Chapitre 37
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 37 : Point de sauvegarde
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1.
Nous trinquâmes à notre réussite.
« Je suis impressionnée. Je ne pensais pas que tu irais aussi loin. »
« Moi non plus. »
« Tu peux être un peu plus fier de toi. Tes méthodes étaient peut-être ridicules, mais tu as stoppé un projet mené par Développement des ressources du Crépuscule. Tu m’intéresses vraiment, maintenant. »
Ceres fit tournoyer son verre de vin avec élégance.
On aurait presque dit qu’elle s’efforçait désespérément de nier l’état décoiffé dans lequel elle se trouvait quelques instants plus tôt.
Bon sang, je me faisais la réflexion chaque fois, mais ce contraste était absolument délicieux.
« Grâce à vous, Ceres. »
« La ferme. »
Ceres plissa le visage devant mon compliment.
Quoi qu’il en soit, si je repensais à cette itération…
J’avais si bien réussi que Ceres envisageait de se remarier avec moi.
Comme cette partie recoupait trop la précédente, je n’avais obtenu que 22 pt grâce aux Défis en quinze jours, mais…
Je n’avais pas utilisé un seul Joker.
Autrement dit, je n’avais rien dépensé.
Et le résultat ?
Un boulot de rêve à la Maison Haeng de Ceres.
J’étais devenu le bras droit officieux de Xuan Yiming, son Yowppi, et j’avais rejoint un club secret de travestissement.
J’avais appris la magie de rang 0 « Sentence de mort », putain de classe.
J’avais installé Arbel dans un deux-pièces du secteur C qui faisait passer un appartement de luxe pour une bicoque.
Et enfin, j’avais arrêté le Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule.
Et j’avais accompli tout ça avec pour seules armes ma langue de trois pouces, des bas, des talons hauts et une chaîne de cheville offerts par Ceres…
C’était pratiquement le miracle des cinq pains et des deux poissons nourrissant une foule entière.
Alléluia !
Il ne me restait plus qu’à briser le Commandement de Ceres et à boucler cette itération.
« Alors, nous devrions aussi régler nos affaires, non ? »
« Bien sûr que je n’ai pas oublié. Tu veux parler de briser le Commandement, c’est ça ? »
« C’est vrai que je te trouve mignon, mais… si tu m’as menti, tu le regretteras amèrement. »
Je le savais.
Même si elle avait été particulièrement gentille avec moi dans cette itération, Ceres Cassian restait une directrice de Développement des ressources du Crépuscule, sans cœur ni pitié.
Je ne faisais pas confiance à Ceres.
Je vous l’avais dit, non ? Le professionnalisme, c’était leur donner son corps, mais jamais son cœur.
Je ne retomberais plus dans l’erreur stupide de faire confiance à Akitt et Areng.
Dans cette ville, la seule personne à qui je pouvais faire confiance, c’était Arbel.
Mais indépendamment de ça, Maman Ceres était visiblement toute excitée à l’idée de briser enfin le Commandement dont elle voulait se débarrasser depuis si longtemps.
Jusqu’à ce qu’on le fasse ?
Cedric avait l’avantage, et Ceres était sous lui.
« Hé hé. »
« … Pourquoi tu souris comme ça ? »
Tu sais à quel point c’était incroyable ?
Ceres, pour briser ton Commandement, il nous faut plein de filles en costume de lapin.
Si je lui disais ça, elle pourrait même en enfiler un.
Je voulais voir Maman rougir et se tortiller de gêne !
Hmm, il me semble que je me suis montrée trop indulgente avec toi.
Elle me lancerait un regard meurtrier, puis serrerait les dents et enfilerait quand même le costume de lapin.
M-Mais qu’est-ce qu’il peut bien avoir de si génial pour que tu veuilles me voir porter ça ?
Je voulais voir Ceres m’insulter en pleurant !
Si je voulais le voir, il fallait que je tente le coup.
« Pour briser le Commandement, il nous faut plein de filles en costume de lapin. Vous pouvez en porter un, Ceres. »
« Hmm, vraiment ? On va vérifier ça ? »
« Annule, annule, annule ! »
Ceres saisit le tire-bouchon et le braqua sur mes yeux ; je me rétractai aussitôt.
