Chapitre 27
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 27 : Déclencheur
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1.
La leçon du jour.
Les apocalypses zombies sont dangereuses. Ne les imitez pas. Contentez-vous de les regarder au cinéma.
« Haa… Haa… Putain… Je vais crever… »
J’avais depuis longtemps jeté mon manteau et ma veste, trempés de sang.
Ma chemise, blanche à l’origine, était devenue brun rougeâtre, comme si on l’avait plongée dans un encrier.
Mon annulaire et mon auriculaire gauches étaient tordus dans des angles bizarres et avaient enflé de façon grotesque.
J’étais aussi épuisé que si j’avais sprinté sur quarante kilomètres.
J’avais la gorge en feu.
Je m’étais battu avec des zombies, je les avais frappés, balancés à coups de pied, projetés dans tous les sens…
Bref, après avoir tout fait sauf les embrasser, j’étais incapable de savoir si l’un d’eux m’avait mordu.
« Tant pis. Si je me suis fait mordre, je crèverai. »
Je crachai une salive au goût de sang.
Combien en avais-je tué ? Combien de balles avais-je tirées ?
Des dizaines, peut-être même plus d’une centaine ?
J’avais abattu ceux qui fonçaient sur moi, puis d’autres, et encore d’autres.
Mais pour aller droit au but…
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::: Défis (NOUVEAU !) :::
- Survivre à l’essaim de citoyens infectés. +5 pt
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Près de mon studio, j’étais le seul encore debout sur mes deux jambes. Moi, Cedric.
J’avais survécu.
« Je suis vivant !!!!! »
J’étais tellement vivant que je pouvais faire le figurant qui se croit à l’abri après avoir échappé à la mort, comme si de rien n’était.
Je le devais à l’Œil de Laplace et à la force surhumaine de l’Augmentation.
Je comprenais toutefois pourquoi Isis m’avait prévenu que l’Augmentation grignotait l’espérance de vie et les forces vitales.
J’avais vraiment l’impression d’être sur le point de crever.
Mais un stimulant qui brûlait ton espérance de vie et tes forces vitales…
En fait, c’était plutôt classe, non ?
« Putain, tout mon corps… »
Je regagnai la limousine tant bien que mal et m’effondrai à l’intérieur.
Je mis le moteur en marche et glissai une cigarette entre mes lèvres.
« Pfiou… »
En tirant une longue bouffée, j’eus l’impression de respirer l’odeur de cadavres en train de brûler.
« Ah, ça, c’est bon… »
Après un moment de repos, je démarrai.
Grrr, grrr, grrr, grrr.
« Qu’est-ce qu’elle a, cette saloperie ? »
Peut-être parce qu’elle m’avait accompagné dans cette expédition infernale, la limousine n’était pas en meilleur état que son propriétaire.
Elle avançait, mais j’avais l’impression de conduire un tracteur.
« Beurk, je vais gerber… »
Ceres allait-elle piquer une crise en voyant l’état de la voiture ?
Ou serait-elle étonnée que j’aie réussi à revenir ?
Dans les deux cas, ça m’était égal.
Ma dernière mission pour cette partie, quoi qu’il arrive, était de retrouver Ceres, la grande manitou.
Je devais lui demander ce qu’était ce putain de Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule.
Pourquoi elle m’avait fait subir l’Ingestion de poison informe.
Et pourquoi elle avait essayé de m’empêcher de partir.
Elle pouvait bien mentir, ça ne poserait pas de problème.
J’avais des Jokers.
Une utilisation du Monocle d’exhumation, qui déterrait un passé que sa cible voulait garder secret.
Deux utilisations de Pile ou face de vérité.
Je m’en servirais comme il fallait pour mettre en évidence les contradictions de Ceres.
Je n’avais pas beaucoup de temps.
J’étais dans un état tellement lamentable que ma vision se brouillait dès que je baissais la garde, mais…
Le plus gros risque, c’était que les Choix apparaissent à la mort d’Arbel et modifient mon point de sauvegarde.
Je devais éviter ça.
« Mais… est-ce que je vais seulement réussir à sortir d’ici ? »
J’avais tenu le coup après le combat grâce à l’adrénaline.
