Chapitre 145
Chapitre 145
Traducteur – LN
Correctrice – Nymeria
Note : Au début, Uslin s’appelait Rikaido, puis son nom a été changé en Ricardo. Nous avons décidé de revenir à chevalier Uslin Rikaido, qui nous semble plus exact.
Riftan lança un regard noir à Agnes, qui souriait d’un air triomphant.
« Ça ne te dérange pas ? demanda-t-il.
« Que puis-je dire, puisque je ne suis qu’une invitée ? Je te suis reconnaissante de laisser ta femme m’accompagner. »
La princesse posa une main sur sa poitrine en un salut moqueur. À cet instant, Maxi rougit, souhaitant être ne serait-ce qu’à moitié aussi sûre d’elle, et éprouva de la peine pour Agnes : c’était à cause de sa propre faiblesse que Riftan se sentait obligé de leur envoyer un garde. Pourtant, elle était aussi ravie d’avoir obtenu sa permission de quitter le château.
Riftan regarda la princesse royale sans sourire.
« Tu n’as pas changé d’un iota. »
Son ton était froid et peu accueillant, mais Maxi sentit son cœur s’arrêter. Agnes devait être habituée à sa rudesse ; autrement, comment Riftan oserait-il s’adresser ainsi à la princesse ? Un lien invisible semblait les unir, forgé au fil de leurs aventures communes.
Maxi baissa les yeux, sentant la tension monter. L’atmosphère se détendit vite, mais elle ne parvint pas à oublier avec quelle familiarité Riftan avait parlé à Agnes, sans titre ni formule de politesse. C’était une alliée qui avait combattu à ses côtés. Les chevaliers du Dragon rouge, Ruth et la princesse : tous avaient gagné la confiance de Riftan. Et pourtant, son épouse, elle, n’avait rien fait. Qu’avait-elle accompli pour mériter son affection et sa confiance ?
Comme son visage s’assombrissait sous le poids de ces pensées, Riftan fronça les sourcils et effleura du bout des doigts quelques mèches de ses cheveux.
« Tu peux faire ce que tu veux. Ne te vexe pas, maintenant. »
Maxi eut un faible sourire, tentant de dissimuler la jalousie qui l’habitait. Riftan esquissa un sourire de soulagement, puis but une gorgée de vin. Son expression s’étant adoucie, elle éprouva soudain l’envie de grimper sur ses genoux pour l’embrasser. Elle voulait toucher son beau visage viril, enfouir le sien contre son torse puissant et respirer son odeur pour toujours.
Pourquoi fallait-il qu’elle le désire à ce point ? Si quelqu’un découvrait ce qu’elle pensait…
Maxi cacha son visage derrière son verre, faisant semblant d’avoir soif. Ces émotions lui étaient si nouvelles qu’elle se sentait seule, comme une enfant perdue en terre étrangère.
***
Maxi se souvenait seulement d’avoir bu une gorgée pour chasser son malaise, mais lorsqu’elle se réveilla, elle se retrouva au lit. Elle cligna des yeux, perplexe, dans l’obscurité. Riftan était à côté d’elle et retirait les ornements de ses cheveux, tout en dénouant les rubans de sa robe, déjà desserrés.
« C’est une putain de torture », grogna-t-il en lui ôtant le reste de sa robe.
Elle fronça les sourcils et le regarda sous ses cils. Il la vit étendue là, sans défense, dans sa fine chemise transparente.
« J’ai envie de toi, mais je ne peux pas. Pas dans cet état. Tu sais à quel point tu me rends les choses difficiles ? »
Maxi aurait voulu lui dire qu’il n’avait pas à se retenir, mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Elle ne méritait pas qu’il s’inquiète pour elle : elle avait été distraite et avait trop bu. Sa retenue ne faisait qu’accroître sa honte et son embarras. Elle voulait qu’il la prenne s’il le désirait vraiment, qu’il la voie comme une femme élégante et non comme une pauvre créature négligée. Elle voulait le sentir bander pour elle. Seule dans ses bras, elle pouvait oublier son angoisse et sa solitude.
