Chapitre 15
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans le Fusionpunk ◈
Chapitre 15 : Je suis un employé recruté en cours de carrière (4)
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1.
Incongrûment.
Une voix pure comme des hortensias bleus à l’aube résonna dans le passage souterrain.
« Tu es bien Cedric Montraven ? »
Pourquoi ?
Pourquoi cette putain de samouraï était-elle ici ?
Ceres, tu m’as encore vendu ? Non. Je n’avais même pas croisé Ceres cette fois-ci.
Alors Isis ? Peu probable. Elle avait son Commandement. À moins que ce Commandement lui-même n’ait été bidon ?
Ça n’avait pas de sens non plus. J’avais vérifié la vérité avec la pièce.
Alors comment m’avait-elle retrouvé plus tôt que prévu ?
Stop.
Ça ne servait à rien d’y penser maintenant.
Les choses importantes d’abord. Le reste après.
Survivre.
C’était l’objectif que je devais atteindre avant tout.
Mais mon corps, qui aurait dû bouger immédiatement, était toujours pétrifié.
Pour être honnête, après avoir passé une semaine plutôt sympa sous l’identité de John Wick, j’avais nourri un tout petit espoir.
Avec l’Œil de Laplace et le Héros Revolver Magnum, je pourrais peut-être réussir à m’échapper…
Une fantaisie ridicule.
« Hmm ? Tu es avec ta sœur ? Parfait. Ça m’arrange. »
Mais revoir cette folle me fit comprendre à quel point cet espoir était vain.
C’était impossible.
La prendre de vitesse ? Improviser sur le moment ?
Ça ne marchait que si l’écart de niveau restait raisonnable.
Je le savais instinctivement.
Tout le passage souterrain, sur cent mètres, constituait le Domaine de l’épée de cette femme.
« Hah, hah… »
Des frissons me parcoururent jusqu’à me picoter la peau. Je respirais par à-coups, comme si j’allais hyperventiler.
Rien que de me tenir en face d’elle, la sueur dégoulinait de mon menton.
Ça devait être un traumatisme.
Non. Calme-toi. Tu es John Wick.
Ce n’était pas un traumatisme.
Sa présence terrifiante m’écrasait, tout simplement.
C’était mon mécanisme d’évitement qui me poussait à vouloir mourir vite, régresser et m’enfuir d’une manière ou d’une autre.
Mais…
Est-ce que c’était vraiment si grave ?
J’avais sûrement fait une erreur cette fois-ci. Je pouvais accepter cet échec cuisant et attendre la prochaine occasion…
Alors, dans mon esprit défaillant, une photo en noir et blanc de Nietzsche apparut et déclara solennellement :
« Hé. Tu as laissé tes Pièces universelles dans ton studio. »
Ah oui. Putain !
Mes précieuses Pièces universelles !
Comme elles ne retournaient pas dans mon inventaire après avoir été invoquées, j’en avais laissé toutes sauf quatre dans mon studio.
Je croyais vraiment que j’allais mourir comme ça ?
Après avoir roulé dans un champ de merde de chien et être devenu le J. Gatsby de la Nécropole pendant à peine une heure ?
Hors de question ! Je n’avais pas encore dépensé un centime !
Réfléchis, réfléchis, réfléchis.
Ne t’arrête pas de réfléchir. Qu’est-ce que j’avais ? Qu’est-ce que je pouvais faire ? J’utiliserais toutes les variables possibles pour me sortir de là.
Oui, les Pièces universelles ! Est-ce que je devais lui offrir la moitié de l’argent si elle me laissait vivre ?
Idée débile. Il y avait 58 000 % de chances qu’elle me tue et prenne les pièces quand même.
Bon. J’avais le Sūtra du Son des Insectes du Dharma merveilleux. Un joker de rang SR pour semer le chaos.
Je n’étais pas sûr de pouvoir le maîtriser. Mais c’était le moment de tenter quelque chose, n’importe quoi.
Furube yurayura. J’y vais.
« Furube… »
J’ouvris discrètement mon inventaire et y plongeai la main.
Non, j’essayai.
« Quelle déception. »
« … Quoi ? »
Un spectacle bizarre s’offrit à mes yeux.
Pourquoi ma main était-elle là-bas ?
Ma précieuse main droite avait été tranchée au poignet et roulait dans la boue.
Bien que tous mes nerfs fussent en alerte, l’Œil de Laplace n’avait rien détecté pendant toute l’opération.
La douleur, arrivée avec un temps de retard, me transperça le cerveau.