Mais, trois minutes après avoir pris le volant, je compris une chose.
Je n’avais même pas la force de soulever une cuillère, alors rejouer une scène d’action en voiture comme tout à l’heure, c’était mort.
Heureusement, ma crainte de voir les zombies m’attaquer dans cet état se révéla inutile.
« Ah, c’est donc pour ça. »
J’avais bel et bien commis un massacre de zombies si atroce que John Wick en aurait tremblé, mais aucune nouvelle vague n’avait suivi.
« Une morsure, et c’est l’infection. Tenez la ligne ! »
« Tuez-les ! »
« Raaah ! Raaah ! »
« Limitez les dégâts ! Il faut vendre les cadavres ! »
Des fixeurs avaient été déployés et taillaient les zombies en pièces.
« … ! »
Parmi eux, Sunming, magnifique dans son changpao bleu, faisait tournoyer un marteau.
« Vraiment impressionnant. »
J’imprimai dans ma mémoire l’image de l’homme que je vaincrais un jour, puis me dirigeai vers la barricade.
« Halte ! Halte ! Les personnes non autorisées ne peuvent pas passer ! »
Contrairement à mon arrivée, le sol devant la barricade était jonché de cadavres, zombies comme humains.
Les deux groupes avaient sans doute essayé de sortir du secteur E et s’étaient fait éliminer par les fixeurs.
Bien sûr, ça ne s’appliquait pas à moi.
Grrr, grrr, grrr, grrr.
Quand la limousine à l’état d’épave passa à environ vingt kilomètres à l’heure…
« L’inspecteur royal secret est là !!! »
Les fixeurs paniquèrent, mais ils déplacèrent quand même la barricade.
2.
Je me mordais la langue chaque fois que je sentais que j’allais perdre connaissance.
J’étais tellement crevé en chemin que je renversai même quelques personnes, mais ce n’était pas grave.
Après tout, on était dans la Nécropole.
Je plaisante.
J’avais l’impression que j’allais m’écrouler et mourir, alors j’essayais de détendre l’atmosphère.
Après bien des détours, j’arrivai à la Maison Haeng de Ceres.
Je me garai tant bien que mal dans le garage, puis empruntai un ascenseur privé dix fois plus classe que mon studio.
« Uuugh… »
Dès que je m’adossai au mur, un gémissement m’échappa.
Est-ce que je devrais au moins prendre une douche avant de régresser ?
Je n’aurais jamais cru que le sang séché pouvait être aussi dégueulasse.
« Ce n’est pas le moment de penser à ça. »
Qu’est-ce que je devais lui demander ?
Pourquoi avait-elle essayé de me sauver ?
Pourquoi m’avait-elle empoisonné ?
Est-ce que je devais au moins tenter de faire appel à ses sentiments ?
Après le temps passé ensemble, elle n’était peut-être pas complètement sans cœur, après tout.
Ding !
Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur l’entrée.
« … ? »
Mon sourcil tressaillit.
Quelque chose clochait.
L’entrée que je découvris en sortant de l’ascenseur avait l’air comme d’habitude.
Elle était décorée comme une longue galerie remplie d’œuvres d’art.
Mais le salon, au-delà, avait été saccagé comme après le passage d’un typhon.
« … »
Et ce n’était pas tout.
Des cris venaient de l’intérieur.
« Qu’est-ce que tu fabriques ? Ce n’est pas ce qu’on avait convenu ! »
Un homme.
« Ferme ta sale gueule. Je n’ai jamais voulu satisfaire tes goûts dégueulasses. »
Une femme.
La voix de la femme n’était pas celle de Ceres.
Heureusement, ils étaient trop occupés à s’engueuler pour avoir entendu l’ascenseur arriver.
Ils se disputaient dans le salon, derrière le coin du couloir, et ne m’avaient donc pas remarqué non plus.
J’avais un mauvais pressentiment.
L’intérieur saccagé.
Un homme et une femme qui criaient dans le salon de quelqu’un d’autre.
Ceres n’aurait jamais toléré ce genre de comportement.
Deux possibilités s’offraient à moi.
