Chapitre 117
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B
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◈ Whispers of a Scheming Demon ◈
Chapitre 117 : Un invité indésirable
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Le soleil n’allait pas tarder à se coucher, pourtant un invité venait d’arriver.
La Maison Leonar l’avait envoyé, et il n’avait pas été convié.
Il s’était présenté chez quelqu’un d’autre en fin de journée, sans prévenir.
Aucun hôte ne pouvait accueillir une telle conduite. Une personne attachée aux convenances aurait même pu s’en sentir offensée.
Johan, lui, voyait les choses autrement.
La situation lui paraissait simplement étrange à bien des égards.
La Maison Leonar avait renié ses propres principes en plaçant un espion auprès de Johan.
À présent, elle avait aussi oublié les convenances et s’était invitée chez lui.
Elle n’avait plus grand-chose à voir avec celle du roman d’origine.
Qu’est-ce qui avait transformé ces nobles chevaliers en petits comploteurs ?
Johan voulait élucider la question sans tarder.
Il regarda Haman.
« Combien de temps reste-t-il avant le coucher du soleil ? »
Haman répondit d’un ton incertain.
« J-je ne saurais pas vous dire exactement, mais le soleil devrait se coucher d’ici une heure. »
Johan tourna les yeux vers l’extérieur.
Le crépuscule commençait à tomber.
« Une trentaine de minutes, alors. »
C’était assez pour régler rapidement cette affaire.
Johan s’adressa à Haman.
« Conduisez l’invité au salon. »
Haman eut l’air inquiet.
« …Vous croyez que c’est une bonne idée ? »
Il avait passé la nuit précédente au domaine.
La nuit, le manoir était clairement différent de ce qu’il était en journée.
Il semblait désolé et sinistre.
Peut-être que, comme le prétendaient les rumeurs, Johan étudiait vraiment des arts rituels interdits la nuit.
Johan fixa Haman.
« Qu’est-ce qui vous inquiète ? Vous avez peur que le marquis découvre ma véritable identité ? »
Haman fut complètement décontenancé.
« V-votre véritable identité ? Qu’est-ce que vous voulez dire… ? »
Johan eut un petit ricanement.
« C’était une plaisanterie. Ne vous inquiétez pas. Faites simplement entrer l’invité. Il ne se passera rien. »
Haman esquissa un sourire gêné.
« Haha, très bien, je ferai comme vous dites. »
Il quitta aussitôt le bureau.
Johan se dirigea lui aussi vers le salon.
* * *
Dès qu’il ouvrit la porte, l’éclat d’une armure dorée attira l’attention de Johan.
Le blason du lion noir représenté sur le plastron semblait le fixer droit dans les yeux.
Le regard du chevalier était aussi imposant que le blason.
Le chevalier inclina légèrement la tête devant Johan.
« Je salue le Veilleur de Narak. Je suis Mamon Leonar, chevalier de la Garde royale. »
Depuis des temps immémoriaux, la Maison Leonar ne servait que la famille royale.
Tout chevalier portant le nom de Leonar servait la famille royale.
Parmi eux, les membres de la Garde royale faisaient passer la famille royale avant leur propre maison.
Autrement dit, le chevalier qui se tenait devant lui n’était pas venu en représentant de la Maison Leonar.
Il s’était rendu au domaine du baron Myatro au nom de la famille royale.
Johan en fut quelque peu surpris.
« Le roi m’a envoyé quelqu’un ? »
Le roi actuel du Royaume d’Artelga ne s’intéressait absolument pas à la politique.
Il ignorait probablement même que le Veilleur de Narak était arrivé dans la capitale royale.
Ce roi fantoche n’avait aucune raison de s’intéresser à Johan.
Johan trouva la situation étrange, mais n’en laissa rien paraître.
« Enchanté, sire Mamon. Je suis Johan Myatro. Je vous en prie, asseyez-vous. »
À l’invitation de Johan, ils s’assirent l’un en face de l’autre à la table.
Le chevalier prit la parole.
« Pour commencer, je tiens à m’excuser. Je vous ai manqué de respect en venant vous voir à une heure aussi tardive. Je vous prie de m’en excuser. »
Le jeune chevalier avait l’air sincèrement contrit.
Ses yeux tremblaient légèrement.
« …De la honte ? »
Johan ne comprenait pas son comportement.
Arriver tard chez quelqu’un était discourtois, mais pas au point de faire se tortiller un homme de honte.
S’il s’agissait d’une affaire urgente, il était tout naturel de se présenter sans prévenir.
Et puis, ce chevalier ne représentait-il pas la famille royale ?