« Vous pourriez fermer les yeux ? »
« C’est fait. »
« Vous ne devez pas les rouvrir. »
« Tu me prends pour une enfant ? »
À la place, je sortis le sceau de ma poche.
« Sceau du contrat mystérieux »
- Rang : R
- Description : Permet de conclure des pactes avec le monde ou de les rompre.
- Effet : Peut créer un nouveau Commandement ou briser un Commandement existant.
- Remarque : Peut aussi être utilisé sur d’autres personnes. Utilisations restantes : 2.
« Euh… vous pourriez d’abord me dire en quoi consiste le Commandement ? »
« Une restriction m’empêche d’en parler. Et je n’ai qu’un seul Commandement, alors brise simplement celui-là. »
« Oui, madame. »
Au moment où j’utilisai le sceau, la pièce changea.
C’était comme si on repassait une vidéo à 0,0001 fois sa vitesse normale.
Toutes les sensations et tous les gestes ralentirent.
La musique classique qui résonnait dans la pièce se transforma en un murmure méconnaissable, et la pluie dehors s’immobilisa dans les airs.
Hmm, c’était comme de vivre une expérience à la Quicksilver.
Sauf que je n’avais pas payé pour l’amélioration, alors ma propre vitesse de déplacement ne changea pas.
La fenêtre de statut apparut.
[Voulez-vous briser le [Premier Commandement] de Ceres Cassian avec le « Sceau du contrat mystérieux » ?]
« OUI. »
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【Ceres Cassian, Premier Commandement】
〔Modification〕
Ceres Cassian peut s’incarner dans « Comédie aux mille visages : Mascarade ».
〔Restriction I〕
Elle doit rester incarnée six jours sur sept, sauf un jour.
〔Serment I〕
L’existence de cette Restriction et ses conditions ne doivent jamais être révélées.
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« Brise-le. »
À l’instant où je le formulai intérieurement,
Crac.
L’espace se déchira soudain comme une pellicule déformée, dévoilant un vide noir.
Une obscurité sans fond.
De l’autre côté de ce rideau, des centaines, des milliers de chaînes ondulaient.
Elles se tordaient comme des serpents et avançaient lentement vers Ceres, tentant de s’enrouler autour de son corps.
Je le compris instinctivement.
C’était la punition du monde.
Je venais d’apprendre le Commandement de Ceres.
Autrement dit, j’avais violé le Serment I : l’existence de la Restriction et ses conditions devaient rester secrètes.
Attendez, attendez, attendez ! Patronne !
Qu’est-ce qui se passait dans ce cas-là ?
Le Sceau du contrat n’était pas censé briser le Commandement ?
Crac !
Une vague d’un blanc pur jaillit du sceau comme un flash, et les chaînes se dispersèrent en poussière.
Le temps, étiré à l’extrême, reprit instantanément son cours normal.
« Waouh… »
J’avais l’impression de venir d’assister à quelque chose d’incroyable.
[Le [Premier Commandement] de Ceres Cassian a été brisé.]
[Utilisations restantes du « Sceau du contrat mystérieux » : 1.]
Encore sonné, je vis ce qui se trouvait devant moi et sentis mon cœur sombrer de terreur.
« Kyaaaaaah !!!! »
Maman Ceres, qui se tenait sans aucun doute devant moi quelques instants plus tôt !
Était devenue un mannequin terrifiant de deux mètres quarante !
Vous voyez le genre !
La poupée cousue dont je m’étais servi comme punching-ball quand j’avais appris Sentence de mort !
« Aaaah ! M-Maman Ceres ! Maman !!! »
Alors que je criais comme un caneton qui avait perdu sa mère…
Clic.
La porte s’ouvrit derrière moi et Ines, la petite fille de Ceres, apparut.
« C-C’est pas possible… C’était vraiment possible… ? Briser un Commandement… »
Son visage était aussi blanc que ses cheveux.
Même pâle de stupeur, Ines-chan était jolie !
