Chapitre 1
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Traducteur/éditeur : Dionysus
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◈ Cultivation xianxia avec un Cœur de dragon ◈
Chapitre 1 : L’éveil de mon pouvoir
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Un studio ordinaire, vieux et exigu.
Han Yujin était allongé sur son lit, occupé à pianoter sur son smartphone, lorsqu’il ouvrit par habitude son application de messagerie et remarqua la rubrique « Amis qui fêtent leur anniversaire aujourd’hui ».
Un nom familier s’y trouvait.
C’était une ancienne camarade de collège, son premier amour, une fille qu’il avait aimée de loin. Elle avait été si jolie qu’elle était immensément populaire. Il se souvenait même avoir rassemblé son courage, le jour de la remise des diplômes, pour lui proposer d’aller voir un film avec lui ; elle avait alors décliné gentiment.
« … »
Cela faisait déjà près de dix ans. Il ne l’avait jamais recontactée, mais elle n’avait apparemment pas changé de numéro non plus. Ils figuraient toujours parmi les amis de l’application.
La nostalgie du passé guida sa main. Tandis que Han Yujin parcourait les photos de son profil, ses yeux s’écarquillèrent peu à peu.
Chaque photo dévoilait un train de vie qui dépassait son imagination.
L’une avait été prise dans une élégante galerie d’art, une autre devant une grande demeure étrangère avec piscine, et une troisième lors de la fête d’anniversaire qu’elle avait organisée pour ses parents dans le seul hôtel six étoiles du pays. Il y avait aussi pas mal de photos de terrains de golf qu’il ne fréquenterait jamais de sa vie. Même sur celles qui semblaient prises à la volée, les marques de luxe hors de prix étaient partout.
Elle n’était pas aussi riche avant, si… ?
Puis une photo en particulier attira son attention. Elle posait avec un homme qu’il reconnut aussitôt.
Il était allé au même collège et, à l’époque, ils avaient été assez proches. Vers le début du lycée, le garçon s’était soudain éveillé à un pouvoir et avait intégré un lycée professionnel pour Chasseurs. Ils s’étaient alors naturellement éloignés.
Le fossé entre les citoyens ordinaires et les Chasseurs éveillés à un pouvoir était immense. Que ce soit en matière de revenus ou de réputation, il était impossible de le mesurer.
Ils doivent sortir ensemble.
À cette conclusion, une émotion étrange et désagréable l’envahit avec une telle force qu’il en fut lui-même surpris.
Han Yujin éteignit son écran et ferma les yeux. Il resta immobile un long moment, sans rien faire, occupé à essayer de comprendre ce qu’il ressentait.
C’était probablement de l’envie. Peut-être aussi un peu d’apitoiement sur lui-même. Et peut-être du ressentiment envers quelque chose qu’il n’arrivait pas à nommer.
À vrai dire, le lycée avait été la période la plus malheureuse de sa vie. C’était alors que sa famille, jusque-là tout à fait normale, s’était disloquée.
Une histoire triste, mais étonnamment banale.
Son père s’était fait escroquer, ruinant la famille. Sa mère, accablée par le stress, avait divorcé et s’était enfuie. Livré à lui-même, il avait été recueilli par des proches et avait dû marcher sur des œufs en permanence, jusqu’à ne plus le supporter. Il avait commencé à enchaîner les petits boulots et avait tout juste réussi à devenir indépendant.
Ses excellentes notes d’autrefois avaient naturellement chuté, jusqu’à devenir tout juste moyennes, et il n’avait pas pu intégrer une bonne université. Il s’obstinait encore à poursuivre ses études grâce à des prêts étudiants, persuadé qu’il lui fallait un diplôme pour trouver du travail. Mais, vu l’état de la société aujourd’hui, son diplôme lui semblait aussi utile qu’un bout de papier.
Pendant ce temps-là…
Son camarade de collège, qui avait autrefois été dans une situation semblable à la sienne et traînait avec lui d’égal à égal…
On aurait dit que sa vie s’était ouverte sur une route dorée après l’immense coup de chance qu’avait été son éveil. Sortir avec la fille dont Han Yujin avait été amoureux, son amour secret, et qui avait été le premier amour ou le béguin d’innombrables autres camarades, ne constituait sûrement qu’une petite partie de cette route dorée.
Bien sûr, ce type avait probablement ses propres peines et difficultés, et lui aussi versait parfois des larmes…
Quand tu pleures dans une voiture de luxe, moi, je pleure sur mon vélo.
Et même si Han Yujin pédalait de toutes ses forces, il ne pourrait jamais rattraper la vitesse à laquelle l’autre pouvait appuyer nonchalamment sur l’accélérateur et prendre de l’avance. Il aurait déjà de la chance s’il parvenait à apercevoir son dos.
