Chapitre 33
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Pourquoi mes dramas deviennent-ils toujours des succès !? ◈
Chapitre 33 : Vous ne pouvez pas avoir ce scénario !
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« Hé, tu as regardé <Vivre avec mon ex> hier ? »
« Bien sûr. La confrontation à trois, à la fin, était dingue. J’en avais à peine le souffle. »
« Ah, le dernier épisode est la semaine prochaine. Comment je vais faire pour attendre jusque-là ? J’ai trop envie de savoir ce qui va se passer. »
Dans les rues, les restaurants, les cafés, et même dans les trains bondés aux heures de pointe.
Partout où les gens se rassemblaient, un nom revenait sans exception.
<Vivre avec mon ex, d’une façon ou d’une autre>, aussi appelé <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal>.
L’engouement et l’intérêt du public pour le drama avaient pris des proportions phénoménales.
[Le drama phénomène <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> encensé pour le physique parfait de Do Jae-hyun et Cha Ye-rin et leur jeu incroyable !]
[Sept ans dans l’ombre effacés d’un coup. Do Jae-hyun devient une star grâce à <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal>]
[Aucun concurrent en vue ! <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> conquiert les téléspectateurs de vingt à quarante ans !]
[La complicité électrique de Do Jae-hyun et Cha Ye-rin domine les classements hebdomadaires des dramas les plus commentés et des acteurs les plus recherchés…]
[Naissance d’un jeune prodige. Le scénariste Yeon-woo prouve la puissance d’un scénario au rythme maîtrisé]
Le drama était devenu un trou noir, aspirant tous les sujets brûlants de la télévision, voire de toute la scène culturelle coréenne.
À chaque diffusion, les rues se vidaient. Les bars et les restaurants se mettaient d’accord comme un seul homme pour régler leurs téléviseurs sur tvM.
Et son immense popularité ne tarda pas à se confirmer une nouvelle fois avec des audiences stupéfiantes.
[Audience de la quatrième semaine : plus de 25,8 %.]
[Audience de la cinquième semaine : plus de 26,8 %.]
Une courbe qui montait à la verticale, battant sans difficulté son propre record à chaque diffusion.
À une époque où les dramas des chaînes hertziennes peinaient à dépasser les audiences à un chiffre, ces résultats absurdes pulvérisaient toutes les règles du secteur.
Puis arriva le jour tant attendu du dernier épisode.
« C’est arrivééé !!! »
Le cri assourdissant du réalisateur Woo Young-taek fit trembler le plafond du restaurant de bœuf coréen.
Après avoir fixé l’écran de son smartphone, il se leva d’un bond et lança les deux bras en l’air.
« On a dépassé les 30 % d’audience !!! »
« Ouaiiiiiis !!! »
À peine l’annonce faite, le restaurant haut de gamme, bondé d’employés du département des dramas de tvM, de membres de l’équipe et d’acteurs, se transforma en véritable océan de liesse.
« C’est dingue ! On a dépassé les 30 % ?! »
« Ahahaha !! Putain, c’est ça qu’on veut !! »
« Hé, hé ! Ne videz pas vos verres ! On fait la fête toute la nuit ! Chef de département, commandez encore une caisse de soju et une de bière ! »
« Hein ? Mademoiselle Ye-rin, vous pleurez ? Haha ! Vous êtes si heureuse que ça ? »
« Snif ! Ce n’est pas ça… ! Le scénariste ne veut pas trinquer avec moi ! Ouiaaain ! »
« … Vous êtes vraiment ivre. »
Les bouteilles de bière sautaient comme des bouchons de champagne. On criait de joie et on se tombait dans les bras.
Même Ha Do-woon, qui d’ordinaire fronçait les sourcils à la moindre histoire de budget, avait desserré sa cravate et riait à gorge déployée en avalant des mélanges d’alcool.
Sur le gril, le bœuf coréen haut de gamme, joliment persillé, grésillait joyeusement, tandis que tout le monde riait et trinquait pour fêter l’événement.
« Haha… Trente pour cent. J’ai encore du mal à y croire, scénariste. »
« … »
« Scénariste ? »
Do Jae-hyun me tapota de nouveau l’épaule. Ce n’est qu’alors que je sortis de mes pensées.
