Chapitre 12
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Traducteur/éditeur : Haruto
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◈ La vie d’un accro au gacha dans Fusionpunk ◈
Chapitre 12 : Je suis un employé expérimenté
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1.
Deuxième passage à la Nécropole.
Une semaine environ s’était écoulée.
Je m’étais si vite adapté à la ville que je pouvais me féliciter et déclarer : « Voilà pourquoi les entreprises embauchent des gens expérimentés. »
Alors, qu’est-ce qui s’était passé exactement… ?
2.
J’ajoutai l’argent extorqué aux types qui m’avaient attaqué à celui obtenu en vendant le cadavre, puis décrochai ma certification de fixer de grade 9.
Je m’inscrivis sous le nom de John Wick.
J’abandonnai James Calvitie motif M pour un nom bien plus intimidant.
C’était un faux certificat que n’importe quel connard pouvait obtenir pour 5 000 Bios. Rien de compliqué.
Mais n’avais-je pas appris la leçon au Bureau Gros Dick ?
Une licence de fixer ne suffisait pas à décrocher les bons contrats.
Les missions vraiment juteuses circulaient dans les réseaux des bureaux, en coulisses ou par sous-traitance. À l’hôtel de ville, on ne trouvait que les petites corvées.
Si je voulais gagner rapidement de l’argent en une semaine, il me fallait mon propre bureau.
Boum !
« FBI ! OUVREZ ! »
J’enfonçai la porte d’un coup de pied et fis une entrée spectaculaire.
C’était le Bureau des profits, dans le district E-11.
D’après ce que j’avais appris à l’avance, c’était un petit bureau géré par deux fixers de grade 8.
« Quoi, putain ?! »
Les deux hommes qui jouaient aux cartes bondirent sur leurs pieds.
Les pièces et les cartes entassées sur la table s’éparpillèrent partout.
Dans d’autres circonstances, je me serais peut-être joint à eux.
« Waouh, deux mecs qui jouent au poker ? Quand vous vous sentez seuls, vous vous faites aussi des pipes ? »
« Espèce de taré, tu débarques et tu cherches la merde ? Tu sais où t’es, au moins ? »
À vrai dire, il ne fallait pas prendre les fixers de grade 8 à la légère.
Certains, comme les frères Gros Dick, étaient des grade 9 qui avaient gagné en expérience et gravi les échelons.
D’autres avaient du matériel utile, s’étaient fait augmenter ou utilisaient la « magie ».
Au fond, c’étaient des salopards impitoyables capables d’asséner un grand coup de batte à la tête d’un type sans défense.
Mais ça ne posait pas de problème.
Boum !
Je n’avais pas besoin du Sharingan — ou plutôt, de l’Œil de Laplace.
Aucun fixer de grade 8 ne se baladait avec un revolver aussi incroyable.
« M-merde… C-c’est quoi, ce truc… ? »
Un seul tir dans le plafond suffit à briser leur volonté de se battre.
« Je prends les lieux. Dégagez. »
« O-oui ! On s’en va ! »
Les deux hommes rentrèrent la tête dans les épaules et se collèrent au mur en avançant prudemment vers la sortie.
« Attendez. »
« Oui ? »
« C’est moi le patron, maintenant, pas vrai ? Je vous embauche tous les deux comme intérimaires. Vous toucherez la moitié du tarif chaque fois qu’on terminera une mission. Et dans une semaine, je débarrasserai le bureau proprement. »
Il me fallait une véritable passation et les conseils de gens qui connaissaient la ville sur le bout des doigts.
« Mais si vous vous tirez en plein milieu, je reviendrai tout saccager. Alors, ça vous dit ? »
Ils se regardèrent sans comprendre, puis hochèrent la tête, l’air perplexe.
« On va commencer par se présenter. Le chauve, à toi. »
« Euh… Moi, c’est Akitt… »
« Et le costaud à côté de toi ? »
« M-moi, c’est Areng. »
« Moi, c’est John Wick. Ravi de travailler avec vous. »
C’est ainsi que je devins le patron temporaire du Bureau des profits.
Avec le Développement des ressources du Crépuscule, Produits pharmaceutiques Overnus était l’une des deux corporations qui régnaient sur la Nécropole. Le Bureau des profits était le sous-traitant d’un sous-traitant d’Overnus.
Ceres, la variable mortelle de mon précédent passage, était directrice au Développement des ressources du Crépuscule.
Le Bureau Gros Dick tirait lui aussi l’essentiel de son travail du Développement des ressources du Crépuscule.