La vie était injuste.
Il croyait le savoir, mais de temps à autre, cette vérité le transperçait soudain comme un couteau et le lui faisait comprendre une nouvelle fois. Il ne pouvait s’empêcher de se sentir vidé à chaque fois.
Je n’étais sûrement pas moins bon que toi.
Du moins, c’était vrai à l’époque où ils étaient au collège et traînaient ensemble.
Si seulement je pouvais m’éveiller, moi aussi…
C’était son rêve depuis l’enfance. Au lieu de s’effacer avec l’âge, il n’avait fait que grandir.
Mais ce souhait n’était plus guère qu’un rêve.
Statistiquement, les chances de s’éveiller étaient à peu près les mêmes que celles de gagner à la loterie, et cette probabilité déjà faible diminuait rapidement à l’approche de la trentaine.
Il avait déjà vingt-cinq ans. Presque personne ne s’éveillait à cet âge. La plupart le faisaient au milieu de l’adolescence, comme son camarade de collège.
S’il s’éveillait, quel pouvoir serait le meilleur ?
Allongé là, sans entrain, à se laisser aller à de telles rêveries, Han Yujin sentit la fatigue l’envahir, peut-être à cause du stress. Il se prépara aussitôt à aller se coucher. Dans son état, il n’avait absolument pas envie de s’occuper de ses devoirs en retard.
Après avoir dormi un peu, il se sentirait sans doute mieux.
Rien ne changerait, mais il continuerait malgré tout à vivre, s’accrochant obstinément à de petits moments de bonheur.
Si l’on ne savait pas accepter et se résigner aux injustices de la réalité, on ne pouvait pas être considéré comme un adulte. La vie, n’était-ce pas cela : certaines choses resteraient à jamais hors d’atteinte, aussi désespérément qu’on les désirât ?
L’esprit encombré de ces pensées décousues, il s’allongea bien droit. Peu après, sa respiration devint régulière.
Une nuit tout à fait ordinaire, comme les autres.
Pourtant, ce qui se passa pendant son sommeil n’eut rien d’ordinaire.
* * *
Han Yujin se tenait quelque part, au milieu d’un vide d’un noir absolu. Il ignorait même comment il avait pu se retrouver debout dans un endroit pareil, mais, étrangement, il ne ressentait aucune gêne.
Son attention se porta naturellement sur la « porte » qui se dressait devant lui.
C’était une porte bizarre, qui changeait sans cesse dès qu’il essayait de la comprendre. Un instant, elle semblait faite de pierre, dans le style médiéval occidental. L’instant d’après, elle devenait une porte ancienne en bois, d’inspiration orientale. Chaque fois qu’il tentait de se faire une idée de son apparence, elle prenait un style complètement différent, en verre et en pierres précieuses.
Comme sous le charme, Han Yujin tendit la main et la toucha. La porte, qui n’avait cessé de changer, se fixa dans une seule forme et se mit à vibrer doucement.
Wouuuum… !
Accompagnée d’un grondement résonnant, elle était devenue une porte coupe-feu moderne. Des lettres argentées luisaient sur sa surface rouillée et formaient, dans un éclat sinistre, les mots suivants :
Terre après l’Apocalypse.
Toujours comme envoûté, il ouvrit la porte et entra. Après avoir fait quelques pas de plus…
« … Ah ! »
Comme s’il sortait d’un rêve, il reprit soudain ses esprits et se retourna.
Il avait bel et bien franchi une porte pour arriver ici, pourtant il n’y avait derrière lui que du vide. Devant lui s’étendait une ville désolée, abandonnée depuis des décennies à en juger par son apparence, et totalement dépourvue d’habitants.
« … »
Il resta là un moment, sans dire un mot. Garder son calme dans cette situation soudaine et surréaliste dépassait déjà ses capacités.
Est-ce que je rêve ?
Pour vérifier cette première intuition, il se pinça le dos de la main. Une vive douleur le traversa. La réalité qu’il sentait contre sa peau était bien trop intense pour qu’il puisse la confondre avec un rêve.
S’efforçant de maîtriser son corps qui tremblait de plus en plus, il regarda autour de lui.
Partout s’étendait une ville qui semblait abandonnée depuis au moins plusieurs décennies. Des voitures délaissées jonchaient les routes, et des bâtiments étaient fissurés ou en partie effondrés. Toutes les fenêtres avaient volé en éclats, et chaque morceau de métal était rouillé.
Étrangement, pas la moindre mauvaise herbe ne poussait. Comme si toute vie avait été éradiquée.
Le vent lui hérissa la chair de poule et le fit se recroqueviller. Puis Han Yujin se rendit soudain compte qu’il portait le survêtement qu’il aimait mettre d’habitude. Il ne s’était certainement pas habillé ainsi avant de s’endormir, et il ne se souvenait pas s’être changé.