« … ! »
Retenant mon cri, j’essayai de sortir le Sūtra du Son des Insectes du Dharma merveilleux avec l’autre main.
Floc.
Mon autre poignet s’envola à son tour.
Ah, putain. Je n’en pouvais plus.
« Putaiiiin ! Ça fait mal ! Espèce de salope ! Je t’ai dit de ne pas utiliser le Sanctuaire malveillant ! »
Tandis que je hurlais et me débattais, Arbel, qui était sur mon dos, roula au loin.
Elle ne reprit même pas connaissance sous le choc.
Mais même si elle s’était réveillée, rien n’aurait changé.
Même Arbel, qui s’était mise en colère quand je l’avais embrassée, ne m’avait jamais imposé une présence aussi écrasante.
Un monstre inhumain capable d’écraser un humain ordinaire, voire un autre mage, comme une fourmi.
Voilà la véritable nature de la mort venue me chercher.
« Ta sœur était ennuyeuse… J’attendais beaucoup de toi. »
Réfléchis. Réfléchis. N’abandonne pas.
L’Œil de Laplace observait et prédisait les lois de la physique. Est-ce que ça voulait dire que ses attaques échappaient à ces lois ?
Alors, quel principe les faisait fonctionner ?
Pourquoi les lumières du passage souterrain s’étaient-elles éteintes d’un coup ? Exact. La même chose s’était produite pendant l’attaque du manoir. À l’époque, la nuit était tombée.
Que signifiait ce phénomène ? Comment pouvais-je le contrer ? Était-ce la préparation d’une attaque ?
Quel était son rang ? Comment s’appelait-elle ? D’où venait-elle ? À qui appartenait-elle ? Pourquoi m’avait-elle attaqué ? Est-ce que je pouvais obtenir quelque chose en discutant avec elle ? Qu’attendait-elle de moi ?
« Malgré tout, tu n’as pas l’air totalement désespérant. Ce serait dommage d’en finir là, non ? »
La femme avait parlé d’une voix douce, presque chantante, racontant ce qui lui passait par la tête. Puis elle tourna les yeux vers Arbel, étendue sans force sur le sol.
Un sourire effleura ses lèvres, comme si elle venait de trouver quelque chose d’intéressant.
« Je suis d’humeur généreuse. C’est ta dernière chance. »
Mes pensées, qui bouillonnaient comme le souffle d’un noyé, s’arrêtèrent net.
« Je vais compter jusqu’à trois. »
Une froideur qui semblait me geler l’estomac paralysa mon esprit.
« Trois. »
« … Hé, fais pas ça. »
« Deux. »
« J’ai dit de pas faire ça ! Espèce de salope ! »
Car je savais instinctivement ce que cette garce s’apprêtait à faire.
« Un. »
« Putain ! »
À la fin du compte à rebours, je fermai les yeux et me jetai vers Arbel.
Mais, sans prévenir ni raison apparente, le corps d’Arbel, étendu de tout son long, tressaillit une fois.
Mon corps, lui, glissa simplement sur le sol et roula un peu plus loin.
« Quel dommage, Cedric. »
Le sang gonfla en bulles épaisses le long du mince trait rouge qui barrait le sac.
Du sang rouge vif s’étala sur les carreaux brisés, comme une toile d’araignée.
Je ne pus que rester allongé dans la boue, impuissant, à regarder.
« … »
La femme me regarda sans le moindre intérêt.
« … »
Je rampai vers Arbel.
Je suis désolé, Arbel.
On dirait que je ne suis pas allé plus loin cette fois non plus.
Je mordis le sac déformé.
Au moins, je recouvris de nouveau les deux moitiés du corps d’Arbel.
Je voulais juste faire ça.
Je me levai.
Le vertige m’envahit.
Le sang jaillissait sans arrêt de mes deux poignets, peignant le sol du dénouement tragique de cette tentative.
« Tu n’as pas eu de chance, Cedric. »
J’allais bientôt mourir.
Mon corps serait coupé en deux et je tomberais dans cet endroit terrifiant, rempli de morts.
Mais.
« Hé. »
Ce ne serait pas la fin.
« Prie pour que je continue à manquer de chance à la prochaine tentative. »
J’avais peut-être perdu la tête à cause de l’hémorragie.
Malgré cette douleur et cette peur atroces, un rire féroce m’échappa.
« La prochaine tentative ? »
« Quand on se reverra, si j’ai une appli pour réécrire la réalité selon le bon sens ou un truc du genre… »
J’imprimai sur mes rétines l’image de la femme, la tête penchée avec perplexité, une main posée sur la garde de son épée.