Soit Ceres avait quitté la maison à cinq heures du matin, soit…
« J’ai tenu ma promesse. J’ai bien tué Ceres, non ? »
Quoi ?
Je doutai de mes oreilles.
Logiquement, c’était impossible.
C’était Ceres, la Veuve de huit pieds.
Ceres, cette Mage au charisme terrifiant, qu’on disait au moins de rang 4, était morte ?
C’était aussi inimaginable que de voir Jensen Huang, Lee Jae-yong et Chung Eui-sun s’enfiler des bières et du poulet frit chez Kkanbu Chicken.
Reprends-toi.
Des informations. Il me fallait des informations.
Retenant même ma respiration, j’avançai à pas de loup.
Génial !
À cet instant, je remarquai une sorte de plaque de récompense sur un côté du présentoir.
Comme un sniper qui se servirait d’un miroir pour voir sa cible, je m’en servis pour regarder dans la pièce au-delà.
« Espèce de salope. Tu n’as tenu que la moitié de ta promesse. Tu avais dit que tu me laisserais son cadavre intact, mais le découper en morceaux, c’est vraiment me la mettre à l’envers ! Je peux même plus m’en servir comme jouet, maintenant ! »
L’homme qui hurlait depuis tout à l’heure m’était inconnu.
Mais un motif de carapace de tortue était brodé sur son luxueux changpao noir.
Il venait de la Famille Xuan, l’une des trois familles de Produits pharmaceutiques Overnus.
« Et si ça avait mal tourné ? Tu en aurais pris la responsabilité, Yiming ? Si tu avais été trop indulgent avec elle à cause de ton fétichisme sexuel dégueulasse et que tu avais foiré ? »
L’autre personne, en revanche, m’était familière.
Gisela Rosenbach, l’une des onze directrices de Développement des ressources du Crépuscule.
J’avais vu Gisela en la conduisant au quartier général et en l’en ramenant.
« Qu’est-ce qui aurait bien pu mal tourner ?! »
« Ceres était une femme dangereuse, capable de tout jusqu’à la dernière seconde. »
À la réplique de Gisela, Yiming aboya :
« Putain ! Je le savais, c’est pour ça que je t’ai aidée ! C’est moi qui ai prévenu ton camp que Ceres essayait de faire capoter le projet ! C’est moi qui l’ai empoisonnée pour qu’elle soit plus facile à maîtriser ! Je te demande pourquoi tu l’as massacrée, alors que lui couper la tête aurait suffi ! Tu es partie aux toilettes et tu es revenue en ayant complètement changé de discours, espèce de salope ! »
« Un adulte qui geint, qui geint, qui geint… Et tu vas faire quoi, maintenant ? »
« Quoi ? »
« Je me suis occupée d’une traîtresse. Mais toi, dans tout ça ? Avec tes loisirs dégueulasses, tu n’as pas fait ton rapport au siège correctement, si ? »
« Espèce de salope… Alors tu vas t’amuser et t’en tirer tranquillement ? Tu crois que je suis venu ici sans prendre mes précautions ? »
Mes retrouvailles avec Mama Ceres étaient reportées à la prochaine vie, mais…
J’avais appris pas mal de choses grâce à leur conversation.
Comme si Nietzsche venait de pénétrer dans ma tête.
J’avais compris tout le déroulé des événements.
Bon, reprenons les choses dans l’ordre.
D’abord, d’après ce que le monocle m’avait montré, Ceres était devenue une lanceuse d’alerte au sein de son entreprise.
Elle avait révélé à la société rivale, Produits pharmaceutiques Overnus, le Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule, un plan visant à répandre des armes biologiques et à commettre un massacre.
Pourquoi ? Je n’en connaissais pas les détails.
Elle ne voulait sans doute pas que le Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule soit mis à exécution.
Pourtant, le projet avait suivi son cours.
Pourquoi ?
Parce que Yiming, de la Famille Xuan, l’avait trahie.
Ce connard avait reçu les informations de Ceres, mais ne les avait pas transmises à Overnus.
À la place, il avait dénoncé la trahison de Ceres au conseil d’administration de Développement des ressources du Crépuscule.
Pourquoi ?
