Chapitre 31
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 31 : Build : Nécromancien
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1.
« Attends. C’est parce que ça fait longtemps ? Il doit y avoir un problème. »
« Pardon ? »
« Je vais te montrer encore une fois. »
Les longs doigts délicats de Ceres recouvrirent de nouveau mes yeux.
Le résultat ne fut guère différent.
Un bref tour guidé dans la Zone du Crépuscule, côté mort, puis retour à la réalité.
« Je peux utiliser la magie, maintenant ? »
Manifestement incapable d’y croire, Ceres se mordilla légèrement l’ongle.
« Tu as mal à la tête ? Tu as la nausée ? »
« Non. »
« Tu ressens une terreur indescriptible… Tu as l’impression que ton esprit pourrait se briser ? »
« C’est censé être le cas ? »
« … »
Cette « mort » que Ceres m’avait montrée, cet espace noir et immense.
Est-ce que j’avais eu peur ?
Bien sûr que oui.
La première fois que j’y avais été plongé, je m’étais juré de ne plus jamais investir, jouer, parier ni pratiquer de sport extrême.
J’étais déterminé à bannir toute activité qui mettait ma sécurité en danger.
Non, c’est difficile à décrire, mais…
C’était tellement répugnant, flippant et terrifiant que j’aurais préféré me réengager dans l’armée.
Bien sûr, ça me terrifiait encore, maintenant.
Mais la mort que Ceres venait de me montrer…
Hmm. C’était à peu près aussi désagréable qu’un entraînement de réserviste.
« C’est étonnant. »
« Et d’habitude, ça se passe comment ? »
« Les plus faibles meurent sur-le-champ. »
« Beurk. Et les forts ? »
« Ils vomissent ou sont en état de choc. Je savais que tu avais des prédispositions, mais je ne m’attendais pas à ce qu’elles soient aussi fortes. »
« Et toi, Ceres, comment ça s’est passé la première fois ? »
Ceres ne répondit pas.
Ah, je vois.
La Compréhension de la Mort.
Je savais parfaitement de quel genre de caractéristique il s’agissait.
Cedric Montraven, le génie nécromancien qui se moquait même des dieux.
Étais-je devenu la Mort, le destructeur de mondes ?
« Si le test d’aptitude est terminé, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
« Tu dois apprendre à maîtriser le mana. »
Ceres répondit d’un air quelque peu préoccupé.
Son intérêt semblait s’être complètement détourné du Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule pour se porter sur Cedric, le génie nécromancien.
Moi aussi, je ressentais la même chose.
Il restait encore deux semaines avant l’apocalypse zombie, et une montée en puissance gratuite, c’était du sérieux.
La puissance offrait davantage de Choix.
Et elle aidait aussi à éviter les morts stupides.
« Prends ma main. »
« Comme ça ? »
Je pris sa main en entrelaçant nos doigts.
« Tes mains sont vraiment jolies. »
Ceres me lança un regard étrange, puis fit circuler du mana dans mon corps.
À cet instant,
« Quoi ?! »
Je sentis mes circuits de mana tressaillir.
« Ne bouge pas. J’active le mana dormant dans tes circuits. Imagine que j’amorce une pompe. N’ouvre pas la bouche. Contente-toi de le ressentir. »
Au bout d’un moment, je commençai à sentir le véritable flux du mana.
Il se répandait dans mon corps, empruntant des canaux denses qui s’étiraient comme les racines des mauvaises herbes.
Je le sentais vraiment ?
Pendant une trentaine de minutes, j’observai cette puissance d’un air absent.
« Tu l’as bien ressenti ? »
« Oui. J’ai l’impression de pouvoir tout faire. »
« Ne t’emballe pas. »
Ceres me tapota le bout du nez du doigt.
« Ce que tu viens de sentir, c’était du mana pur. Si la magie est une aquarelle, c’est de l’eau incolore. Avec ça tout seul, tu ne peux pas peindre de tableau. »
« Alors, maintenant, j’ajoute de la peinture ? »
« Tu comprends vite. Essaie. Fais entrer en toi l’espace que tu as vu. »
Ceres m’expliqua tout cela d’une voix douce, d’une bienveillance exceptionnelle.