C’était donc l’option que j’avais choisie pour éviter autant que possible de croiser Ceres.
Quoi qu’il en soit, dès que je fus nommé patron temporaire, je me mis à traiter toutes les demandes empilées au Bureau des profits.
Absolument toutes.
« Hé, hé, hé, les gars. Ça fuit de partout, non ? »
« Aaargh ! C’est vrai ! Ça fuit ! Putain, faut vraiment faire ça pour vider quelques tonneaux d’eau dégueulasse ? »
« On devrait plus accepter ce genre de boulot, patron ! »
« Les intérimaires n’ont pas leur mot à dire. La ferme et au travail ! »
« Putain, ça fait cinq minutes que je te connais et tu nous prends déjà de haut. C’est vraiment n’importe quoi… »
« Tu veux une balle dans la tête ? »
« J’y vais ! J’y vais ! »
Déversement illégal de déchets toxiques.
« Monsieur, quand on emprunte de l’argent, il faut le rendre, pas vrai ? »
« J-je vous en prie, laissez-moi un peu plus de temps… »
« Bien sûr, je pourrais vous en laisser. Mais j’ai fait mes recherches, et votre fille est plutôt jolie. Elle ferait une sacrée vedette si je la vendais à une maison close. »
« Aïe ! T-tenez… ! »
Recouvrement de dettes.
« Areng, c’est bien ce connard-là ? »
« Oui, patron. Il a pris le triple du tarif, s’est même pas essuyé le cul correctement, puis il s’est barré. »
« Il ne manque pas de culot. Bon, je compte jusqu’à trois, je lui mets un sac sur la tête et tu le tabasses jusqu’à ce qu’il crève. Ça marche ? »
« Ça marche. »
« Aaargh ! V-vous êtes qui, vous ?! »
« Crève ! Crève ! Crève ! »
Contrat d’assassinat.
« Hahaha ! Cette came est vraiment pure. »
« C’est une drogue de synthèse copiée à l’identique sur un produit d’Overnus. Ça ressemble à des sels de bain, mais quand on la brûle et qu’on inhale la fumée… Hein ? Q-qui êtes-vous ? »
« Je suis un procureur de la République de Corée, bande de drogués. Arrêtez-les tous, jusqu’au dernier ! »
Opération contre les vendeurs de drogue illégale.
« … À ton avis, qu’est-ce qu’il y a dans cette boîte ? »
« Akitt… T’as entendu quelque chose à l’intérieur, à l’instant ? »
« M-me raconte pas de conneries… Comment quelqu’un pourrait tenir dans une boîte aussi petite… ? P-patron ? Qu’est-ce que c’est ? »
« Il doit y avoir un petit agneau à l’intérieur. »
« Qu’est-ce que tu racontes, tout à coup… ? »
« Ha, bande d’ignorants. Vous n’avez jamais lu Le Petit Prince ? »
Euh… sûrement une livraison.
« Patron, ça fait un moment que je me pose la question. Pourquoi tu portes ce putain de maquillage de clown ? »
« Akitt, surveille ton langage avec le patron… C’est évidemment pour intimider les gens, non ? Comme les tatouages. »
« … »
« Patron ? Patron John Wick, vous n’avez pas l’air bien aujourd’hui. Vous n’avez pas dit un mot depuis un moment. »
« Pourquoi tes mains tremblent comme ça ? »
« J’en sais rien, putain. Arrête de me parler. C’est hyper dur. »
Le boulot de sécurité dans une salle de jeu clandestine fut le plus difficile.
Malgré notre première rencontre plutôt mal partie, nous nous entendîmes étonnamment bien.
Akitt et Areng n’étaient pas de mauvais combattants, mais ils étaient bêtes comme leurs pieds.
Moi, en revanche, j’étais un génie hyperfonctionnel qui pouvait leur servir de cerveau.
Avec l’Œil de Laplace, très pratique pour repérer les missions, notre taux de réussite fit plus que doubler en quelques jours.
Une semaine s’était écoulée depuis que j’avais commencé à travailler avec eux.
« Les gars, aujourd’hui, je vous régale avec un truc absolument dingue. »
« Oh ! Patron, vous nous invitez ? »
« On va au marché de Hongshen ? »
« Attends un peu, idiot. »
Après avoir terminé le travail de la journée, je sortis le Chapagetti que je gardais en réserve.
