Chapitre 143
WeTried Translations x Flame Comics
Traducteur/éditeur : Hydrogen B
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 143 : La rébellion des trois comtes (3)
──────
* * *
En évaluant la distance parcourue et le terrain alentour, puis en comparant ses observations au lever et au coucher du soleil, aux constellations et à d’autres repères, il parvenait à déterminer sa position actuelle avec une précision raisonnable.
Même si la carte comportait une marge d’erreur considérable, elle restait une carte militaire. Son échelle n’était peut-être pas parfaite, mais elle contenait le plus d’informations possible sur le papier.
Ivan pouvait donc calculer à la fois sa position actuelle et la distance maximale que les Tauruses pourraient parcourir en deux jours.
Dix villages se trouvaient dans leur rayon d’avancée, disposés autour de leur itinéraire d’infiltration. Cinq d’entre eux avaient probablement déjà été pillés.
Vertomang a dû tomber.
Un seigneur local, loin du front, n’aurait pas pu faire face à une telle razzia sans s’y être préparé à l’avance.
Ivan traversa le village ravagé par les flammes.
— Crac. Craque.
Il marcha sur un cadavre calciné à ses pieds. Un tibia dépouillé jusqu’à l’os, assez gros pour avoir appartenu à une femme adulte.
Une longue ombre s’étendit sur lui. Une silhouette, qui masquait le soleil couchant, le dévisageait. Ivan tourna la tête.
Un tas d’ossements se dressait là.
Étaient-ce les fantassins de la garde personnelle de Tumor ?
Les empreintes alentour appartenaient à des Tauruses adultes. Chez les Tauruses et les orques, seuls les fantassins de Tumor gaspillaient ainsi leur nourriture.
D’autres démons, comme les nécromanciens et les démons, se livraient parfois à ce genre de pratiques pour des rituels magiques. Pas les Tauruses.
Ces idiots considéraient les humains comme de la nourriture.
C’était pourquoi ce comportement — entasser les cadavres avant d’y mettre le feu, puis en tordre certains en formes grotesques pour les suspendre à des pieux — sortait de l’ordinaire. Il s’agissait d’un sacrifice offert à Tumor.
Un démon haut placé, capable de présider un rituel, les dirige.
Il devait relever leur niveau de menace. C’était une razzia menée par une force d’élite d’au moins mille soldats, sous le commandement d’un officier de rang centurion ou supérieur.
Après avoir traversé un village où il n’avait trouvé aucun survivant, Ivan déplia de nouveau la carte dans son esprit.
Des points rouges s’étendaient depuis les Montagnes de Vernina dans toutes les directions, tels la peste noire empoisonnant les plaines verdoyantes.
Moramdon, Redmieux et Demontmor peuvent encore être considérés comme des territoires sûrs.
Il s’étira et croqua dans une barre nutritive. Tout en imaginant les fiefs aux premiers stades de l’invasion, il se demanda vers où les réfugiés survivants pourraient fuir.
Moramdon, le plus proche, était un petit fief composé de quatre villages tout au plus. Redmieux avait au moins une forteresse. Quant aux vastes plaines qui s’étendaient au-delà de Demontmor, elles n’offraient aucune ligne de défense convenable.
S’ils devaient affronter l’armée des démons dans une bataille rangée, leurs forces devraient au moins égaler celles de l’ennemi. Les Tauruses n’étaient pas moins mobiles que la cavalerie.
Dans ce cas…
Moramdon ne suffira pas. Il faut rassembler au moins quatre fiefs.
Sans Ivan, il faudrait au moins quatre petits fiefs locaux de la taille de Vertomang pour arrêter les Tauruses avec les seules troupes des territoires voisins.
Une fois les fiefs réunis et leurs forces militaires minimales rassemblées, qu’essaieraient de faire les Grands Comtes avant que les seigneurs ne s’unissent pour arrêter les démons ?