Elle était si gentille que je me demandai si elle avait toujours eu ce côté-là.
« La mort, les ténèbres, le monde du néant où tout s’arrête. Tu le redéfinis. Tu fais de ta propre subjectivité un phénomène. »
Mais de quoi parlait-elle ?
J’aurais préféré qu’elle arrête d’employer des mots aussi compliqués.
Je n’avais qu’un diplôme de fin d’études secondaires.
Pourtant, malgré cette pensée, une certaine confiance monta en moi.
Qu’est-ce que je devais faire ? Je ne pensais pas échouer.
Je fermai les yeux et me remémorai cet espace de mort.
Il fallait donc que j’en prélève les ténèbres pour les faire venir ici ?
« Ghk… ! »
Mon cœur se contracta soudain sous la douleur.
Putain ! Ma confiance venait de prendre un petit coup !
« Ce n’est pas grave si tu as mal. C’est normal. Guide lentement le flux et fais-le sortir par ta main. »
Mes circuits picotèrent et chauffèrent.
Le mana transparent sembla se transformer en un liquide noir et visqueux, comme du goudron. Il circula dans mon corps, me laissant une sensation étrange et désagréable.
Mais j’allais tenir bon.
Je ne mourrais plus sans pouvoir me défendre.
Concentre-toi !!!!
Après avoir lutté un moment…
« Hyaaaaaaaaaa !!!!!!!!!!!!!! »
Des ténèbres d’un noir de jais, comme si la mort elle-même avait été liquéfiée, se rassemblèrent dans ma paume.
« Ouf… »
La boule de ténèbres ressemblait à une goutte d’huile flottant dans l’espace.
Hmm, comment dire ?
C’était fascinant, et très, très étonnant de découvrir que je possédais un potentiel aussi souple et malléable, mais…
« C’est petit. »
J’étais censé avoir un talent incroyable, non ?
Le résultat de tous ces efforts d’imagination et de volonté était un peu pathétique.
Je lançai un regard anxieux à Ceres.
« … »
Elle avait les yeux écarquillés.
Mon visage s’éclaira aussitôt en voyant le sien.
« J’ai bien réussi ? »
« … »
Sans répondre, Ceres croisa les bras et fixa la goutte de mana noire que j’avais invoquée.
« C’est la première fois ? »
« Je ne savais pas que j’avais un talent aussi terrifiant. »
« Eh bien… J’ai vérifié tes circuits moi-même. »
« En général, il faut combien de temps pour en arriver là, dans le programme ? »
« Avec suffisamment de talent, un an. »
Hmm. C’était un peu vague.
« Sans talent, même toute une vie ne suffit pas. »
Waouh, putain ! C’était ça !
Un truc énorme allait vraiment m’arriver ? Le Cedric de niveau poubelle allait enfin s’en sortir ?
« Viens avec moi un instant. »
Ceres m’attrapa par le poignet et m’entraîna vers un coin de la Maison Haeng de Ceres.
C’était une pièce blanche qui me faisait penser à un bloc opératoire.
Autrement dit, l’atelier de Ceres, où elle avait examiné le cadavre d’Arbel.
Elle fit un léger geste dans les airs.
« Sors. »
Un immense mannequin, d’au moins deux mètres cinquante, apparut soudain.
Comme s’il avait toujours été là.
Il avait de longs membres, les paupières cousues en biais avec du fil de fer et un visage plat dont le nez semblait avoir été râpé à la meuleuse. Ses dents irrégulières ressemblaient à des crocs.
Quelle tête terrifiante.
On aurait dit un truc sorti d’un jeu d’horreur.
Renifle, renifle.
Le mannequin s’approcha de moi en traînant les pieds et me renifla.
« C’est quoi, ce truc flippant ? »
« C’est ta cible. Je vais t’apprendre, alors vas-y étape par étape. »
Ceres entrelaça de nouveau ses doigts aux miens.
