Chapitre 12
La porte noire sur le mur blanc avait un look très stylé. La poignée semblait un peu complexe aux yeux de Max, avec son immense écran et ses boutons tactiles un peu partout.
Une serrure connectée ? Pas mal.
Grâce à sa compétence [Serrurier], Max savait de quel type de verrou il s'agissait. Bien qu'il n'ait jamais vu ce genre de modèle de sa vie, Johann utilisa une clé pour ouvrir la porte, et les trois autres lui emboîtèrent le pas.
« Voici l'espace de vie, avec une télé de 55 pouces. Ça, c'est la chambre principale, et là, c'est une autre chambre. La cuisine est séparée par là. Tout est moderne et a été choisi par ma fille.
Si vous abîmez quoi que ce soit, je vous demanderai un dédommagement — les canapés, les meubles de cuisine, les lits — tout est flambant neuf. Alors, qu'en dites-vous ? »
Max fit le tour du propriétaire. L'appartement était vraiment bien. Il comportait deux pièces. Il pourrait transformer la plus petite en bureau privé. 3 000 € n'était pas grand-chose comparé à la sécurité qu'il y gagnait, et la vie semblait bien plus simple avec tout ce mobilier déjà à sa disposition.
« Je crois que je vais le prendre. »
« Maxi, on peut se parler un instant ? En privé. »
Alors que Max hochait la tête et venait de lâcher sa décision, la main de Blanka se posa sur son épaule avec une certaine intimité, interrompant la conversation. Danica semblait être de mèche avec sa sœur. Elle s'avança pour distraire le vieux Johann.
« Bien sûr, parlons dans cette chambre. »
« D'accord. »
Max comprit immédiatement qu'il se tramait quelque chose, alors il joua le jeu et désigna la chambre la plus proche. Blanka, hochant la tête joyeusement, passa devant, et après que Max fut entré, elle verrouilla la porte.
« Qu'est-ce que tu fais, Max ? »
« Qu'est-ce que je fais ? Je ne comprends pas ? »
« La caution est de 15 000 € et le loyer de 3 000 € pour ce mois-ci, soit 18 000 € au total. C'est beaucoup d'argent, Maxi. »
« Je comprends. Ne t'inquiète pas, j'ai plus que ça. J'ai vendu ma petite entreprise avant de venir ici. »
En voyant l'inquiétude dans ses yeux, Max la laissa l'appeler Maxi. Certaines personnes deviennent proches sans même essayer. En apprenant qu'il avait plus que cette somme, Blanka plongea son regard dans le sien pendant quelques secondes, puis hocha la tête.
« C'est un bel endroit. Je viendrai traîner ici avec toi. »
« S'il te plaît, ne fais pas ça... »
Max voulait lui expliquer à quel point il était important d'étudier durant sa première année, mais il échoua. Elle sortit de la pièce en courant, toute excitée. Max ne put que regarder son dos tandis qu'elle murmurait quelque chose à l'oreille de Danica, qui hocha la tête en réponse.
Secouant la tête, Max sortit de la chambre. Danica acquiesça et mit fin à sa discussion avec Johann pour les laisser régler les détails de l'appartement.
« Alors, qu'en dites-vous ? »
« Je pense que je vais le prendre. Vous acceptez les espèces ? »
« Je n'accepte que les espèces. »
« Ravi de vous rencontrer. Je m'appelle Maximilian Weber. »
« Johann Wadephul. »
Max tendit la main au propriétaire pour sceller l'accord. Johann la serra avec un sourire aux lèvres. Il serra ensuite la main de Danica, qui lui avait amené un locataire aussi agréable et qui n'avait même pas cherché à négocier.
« Les fêtes bruyantes sont interdites. Je me fiche du nombre de filles que vous ramenez ici. Je vais appeler mon avocat pour préparer les documents. »
« Compris. Je paierai six mois d'avance. »
« Comme vous voulez. Prenez cette clé et cette carte pour entrer. C'est la mienne ; je vous donnerai les vôtres quand nous signerons le contrat dans environ deux heures. »
Johann quitta l'appartement en s'appuyant sur sa canne, laissant le trio seul. Max voulait payer d'avance car il avait entendu dire qu'à Munich, les propriétaires pouvaient augmenter le loyer à tout moment. Tout dépendait de la situation. Personne n'allait voir la police pour une légère hausse de loyer.
« Félicitations, ton appartement est mieux que le mien, je ne vais pas mentir. »
« Maxi, je serai là dès que j'aurai du temps libre pour que tu ne t'ennuies pas à mourir. »
Les deux sœurs étaient ravies. Danica avait l'impression d'avoir vraiment pu aider et de sceller pour de bon la nouvelle amitié de sa sœur, tandis que Blanka était ravie de s'être fait un nouvel ami dès son premier jour ici.
« O... ouais, merci. »
Max se gratta la tête, embarrassé. Il n'était pas habitué à ce genre de situation. Puis il regarda autour de lui et prit une grande inspiration. La qualité de l'air était excellente, et ça sentait le chez-soi — son propre chez-soi.
C'est au-delà même de mon meilleur rêve.
« Bon, ne te réjouis pas trop vite. Tu as besoin de courses, de vêtements et de plein d'essentiels — des choses du quotidien. »
En disant cela, Danica s'installa confortablement sur le canapé tandis que Blanka partait explorer les lieux. Max hocha la tête en signe d'accord. L'appartement possédait tous les meubles nécessaires et une cuisinière. Il devait acheter des ustensiles et de la nourriture.
« Je pense que vous devriez vous reposer ici. Je vais descendre chercher l'argent et de quoi manger. Après ça, vous pourrez me faire visiter un peu plus. J'en profiterai pour explorer le quartier. »
Max fit cette suggestion en voyant le visage fatigué de Danica, alors qu'il ne savait même pas où Blanka était passée. Elle était comme un petit bébé, curieuse de tout.
« Ça me va. Ça te dérange si je fais une sieste ? Je n'ai pas bien dormi la nuit dernière. Travailler en indépendante a ses avantages. »
« Bien sûr. Faites comme chez vous. »
Max hocha la tête avec bonheur. Puis, prenant son sac à dos et la carte d'accès à l'immeuble, il sortit. Dans l'ascenseur, il compta tout l'argent qu'il avait — 9 900 € en billets de 100 €, le reste étant de la monnaie.
Il me faut 33 000 €. Je garderai ces 900 € pour les dépenses courantes. D'abord, je vais retirer 24 000 € maintenant pour payer cet appartement. Ensuite, demain, j'irai acheter des vêtements et tout le reste, puis je retirerai encore un peu pour valider la mission secondaire.
Un sourire apparut sur le visage de Max alors qu'il planifiait son avenir. Ses années d'inquiétude avaient laissé une légère marque sur son front, à force de trop plisser les yeux. Il comptait bien y remédier aussi.