« Ah. Vous m’appeliez ? »
« Vous n’avez pas l’air bien. Vous avez mal digéré ? »
« … Non, j’ai juste la tête qui tourne à cause de l’alcool. »
« Ahaha. C’est ça ? Alors prenez un peu de cola avec moi. Je ne tiens pas bien l’alcool non plus. »
Je ris distraitement à la remarque de Do Jae-hyun, puis replongeai dans mes pensées.
Trente pour cent ? On avait vraiment atteint les 30 % d’audience ?
Pour être honnête, j’avais du mal à y croire.
Je pensais que le drama ferait un petit tour de piste après avoir attiré l’attention grâce à la publicité tapageuse du début. Comment avait-il pu en arriver là ? Le monde entier me jouait-il une caméra cachée ?
Quoi qu’il en soit, le réalisateur Woo Young-taek, déjà complètement ivre, tapa sur une bouteille de bière avec sa cuillère et attira l’attention de tous.
« Bon, silence !! Attention !! Applaudissons le père de <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> ! Le plus grand artisan de ce succès : notre scénariste ! »
« … ? »
Comme ça, sans prévenir ?
« Ooooh !! Scénariste ! Scénariste ! »
« Scénariste, prenez un selfie avec nous avant de partir ! »
« Vous avez prévu quoi pour votre prochain drama ? Vous travaillerez encore avec nous, hein ?! »
« Snif ! Scénariste, pourquoi vous avez du cola dans un verre à soju ? Vous ne pouvez pas être le seul à tricher comme ça ! »
En un instant, tous les regards du restaurant se tournèrent vers moi.
Ils se mirent à scander mon nom et à m’applaudir.
« Et ! Nous allons maintenant procéder à la remise du prix tant attendu ! Vous vous souvenez tous du pari qu’on avait fait à la diffusion du premier épisode, pas vrai ? »
Le réalisateur Woo sourit jusqu’aux oreilles et sortit de sa veste une épaisse enveloppe remplie de billets.
« À notre scénariste, la seule personne à avoir parié sur une audience de 30 %, je remets la totalité de la cagnotte ! »
Le réalisateur Woo me fourra l’épaisse enveloppe dans la main. Tous se levèrent et éclatèrent de nouveau en applaudissements.
J’étais en train de devenir fou…
« Et maintenant, scénariste ! Quelques mots, s’il vous plaît ! »
À la demande du réalisateur Woo, les voix bruyantes s’éteignirent peu à peu.
Dans le silence soudain, je pris le temps de choisir mes mots.
J’étais toujours aussi perdu face à la situation, mais je ne voulais pas gâcher l’ambiance.
… Ah, merde. Tant pis.
Je brandis l’enveloppe et lançai :
« Je paie la deuxième tournée avec ça. Mangez et buvez autant que vous voulez. »
« Ouaiiiiiis !!! »
Leurs acclamations et leur ovation debout furent encore plus bruyantes qu’avant.
… Quelle bande de gens honnêtes.
#
[<Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> s’achève en franchissant le cap redouté des 30 % d’audience… Un final glorieux, entré dans l’histoire, avec 30,3 % d’audience !]
Le drama à succès <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> atteignit les 30 % d’audience avec son dernier épisode.
Un chiffre miraculeux, qui avait ramené devant leur téléviseur tous les spectateurs partis sur les plateformes de vidéo à la demande et les contenus courts.
La nouvelle secoua aussi toute l’industrie télévisuelle.
« Bon sang… Ils ont vraiment décroché le gros lot. Le gros lot. »
Les producteurs-réalisateurs du département des dramas de MBS fixaient l’article.
Les yeux dans le vague devant le titre annonçant une audience finale écrasante de 30,3 %, ils laissèrent échapper de longs soupirs incrédules et amers.
C’était ridicule. Non, de quoi leur faire perdre tout sens des réalités.
À vrai dire, MBS n’avait même pas prêté attention à <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> de tvM.
Le seul concurrent qu’ils avaient pris en compte cette saison, c’était <Suspect X> de SBC, qui avait bénéficié d’un budget de production colossal.
Ils étaient convaincus que <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> serait une crevette prise entre deux baleines, le dos brisé dans leur combat.