« Mémorise l’ordre et les endroits où le mana circule. Tu utiliseras tes circuits comme un cercle magique. Comme c’est du rang zéro, rien de compliqué. »
Un flux de mana plus puissant que tout à l’heure parcourut une fois mon corps en empruntant mes circuits.
C’était comme le flux de l’énergie interne ?
Je le sentais bien, donc ce n’était pas difficile. Je mémorisai les mouvements dans les grandes lignes.
« J’ai mémorisé les mouvements séparément. »
« Maintenant, tu dois projeter le mana sur la cible. Mais il y a une chose à retenir. Tu ne fais pas que le projeter. »
« Alors, je fais quoi ? »
« Je te l’ai déjà dit, non ? La magie consiste à imposer ton monde au monde. Tu fais jaillir une image et tu peins un tableau. »
« Un tableau ? »
« Pense à la cause de la mort de ton adversaire et fais-la apparaître dans ton paysage mental. »
Mama Ceres…
Tu vas trop vite.
La magie était toujours aussi abstraite ?
Tu ne pouvais pas juste me dire : une pincée de sel, une cuillerée de sauce soja, ce genre de trucs ?
« Donc, j’imagine que cette chose meurt après avoir été frappée par ma magie ? »
« Oui. Fais en sorte que ce soit aussi vivant et précis que possible. La mort par chute, noyade, électrocution, coup de couteau, strangulation. La cause importe peu. Projette l’image de la mort que tu arrives à imaginer le plus clairement. »
La mort que j’arrivais à imaginer le plus clairement ?
Hmm…
J’y réfléchis un instant.
La chute du toit m’avait fait mal, et me faire transformer en tartare de Cedric aussi.
C’était terrifiant et douloureux.
Mais la mort qui était gravée le plus profondément dans mon esprit…
Clic.
Des pas résonnèrent à mes oreilles, comme une hallucination auditive.
Cette sensation glaciale de me faire découper en morceaux comme du beurre mou.
Le souvenir instantané de ma tête qui s’envolait dans les airs en tournoyant.
Je savais que tout cela appartenait au passé, mais ma peau se hérissa tandis qu’un froid me nouait le ventre.
J’aurais beau mourir autant de fois, je n’oublierais jamais cette sensation.
Oui.
C’était la mort absolue, impossible à repousser.
Le coup d’épée de cette garce de Kisara était la mort que j’arrivais à imaginer le plus clairement.
« J’ai compris. »
« À partir de maintenant, c’est de l’autosuggestion. Tu recouvres le monde avec le tien. »
« Comment ? »
« Tu peux réciter une formule ou créer ton propre rituel. Ce qui compte, c’est la régularité. Tout fonctionne, tant que tu arrives à te convaincre que ta volonté obstinée est la réalité. »
Sans doute pour ne pas interrompre ma concentration, elle baissa la voix, qui me chatouilla l’oreille.
De l’autosuggestion…
En gros, la magie, c’était appliquer à la réalité le lore que je m’étais inventé.
Et l’autosuggestion, c’était ajouter mes propres détails pour éviter de tout gâcher en me demandant : « Mais est-ce que ça va vraiment marcher ? »
Si c’était ça, une idée me vint aussitôt.
« … Des mudras ? »
Devant Ceres, qui me dévisageait d’un air perplexe, je joignis tranquillement les mains devant mon plexus solaire.
Je m’en remémorai une dernière fois la sensation.
La forme de la mort qui m’avait tranché en deux. La terreur et le désespoir.
J’allais faire subir la même chose à ce mannequin.
« Meurs, coupé en deux. »
Fchlak !
Un bruit de ce genre retentit.
La boule de mana qui flottait dans les airs traça aussitôt un croissant noir.
Une légère brise effleura ma joue.
Flop.
Au même instant, le mannequin fut coupé en deux le long d’une ligne qui allait du sommet du crâne à l’entrejambe.
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::: Défis (NOUVEAU !) :::
- Utiliser un sort de rang 0. +5 pt
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Je baissai les yeux vers mes mains tremblantes, toujours jointes en mudra.
« C’est ça… le pouvoir d’un nécromancien… ? »
La mort, c’était putain de classe !!!
