Chapitre 382
382 Chapitre 143
Alors que Maxi tentait de protester, Riftan pivota brusquement, comme pour lui signifier qu’il n’en démordrait pas.
« Si je ne lui arrache pas les crocs maintenant, il fera de même avec moi. Je ne me laisserai plus jamais réduire à l’impuissance. »
Il faisait allusion à la médiation au domaine du comte de Loverne. Maxi pinça les lèvres. En effet, même si Riftan renonçait à sa vengeance, son père ne les laisserait jamais en paix. Elle était certaine que le duc de Croyso avait continué à comploter contre son mari pendant son absence.
Maxi se mordilla la lèvre, submergée par la culpabilité. Elle se sentait incapable de lever les yeux vers Riftan, tant elle avait honte des innombrables épreuves qu’il avait traversées à cause d’elle. Son père avait transformé la majeure partie de sa vie en cauchemar, mais cela ne comptait plus guère à ses yeux. Toutefois, s’il osait aussi plonger Riftan dans l’angoisse, elle ne pourrait jamais lui pardonner ni se le pardonner.
Après avoir contemplé en silence le dos large de Riftan, Maxi lâcha : « Avez-vous jamais pensé… que v-vous aviez souffert à cause de votre mariage avec moi ? »
Riftan s’interrompit alors qu’il posait son gilet de cuir sur une chaise, puis tourna lentement la tête vers elle. Incapable de soutenir son regard, Maxi baissa les yeux.
Elle ne savait pas pourquoi elle avait posé une telle question. Après toute l’affection dont il l’avait comblée, elle ne comprenait pas qu’elle puisse encore nourrir de tels doutes et de telles insécurités.
Rouge de honte, elle poursuivit d’une voix précipitée : « À y réfléchir… il est de coutume que les nobles nouent de puissantes alliances… ou renforcent leur influence par le mariage. Or, en m’épousant, non seulement vous avez dû affronter d’innombrables épreuves… mais vous vous êtes aussi fait un ennemi à vie. »
Une boule dans la gorge, elle s’interrompit. Elle déglutit, puis reprit faiblement : « Il serait tout à fait normal que vous vous demandiez ce qui aurait pu arriver… s-si vous aviez épousé quelqu’un de plus convenable. »
« Qu’entendez-vous par “convenable” ? »
Maxi tressaillit en entendant le froid dans sa voix. Elle releva la tête et vit son air mécontent.
Riftan ôta sa tunique de laine, dévoilant une fine chemise, et la jeta sur la table.
« J’aimerais vraiment savoir, dit-il en s’approchant lentement d’elle, ce que vous considérez comme une épouse convenable. »
Son ton sévère la fit se recroqueviller, mais Maxi se força à répondre calmement : « C-Comme vous êtes souvent appelé à partir en guerre… une femme issue d’une famille capable de vous soutenir dans vos campagnes aurait été un bon parti. Et il aurait été préférable que son domaine se trouve près d’Anatol. Et… puisque vous investissez beaucoup dans le commerce… ce serait parfait si sa famille pouvait aussi vous aider dans ce domaine. Et puis… »
« Et puis quoi ? » demanda-t-il avec ironie, les bras croisés sur la poitrine.
Maxi savait qu’il serait sage de s’arrêter là, mais une impulsion incompréhensible la poussa à continuer. « C-Comme vous êtes exceptionnellement grand… quelqu’un de plus grand aurait été un bon parti. Quelqu’un de plus grand et de plus belle… Plus sûre d’elle, et… »
Plus elle parlait, plus elle avait l’impression de se faire du mal. Après avoir promené son regard avec nervosité, elle conclut maladroitement : « Quelqu’un sans cicatrices… aurait été préférable. »
Un silence terrible envahit la pièce. Maxi fixa le sol et retint son souffle. Son visage brûlait, comme si elle venait de révéler quelque chose de honteux. Elle lui avait dévoilé toute l’étendue de son insécurité. À mesure que le silence s’éternisait, elle se mordit la lèvre avec anxiété, puis releva la tête pour retirer ses paroles.
Riftan lui prit le menton avec précaution, comme s’il avait affaire à du verre fragile. « Malgré toutes tes cicatrices, tu t’efforces de protéger les autres… et tu n’as pas idée à quel point je trouve cela touchant. »
Maxi leva les yeux, surprise, et croisa son regard sombre, empreint de douleur. Il abaissa ses longs cils, comme pour enfouir ses émotions. Avec douceur, il écarta de son front une mèche rebelle et la glissa derrière son oreille.
« Cette facette de toi m’emplit d’effroi, et pourtant, c’est précisément elle qui m’attire depuis si longtemps. Dès que j’ai compris que tu cherchais quelqu’un à qui te raccrocher et qui te protégerait, j’ai brûlé d’être cette personne. »
« Que voulez-vous dire par “depuis si longtemps”… ? »
Maxi poussa un cri lorsque Riftan la souleva du sol. Il la prit dans ses bras et la porta derrière un paravent.
Dans la chaleur de l’air saturé de vapeur, Maxi ouvrit de grands yeux en découvrant la baignoire remplie d’eau chaude. La servante avait dû la préparer pendant qu’ils mangeaient en bas. Après l’avoir délicatement assise sur un support, Riftan lui ôta son manteau d’un geste habile et le laissa tomber au sol.
