Chapitre 62
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Traducteur/éditeur : Dionysus
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◈ Cultivation xianxia avec un Cœur de dragon ◈
Chapitre 62 : Un gain inattendu
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La nouvelle de l’apparition d’un maître du Royaume de la Vie et de la Mort, le Vénérable martial au Lotus d’or, se répandit à une vitesse stupéfiante dans le monde martial.
Atteindre le Royaume de la Vie et de la Mort suffisait déjà à faire sensation, mais ce maître s’était fait un nom en massacrant trois experts du Royaume Profond du Culte du Démon de l’Ombre noire. Il était donc naturel que la nouvelle suscite un émoi encore plus grand.
Les rumeurs étaient souvent exagérées ; bon nombre de personnes ne crurent donc pas entièrement à cette histoire.
Cependant…
Une seconde rumeur secoua le monde martial, et croyants comme sceptiques ne purent s’empêcher de s’y intéresser.
Le Vénérable martial au Lotus d’or s’était installé dans un domaine de la Ville d’Okhan, dans le Gangbuk, où il s’était mis à cultiver un art suprême sans égal, capable d’ébranler les cieux et la terre.
On disait qu’on pouvait en sentir les ondes d’énergie avant même d’entrer dans la Ville d’Okhan. Les chevaux de guerre dressés s’affolaient, et ceux qui étaient sensibles à l’énergie avaient du mal à respirer.
Incapables de contenir leur curiosité, de nombreux artistes martiaux prirent la route de la Ville d’Okhan, dans le Gangbuk.
Ils n’osèrent pas s’approcher du domaine et se contentèrent de rôder dans les environs avant de regagner leurs terres pour raconter ce qu’ils avaient vécu. Tous parlaient d’une présence imposante, si écrasante qu’on ne pouvait que la qualifier de bouleversante.
À mesure que les rumeurs se répandaient, toujours plus d’artistes martiaux affluèrent par curiosité.
Certains proclamèrent haut et fort qu’ils demanderaient au Vénérable martial au Lotus d’or d’échanger quelques passes. Pourtant, une fois sur place, ils se contentèrent de le saluer respectueusement, poing et paume réunis, en direction du domaine, avant de repartir.
Le Vénérable à la Lance de la Montagne noire, l’un des Dix Vénérables du monde martial, fut lui aussi attiré par les rumeurs jusqu’à la Ville d’Okhan. Il souhaitait rencontrer le Vénérable martial au Lotus d’or, mais on lui annonça simplement que celui-ci cultivait en retraite et qu’il était impossible d’entrer dans le domaine.
Pour l’un des Dix Vénérables, cela aurait pu être considéré comme un affront. Le Vénérable à la Lance de la Montagne noire était réputé pour son tempérament fougueux et se situait quelque part entre les factions orthodoxes et les factions hétérodoxes. Personne n’aurait trouvé étrange qu’il provoque un esclandre.
Pourtant, cette fois, le Vénérable se retira après avoir simplement déclaré avec courtoisie qu’il comprenait.
Il expliqua qu’en tant qu’artiste martial, il comprenait l’importance d’une retraite et qu’il ne se permettrait naturellement pas de la perturber. Toutefois, de l’avis général, l’énergie terrifiante qui jaillissait du domaine l’avait empêché de chercher querelle.
Alors que des artistes martiaux de tout le monde martial accouraient comme en pèlerinage, certains allant même jusqu’à s’y installer définitivement, d’autres quittèrent la Ville d’Okhan.
Toutes les forces, des factions orthodoxes comme des factions hétérodoxes, qui s’étaient jusque-là disputé leur influence par l’intermédiaire de sectes mineures dans cette région aux allégeances incertaines, lâchèrent prise, comme si elles s’étaient mises d’accord à l’avance.
C’était comme si elles reconnaissaient que la Ville d’Okhan tout entière appartenait à Han Yujin, le Vénérable martial au Lotus d’or.
Bien qu’il n’eût jamais manifesté pareille ambition.
Toutes les formes de conflits clandestins disparurent rapidement. Puis, comme s’ils avaient reçu un message, de nombreux marchands et familles influentes de la Ville d’Okhan commencèrent à envoyer des « cadeaux » au domaine.
Finalement, Dok Junseong n’eut d’autre choix que d’intervenir. Mais, d’un autre côté, c’était tout naturel.