Il aurait dû se montrer fier et digne où qu’il aille.
Or, son comportement n’avait rien d’assuré.
Le chevalier ne parvenait pas à cacher sa honte.
Il devait y avoir une autre raison.
Johan répondit d’un ton calme.
« Ce n’est rien. Si la famille royale est venue sans prévenir, c’est qu’elle avait ses raisons. Je comprends, alors ne vous en faites pas. »
Le chevalier déglutit, puis regarda Johan.
L’inquiétude qui brillait dans ses yeux s’estompa peu à peu.
Une sorte de détermination prit sa place.
« Qu’est-ce qui lui prend ? »
Le chevalier ouvrit lentement la bouche.
« C’est vrai. Si je suis venu vous voir à cette heure-ci, c’est pour une raison. »
L’atmosphère changea du tout au tout.
« Je vous écoute. »
« Cela fait déjà plus de trois jours que le Veilleur est arrivé dans la capitale royale. Est-ce exact ? »
« Cela doit faire à peu près autant de temps. »
Le regard du chevalier se fit plus perçant.
« Alors pourquoi n’avez-vous pas demandé audience à Sa Majesté ? »
Le chevalier venait de lui poser une question à laquelle il ne s’attendait pas du tout.
« …Pourquoi n’ai-je pas rencontré le roi ? »
La raison était simple.
Le roi n’était qu’une marionnette.
Toutes les décisions du royaume étaient prises par le Conseil, et le roi approuvait ses décisions sans même les examiner.
Johan n’avait aucune raison de rencontrer le roi.
Le temps qu’il aurait passé avec lui aurait été purement et simplement perdu.
Bien sûr, il ne pouvait pas dire cela au chevalier qui lui faisait face.
Johan hésita un instant avant de répondre.
« J’ai entendu des rumeurs sur l’état de Sa Majesté. Si j’ai bien compris, il n’est actuellement pas en mesure de s’occuper des affaires de l’État. »
« Il ne s’agit pas des affaires de l’État. En tant que noble du royaume et membre du Conseil, le Veilleur a le devoir de demander audience à Sa Majesté et de prendre de ses nouvelles à son arrivée dans la capitale royale. Alors pourquoi ne l’avez-vous même pas rencontré une seule fois ? »
Le chevalier avait raison.
Même si le roi était alité, Johan devait au moins montrer qu’il souhaitait le rencontrer.
Il devait laisser au roi la possibilité de refuser l’audience.
Johan n’avait pas pensé au roi une seule fois.
Le temps qu’il aurait à lui consacrer lui semblait trop précieux.
Johan prit la parole.
« J’ai été quelque peu accaparé depuis mon arrivée dans la capitale. Je viendrai bientôt lui rendre visite, alors ne le prenez pas mal. »
Il n’avait pas l’intention de se lancer dans un bras de fer avec le chevalier au sujet du roi.
Johan voulait clore le sujet et en venir à l’essentiel.
Le soleil allait bientôt se coucher.
Le chevalier fronça les sourcils.
« Sa Majesté est fort mécontente. Pourquoi ne pas aller le voir tout de suite ? »
Johan fut envahi par le doute.
Il avait cru que le chevalier parlait d’audience pour le pousser à agir avant d’en venir au véritable sujet.
Il s’était trompé.
Le véritable sujet du chevalier, c’était l’audience elle-même.
Johan trouvait cela très étrange.
Le roi, que tout ennuyait, ne voudrait jamais rencontrer Johan.
Même si Johan lui demandait une audience privée, le roi la refuserait sans doute.
Johan répondit calmement.
« Sa Majesté souhaite me voir maintenant ? »
Le chevalier acquiesça.
« C’est exact. Il m’a ordonné d’escorter le Veilleur de Narak au palais le plus vite possible. »
Foutaises.
Le roi ne donnerait jamais un tel ordre.
Johan en était certain, puisqu’il avait lu le roman d’origine.
Il étudia discrètement l’expression du chevalier.
« Il n’a pas l’air de mentir. »
Le roi avait-il été possédé par un fantôme, d’une façon ou d’une autre ?
Sans cela, cette situation n’avait aucun sens.
Johan répondit.
« Il se fait tard. Fixons plutôt une heure pour l’audience demain. »
Le visage du chevalier se durcit, empreint de détermination.
Il parla à voix basse.
« Dois-je invoquer un ordre royal pour que vous obtempériez ? »
Johan en resta bouche bée.
« Pourquoi insiste-t-il autant ? »
À ce stade, on aurait dit que quelqu’un lui avait tendu un piège et attendait qu’il tombe dedans.
Johan déglutit.
