Chapitre 119
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Traduction/Édition : Hydrogen B
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Chapitre 119 : 16. Celui qui voyage dans une zone de conflit pendant ses vacances (10)
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* * *
« Huff... Hup... »
Rundis Elovandi ouvrit les yeux dans un souffle rauque. Les chaînes qui l'entravaient gisaient éparpillées sur le sol, leur pouvoir dissipé.
Les sorts d'hallucination et de sommeil qui avaient inondé son esprit avaient été brisés. Ils étaient pourtant assez puissants pour que même un nain doté d'une forte résistance magique n'aurait pas dû pouvoir les surmonter.
Il n'y avait que deux possibilités. Soit les nécromanciens avaient gagné, soit ils étaient morts sur le champ de bataille. Si c'était la première option, ils avaient coupé le mana car ils n'avaient plus besoin de prisonnier. Si c'était la seconde...
Était-ce vraiment possible ?
Les grands héros d'Andgrund auraient pu vaincre les vils subalternes des Sept Généraux Dragons. Bien sûr qu'ils l'auraient pu.
Mais avec la moitié de notre peuple ayant succombé aux tentations des nécromanciens, le Père pouvait-il vraiment surmonter cette crise ?
Non. Je dois y croire.
Malgré sa peur, Rundis se força à reprendre contenance. Son père n'était pas quelqu'un qui pouvait être vaincu. Il écraserait sûrement les nécromanciens et viendrait la sauver.
Elle essaya de s'en convaincre tout en ravalant le sanglot qui menaçait d'éclater.
-Pas, pas, pas.
Des pas résonnèrent au fond de la prison où Rundis était retenue. Ses oreilles pointues de naine tressaillirent. Sous sa barbe, ses lèvres étaient devenues blanches de terreur.
Bientôt, quelqu'un émergea de l'ombre du couloir.
Une taille imposante, des yeux brûlant de férocité, une hache dont quiconque pouvait deviner qu'elle avait été forgée par des nains...
Une barbe gris cendré caractéristique des nains, des muscles si solides qu'il ne pouvait s'agir que d'un nain...
Et cette puanteur de sang, cette odeur aigre unique au mana corrompu d'un nécromancien, cet air vicié de mort chargé de poison et de malédictions.
Un subalterne de nécromancien. Et...
« Es-tu venu pour me tuer ?! »
Rundis serra les dents et se leva.
Je suis l'enfant de Durantlain Elovandi, Secrétaire d'Andgrund. Je ne montrerai aucune peur, quoi qu'il arrive !
Même si je dois mourir, je mourrai sans déshonorer l'honneur de mon Père. Avec ce vœu, elle cacha ses mains tremblantes et cria.
« Comment oses-tu trahir notre peuple ! »
« ... ? »
« Qu'as-tu offert en échange de cette taille ? Combien de camarades as-tu livrés aux nécromanciens ? Non, te reste-t-il seulement une âme ?! »
« ...... ?? »
Le grand nain fixa Rundis. Il resta devant les barreaux un instant, considérant ses paroles en silence.
« ... Quoi ? »
« Tu as trahi tes camarades et sali l'honneur de tes ancêtres juste pour devenir aussi grand qu'un humain ?! Même si je meurs ici aujourd'hui, je te maudirai à jamais aux côtés de mes ancêtres. Andgrund ne te pardonnera jamais !! »
« Lucia. »
« Heheheh... oui ? »
« Traduis. »
Une femme de petite taille sortit de derrière le grand nain, souriant tout en lui tapotant la poitrine.
« Traduire quoi ? Tes ancêtres te maudissent, Grand Frère ! »
« Mes ancêtres ne sont pas sur ces terres. »
-Clac.
L'homme saisit les barreaux et sembla évaluer quelque chose un instant. Puis il hocha la tête, recula et leva sa hache.
« Es-tu le fils de Durantlain Elovandi ? »
« C'est exact ! Lâche ! Je suis le f... fils de Durantlain Elovandi ! Rundis Elovandi ! Vas-y, tue-moi ! Contrairement à toi, je ne renierai pas mes racines juste pour m'accrocher à la vie ! »
« Ahahahahahah !!! »
La femme s'effondra, hilare. L'homme se massa le front et marmonna quelque chose avant de répondre.
« Recule. C'est dangereux. »
« Quoi ? »
« Je vais briser les barreaux. J'ai dit recule parce que c'est dangereux. »
Alors que Rundis reculait avec hésitation, l'homme leva sa hache et se mit en position. Elle l'arrêta précipitamment.