« Qu’avez-vous dit d’autre ? Une femme plus sûre d’elle, c’est ça ? » Un sourire en coin étira ses lèvres. « Il faudrait exhumer les tombes des anciennes reines guerrières pour trouver une femme plus imposante et plus digne que mon épouse, ce soir. Mais un tas d’ossements ne m’intéresse guère. »
Maxi rougit. Riftan lui passa sa tunique par-dessus la tête, la laissant vêtue d’une fine chemise.
Il la contempla un instant en silence, puis déclara d’une voix rauque : « Aucune femme au monde n’égale ta beauté. »
« J-Je crains que vos yeux n’aillent pas très bien, murmura Maxi, tentant d’apaiser la joie débordante qui chantait dans sa poitrine. Comment pouvait-il affirmer une chose pareille alors qu’il connaissait personnellement Rosetta et la princesse Agnes, deux femmes considérées comme les incarnations de la beauté à Wedon ? »
Remarquant son incrédulité, Riftan fronça les sourcils et prit un ton plus sérieux. « Tu es vraiment adorable. »
Sur ces mots, il lui retira lentement ses bas moulants. Maxi frissonna lorsqu’un courant d’air froid effleura ses mollets. Riftan défit sa tresse et passa doucement les doigts dans ses cheveux, le regard brûlant de désir. Chaque fois qu’il la regardait ainsi, elle se sentait la plus belle femme au monde.
Il prit une mèche de ses cheveux, la leva vers la lumière vacillante du feu, puis la porta à ses lèvres. Lorsque Maxi tendit les deux bras vers lui, il les passa autour de son cou et l’embrassa avec tendresse.
Maxi gémit tandis que sa langue douce et humide caressait l’intérieur de sa bouche. Ses doigts rencontrèrent la chaîne d’or de la médaille autour du cou de Riftan. Elle enroula la chaîne autour de son doigt et tira doucement dessus, avant de caresser ses cheveux et ses oreilles. Bientôt, un gémissement fiévreux s’échappa aussi de Riftan.
Comme pour apaiser le désir qui montait en lui, il rompit le baiser et posa sa joue contre sa tempe. « Oublie tout ce que cet homme t’a raconté. Tu es la personne la plus courageuse, la plus noble et la plus belle que je connaisse. Tu me crois, n’est-ce pas ? »
Maxi hocha la tête, et il inclina la sienne pour embrasser sa paupière.
« Chaque fois que tu recommenceras à douter de toi, demande-moi de te dire qui tu es, murmura-t-il. Je te le répéterai autant de fois qu’il le faudra. »
Maxi leva les yeux vers lui à travers ses cils humides. Une fois encore, elle comprit qu’elle lui faisait entièrement confiance, jusque dans le moindre de ses mots et de ses gestes.
Après l’avoir contemplé d’un regard brûlant, elle tira fébrilement sur sa chemise. Riftan s’exécuta aussitôt et se débarrassa de son vêtement. La pièce d’or suspendue à son cou oscilla comme un pendule, puis se posa sur sa poitrine hâlée.
Maxi contempla son mari, ravie. Il était véritablement magnifique dans la pénombre éclairée par le feu.
« À toi, maintenant », l’encouragea-t-il en lui tirant la main.
Maxi descendit du support et ôta sa chemise. Elle se tint entièrement nue sous son regard ardent.
Lorsqu’elle entra dans le bain tiède, Riftan retira son pantalon et se glissa derrière elle dans l’eau. Ses jambes musclées se placèrent de part et d’autre des siennes, tandis que son abdomen sculpté et son torse robuste formaient un mur contre son dos. Un soupir de contentement lui échappa.
Riftan lui prit doucement un sein dans sa grande main nerveuse et le pressa, puis glissa la main entre ses jambes. Il laissa échapper un souffle rauque en sentant son humidité.
Dans un grondement sourd, il lui souleva les fesses et s’enfonça lentement en elle.
La tête de Maxi bascula en arrière tandis qu’il se mettait à bouger à un rythme languissant, faisant trembler son corps. Son esprit se vida de toute pensée, submergé par ces sensations douces et électrisantes. Elle oublia sa colère contre son père et son angoisse face à la guerre, s’abandonnant au plaisir.
Le lendemain, l’armée de la coalition repartit sans tarder et reprit sa marche vers l’est. Par chance, l’accueil hostile ne se répéta pas à chaque étape dans le duché. La plupart des habitants accueillirent les chevaliers venus les sauver des monstres, et les aubergistes se réjouirent de voir leurs chambres occupées.
En revanche, les chevaliers du duché imitèrent le comportement de Hedna Borman. La situation était exaspérante, mais l’armée se retrouvait impuissante. Elle ne pouvait ni s’opposer à la décision du Conseil des Sept Royaumes et faire demi-tour, ni punir les vassaux du duc pour leur insolence.
Maxi dut contenir sa colère bouillonnante tout au long de sa chevauchée. Sa haine envers son père grandit à chaque pas dans le duché, tandis qu’elle se rapprochait des monts Lexos.
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