« Vous tombez à pic ! Aidez-moi ! Ines, aidez-moi ! Maman Ceres est… ! »
J’allais plonger dans la jupe d’Ines comme une fourmi paniquée quand je remarquai enfin quelque chose.
Un Commandement. Comédie aux mille visages : Mascarade. Elle devait rester incarnée tous les jours de la semaine, sauf un.
Un mannequin de la même taille que Ceres.
Ceres, qui voulait briser le Commandement. Ceres, qui avait jeté ses talons hauts.
Ines, la fille de Ceres. Le lit de taille différente dans la Maison Haeng de Ceres.
« Ah. »
Face à cette vérité terrifiante, je m’effondrai comme un enfant.
« Putain… Rendez-moi mon plan à trois mère-fille… »
2.
Il y a deux cent trente ans,
la Nécropole n’était dirigée ni par Développement des ressources du Crépuscule ni par Produits pharmaceutiques Overnus.
Elle était entièrement gouvernée par la Fondation R.C.D., créée à Aden pour purifier, isoler et développer les douves au-delà du Mur de l’Humanité.
On disait que la Nécropole était alors un enfer encore plus terrifiant.
Moins développée, submergée par les ordures et plus sauvage qu’aujourd’hui.
C’était une époque de vagues déchaînées, où des failles apparaissaient quand bon leur semblait et fauchaient du jour au lendemain des centaines, voire des dizaines de milliers de vies.
Même à l’époque, Aden semblait avoir une longue tradition consistant à jeter ses perdants dans la Nécropole.
« Ma famille était une maison de marquis déchue, reléguée tout au fond de la Nécropole. Nous avons survécu de justesse en coopérant avec la Fondation R.C.D. »
Mais la Fondation était divisée en trois factions.
Lorsque deux d’entre elles s’allièrent pour purger la troisième, elle éclata.
Malheureusement, la famille de Ceres avait soutenu la faction qui fut purgée ; elle se retrouva écrasée sous les décombres du trône.
Jeune et inexpérimentée, Ceres forma un Commandement pour survivre.
Elle s’incarnerait dans sa magie innée, « Comédie aux mille visages : Mascarade », et changerait d’apparence.
« Le reste de ma famille fut exécuté, mais je réchappai au désastre. »
Ceres survécut en prenant huit pieds de haut, puis augmenta son rang peu à peu.
Comme moi, elle s’adapta à la ville et se vengea, un par un, de ceux qui avaient massacré sa famille.
Elle finit par devenir directrice de Développement des ressources du Crépuscule.
Mais…
« Quand j’ai dépassé le rang 5 et atteint le mur qui précédait le rang 6, le Commandement est devenu ma prison. Mon corps, qui se déformait chaque semaine, m’empêchait d’atteindre le rang 6. »
Elle s’était heurtée à une puissante restriction concernant le Corps de l’esprit, de la compétence et du corps.
« Et puis, deux cent quarante centimètres, c’est trop grand pour une femme séduisante comme moi, non ? »
C’était pour cela qu’elle avait cherché comment briser le Commandement.
Et elle avait fini par rencontrer Cedric et par réussir à le briser.
Et ils vécurent tous heureux jusqu’à la fin des temps.
Voilà comment s’achevait sa fabuleuse histoire.
Et, après avoir appris toute l’histoire, je ressentais une horreur cosmique.
Mes dents claquaient.
« Alors… pendant tout ce temps, moi… »
Je regardai le mannequin assis sur le canapé à côté de moi.
Ses paupières étaient cousues avec du fil de fer, ses dents étaient pointues comme des clous et toute la partie avant de son visage avait été poncée, ne laissant que des narines blanches à la Voldemort.
Donc…
« Je baisais ce truc depuis le début !! Putain !!!! C’est pas vrai !!!! »
« Je viens enfin de te dire la vérité, et c’est ça, ta réaction ? Comme c’est vexant. »
Maman Ceres, qui était passée de la Veuve de huit pieds à une beauté aux cheveux argentés et aux yeux blancs, me répondit d’un ton indifférent.
« Ceres ! Ce n’est pas si simple ! »
Encore une fois, j’avais été le seul à être sincère !