Avec l’aide des forces locales, Dok Junseong rétablit l’ordre et mit en place de nouvelles mesures de sécurité. Fort de son expérience, il sut gérer la situation et s’assurer rapidement une position.
Naturellement, il devint le représentant du Vénérable martial au Lotus d’or.
Ainsi, toute la Ville d’Okhan, dans le Gangbuk, passa sous l’autorité de Han Yujin.
On comprenait sans peine le dicton du monde martial : seule la force décidait de tout.
* * *
Environ deux mois s’étaient écoulés depuis qu’il avait commencé à raffiner sérieusement le Cœur de dragon à l’aide de la Formule de l’Harmonisation triple.
Han Yujin menait des journées parfaitement satisfaisantes. Il avait découvert pas moins de trois avantages inattendus, assez importants pour l’amener à revoir une partie de ses plans.
Le premier était le suivant.
À l’origine, il avait prévu de cultiver l’Art du Retour à l’Origine (Retour du Taiji) jusqu’au Stade de l’Âme naissante, puis d’obtenir l’Écriture du dao des Cinq Éléments de la Grande Unité pour la cultiver à son tour.
Ainsi, il pourrait profiter pleinement des effets de renforcement que la puissance originelle exerçait sur son corps et son âme, éveiller le pouvoir divin appelé Grande Main de la puissance originelle, puis progresser sans regret grâce à l’Écriture du dao des Cinq Éléments de la Grande Unité.
Cependant…
Bien qu’il n’eût même pas encore achevé le premier Stade du Cœur de la Formule de l’Harmonisation triple, il sentait déjà quelque chose.
« Une fois entré dans le Stade du Qi… mon pouvoir du Dharma lui-même pourrait produire des effets similaires à ceux de la puissance originelle. Non, des effets supérieurs à ceux de la puissance originelle ordinaire. »
Autrement dit…
Au moins la moitié des bénéfices qu’il aurait pu tirer de la cultivation de l’Art du Retour à l’Origine (Retour du Taiji) s’étaient, de fait, envolés.
Il lui suffirait donc de cultiver l’Art du Retour à l’Origine (Retour du Taiji) jusqu’au Stade de la Formation du noyau. Une fois le pouvoir divin appelé Grande Main de la puissance originelle maîtrisé, il n’aurait plus besoin de poursuivre cette cultivation.
Le deuxième avantage.
Les effets complets ne commenceraient probablement à se manifester qu’à partir du Stade du Qi et deviendraient encore plus évidents lorsqu’il atteindrait le dernier Stade du Corps.
Ce raffinement du Cœur de dragon doublerait sans aucun doute au moins son espérance de vie. De plus, celle-ci continuerait d’augmenter avec son royaume de cultivation.
« Cela doit être dû à une transformation de ma constitution, comme je l’espérais. »
Les Racines spirituelles n’étaient pas le seul facteur déterminant le talent d’un cultivateur.
La constitution était elle aussi une forme de talent. Une constitution adaptée à la cultivation de méthodes spéciales ou de pouvoirs divins était appelée Corps spirituel, tandis qu’une constitution encore plus exceptionnelle était appelée Corps du dao.
D’après les livres qu’il avait lus jusqu’ici, sauf cas particulièrement exceptionnel, les détenteurs d’un Corps spirituel bénéficiaient d’un traitement comparable à celui réservé aux détenteurs de Racines spirituelles célestes. Ceux qui possédaient un Corps du dao étaient encore mieux considérés.
Le monde de la cultivation ne leur aurait pas accordé un tel traitement sans raison. Quelle que soit la façon dont sa constitution évoluait, il ne pouvait s’empêcher de s’en réjouir d’avance.
La seule augmentation de son espérance de vie constituait déjà un avantage inestimable. Cela ne lui laisserait-il pas bien plus de marge pour utiliser ses pouvoirs d’éveil ?
Enfin, le troisième avantage.
Il sentait déjà les signes annonciateurs de l’éveil d’un autre pouvoir divin. Il s’agissait d’une capacité liée aux illusions, héritée des caractéristiques de Casarnox.
Comme les pouvoirs d’éveil des Chasseurs de la Terre, elle lui offrirait un nouveau moyen d’action utile, qu’il pourrait employer de manière bien plus instinctive qu’un sort.