C’était différent de ce que je connaissais, mais c’était quand même sacrément génial !!!
À bien y réfléchir, la magie de Ceres était elle aussi assez différente de la magie nécromantique habituelle, qui consistait à relever et contrôler des cadavres.
Pour la première fois, j’aimais l’univers de ce monde.
Un ramasseur de cadavres qui se promène avec des zombies et des squelettes ?
Dans un univers d’hyperinflation où un rang 7 était un Adam Smasher, ça aurait forcément eu l’air nul.
« Ceres ! J’ai réussi ! Pour me récompenser, file-moi un baiser ! »
Ah, on n’était pas encore aussi proches dans cette partie, si ?
J’avais parlé sans réfléchir comme si on en était à la partie précédente.
Pourtant, Ceres n’eut pas l’air fâchée. Elle souriait.
Elle semblait abasourdie, mais son sourire était aussi celui de quelqu’un qui venait de découvrir un jouet très amusant.
« Intéressant. Très intéressant. Très… impressionnant. »
Elle applaudit doucement. Le mannequin, coupé en deux, se ressouda et disparut comme s’il avait été aspiré dans les airs.
« Ce que tu viens d’utiliser, c’est un sort de base de magie affiliée à la mort. C’est la Sentence de mort : elle définit globalement la cause et en fait surgir le résultat. »
« Même son nom est cool. Il est fort comment, ce Cedric, maintenant ? »
La confiance m’envahit.
Je ne m’étais pas senti aussi sûr de moi, même quand je m’étais renforcé jusqu’au niveau 1 et que j’avais brandi Héros.
« Si tu ne maîtrises que les applications les plus basiques, tu serais dans les rangs d’un rang 7. »
« Rang 7 ! »
« Même si c’est un sort de rang 0, ça reste de la magie. »
Les véritables mages ne considéraient même pas les sorts de rang 0 comme de la magie, mais c’était déjà quelque chose.
Mon cœur se gonfla de fierté.
Un seul jour après le début de cette partie, j’avais rejoint les rangs des forts et pouvais me tenir aux côtés de Sunming.
« Merci mille fois !!!! »
« Mon cul, merci. Je n’aurais jamais imaginé que tu apprendrais ça en un jour. C’est absurde. »
« Mais qu’est-ce que j’ai fait ? Tout est grâce à mon excellente professeure ! »
En voyant Ceres rire, incrédule, je me dis :
Cette partie était vraiment différente !
.
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Ceres regarda Cedric lui sourire avec obséquiosité et repassa dans sa tête la scène qui venait d’avoir lieu.
Plus précisément, le moment où Cedric avait utilisé sa Sentence.
La quantité était pitoyablement faible, mais Cedric avait parfaitement fait circuler le mana et lui avait donné sa « couleur ».
En revanche, il s’était complètement emmêlé dans le trajet des circuits et le moment de l’incantation.
Le mana s’était échappé par le mauvais chemin, et non par celui que Ceres lui avait enseigné.
Ça, elle le comprenait.
La Sentence de mort était un sort simple, mais Cedric débutait.
C’était la première fois qu’il l’utilisait, il pouvait donc s’embrouiller.
Mais il y avait un point qu’elle ne comprenait pas.
« Meurs, coupé en deux. »
Et pourtant, la Sentence de mort avait frappé.
Elle avait tranché avec une précision parfaite l’une des entités Masquerade dont Ceres était si fière.
Une seule circonstance pouvait expliquer une telle chose.
Un paysage mental si vivant qu’il pouvait facilement compenser le manque de technique.
Seul quelqu’un capable d’affronter directement une mort si vive qu’elle écraserait sans peine l’esprit d’un être humain ordinaire pouvait y parvenir.
« Hum… Je pourrais emprunter la douche un moment ? Comme tu vois, j’ai l’air d’un mendiant. »
« Vas-y. »
Cedric partit vers la salle de bains avec un grand sourire insouciant.
« Quel genre d’enfer as-tu vu ? »
En le regardant s’éloigner, Ceres murmura sans s’en rendre compte.
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