S’ils se rassemblent sous la bannière d’Etakrikh et tiennent les Grands Comtes en respect…
Le plan de Guillaume, qui comptait marcher sur Saint-Matilene en se présentant comme un héros ayant sauvé la nation, tomberait à l’eau. Il repousserait lui-même les démons, rassemblerait les forces des seigneurs réunis, puis marcherait sur Saint-Matilene au moment où la cité serait en crise.
À ce stade, tout ce que Guillaume pourrait faire serait de barrer la route à ces seigneurs avec ses propres troupes. Son petit jeu serait terminé. Dès lors, il ne serait plus qu’un rebelle.
En politique nobiliaire, la légitimité comptait à ce point.
Si Guillaume, privé de toute légitimité, tentait de livrer bataille, ce serait la dernière.
Démanteler des forces dispersées une à une demandait du temps et des efforts.
Mais couper le commandement ennemi au milieu d’une armée rassemblée, ça, il connaissait. Le camp de Guillaume ne pouvait tout de même pas être plus dangereux que le repaire d’un Général des Sept Dragons.
Ivan claqua la langue et s’échauffa. Dès qu’il sentit la barre nutritive se poser dans son estomac, il prit appui sur le sol et se mit à courir.
* * *
Le lendemain du début de la razzia des Tauruses, Vertomang, un petit fief formé de plusieurs hameaux de défricheurs et de quelques villages commerçants, tomba avant même la mi-journée.
Seuls quelques survivants, dont son seigneur, le baron de Noar, parvinrent à fuir Vertomang de justesse : quelques membres de sa maison, cinq chevaliers et à peine cinquante habitants du fief.
« Mais que se passe-t-il… ? Qu’est-ce qui se passe, bon sang… ? »
« On dit que le grand-duc d’Etakrikh a pris lui-même la tête de ses troupes dans les Montagnes de Vernina. Si vous voulez demander de l’aide, nous devrions peut-être nous diriger là-bas… »
« À quoi bon nous y précipiter tout seuls ?! »
Le baron de Noar aboya contre son écuyer, puis le regretta aussitôt. L’écuyer était l’un des rares serviteurs à être restés à ses côtés. Rien que pour cela, il méritait d’être traité avec égards, surtout maintenant que le fief avait été réduit en cendres.
Le baron prit une profonde inspiration et regarda autour de lui.
Quelques membres de sa famille, cinq chevaliers et à peine cinquante réfugiés. Voilà tout ce qu’il restait. Autrement dit, les quelque mille habitants de son fief étaient tombés tout droit dans les mâchoires des démons.
Ils ne devaient pas tous être morts. Une seule journée s’était écoulée.
Pourtant, le baron de Noar espérait qu’ils l’étaient. Être encore en vie, sans protection, au milieu de l’armée des démons, était pire que la mort.
« Seigneur. »
Il fit le signe de croix et poursuivit :
« Nous chercherons refuge à Moramdon, puis nous demanderons de l’aide au grand-duc d’Etakrikh et à Saint-Matilene. Si nous fuyons seuls, qui les protégera ? »
« Votre Excellence, mais conduire les réfugiés pendant la retraite prendra du temps… »
« Vous voudriez que j’abandonne mon peuple pour gagner du temps et m’enfuir ? Et après ? Pourrions-nous encore nous prétendre nobles ? Vous le pensez vraiment ? »
Quel avenir restait-il à un seigneur de campagne qui avait perdu son peuple et son fief, et qui n’occupait aucune charge de noble administrateur ? Aucun. La Maison des Nobles de Saint-Matilene attribuerait le territoire reconquis à d’autres nobles, puis se débarrasserait de lui.
Officiellement, on lui reprocherait d’avoir abandonné son devoir de noble, mais…
Le baron serra les dents et secoua la tête. Pourrait-il supporter un tel avenir ? Même s’il ne lui restait qu’un jour à vivre, il devait vivre et mourir en noble. C’était ainsi que sa maison survivrait.