Il m’avait coûté cinq points, aussi précieux que mon propre sang…
Mais on pouvait bien fêter ça, en quelque sorte.
Le paquet en contenait cinq, il m’en restait donc deux pour célébrer la sortie de l’hôpital d’Arbel, quand elle serait remise.
« Snif, snif. Waouh, patron. Cette odeur… »
« Je t’ai dit d’aller attendre là-bas. »
« Roh, pourquoi tu le dis d’un ton si timide ? D’accord. »
Le summum des assaisonnements chimiques, conçu par les meilleurs titulaires de master et de doctorat coréens qui avaient uni leurs cerveaux.
Dans une ville où l’on faisait bouillir des restes repêchés dans les poubelles pour les servir en guise de repas, rien que l’odeur était mortelle.
Mon ventre gargouilla.
C’était de la torture.
J’aurais peut-être dû tout manger tout seul.
« Bon, c’est prêt ! »
Mais quand je vis Akitt et Areng perdre la tête devant le plat, mes regrets s’évanouirent vite.
« P-patron… ! C’est incroyable ! Comment ça peut avoir ce goût-là ? O-où avez-vous trouvé un truc pareil ? »
« Vous avez bien bossé. Servez-vous. »
« Snif… Comment je vais faire pour manger autre chose après ça ? Je suis foutu… »
« C’est précieux. Mangez lentement. »
« Slurp ! Sluuuurp ! »
« Hé, hé, hé, espèce de connard ! File-moi ça ! J’ai dit de manger lentement ! Recrache ! »
Ils avaient des visages et des tatouages intimidants, mais c’étaient des types sympas une fois qu’on apprenait à les connaître.
Évidemment, c’était parce que j’étais plus fort qu’eux.
Si je ne leur avais pas montré une force écrasante lors de notre première rencontre, Akitt et Areng, qui ricanaient maintenant à côté de moi en se donnant des tapes derrière la tête, auraient pu me réduire en chair à pâté.
Trois portions de Chapagetti ne suffisaient vraiment pas pour trois hommes.
Nous nous passâmes la casserole et la léchâmes si bien qu’elle n’avait même pas besoin d’être lavée.
« Waouh… C’était vraiment le meilleur repas de ma vie. »
« Je pourrais mourir sans regret, maintenant. »
Pendant un long moment, les deux hommes fixèrent le vide d’un air béat, une cigarette aux lèvres.
« On s’arrête là pour aujourd’hui. »
Akitt eut l’air d’avoir vu un fantôme.
« Quoi ? On ne sort pas pour une mission de nuit, aujourd’hui ? »
« J’ai quelque chose de prévu. »
« Vous nous avez régalés, alors je pensais qu’on allait s’attaquer à un boulot dangereux ce soir, patron. »
Jusqu’ici, notre emploi du temps consistait à nous lever à l’aube pour bosser, à travailler le midi, le soir, puis la nuit.
Mais aujourd’hui, c’était le jour de la distribution des blocs nutritifs aux cafards, et aussi celui où Arbel rentrerait, à moitié morte.
Mes gains de la semaine s’élevaient à…
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:::Défis (NOUVEAU !):::
- Ouvrir un bureau de fixer +5pt
- Terminer un contrat d’assassinat +1pt
- Terminer une livraison suspecte +1pt
- Déverser illégalement des déchets dans une rivière +1pt
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[Points détenus : 132pt]
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Vingt-six points gagnés grâce aux défis.
J’avais gagné 460 000 Bios au total, dont la moitié me revenait. Ça faisait 230 000.
J’avais vu sur le panneau de l’hôtel de ville qu’un mineur gagnait 15 000 par semaine.
Comparé aux 50 000 par semaine — plus les extras — qu’on pouvait se faire en se faisant prendre par derrière dans un bordel appelé « bain de vapeur », ce n’était pas une petite somme.
Une consultation chez un médecin sans licence coûtait 20 000 Bios. 230 000 Bios devraient largement suffire, non ?
« Rangez assez pour pouvoir boucler la journée, puis rentrez chez vous. »
Alors que j’enfilais mon manteau, Areng, le costaud, s’approcha de moi d’un air gêné.
« Quoi ? »
« Patron, ça fait une semaine, maintenant… Vous ne pourriez pas continuer à travailler avec nous ? »
« Tu me passes de la pommade parce que je vous ai régalés ? »
Akitt s’en mêla à son tour.