« A-attends ! As-tu dit que tu étais venu pour me sauver... ? »
« Pourquoi ne pas en discuter dehors ? Il semble que tu trouvais la cellule plutôt douillette. »
« N-non, ce n'est pas ça. Elle a été faite par nos meilleurs artisans, et les nécromanciens y ont placé toutes sortes de sorts... »
-Tranchant.
Avant que Rundis ne puisse finir, la hache de l'homme trancha net les barreaux.
La coupe était si nette qu'aucune étincelle ne jaillit lorsque le fer se sépara. Toujours déconcertée, Rundis continua.
« ... mais je suppose que ce n'est plus le cas... »
« Ahhhehehe... »
La femme derrière l'homme, qui se frappait le sol de la main, émit un son étranglé.
L'homme s'approcha et s'arrêta devant Rundis.
« Es-tu blessée ? »
« Non... »
« Pourquoi as-tu menti ? »
« ... Quoi ? »
« Tu n'es pas le fils d'Elovandi. »
L'homme glissa sa hache à sa ceinture et tendit la main vers le visage de Rundis. Alors qu'elle tentait de se reculer, sa main passa dans sa barbe comme un peigne, la saisit et tira.
D'un coup sec, la barbe vint dans sa main. Une mâchoire lisse et pâle fut révélée en dessous. Il n'y avait même pas de chaume, encore moins une trace de rasage.
Je me disais bien que quelque chose clochait. C'était une femme. Elle avait dû aplatir sa poitrine sous ses vêtements.
L'homme jeta un coup d'œil rapide à Rundis et hocha la tête.
« Tu étais une fille. »
« Ah... ahh !! »
« Une fausse barbe. Elle est plutôt bien faite. »
« C-cette humiliation... cette honte... !! Père va... cette insulte, je vais certainement...! »
« Fais comme tu veux. Bougeons d'abord. »
« Dis-moi ton nom !! J-j-je te ferai payer cette humiliation !! »
L'homme s'arrêta de marcher et se tourna vers Rundis. La pression terrifiante la fit instinctivement reculer, mais elle se redressa bientôt avec une expression résolue.
« Ivan Petrovich Yermof. As-tu entendu parler de moi ? »
« Quel nom étrange !! Quel genre de famille sans racines a deux noms de famille... deux... hein ? »
Ivan... ? Ivan Petrovich... ? Ce nom était bien trop familier. Il avait une sonorité si troublante, et...
L'avait-elle entendu quelque part... ?
Plus précisément, dans une chanson pour enfants... ?
Ça avait un rythme comme, hmm, hmm, hmm, hmmm...
« La Veuve... Noire ? »
« C'est comme ça qu'ils m'appellent. »
« Vraiment... ? »
Rundis joignit rapidement ses mains poliment et jeta un coup d'œil à l'homme devant elle. La femme qui l'accompagnait était appuyée contre le mur, haletante alors qu'elle essayait de retenir son rire. En voyant cela, ça ne semblait pas être un mensonge...
Oui, si c'était la Veuve Noire... il aurait pu vaincre les nécromanciens et la sauver...
Mais pourquoi la Veuve Noire serait-elle ici ?
Pourquoi était-il apparu dans la guerre civile naine ? Plus important encore, n'avaient-ils pas dit qu'il était mort ? Avait-elle mal entendu ? N'avaient-ils pas dit qu'il était mort, mais qu'il allait la tuer ? Que se passait-il... ?
Les yeux de Rundis commencèrent à tourner. Perdue dans la confusion, elle parvint finalement à la conclusion logique.
« Vos parents étaient-ils des nains, monsieur ? »
« Hrk... ! Toux ! J-je crois que je vais mourir, Grand Frère. J-je ne peux plus respirer. J'ai besoin d'une potion de soin... ! »
« Silence. »
S'il avait des ancêtres nains et qu'il ne l'avait réalisé que plus tard dans sa vie...
Alors il était logique que la Veuve Noire rejoigne la guerre civile naine, se tienne du côté juste et lève sa hache pour la justice.
L'homme le plus craint par les nains était en fait un nain lui-même. Après avoir appris le secret de sa lignée, il était revenu à Andgrund pour expier ses péchés par le service.
C'était l'image même d'une histoire de rédemption romantique. Le retour de l'enfant prodigue et une épopée héroïque, tout en un.