« En quittant la route, nous pouvons retarder leur poursuite autant que possible. Ils ne connaissent pas bien ces terres. »
« Mais ils finiront par nous rattraper. »
« Même dans cet état, nous pouvons gagner quelques heures. Je les retiendrai assez longtemps pour que vous pénétriez sur le territoire de Moramdon. Veillez sur ma famille. »
Il n’avait même pas pris son armure et ne possédait pas d’équipement digne de ce nom. Il ne portait qu’une tunique légère et une épée longue : il avait piètre allure.
Pourtant, c’était un noble qui avait survécu à la dernière guerre. Un chevalier qui avait affronté les premières lignes de Tumor et en était revenu vivant. Il avait tenu bon depuis l’époque précédant l’apparition du Groupe de héros jusqu’à aujourd’hui.
Pouvait-il vraiment dire que la paix l’avait ramolli alors que si peu de temps s’était écoulé ? Il se considérait toujours en activité.
Il observa les quelques chevaliers. Tous étaient des vétérans qui avaient partagé les mêmes campagnes que lui. Même s’ils étaient arrivés au crépuscule de leur vie, ils se souvenaient encore de la guerre.
« Allons, même s’il ne nous reste qu’un jour à vivre, ne devrions-nous pas vivre en nobles ? »
« Si possible, j’aimerais vivre encore un an ou deux en noble, Votre Excellence. »
« Alors vous feriez mieux de vous donner davantage de mal. »
Le baron renifla, et les chevaliers éclatèrent d’un rire sonore. Les six vieillards, aussi dépenaillés fussent-ils, levèrent leurs armes et se dirigèrent vers l’arrière de la colonne de réfugiés.
« Nous allons gagner du temps ici. Ensuite, quittez la route et ne vous arrêtez pas avant d’avoir atteint Moramdon. Prévenez le baron Serthe de Moramdon et demandez aux fiefs voisins de lancer un appel aux armes. »
« Mais est-ce que ces gens nous écouteront ? Nous aurons déjà de la chance s’ils ne restent pas là à regarder ! »
« Alors ce pays tombera face à une simple bande de démons. »
Le baron eut un rire amer. Où étaient donc passés tous ceux qui avaient combattu une légion de démons forte de plus de cent mille soldats et défendu leur patrie ? Comment l’intérieur des terres avait-il pu être envahi par une force aussi réduite ?
Le Front de l’Est s’était-il effondré ? Sans même qu’on ait eu le temps d’envoyer un messager ? La nation était-elle donc vraiment condamnée ?
Les grands seigneurs du voisinage pourraient sans doute écraser sans peine les démons qui avaient attaqué son fief. Pourtant, ils n’avaient pas réussi à les arrêter assez tôt ; ceux-ci avaient pénétré si loin dans les terres, et personne ne s’en était aperçu, du Front de l’Est jusqu’à cette région reculée…
Dans quel état se trouvaient les fiefs au-delà des Montagnes de Vernina ? Et si ces troupes n’étaient que l’avant-garde, si les légions du Front de l’Est étaient tombées, qu’adviendrait-il du pays ?
Le désespoir pesait lourdement sur lui. Les chevaliers qui avaient combattu à ses côtés devaient ressentir la même chose.
« Il est trop tôt pour baisser les bras. »
Une voix inconnue s’éleva de l’autre côté des broussailles. Les chevaliers dégainèrent aussitôt et prirent position.
Tout inconnu représentait une menace, surtout dans une situation aussi précaire.
Un homme sortit bientôt des buissons. Aussi dépenaillé qu’eux, il portait des vêtements déchirés, comme si des branches les avaient lacérés. Son corps était couvert de taches de sang, comme s’il avait été trempé puis avait à peine eu le temps de sécher.
Il avait tout d’un brigand. Le baron de Noar plissa les yeux et prit la parole :
« Qui êtes-vous ? Nous ne sommes pas en mesure de recevoir des visiteurs. »
« Ivan Petrovich Yermof. »
L’homme épousseta rudement les feuilles accrochées à ses vêtements et s’avança sur la route. Il portait un lourd paquet enveloppé dans une cape nouée à la hâte.