Elle semblait également susceptible de se combiner d’une façon ou d’une autre à l’Art du rêve illusoire qui ravit le cœur, ce qui la rendait d’autant plus prometteuse. Il sentait déjà qu’il lui était devenu plus facile de lancer cet art.
« Voilà ce que doit être un Cœur de dragon. »
À y repenser, sa rencontre avec Casarnox avait été une chance inouïe. Sans lui, il aurait été extrêmement, extrêmement, extrêmement difficile de trouver un autre Cœur de dragon capable de lui apporter autant de satisfaction.
Vroum… !
À cet instant…
Une pulsation semblable à un battement de cœur traversa le grand Cœur de dragon qu’il tenait entre ses mains. Han Yujin, qui faisait circuler la Formule de l’Harmonisation triple, fronça brièvement les sourcils, puis se détendit et reprit sa cultivation.
Comme il venait de l’énumérer,
le rang du Cœur de dragon était si exceptionnel qu’il lui avait apporté plusieurs avantages inattendus.
Mais précisément parce qu’il était si exceptionnel, certains aspects devraient malheureusement être sacrifiés pendant le raffinement.
Espérer en faire le réceptacle d’une Méthode du Noyau extérieur au Stade de la Formation du noyau tout en préservant l’intégralité de sa puissance de niveau Stade du Raffinement du vide était absurde.
La pulsation qu’il venait de sentir provenait d’un léger conflit provoqué par l’abandon d’une partie de cette puissance. Même la plus belle pierre brute devait être taillée pour devenir une statue.
« À moins que je ne privilégie sa préservation à la mienne… »
Autrement dit, il pourrait faire de lui-même, plutôt que du Cœur de dragon, la cible principale de la Formule de l’Harmonisation triple.
Naturellement, cette option ne méritait même pas d’être envisagée. Ce serait comme se couper les pieds pour pouvoir porter une incroyable paire de chaussures de luxe.
Heureusement, l’objet était si compatible avec lui qu’il avait pu établir un lien très ténu avec lui dès le moment où il l’avait obtenu.
« La déclaration de Casarnox, à l’époque, a dû jouer un rôle important. »
Grâce à cela, les parties qu’il faudrait tailler semblaient avoir été considérablement réduites. Il restait toutefois difficile de dire sous quelle forme le Cœur de dragon ressortirait du raffinement.
Bien plus tard,
quand le soleil commença à se coucher, il mit fin à sa séance quotidienne de cultivation de la Formule de l’Harmonisation triple. C’était naturel : s’y consacrer sans relâche ne serait pas efficace, et il avait d’autres choses à faire.
Il sortit du bâtiment et se promena dans le jardin bien entretenu, admirant le ciel au coucher du soleil.
Seogwang Gahu avait grandi au sein d’un clan prestigieux et possédait une grande expérience ainsi que de solides connaissances dans ce domaine. Il n’eut aucun mal à engager du personnel et à faire fonctionner le domaine comme il se devait.
« Et si j’essayais de créer des arts martiaux fondés sur la puissance originelle un peu plus tôt ? »
Il ne leur avait jamais demandé de le suivre, et ne leur avait promis aucune récompense. Pourtant, ceux qui avaient choisi de l’accompagner l’avaient aidé de bien des façons, et il estimait devoir leur rendre la pareille.
« Et en leur donnant quelque chose, je pourrais aussi les rendre utiles autrement… »
Il profitait d’un moment paisible pour échafauder plusieurs projets quand, soudain…
Couic ! Couiiic !
Muyong, qui était apparemment parti jouer quelque part, accourut, grimpa le long de son corps et s’installa sur son épaule.
Depuis qu’il avait senti la créature grâce à son sens divin, il la trouvait curieuse. Il lui demanda :
« Où as-tu trouvé ces vêtements ? »
La tenue bleu pâle, taillée à la perfection pour Muyong, était à la fois adorable et amusante. Ce qui le faisait le plus rire, c’était qu’une personne de ce monde martial ait songé à habiller son animal de compagnie.
Couic ! Couic !
« Eun Miryeong ? »
Han Yujin souleva le petit bon à rien entre ses mains et examina sa tenue. Le museau frémissant de Muyong et son excitation manifeste le firent sourire à son tour.