Et cela aurait dû être le cas.
Pourtant, un jeune scénariste inconnu avait surgi de nulle part et raflé à lui seul tout ce terrain de jeu immense.
Quoi ? Une crevette prise dans un combat de baleines ?
Pas du tout.
À y regarder de plus près, c’était plutôt comme si deux baleines, qui se pavanaient et se battaient en raison de leur taille, s’étaient toutes les deux fait briser la colonne par une crevette de passage.
Face à cette réalité incroyable, les producteurs-réalisateurs réunis ne purent que réprimer un sourire amer.
« Pfiou… Je savais que ça marcherait, mais là, c’est trop… »
« C’était encore possible, les 30 % d’audience ? C’est qui, ce scénariste ? »
« Tss. C’est pour ça qu’on dit que les dramas vivent et meurent avec leur scénario. Regardez-moi ça. Un scénario incroyable, et tout ce jeu d’acteur moribond, toute cette réalisation sur le plateau, ont repris vie d’un coup. »
En entendant leurs lamentations, le producteur-réalisateur de MBS Seol Min-su se frotta le visage et poussa un profond soupir.
L’envie lui retournait l’estomac.
Il devait regarder tvM, une chaîne dont il ne s’était même pas soucié, monopoliser tout cet engouement et ces recettes publicitaires.
Le regret, l’envie et la jalousie pesaient lourd dans le bureau du département des dramas de MBS.
« Non, qu’est-ce que vous racontez tout à coup ?! »
À cet instant, le producteur en chef Gong Myeong-ho poussa la porte et brisa le silence en criant.
Les producteurs-réalisateurs se tournèrent naturellement vers lui, mais Gong ne leur accorda pas un regard et hurla dans son téléphone :
« Scénariste Park ! Nous venions de conclure l’accord pour signer le contrat ! Qu’est-ce que vous voulez dire, vous vous désistez maintenant ? »
« Vous avez seulement dit que ce serait dans la case principale ! Vous n’avez jamais précisé que le jour et l’heure seraient ceux de cette case-là ! »
La voix de la scénariste Park, qui sortait du combiné, était empreinte de trahison et d’urgence.
Gong tressaillit et baissa rapidement d’un ton.
« C-c’est comme ça ! Les horaires de diffusion peuvent toujours changer… ! Et puis, la direction a trouvé votre scénario si bon qu’elle a décidé de le lancer tout de suite… »
« Ha ! Ne dites pas de bêtises. Vous me prenez pour une idiote ? »
La scénariste Park gagnait aussi sa vie en écrivant à Yeouido.
À force d’entendre les rumeurs qui circulaient, Park avait deviné avec une précision redoutable qu’on allait la sacrifier en la plaçant dans la case maudite.
Gong essuya la sueur froide qui lui perlait au front et tenta de convaincre Park, coûte que coûte.
« Pfiou, calmez-vous. Scénariste Park, écoutez-moi. MBS va assurer une promotion massive… »
« Je ne le ferai pas ! Je vous ai clairement dit de considérer que tout ça n’avait jamais eu lieu. Je raccroche ! »
Clic !
Bip… Bip… Bip…
Sur cette déclaration sans appel, la communication fut coupée.
Gong fixa, impuissant, l’écran du téléphone déconnecté.
« A-allô ? Scénariste Park ! Putain, mais sérieux… ! »
Gong passa les mains dans ses cheveux et laissa échapper un profond soupir accablé.
Il avait passé des jours et des nuits à supplier cette scénariste pour remplir la case vacante.
Mais à peine Park avait-elle appris la date de diffusion, le détail le plus important, qu’elle avait pris la fuite sans se retourner.
Seol Min-su et les autres jeunes employés du bureau détournèrent prudemment le regard.
« Haa… »
Un soupir à faire trembler la terre s’échappa des lèvres de Gong.
Nous qui avions jadis été surnommés le royaume des dramas, nous n’avions même pas de série prête à diffuser. Nous voilà réduits à courir après les scénaristes et à les supplier, pour nous faire recaler.
Incapable de supporter son mal de crâne lancinant, Gong appuya fermement sur sa nuque raide.