« …S’il s’agit d’un ordre royal, j’obéirai. Laissez-moi le temps de me préparer. »
Johan n’avait aucun motif valable pour refuser un ordre du roi.
Il devait gagner au moins un peu de temps pour réfléchir.
Le chevalier acquiesça.
« Très bien. Mais ne faites pas trop attendre Sa Majesté. »
Johan quitta aussitôt le salon.
* * *
L’esprit de Johan tournait à toute vitesse.
Il repassa toute leur conversation en revue.
« Le chevalier avait clairement honte. »
Les chevaliers de la Maison Leonar tenaient l’honneur autant à cœur que leur propre vie. Ils ne toléraient pas la moindre honte en eux-mêmes.
S’ils éprouvaient de la honte, il devait y avoir une raison.
Laquelle ?
Absorbé dans ses pensées, Johan parvint à une conclusion.
Le chevalier participait à un complot parce qu’il avait reçu un ordre auquel il ne pouvait pas désobéir.
C’était probablement la bonne explication.
Il était tout aussi évident de savoir qui avait donné cet ordre.
Le roi.
Les chevaliers de la Garde royale n’obéissaient qu’aux ordres royaux.
Pour eux, le roi passait même avant le marquis Leonar, le chef de leur maison.
Un ordre du marquis Leonar ne pouvait pas ébranler les convictions d’un chevalier de la Garde royale.
Seul un ordre royal pouvait les faire plier.
Plusieurs questions lui vinrent à l’esprit.
Comment et pourquoi ce roi fantoche tramait-il un tel complot ?
Le roi avait-il également envoyé Verdan le Mimétique ?
Quoi qu’il en soit, le roi était clairement mêlé à cette affaire.
Johan claqua la langue.
« C’est embêtant. »
Il devait rencontrer le roi sans tarder.
Même s’il parvenait à s’en tirer aujourd’hui, le roi continuerait à faire pression sur lui.
Il ne savait même pas pourquoi le roi agissait ainsi.
Une variable plus importante que prévu venait d’apparaître.
Sans l’aide du roman d’origine, Johan allait devoir s’en sortir en ne comptant que sur ses propres capacités.
Dans le cachot souterrain du domaine du baron, Johan fixait silencieusement l’intérieur à travers les barreaux de fer.
Verdan gisait nu, face contre terre.
Johan le regarda et marmonna :
« …Je vais devoir me servir de lui. »
Grâce à l’Autorité mimétique, il pourrait au moins gérer la crise immédiate.
Il pouvait envoyer Verdan au palais royal à sa place, déguisé en Johan, puisque Johan ne pouvait pas agir la nuit.
C’était sans doute la meilleure option.
Pourtant, cela ne dissipa pas son étrange malaise.
Johan n’arrivait pas à se défaire de l’impression que cette idée lui avait été soufflée par quelqu’un.
Ce cadeau nommé Verdan lui était tombé entre les mains comme par magie et, peu après, la situation l’avait contraint à s’en servir.
Tout s’enchaînait avec beaucoup trop de facilité.
Quelqu’un était peut-être en train de manipuler Johan comme une marionnette.
« …Est-ce que je me fais des idées ? »
Johan déglutit.
Son inquiétude et ses soupçons ne cessaient de grandir.
Il avait tellement sollicité son esprit que ses pensées commençaient à se gripper.
« Merde ! »
Il jura et saisit une pince en fer.
Il devait d’abord s’arracher l’ongle.
Après le coucher du soleil, même s’il voulait s’arracher l’ongle de Johan, il ne le pourrait plus.
Il deviendrait Mapheltan.
Johan posa la pince sur l’ongle de son annulaire.
Il l’avait déjà fait une fois, mais la peur était toujours là.
Même si son âme avait été endurcie, la douleur était une autre affaire.
Johan ferma les yeux très fort.
Puis il tira sur la pince.
Crac.
Un bruit écœurant retentit.
Un ongle d’un blanc pur était coincé entre les mâchoires de la pince.
« Gnh, hrrrgh ! »
Johan laissa échapper un souffle rauque.
Le sang coulait à flots de sa main.
« …Je ne m’y habituerai jamais. »
La douleur était atroce.
Tandis qu’il gémissait, la douleur disparut soudain.
Une puissance se mit à bouillonner dans tout son corps.
Un ongle noir repoussa à la place de celui qu’il venait d’arracher.
Johan devint un démon.
Mapheltan lança l’ongle de Johan à travers les barreaux.
« Avale-le. J’ai quelque chose à te faire faire. »
Quoi qu’il arrive, il n’avait pas le choix : dans cette situation, il devait se servir de Verdan.
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