« … Tu vas connaître l’enfer. »
Au lieu de lui faire un doigt d’honneur, je levai mon poignet tranché.
Elle ricana, comme si elle venait d’entendre une blague lamentable, et un éclat argenté jaillit.
Un éclair fugace.
Ma conscience se dispersa dans les ténèbres.
Nietzsche l’a dit.
Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.
Et dans ce monde maudit…
« À la prochaine. »
Rien ne pouvait me tuer.
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『 FIN 1. Je ne connais pas ton nom 』
Pauvre de toi. Tu as rencontré la mort de la façon la plus banale qui soit.
Quelle fin prévisible, provoquée par ton ignorance et ta négligence.
Mais, que cela te réconforte ou non…
Il te reste encore bien des occasions d’échouer.
<Résultats de l’itération>
▶ Succès obtenus : aucun
▶ Titres obtenus : aucun
▶ Points de défi : +26 pt
※ Une pénalité de mort sera appliquée. ※
[ Réaction tardive ]
[ Manchot ]
- Vous commencez avec le bras gauche tranché.
- Cet effet persiste jusqu’à la fin de cette route.
Le Talisman de protection contre les malheurs empêche l’effet [ Manchot ].
Utilisations restantes : 4.
Au terme de l’orgueil et de la folie, puissiez-vous atteindre la transcendance.
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Une fois de plus, je fus projeté au cœur de la mort.
Un vide sans fin.
Chaque fois que j’arrivais ici, mes pensées tournaient en rond, sans servir à rien, comme si on avait arraché plusieurs dents à un engrenage.
Impossible de réfléchir profondément. Une seconde passait comme une année, et une année comme une seconde.
Une fois sorti, tout semblait n’avoir duré qu’un instant, et la plupart de mes souvenirs disparaissaient. J’avais vraiment l’impression d’avoir appuyé sur le Bouton des cinq cents millions d’années.
Le Bouton des cinq cents millions d’années vous envoyait dans un endroit où il n’y avait rien.
La différence, c’était que cet endroit était rempli de morts désagréables.
« Putain… »
C’était pour ça que je ne voulais pas venir ici.
Ne me donne pas la Salle de l’esprit et du temps avec une pénalité. Donne-moi juste une réinitialisation en un clic !
Un très, très long moment passa.
Alors que je dérivais pendant des éons au fond de la mort, comme un sac-poubelle emporté par le courant…
Léchouille.
Une langue râpeuse me lécha la joue.
« Ma sœur ne sera pas à l’Académie. »
« … Quoi ? »
« Si j’y vais, je ne pourrai pas être avec ma sœur. »
« Toi, tu… ? »
La troisième tentative avait commencé.
… Qu’est-ce que je venais d’entendre ?
3.
La troisième tentative commença de façon énergique et prometteuse.
Jusqu’à ce que mon corps, forcé de reprendre ce spectacle de marionnettes soporifique par la pénalité de mort [ Réaction tardive ], tombe dans la Nécropole…
« AAAAAAH ! Aaaah ! Aaaaaah ! »
À l’intérieur, je pleurais des larmes de sang.
Il y avait deux choses auxquelles un homme ne pouvait jamais s’habituer, même si elles se répétaient. La première, c’était d’être rappelé sous les drapeaux. La seconde, c’était : « Je vivrai, je vivrai, dans les montagnes verdoyantes je vivrai. »[1]
Si j’avais pu bouger librement, je me serais traîné par terre, arraché tous les cheveux et transformé en James Bond.
« Bouhou ! Putain ! Putain ! Mon argent… mes Pièces universelles… mon SSR… »
Qu’est-ce que j’avais galéré pour obtenir ce SSR ?
J’étais à deux doigts de sortir de la Nécropole et de devenir un VVIP du casino, pendant qu’Arbel me donnait à la cuillère un granité à la mangue et à la pomme, vêtue d’un costume de bunny girl inversé[2], dans un complexe touristique d’Aden débordant de lait et d’huile solaire !
Mon paradis avait disparu comme un mirage. Ah, que de nostalgie.
Au moins, Arbel était revenue à la vie.
Mais les Pièces universelles que j’avais laissées dans mon studio ? Quoi qu’il arrive, elles ne reviendraient jamais !
Pourquoi ?
Pourquoi cette garce était-elle apparue là, à cet endroit et à ce moment-là ?
Et plus tôt qu’à la tentative précédente.
Je n’avais même pas rencontré Ceres cette fois-ci.
J’avais rencontré Isis à la place, mais elle avait ses préceptes.