« … Hé, Seol Min-su. »
« O-oui, chef de département. »
« Si le directeur du département me demande tout à l’heure, dites-lui que je suis sorti un moment. »
« Oui ? Où allez-vous ? »
Sans répondre, Gong tapota frénétiquement sur son téléphone.
Il passa un appel, mais n’entendit que la tonalité, encore et encore.
« Putain… Pourquoi le chef de département Park ne répond pas à mes appels ? »
Après avoir craché ces mots agacés, Gong ouvrit la porte et sortit.
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Gong Myeong-ho, de MBS, partit aussitôt.
Il se rendait chez Studio Miracle, une grande société de production indépendante.
La raison de sa visite était évidente.
Park Ho-seong, chef de département chez Studio Miracle, était réputé dans le secteur pour ses nombreuses relations et son flair pour dénicher les informations.
Comme il lui fallait absolument un scénariste ou un scénario, Gong comptait faire pression sur Park pour qu’il lui présente un scénariste intéressant.
Il y avait aussi des circonstances franchement suspectes.
Depuis que Gong l’avait appelé quelques jours plus tôt à propos du trou dans la grille de diffusion, le chef de département Park avait habilement écourté la conversation.
Il semblait également éviter ouvertement tout contact, en enchaînant les prétextes vaseux.
Ce vieux renard. Il doit cacher quelque chose.
Une fois chez Studio Miracle, Gong entra sans attendre.
« Ah, producteur en chef Gong. Que nous vaut votre visite ? »
Un employé de Studio Miracle, surpris de le voir, le salua.
Gong demanda aussitôt : « Le chef de département Park est là ? »
« Ah, le chef de département vient de partir à une réunion à l’extérieur. Il n’est pas à son bureau. »
À ces mots, Gong se tourna et jeta un coup d’œil au bureau privé de Park Ho-seong, derrière la paroi vitrée.
La lumière était allumée, mais le bureau était bel et bien vide, pas une ombre à l’intérieur.
Il n’est vraiment pas là. Tss, il fallait que ça tombe maintenant.
Pensant s’être déplacé pour rien, Gong claqua la langue et s’apprêtait à repartir, dépité.
« Dans ce cas, dites-lui que je suis passé quand il reviendra… »
Mais son regard s’arrêta soudain alors qu’il se retournait.
Il venait de se poser sur le grand bureau de Park Ho-seong, de l’autre côté de la paroi vitrée.
« … Hein ? Eh bien, regardez-moi ça. »
Au milieu des dossiers éparpillés sur le bureau se trouvait une pile de feuilles particulièrement voyante.
Gong travaillait dans le milieu de la télévision depuis plus de dix ans.
De là où il se tenait, l’épaisseur des feuilles et l’allure des caractères lui suffirent pour comprendre de quoi il s’agissait.
Un scénario.
Et un scénario tout frais, dont les coins étaient déjà abîmés, signe qu’on l’avait relu de nombreuses fois.
Gong plissa les yeux.
Je ne pensais pas qu’il était comme ça.
Je le savais ! Il ne m’en avait pas soufflé un mot et gardait jalousement pour lui ce morceau de choix !
À mesure que ses soupçons se changeaient en certitude, Gong laissa échapper un rire sans joie.
« Producteur en chef Gong ? Pourquoi vous ne partez pas… ? »
L’employé l’interpella, perplexe, mais Gong s’avança d’un pas assuré et ouvrit la porte du bureau privé de Park Ho-seong.
« A-attendez ! Producteur en chef ! Vous ne pouvez pas entrer comme ça… ! »
« Je n’en ai que pour un instant. »
Sans tenir compte de l’employé affolé qui tentait de l’arrêter, Gong s’approcha du bureau comme s’il était possédé.
Quel chef-d’œuvre Park, un vétéran du secteur, avait-il donc caché avec tant de soin pour le garder rien que pour lui ?
Ne pouvant plus contenir sa curiosité, Gong tendit prudemment la main et ramassa le lourd scénario, qui n’avait même pas encore de vraie page de couverture.
« Vous avez dit qu’il n’y avait pas un seul scénario prêt à être produit. Alors, qu’est-ce que c’est ? »
En claquant la langue, Gong ouvrit la première page.
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