« C’est ça ! Franchement, au début, je vous prenais pour un taré qui voulait jouer les gros bras, mais j’ai beaucoup appris. »
« J’ai compris qu’on devait se mettre sous la protection de quelqu’un comme vous pour survivre dans cette ville ! Prenez-nous avec vous, je vous en prie ! »
Le travail de fixer rapportait, c’était certain.
Et travailler en équipe rapportait davantage que d’agir seul.
« Bon, on en reparlera demain. »
« Vous venez demain ? Vous devez venir ! Il faut absolument que vous veniez ! »
3.
Une silhouette frêle.
Une jeune femme avançait en titubant dans les rues nocturnes de la Nécropole.
Elle était petite.
Ses vêtements étaient déchirés par endroits et son corps couvert de petites blessures.
Ses beaux cheveux blonds étaient poisseux de sang et emmêlés. Ses yeux, vitreux, semblaient ceux d’une droguée.
C’était Arbel.
À ce moment-là, elle avait déjà perdu la moitié de ses esprits.
Son corps comme ses circuits de mana étaient en lambeaux depuis qu’elle avait affronté ses assaillants.
Le long trajet d’Aden à la Nécropole, puis jusqu’à la planque, lui grignotait lentement les dernières forces, comme une pendaison au ralenti.
« Hé, mate cette pute. Tu crois qu’elle est défoncée ? »
« Hé hé, une jeune demoiselle qui ne connaît pas les dangers du monde. On devrait l’emmener dans un coin tranquille et lui donner une petite leçon. »
Sa raison ne fonctionnait plus correctement.
Seule la carte de la planque, qu’elle s’était répétée désespérément jusqu’au bout, guidait ses pas alors qu’elle avançait à peine consciente.
Mais elle devait y aller.
Pourquoi ? Pourquoi devait-elle y aller, alors qu’elle souffrait tant ?
Parce que là-bas, elle serait en sécurité ? Non. Ce n’était pas ça.
Parce que Cedric s’y trouvait ?
Cedric était une ordure. Un connard. Mais malgré tout, elle devait y aller. Elle n’avait pas le choix.
Seuls des fragments de pensées, incapables de former des phrases cohérentes, tournaient dans l’esprit d’Arbel.
« Hé, mademoiselle ! Où tu vas comme ça, si pressée ? »
« Viens t’amuser avec nous ! »
Deux hommes lui barrèrent la route.
« … »
Arbel les regarda sans comprendre.
Elle avait rencontré cette situation d’innombrables fois en chemin.
« Quoi ? Elle est folle ? Elle a le regard dans le vide. »
« Tant mieux. On va s’amuser avec elle, puis la vendre à un bordel. »
Que faisait-elle dans ce genre de situation ?
Ah oui. Ça.
« Des lapins tombent du ciel. »
« Qu’est-ce que tu racontes, espèce de tarée… Agh ! »
Une forme d’un blanc de neige frôla le cou des deux hommes.
Surpris par la douleur cuisante, les violeurs en puissance portèrent instinctivement les mains à leur gorge.
Puis…
« Aah, aaaah ! »
« Euh… euh… euh… ?! »
Ils reculèrent, horrifiés, tandis que le sang jaillissait en torrents violents.
Les deux hommes tentèrent de réagir comme ils le pouvaient, mais, hélas, quand on vous tranche la carotide, on perd connaissance en quelques secondes.
À moins qu’une équipe médicale professionnelle ne se trouve juste à côté, on n’a pas le temps de faire quoi que ce soit.
Arbel passa devant les deux hommes, désormais silencieux.
Un lapin blanc remua adorablément sa gueule rouge sang tout en mâchant, puis se volatilisa en se dispersant.
« Je suis arrivée… »
Enfin, la planque.
Les mains tremblantes, Arbel sortit une clé et déverrouilla la porte.
Criiic !
La porte s’ouvrit.
Le terme de ce long voyage était en vue.
Cedric.
Mon pathétique petit frère.
« Cedric… »
Il portait un manteau élégant qu’elle ne lui connaissait pas, ainsi qu’un ridicule maquillage de clown.
« Je t’attendais. »
Et pourtant, il avait quelque chose de rassurant, plutôt que de ridicule.
Arbel vacilla.
Son petit corps s’effondra dans les bras larges de Cedric.
Chaud et doux.
Elle aurait pu s’endormir comme ça.
« Dors un peu. On va tout de suite chez le médecin. »
Ça devait être un rêve.
Cedric ne pouvait pas être rassurant.
Arbel esquissa un sourire amer, hocha la tête et perdit connaissance.
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