Les deux morts n’avaient qu’un seul point commun.
Moins de trois heures après que j’eus montré Arbel à un mage, cette folle était venue me chercher.
Est-ce que tous les mages étaient reliés par une sorte de Khala sacrée ?
Révéler son identité était vraiment une chose aussi imprudente ?
Il y avait trop de variables.
Cette situation était trop compliquée !
Et ma tête devenait encore plus embrouillée.
Alors reprenons l’analyse en nous appuyant sur les conventions simples du genre.
Chaque fois que je mourais, je revenais au moment où j’avais choisi une option.
D’après la clause de [ Réaction tardive ], qui précisait que l’effet persistait jusqu’à la fin de cette route, je pouvais en déduire que la route était déterminée au moment où je choisissais une option.
Est-ce que [ Jeu de mort Niv. 0 ] était une capacité qui me faisait boucler dans une route à chaque mort, jusqu’à l’apparition du prochain choix ?
Attends. Une boucle ?
Une hypothèse vertigineuse me vint à l’esprit.
Une route, une boucle, une régression.
Un cycle du destin qui se répétait sans fin.
Et si cette tueuse cinglée était un destin auquel je ne pouvais pas échapper, même en recommençant ? Une ligne temporelle ? Peut-être la boss de cette route ?
Une rencontre inévitable, quoi que je fasse ?
Et dans environ une semaine ?
Posséder le corps du fils d’un comte débauché et tomber gravement malade, c’était un cliché, mais étais-je malade au sens propre ?
« Putain. »
Cette garce n’était pas une variable de mort.
C’était une constante de mort.
C’était un monstre qui transformait les bras humains en Zélotes avant même que j’aie le temps de sortir le Sūtra du Son des Insectes du Dharma merveilleux de mon inventaire.
Je n’avais aucune chance sans une appli pour réécrire la réalité selon le bon sens, et elle allait apparaître automatiquement dans une semaine ?
Tout en ruminant ces pensées pénibles, je fis une sieste forcée dans ma minuscule chambre miteuse, où les Pièces universelles ne brillaient plus.
À mon réveil…
Ding !
Une notification apparut dans ma fenêtre de statut.
« Qu’est-ce que c’est ? »
「Message d’outre-tombe」
- Rang : C
- Description : Vous recevez une lettre de votre futur moi. Ce n’est pas une lettre d’amour.
- Effet : À votre mort, vous recevez un indice sur la cause du décès lors de la tentative précédente, en cinq caractères maximum.
- Remarque : S’active automatiquement au redémarrage d’une tentative. À usage unique.
« Ah, oui. »
Je l’avais !
Le joker que j’avais obtenu avec le Talisman de protection contre les malheurs, mon assurance décès !
Désolé ! Je m’attendais tellement à rien de sa part que je l’avais complètement oublié !
Enfin, contrairement à certaines compagnies d’assurance coréennes douteuses, il m’avait contacté immédiatement après ma mort.
J’étais complètement perdu. J’avais désespérément besoin du moindre indice.
Si c’était moi du futur, j’aurais sûrement laissé une bonne piste en cinq caractères.
J’avais confiance en toi, Cedric.
Je dépliai le billet.
Cinq caractères rouge sombre, comme tracés dans le sang, étaient inscrits à la verticale sur le vieux morceau de papier usé.
D
U
M
P
¤[3]
Notes de bas de page :
[1] Le refrain cité vient de Cheongsan Byeolgok, un poème lyrique coréen médiéval. « Cheongsan », littéralement « montagnes verdoyantes », est aussi un terme financier désignant la liquidation, ce qui fait écho à la fortune perdue du narrateur.
[2] Costume de bunny girl inversé : variation japonaise destinée au fan-service, qui inverse la couverture habituelle du costume de bunny girl en couvrant les zones normalement exposées et en dévoilant celles qui sont normalement couvertes.
[3] « Dump ¤ » : jette les Pièces universelles. Le signe monétaire permet de respecter la limite de cinq caractères de l’indice coréen original.
« Furube Yurayura » et « Sanctuaire malveillant » font référence à Jujutsu Kaisen.
Le refrain des « montagnes verdoyantes » est tiré de Cheongsan Byeolgok, un poème lyrique coréen médiéval.
Un costume de bunny girl inversé inverse la couverture habituelle du costume, en couvrant les zones normalement exposées et en dévoilant celles qui sont normalement couvertes.
L’indice final compte cinq blocs syllabiques coréens dans l’original, conformément à la limite indiquée par le système.
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