Il avait écrasé des dragons maléfiques et des nécromanciens, puni des traîtres et sauvé une princesse kidnappée. Tout cela était vrai.
Wow, ce grand nain commençait à paraître plutôt décent.
Les yeux tournoyants, Rundis comprit toute la vérité et fut remplie d'admiration.
-Rumbleee !!
« Eek ? ! »
À ce moment, le couloir trembla sous un rugissement tonitruant, et de la poussière de pierre se répandit dans l'air. Rundis se prit la tête entre les mains et s'effondra sur le sol.
Ivan sortit sa montre de poche, vérifia l'heure et fronça les sourcils.
« L'Armée du Nord a commencé l'engagement. Il n'y a plus de temps. En avant. »
« A-attends ! Monsieur ! J-je suis désolée, mais pourriez-vous me rendre ma barbe ? Enfin, euh, vous avez déjà une excellente barbe... Ah, si vous avez besoin de la sangle ou des anneaux qui y sont accrochés, vous pouvez les garder, mais... je pourrai vous en donner de meilleurs plus tard, alors rendez-moi la barbe d'abord... »
Ivan perdit finalement patience et frappa Lucia à l'arrière de la tête avec un bruit sourd. Lucia éclata de rire tout en haletant, puis se mordit la langue et se tordit de douleur.
Ignorant les gémissements étouffés de Lucia, Ivan fixa la barbe dans sa main.
« Pourquoi ? »
« Ah... ah. Je comprends pourquoi vous la voulez. Les barbes, eh bien, plus on en a, mieux c'est. N'est-ce pas ? Mais... je dois être un fils. Vous savez ? Je dois être un fils... Si jamais on apprend que j'ai été rasée, alors votre vie sera en grave danger, monsieur. Je dis ça pour votre bien, aussi... »
« Silence. Prends-la. »
Ivan lança la barbe à Rundis et se détourna. Elle la rattrapa précipitamment et la fixa soigneusement sous son menton.
La sangle s'était desserrée, ce qui la rendait nerveuse, mais cela ferait l'affaire. Rundis poussa enfin un long soupir de soulagement.
« Ahem, oui. Merci, monsieur. Où allons-nous maintenant ? »
« Au quartier général de l'Armée du Nord. »
« ... Quoi ? Il y avait une armée comme celle-là ? »
« Oui. Tu es maintenant "notre" prisonnière. »
Ivan fit un bref signe de tête, puis passa des menottes aux poignets de Rundis. Émettant un bruit confus, elle fut entraînée par la main d'Ivan.
* * *
[...A conclu un vaste système d'accords de soutien logistique et de coopération technique dans les domaines du génie civil, de la construction, de la métallurgie et autres. Le Second Corps du Nord restera stationné près d'Andgrund et mènera une « coopération industrielle de défense » continue.
En raison des troubles survenus lors du processus de fin de la « guerre civile », le Second Corps du Nord a actuellement subi des pertes de 323 morts et 21 véhicules blindés détruits...
...Ci-joint le rapport de suivi du lieutenant-général Balakliya Svatoski Balika, commandant du Second Corps.
...Ci-joint le texte intégral du « Traité visant à interdire la propagation de l'Averagisme », signé par Durantlain Elovandi, « Secrétaire général » d'Andgrund.
...Ci-joint une proposition d'accord concernant les « plans d'établissement de l'Université d'ingénierie Saint-Yansk et l'envoi de son corps professoral ».
...Ci-joint la demande pour l'éducation confiée de la fille de Durantlain Elovandi, « Rundis Elovandi ».
Rapporté par : Enrika Seregeyevica.
Revu par : Ivan Petrovich Yermof.]
« Enrika !! »
Elizaveta saisit le rapport et fixa le vide devant elle. Enrika avait déjà fui au moment où les veines commencèrent à saillir sur son front.
Ses yeux cherchèrent une autre cible et trouvèrent Dmitry. Se tenant le front en gémissant, elle parla avec difficulté.
« Qu'ont-ils dit à propos de Vanka ? »
« Il doit rester au repos complet pendant au moins deux semaines, Votre Majesté. »
« J'aimerais amender la constitution. Est-ce possible ? »
« Je vais convoquer le ministre de la Justice. Veuillez donner vos ordres. »
« Dorénavant, toutes les affaires officielles à Krasilov devront, en règle générale, être effectuées uniquement après avoir été rapportées. Qu'en pensez-vous ? »
« J'obéirai. »
« Il est parti seul, a mis fin à une guerre civile, a tué chaque nécromancien prétendant être un descendant d'Aviditas, a sauvé l'enfant kidnappé d'un secrétaire, puis a fait pression sur les nains avec l'Armée du Nord pour obtenir une « coopération militaire » ? Est-ce... est-ce que cela a un sens ? Est-ce que ça en a ? »
Dmitry hocha silencieusement la tête aux paroles d'Elizaveta. Eh bien, s'il s'agissait de son supérieur, c'était crédible.