Sans prêter attention au sang poisseux qui s’en écoulait, le baron gronda :
« Ce nom ne vient pas de ces terres. Que fait ici un noble de Krasilov ? »
« Je suis venu tuer des démons. »
La voix d’Ivan était monocorde. Il avait moins l’air d’accomplir une grande mission que d’être venu terminer une tâche à laquelle il s’était toujours consacré.
« Comment avez-vous appris ce qui se passait et pourquoi êtes-vous arrivé seul au moment opportun ? »
« En avez-vous le temps ? »
« Comment ? »
« Je vous demande si vous avez le temps de vous méfier, d’exiger des preuves et d’attendre d’être convaincu. Vous avez l’air plutôt pressé. »
« Ce n’est pas une raison pour écouter un invité que nous n’avons pas convié. »
« C’est un message du duc d’Etakrikh. »
Ivan lança le paquet enveloppé dans la cape devant le baron.
Les chevaliers s’apprêtaient à réagir vivement à cette impolitesse, mais se figèrent en découvrant ce que contenait la cape, qui s’ouvrit en roulant sur le sol.
Cinq têtes de Taurus tranchées. De massives têtes bovines, la langue pendante, encore luisantes du sang qui n’avait pas séché.
Leurs crocs acérés étaient ceux de carnivores. Les chevaliers qui avaient combattu pendant la guerre ne doutèrent pas un instant de ce qu’ils avaient sous les yeux.
« Baron, votre appel aux armes ne convaincra peut-être pas les seigneurs du voisinage. Mais la parole du duc d’Etakrikh, si. »
« Une preuve… Il n’y a aucune preuve qui puisse convaincre ces nobles. Rien ne prouve qu’il s’agit bien d’un message du duc d’Etakrikh. »
« Mettez votre tête en jeu. Si c’est un mensonge, acceptez d’être exécuté pour avoir falsifié les ordres du duc. »
« Quoi ?! »
« Avez-vous encore quelque chose à perdre ? »
Ivan balaya du regard les habitants du fief, puis revint au baron.
« Que les seigneurs du voisinage se rassemblent pour arrêter les démons, ou que vous soyez repoussés et anéantis comme vous l’êtes maintenant, vous n’avez plus rien à perdre dans un cas comme dans l’autre. »
« Le nom du grand-duc n’est-il pas trop illustre pour que vous vous en portiez garant d’une simple parole ? »
« Je ne m’en porte pas garant. »
Ivan laissa tomber son épée tachée de sang. Le fil en était ébréché et usé. Il avait ramassé la première arme qui lui était tombée sous la main ; voilà le résultat. Comme prévu, mieux valait utiliser des armes correctement entretenues.
« Je vais plutôt vous en apporter la preuve. Ne risquez pas votre vie ici pour gagner du temps. Même la risquer en un lieu plus important ne suffirait guère. Portez le message du duc d’Etakrikh à tous les fiefs voisins. En ce moment même, le duc se bat toujours dans les Montagnes de Vernina. »
« Alors le front a vraiment reculé jusqu’aux Montagnes de Vernina… ! »
« Partez maintenant. Rassemblez une armée au nom du grand-duc, puis revenez. Il vous en faut assez pour faire de Moramdon la ligne de front d’ici cinq jours. »
Ivan prit une épée au chevalier le plus proche et se détourna. Le chevalier, qui la lui avait tendue sans réfléchir, fixa sa propre main, abasourdi.
Ivan l’avait prise avant qu’il puisse réagir. Il n’avait même pas remarqué sa main qui s’approchait. Rien que cela révélait l’habileté de l’autre homme, et le chevalier suivit Ivan du regard, avec une certaine appréhension.
Après avoir inspecté l’épée, Ivan déclara à voix basse :
« Vous l’avez bien entretenue. »
« Nous vivons encore à une époque où elle sert beaucoup. »
« Excellent. »
À ces mots, le chevalier lui demanda soudain :
« Avez-vous une raison de risquer votre vie ? Vous venez de Krasilov. »
« Les démons distinguent-ils les humains selon leur nationalité ? »
Ivan renifla et attacha l’épée à sa taille.