Est-ce que j’ai perdu connaissance ?
Il se souvenait seulement s’être endormi dans son lit, dans son studio, puis s’être retrouvé dans cet espace noir comme la nuit, face à une porte étrange.
Attends…
À peine se rappela-t-il qu’il était arrivé ici en passant par la porte que son corps se mit à trembler. Mais cette fois, c’était un tremblement d’une autre nature.
Je me suis éveillé ? Impossible…
Un pouvoir pouvait expliquer la situation dans une certaine mesure. Non, il ne s’agissait pas seulement d’une explication : aucune autre hypothèse ne lui venait à l’esprit.
Mais avant de se réjouir, il devait tenir compte de quelques problèmes.
Terre après l’Apocalypse.
C’étaient bien les mots qui étaient apparus sur la porte juste avant qu’il n’entre.
Si cette ville désertique était vraiment la Terre, dans un futur postapocalyptique, la première chose à faire était de trouver comment retourner à l’époque et à l’endroit où il avait vécu.
Han Yujin fit le tour de l’endroit où aurait dû se trouver la porte qu’il avait franchie. Mais, naturellement, il ne vit que du vide.
Pour ne rien arranger, le soir approchait peut-être, car le ciel déjà lugubre s’assombrit encore. Étrangement, la température chuta brutalement et son souffle se changea en petits nuages blancs.
Un changement de saison ?
Mais une telle variation de température était anormale, quelle que soit la saison. Il redoutait naturellement le froid qui tomberait quand la nuit serait tout à fait venue.
Il se demanda alors comment cette Terre, qu’il s’agisse du futur ou d’un monde parallèle, avait pu disparaître.
Ce n’est pas à ça que je devrais penser en ce moment.
Il semblait qu’il devait d’abord trouver le moyen de conserver sa chaleur corporelle.
Après avoir jeté un nouveau coup d’œil autour de lui, il se mit sérieusement en quête de vêtements dans un bâtiment. Quelques minutes plus tard, après avoir marché d’un bon pas, il aperçut une bijouterie en ruines.
Pourtant, les objets à l’intérieur reposaient presque intacts dans les vitrines, comme si le monde n’avait jamais pris fin.
Malgré la situation, il s’arrêta. Après une brève hésitation, il se dit qu’il n’y passerait que quelques minutes et se faufila par la porte vitrée, brisée à plus de moitié.
Combien vaut tout ça… ?
En contemplant les objets en or qui remplissaient les vitrines, Han Yujin eut quantité de pensées. Il songea bien sûr à leur prix, mais aussi aux raisons pour lesquelles ils étaient restés ici en si bon état. Des pensées superficielles, mais variées.
Il semblait que l’apocalypse n’avait été causée ni par une guerre ni par une épidémie. Si cela avait été le cas, ces objets en or ne seraient pas restés là sans que personne y touche.
Alors, quel genre d’apocalypse pouvait préserver des objets en or sans que personne ne les touche ?
« … Hum. »
Après avoir réfléchi encore un peu, il examina les vitrines sous différents angles. Il finit par comprendre comment les ouvrir et attrapa tout ce qu’il put.
Il enfila plusieurs colliers en or, passa plusieurs bracelets en or à chaque poignet et mit des bagues en or à ses dix doigts. Après avoir également bourré ses poches de survêtement d’objets en or, son cœur se mit à battre à toute allure et il eut chaud malgré la basse température.
Ça suffira pour l’instant. Il faut que je trouve des vêtements.
Il ne lui restait plus qu’à endurer le froid comme il pouvait et à trouver un moyen de rentrer. Le butin qu’il avait déjà récupéré suffisait à changer sa vie. S’il pouvait retourner dans ce monde en ruines, il continuerait à l’explorer et deviendrait riche.
Il entrevoyait la possibilité d’atteindre la liberté financière dont il avait rêvé.
Alors…
Un petit bruit étrange lui parvint aux oreilles.
Sa tête se tourna d’elle-même vers un coin de la bijouterie. À cet instant, il vit une main d’un noir d’encre fondre silencieusement sur lui.
Crac !
Dans le bruit glaçant de quelque chose qui se déchirait et se brisait, sa conscience s’effaça avant même que la douleur ne le frappe. De son unique œil encore valide, il ne vit que du sang rouge vif et des morceaux de chair projetés dans les airs, ainsi que la silhouette noire qui l’avait manifestement attaqué.
Ce fut la dernière chose qu’il vit avant que tout ne devienne noir.
- Vous êtes mort.
Des lettres argentées mystérieuses apparurent dans les ténèbres sans fin.
- Sélectionnez votre récolte.
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