Elizaveta se serra la poitrine en voyant cette expression. Ce bâtard allait voir son salaire réduit. Le motif était l'insubordination.
« Rundis Elovandi... ? Où est cette fille maintenant ? »
« Il a été confirmé qu'elle se trouve dans une salle de la Cathédrale. Je vais la faire venir. »
« Faites-le. »
* * *
« Alors, monsieur a jeté trois têtes directement sur la table, bam ! Wow, tous les visages des adultes se sont figés ! »
« Trois têtes... ? »
« Oui ! Vous auriez dû les voir. Les têtes des nécromanciens. C'étaient des têtes chauves, pâles et brillantes, avec des tatouages noirs partout. Ugh, c'était si effrayant, n'est-ce pas ? »
Rundis écarta largement les bras et jacassa.
« Puis, avec cette voix qui résonnait partout, il a dit : "Tout ce que vous avez demandé a été accompli." Wow... je vous le dis, c'était la première fois que je voyais Père faire une expression pareille. Il s'est figé comme s'il avait vu un démon sortir de l'enfer. »
« Ce n'est pas si loin de la réalité... »
« Puis ces étranges humains leur ont tendu des documents et leur ont dit de les tamponner. J'ai honnêtement cru que c'étaient des usuriers. Des prêteurs sur gages ! Comme s'ils étaient venus pour recouvrer une dette. Vraiment ! »
« Hmmm... mm. On dirait que tu as passé des vacances passionnantes... ? »
Isabelle regarda Rundis avec un sourire chaleureux.
Elle avait été jetée dans une salle de la Cathédrale au moment où les vacances commençaient, puis s'était réveillée à la fin et avait appris qu'Ivan était parti en voyage pendant les vacances ?
Hmm. C'est ça ?
Toujours en souriant doucement, Isabelle demanda à l'étrange petite naine.
« Mais... on dirait que ce que cet homme a fait n'était pas particulièrement bon pour ton père. Pourquoi es-tu ici ? »
« Ah ! Père ne se laisse pas emporter par ce genre de chose ! Vous saviez ? Monsieur est en fait... un demi-nain ! »
« ... Quoi ? »
« Il n'y a personne à Andgrund qui ne le sache maintenant ! Bien sûr, une personne qui peut terrifier les nains doit être un nain ! Nous ne serions jamais effrayés par une autre race que la nôtre ! »
« ... Non, ce n'est pas le point. Quoi ? Qu'as-tu dit ? »
Sans prêter aucune attention à la confusion d'Isabelle, Rundis continua de jacasser.
« Alors Père a eu une idée brillante ! "L'autorité vient de la peur." Wow... n'est-ce pas cool ? Puis il m'a dit : "Fais de la personne que tous les nains craignent le plus notre allié." »
Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire... ?
Isabelle fixa sans ciller l'exubérante Rundis.
Rundis gonfla le torse et déclara.
« Si la Veuve Noire rejoint la Maison Elovandi, l'autorité de Père durera pour toujours ! Je n'aurai plus besoin de vivre comme un fils ! Mon fils deviendra secrétaire ! »
« Wow. »
« Et c'est un secret... »
Rundis baissa la voix et regarda autour d'elle. Puis elle se pencha vers Isabelle et chuchota.
« Les humains sont un peu... limités, vous savez ? Pour un demi-nain comme monsieur, ils doivent sembler un peu... n'est-ce pas ? Les nains devraient vivre avec des nains. »
« Tu ne feras rien de tel. »
Isabelle fixa un instant l'énorme tas de graisse, à peu près de la taille de la Sainte, puis sourit et hocha la tête.
Non. Ce bâtard avait besoin de se raser.
Maintenant, il avait même ramené une femme avec sa barbe ?
Sérieusement. Cette fois, vraiment.
Quoi ? Un demi-nain ? Hahaha...
J'ai vraiment envie de le tuer...
EP 16. Celui qui voyage dans une zone de conflit pendant ses vacances.
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