« Ou bien le Héros de votre nation a-t-il sauvé les gens en fonction de leur nationalité ? »
« Vous parlez comme si vous étiez vous-même un Héros. »
« Je n’en suis pas digne. »
Mais je peux faire semblant.
Ivan ravala la suite de sa pensée. Il se souvint des derniers mots de Gilles Ver. Gilles n’avait-il pas dit qu’à l’époque comme aujourd’hui, ils avaient toujours formé le Groupe de héros ?
Il n’arrivait toujours pas à voir les choses ainsi. Ce n’était pas un complexe d’infériorité. C’était simplement une évaluation calme et objective de lui-même. Les complexes d’infériorité étaient l’affaire d’hommes mesquins comme Gilles Ver.
Il sauverait ces gens pour ses propres raisons. Pas parce qu’il tenait à la survie de Tilles ou à la vie de ses habitants.
Pour ses propres raisons, et rien d’autre : tenir les Grands Comtes en respect et en éliminer un. Des motifs purement politiques.
Il ne pouvait donc pas se considérer comme membre du Groupe de héros. Le Héros et les autres avaient essayé de sauver chaque personne qu’ils rencontraient pour la seule raison qu’elle se trouvait devant eux.
Une personne normale ne pouvait pas imiter ces fous. Les gens ordinaires avaient une vie ordinaire. Ivan se contenterait du rôle d’éclaireur.
Aussi, en homme moderne et pragmatique, Ivan ne se considérerait pas comme membre du Groupe de héros. Il faisait simplement le jeu d’un ami en accordant un instant à ses absurdités.
Après tout, il se servait du nom de cet ami.
« Merci pour votre dévouement. »
Ivan jeta un coup d’œil au baron, qui s’inclina d’un air impressionné. Il allait repartir quand il s’arrêta.
« Ah. Une dernière chose. »
« Parlez. »
« À qui va votre loyauté ? »
« À mon suzerain et à cette nation, bien sûr. À la grande maison royale de Tilles, vieille de mille ans. »
Ivan acquiesça en silence à la réponse du baron, prononcée sans la moindre hésitation.
Ça suffit.
La conversation s’acheva là. Le baron réconforta ses gens et quitta la route.
Resté seul, Ivan se remit en marche et songea :
Ils arriveront d’ici une demi-journée. Je n’ai pas effacé les traces.
Il avait préparé une piste en mêlant les empreintes des réfugiés en fuite aux cadavres des éclaireurs tauruses dispersés.
Ils fonceraient sur lui, les yeux injectés de sang.
Pourrait-il affronter seul un millier de Tauruses bien entraînés, avec un centurion ou un officier de rang supérieur parmi eux ?
Oui. Il l’avait déjà fait.
Pas de front, mais en menant un combat retardateur et en les épuisant peu à peu, il avait affronté des troupes deux fois plus nombreuses.
Et qu’en était-il des Tauruses rassemblés en Formation de bouclier, chargeant d’un seul élan ?
Il en était capable. Il l’avait vu faire.
Gilles Ver l’avait fait alors qu’il n’avait pas encore fini de grandir, à peine adoubé chevalier.
Si Ivan ne pouvait même pas servir d’éclaireur après s’être fait surpasser par ce gamin, à quoi bon ?
Dès qu’il avait vu quelque chose ne serait-ce qu’une fois, il n’avait jamais eu de mal à l’imiter. C’était à ça que servait son entraînement.
Ivan vérifia son équipement et alluma un feu de camp à un endroit propice. Il l’attisa avec des branches humides jusqu’à ce qu’une épaisse fumée s’en dégage.
Il fit légèrement griller une barre nutritive au-dessus des braises et la croqua. Les yeux froids, il fixa l’horizon, là où s’arrêtait la forêt.
* * *
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>