plein combat. »
« En plein combat ? »
Ceres haussa un sourcil et m’emmena à l’atelier.
« Montre-moi. »
« Alors je vais le faire en espérant que tu me félicites, Ceres. »
« Présenté comme ça, ça me donne encore moins envie de te féliciter. »
Fiuu.
Je lui montrai l’attaque ultime de Cedric le Masqué : un barrage de Sentences de mort.
Des dizaines de lignes droites balayèrent vivement la pièce.
Le mannequin invoqué pour servir de punching-ball fut réduit en lambeaux et roula aussitôt sur le sol.
« … Alors, qu’en penses-tu ? »
La réaction de Ceres ne fut ni un choc, ni des félicitations, ni une déclaration sur mon talent.
« Ahahaha ! »
« Maman ? »
Elle rit assez longtemps pour dévoiler ses dents bien alignées, puis essuya les larmes au coin de ses yeux.
« Pardon, pardon. Quand on vit assez longtemps, on finit par voir des trucs aussi drôles. »
Je fus surpris.
C’était la première fois que je la voyais rire aussi fort.
« Alors, on peut aussi utiliser la Sentence de mort comme ça ? »
« Les gens ne l’utilisent pas comme ça, d’habitude ? »
« Non. Si quelqu’un en était capable, il serait de rang 1 ou plus. Il n’aurait aucune raison d’utiliser une magie de rang 0. »
Les mages n’avaient aucun sens du spectaculaire.
Comment pouvaient-ils résister à une technique aussi putain de classe ?
« La dernière fois que je t’ai vu, tu étais très doué pour faire surgir ton paysage mental, mais ta technique manquait de finesse. Maintenant, tout semble bien s’emboîter. La précision de ta technique laisse toujours à désirer par rapport à la profondeur de ton paysage mental, cela dit. »
Elle sourit, satisfaite.
« Combien de temps as-tu pratiqué ? »
« Le combat, c’est le meilleur entraînement. »
Quand je répondis franchement à Mama Ceres…
« … Tu ne l’as fait que deux fois ? »
Son amusement s’effaça.
« Tu ne peux pas t’entraîner avec ça sans avoir des gens sous la main, n’est-ce pas ? »
C’était bien ça, non ?
J’imaginais mal qu’il soit normal de découper des sans-abri pour s’entraîner.
Avais-je encore fait une gaffe parce que je n’arrivais toujours pas à m’adapter à la Nécropole ?
Après un bref silence, Ceres hocha la tête.
« Très bien. Si tu t’y es habitué, ça suffira. Aujourd’hui, je vais t’apprendre à assigner une autre cause de mort. »
« J’ai déjà essayé. »
« Quoi ? »
« Comme ça, tu veux dire ? »
Je tirai du mana en forme de balle sur le mannequin, juste au moment où il allait se régénérer.
Boum !
Dans un éclat, le mannequin s’effondra de nouveau et trembla.
« Et ça. »
Je lui lançai une masse de mana ronde et sphérique.
Crac !
Le mannequin, qui venait à peine de se relever, éclata comme une bestiole écrasée sous une chaussure.
Ceres plissa les yeux.
« Tu peux aussi t’y prendre autrement ? »
« Je peux, mais… »
« Tu peux ? »
« Oui, mais la puissance est lamentablement faible. Pourquoi ? »
J’avais justement voulu lui poser la question, car cette cause de mort, contrairement à toutes les autres que j’avais essayées, n’avait jamais vraiment fonctionné sur les autres.
J’essayai de briser le cou du mannequin qui ne cessait de se régénérer.
Crac-crac !
« Hein ? »
Cette fois, ça avait clairement marché.
Son cou pivota presque à 290 degrés, lui infligeant une torsion cervicale qui aurait tué n’importe quel humain sur-le-champ.
Je fixai Mama Ceres, interdit, et sollicitai sa sagesse.
« Pourquoi ça marche d’un coup ? »
« Pourquoi tu me demandes ça ? »
« Ça ne marchait pas bien avant. »
Est-ce que c’était l’Accélération de croissance ?
Est-ce que c’était ça, les « 500 % de gain en maîtrise » ?
Oui ! C’était ça !
Cedric, le nécromancien génial complètement pété, qui dominait le jeu sans effort d’un seul clic !
C’était le genre de récit que je voulais !
« Ceres. Félicite-moi et caresse-moi la tête, s’il te plaît. »
Je bombai légèrement le torse et haussai les épaules.
« Tu pourrais me laisser t’examiner un instant ? »
Ceres se mit soudain à déboutonner mes vêtements.
« Ceres, on devrait prendre une douche d’abord ? J’ai beaucoup transpiré. »
Notre Mama Ceres !
Quand était-elle devenue si entreprenante ?
« Tais-toi, mon chéri. »
Après m’avoir palpé un moment, Ceres eut un petit rire sans joie.
« Voilà. »
« Quoi donc ? »
« C’est gravé. Une Gravure. »
Une Gravure ?
Notes :
[1] L’exportation la plus prisée de l’Empire britannique : allusion au commerce historique de l’opium mené par la Grande-Bretagne, qui laisse entendre que le bocal contient une drogue addictive de grande valeur.
[2] Guanxi : système chinois de relations personnelles fondé sur la réciprocité, où les cadeaux et les services créent des obligations et un sentiment d’appartenance.
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