Je m’étais frotté à une poupée d’amour terrifiante avec un casque de réalité virtuelle sur la tête, en disant que je voulais être serré dans les bras de Maman !
J’avais l’impression que mon âme se déchirait en mille morceaux !
« Hélas… Tout dépend de la façon dont tu vois les choses. Ma Mascarade est une magie qui contrôle un corps sans âme. Autrement dit, dès qu’une âme y entre, le réceptacle change aussi. Même si, dans les faits, c’est toujours mon vrai corps. »
Ceres dit cela en se tapotant la joue.
Donc, dès que Ceres possédait ce mannequin, il devenait la Maman Ceres que je connaissais, une sorte d’avatar clone.
« Alors, toi aussi, tu prenais ton pied, Ceres ? »
« … »
Ceres ne répondit pas.
Comme j’étais un idéaliste philosophique capable d’embrasser même Arbel, mon dégoût s’atténua un peu.
Mais mon désespoir ne s’arrêta pas là.
« … »
Ça se passerait peut-être dans un futur très lointain…
Mais j’avais voulu passer de bons moments avec Ceres et Ines, au-delà des liens familiaux.
J’avais rêvé de ce futur couleur abricot…
« Pourquoi es-tu si déçu ? Tu préfères vraiment cette forme à celle d’une femme gigantesque ? »
« Tu ne comprends rien, Ceres. »
« … ? »
Maman Ceres pencha la tête, visiblement perplexe.
Attends.
Dans mon désespoir, j’avais l’impression d’avoir négligé un détail crucial.
Ceres, la « Veuve » de huit pieds, avait utilisé cette identité comme couverture pour présenter Ines, son véritable corps, comme sa fille.
Alors ?!
« Ceres. Tu n’es pas vraiment veuve ? »
« … Cedric, tu poses toujours les questions les plus inutiles. »
Vraiment ? Tu ne l’es vraiment pas ?
Attends une seconde…
Je repensai à toutes les données accumulées au fil des innombrables itérations.
Ceres avait toujours essayé de prendre les devants avec moi.
Elle se comportait comme si elle était à l’aise, me détaillait d’un regard sensuel et répétait sans cesse des choses comme : « Tu es meilleur que mon mari~. »
Mais malgré cette attitude, elle était plutôt nulle au lit.
Et pour couronner le tout, je ne l’avais jamais vue faire entrer un autre homme dans sa chambre.
Jusqu’à présent, j’avais interprété la maladresse de Maman Ceres comme : « Ça fait peut-être un moment pour elle~. »
Mais…
Si je cessais de la voir comme « une veuve qui a traversé l’enfer et la sorcière de Développement des ressources du Crépuscule »…
Et que je la remplaçais par « une femme qui a trompé tout le monde toute sa vie pour survivre »…
Alors ?
De plus en plus suspicieux, je lui demandai :
« Ceres. »
« Oui ? »
« Est-ce que je suis ton premier ? »
« Le premier à quoi ? »
« Euh… ça. »
Je fis un cercle avec le doigt et le poussai d’avant en arrière.
L’expression de Ceres se glaça.
« Tais-toi. Comment ça pourrait être vrai ? »
Je réprimai les coins de ma bouche qui tentaient de remonter comme ceux du Joker.
« Pourquoi tu souris ? »
« Hé, je n’ai pas encore commencé à rire. »
« Tu me prends beaucoup trop à la légère. Je t’ai gâté dès que je t’ai recueilli. J’aurais dû te crever les yeux dès le début. »
« Hé hé hé. »
Ceres, incapable de mentir, essayait désespérément de sauver les apparences en prenant un air sérieux.
Quel délice.
« Quoi qu’il en soit, maintenant que c’est arrivé, nous devons discuter de la suite. »
Ceres, la beauté aux cheveux argentés et aux yeux blancs, qui avait les oreilles un peu rouges, s’éventa le visage d’une main avant de parler.
« Cedric, tu comptes continuer à travailler avec moi ? »
Ding !
Une notification retentit.
Ça y était ! Mes Choix ! La mise à jour du point de sauvegarde !!!
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