Il sentit alors quelqu’un s’approcher derrière lui.
C’était Eun Miryeong.
Elle semblait être venue chercher Muyong, mais, en apercevant Han Yujin, elle le salua aussitôt avec respect, les mains jointes.
« Vous êtes sorti, bienfaiteur. Dois-je préparer le dîner ? »
« Non, pas aujourd’hui. C’est vous qui avez fait ça, apparemment… ? »
Il désigna les vêtements de Muyong. Elle hocha la tête, les joues légèrement rosies.
« Oui, eh bien… Je me suis dit que cela irait bien à Muyong. »
« Ça lui va très bien. Et Muyong a l’air d’aimer ça aussi. »
Han Yujin caressa Muyong quelques fois avant de le poser à terre. La créature se précipita aussitôt dans les bras d’Eun Miryeong, qui la serra contre elle, heureuse de voir son cadeau si bien porté.
Tout en tenant Muyong, Eun Miryeong parut hésiter, puis rassembla son courage pour prendre la parole.
« Bienfaiteur, en fait… Je vous ai aussi confectionné des vêtements. »
« Des vêtements pour moi ? »
Il posa la question par réflexe, puis y réfléchit.
Jusqu’ici, il n’avait pas changé de vêtements une seule fois. Il portait toujours la tenue de daoïste errant qu’il avait sur le dos lorsqu’il avait franchi la Porte pour la première fois grâce à son pouvoir d’éveil.
Naturellement, en tant que cultivateur du Stade de l’Âme du Dharma qui avait aussi appris l’Art de Purification, il n’avait pas une seule trace de saleté sur lui. C’était précisément pour cela que son entourage le trouvait souvent encore plus mystérieux.
Pourtant, ses habitudes du quotidien lui revinrent soudain à l’esprit, et Han Yujin dit à Eun Miryeong :
« Montrez-moi. »
« … Oui, bienfaiteur. »
Sans parvenir à dissimuler sa joie, elle conduisit Han Yujin vers un bâtiment situé non loin de celui qui lui servait à la fois de résidence et de salle de cultivation.
Après lui avoir demandé d’attendre un instant, Eun Miryeong entra dans le bâtiment et revint avec des vêtements bleus soigneusement pliés entre les mains. Ils étaient de la même couleur que la tenue de Muyong, qui se tenait maintenant sur son épaule.
Han Yujin les prit et utilisa l’Art de Manipulation des objets pour les déployer dans les airs. Ils lui plurent aussitôt.
Ils étaient conçus pour permettre de bouger facilement, comme une tenue martiale, mais leurs larges manches extérieures et leurs broderies dorées leur conféraient une élégance certaine. Des touches de blanc et de bleu marine profond avaient été disposées aux bons endroits, donnant à l’ensemble une allure très raffinée. Le plus remarquable était les lotus dorés brodés en un motif fluide, sans excès.
« … C’est vous qui avez fait ça ? »
« Oui, bienfaiteur. »
« C’est incroyable. Je ne savais pas que vous étiez aussi douée en couture… »
Han Yujin était en train de la complimenter avec admiration quand, soudain…
Son regard croisa celui d’Eun Miryeong, dont le visage s’empourpra. Pour une raison qu’il ignorait, il se tut.
Il l’avait toujours trouvée belle. Dès leur première rencontre, il n’avait pu nier sa beauté.
Pourtant, sous le soleil couchant, la revoir alors qu’elle lui remettait des vêtements confectionnés avec soin fit naître dans son cœur un trouble bien particulier.
« Merci. Je le pense vraiment. »
« Oui, bienfaiteur… »
« Puisque j’ai reçu un cadeau pareil, il faudra que je vous rende la pareille bientôt. »
Il rassembla les vêtements qu’il avait déployés dans les airs, les prit entre ses mains et sourit.
« Avez-vous dîné ? »
« Pas encore. »
« Alors, mangeons ensemble. »
Il avait clairement dit non un peu plus tôt, mais il avait changé d’avis.
Et, tandis qu’il avançait aux côtés d’Eun Miryeong, il décida d’accélérer la création d’arts martiaux fondés sur la puissance originelle.
C’était nécessaire, autant pour les remercier que pour inciter les différentes factions du monde martial à venir chercher des « arrangements ».
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