Et à en juger par ses jérémiades sur le cadavre…
Il avait dû vouloir s’amuser avec le corps de Ceres.
Le niveau moyen de conscience civique était à chier.
Yiming avait donc empoisonné Ceres avec la complicité de Gisela.
Et Ceres, la « traîtresse », avait été purgée par Gisela, une directrice de Développement des ressources du Crépuscule.
Dans ce cas, tout s’emboîtait parfaitement.
Ça expliquait aussi l’Ingestion de poison informe, que je n’avais jamais comprise.
Ceres ne m’avait pas empoisonné.
Ceres et moi avions été empoisonnés ensemble.
Moi, j’avais tenu le coup grâce à l’Estomac robuste.
Et quand elle avait essayé de m’empêcher de sortir, puis m’avait prêté sa voiture quand je lui avais dit que j’avais de la famille à la maison…
C’étaient de tout petits gestes de gentillesse.
Fidèle à elle-même jusqu’au bout, Mama Ceres.
Bien sûr, c’était une dirigeante sévère qui crevait les yeux des gens pendant les entretiens, mais une si belle femme avec une poitrine pareille ne pouvait pas être une mauvaise personne, pas vrai ?
Sa capacité à éprouver de la compassion n’avait rien à voir avec celle de Gisela et sa poitrine plate comme une planche d’asphalte.
… Cela dit.
Putain, j’avais la tête qui tournait.
Quelle ville de merde.
Même une Mage comme Ceres pouvait mourir à cause des intrigues de bureau ?
Quoi qu’il en soit, j’avais appris tout ce qu’il me fallait de cette conversation.
Les instructions pour ma prochaine partie étaient donc claires.
Bien.
À partir de la prochaine partie, j’abandonnerais la route Ceres.
Même si le Projet Z de Développement des ressources du Crépuscule s’éternisait bien au-delà du raisonnable, de la saison 1 aux saisons 2 et 3, puis jusqu’à la saison 8, jusqu’à ce que le public et les critiques le démolissent et qu’il ne reste plus que des zombies dans les bidonvilles de la Nécropole, ça ne me concernait pas.
Comment un citoyen ordinaire comme moi était-il censé arrêter un truc pareil ?
Et puis, on aurait dit que la dénonciation de Ceres avait déjà été découverte.
Quoi, j’étais censé lui dire : « Changeons le monde ensemble » ?
On franchirait ensemble le pont arc-en-ciel.
J’avais déjà obtenu toutes les informations possibles. Plutôt que de me faire prendre et torturer avec les jambes dans un chevalet, autant choisir la solution de facilité.
Jusqu’ici, j’avais eu de la chance de ne pas me faire repérer.
Clic.
C’est alors que je fourrai maladroitement le canon de mon arme dans ma bouche.
À l’instant où le goût amer de la poudre à canon m’emplit la bouche…
Je remarquai quelque chose d’étrange.
Clignotement. Clignotement.
Les lumières orange qui éclairaient la galerie vacillèrent lentement.
Puis les lumières du penthouse s’éteignirent doucement, comme des bougies dont la mèche touchait à sa fin.
L’obscurité tomba en un instant.
Et puis…
Clac.
Des pas.
Clac.
Le bruit de sabots en bois qui me glaça le sang rien qu’à l’entendre.
Clac.
Les pas de l’intruse venaient du fond du couloir.
Ils s’arrêtèrent dans le salon où se tenaient Gisela et Yiming.
Mais la disparition étrange de la lumière…
Et ces pas si caractéristiques suffisaient à me dire qui venait d’entrer.
« Bonjour. On dirait que vous avez une conversation intéressante, tous les deux. »
Mon ennemie, qui m’avait non seulement tranché la tête deux fois et retiré toutes ces Pièces universelles, mais avait aussi massacré Arbel, sans défense.
Seizième jour dans la Nécropole, cinq heures du matin.
« Ça vous dérangerait si je me joignais à vous ? »
La Salope samouraï venait de débarquer dans la Nécropole.
Notes de bas de page :
Un inspecteur royal secret était un fonctionnaire de Joseon qui voyageait incognito et révélait publiquement son autorité pour dénoncer la corruption locale.
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