Riftan s’assit sur le lit et toucha ses cheveux en désordre. Son regard brûlant effleura ses joues, puis il saisit ses doigts avant de lui caresser les seins, trop tenté pour résister plus longtemps. Maxi inspira brusquement et bomba la poitrine, désirant qu’il la touche davantage. Riftan respirait lourdement. Leurs lèvres se rencontrèrent et sa langue humide avait un goût de vin sur celles de Maxi.
Ses oreilles étaient écarlates de plaisir. Les paupières lourdes, elle attendit qu’il retrousse sa chemise et fasse naître un feu entre ses jambes. Les grandes mains de Riftan semblaient lui brûler le torse, ses doigts frémissant çà et là, comme s’ils aspiraient à caresser tout son corps.
Mais il n’alla pas plus loin. Riftan s’éloigna lentement en soupirant, et le lit bougea lorsqu’il se leva. Déçue, Maxi ne tarda pas à se rendormir.
***
Maxi ouvrit les yeux lorsqu’une chose sèche et rêche lui chatouilla la joue : Roy, le chaton noir, venait de se mettre à lui lécher l’arête du nez. Elle se frotta le visage et se redressa. Riftan était déjà parti, comme s’il n’avait jamais été là la veille au soir. Maxi se lava le visage et appela sa servante, Ludis. Heureusement, sa tête ne la lançait pas comme la dernière fois, après une nuit trop arrosée.
« Ma dame, la princesse Agnes est sortie tôt ce matin pour voir le terrain d’entraînement. Elle a demandé à ce que vous la rejoigniez à votre réveil. Que dois-je lui répondre ? demanda Ludis.
Maxi imagina le long voyage du palais royal jusqu’à Anatol. Malgré la route, la princesse Agnes était déjà debout et prête à visiter la ville, avant même elle, sans paraître fatiguée. Maxi ferma les yeux un instant, puis s’empressa de jeter une cape sur ses épaules.
« A-aidez-moi à me préparer pour s-sortir avec Son Altesse. Nous i-irons en voiture voir la ville. M-mais je ne la connais pas t-très bien… Il me faudra une s-servante. »
« Alors, je vous accompagnerai. »
Maxi fut soulagée que Ludis n’ait pas besoin d’autres instructions. Elle-même ne connaissait même pas le chemin du château à la place du marché.
« B-bien. Alors dites à la p-princesse Agnes que nous p-partirons bientôt. »
***
Maxi traversa rapidement la grande salle en direction du terrain d’entraînement. Agnes ne semblait pas être une mauvaise personne, mais Maxi se sentait tout de même mal à l’aise en sa présence. Ce n’était pas seulement à cause des anciennes rumeurs selon lesquelles Riftan l’épouserait : Maxi ignorait encore pourquoi la princesse était venue à Anatol, et devait donc rester sur ses gardes. Agnes était une mage de haut rang. Était-elle vraiment venue du nord jusqu’à Anatol uniquement pour voir un temple ?
Je sais que même si elle a des arrière-pensées… je n’ai aucun moyen de l’en empêcher, mais…
Quand le terrain d’entraînement apparut en vue, Maxi s’efforça de chasser ses sombres pensées.
Le ciel était plus ensoleillé que la veille. Le vent était frais, l’air doux et le sol verdissait sous les premiers signes du printemps. Tandis que les nuages dérivaient paresseusement dans le ciel bleu, Maxi franchit les portes du terrain d’entraînement et reconnut l’accent particulier d’Agnes parmi les cris qui résonnaient dans l’air. La princesse portait un uniforme de chevalier ; Maxi fut à la fois impressionnée et choquée par son audace. Ce jour-là encore, elle portait un pantalon d’homme, mais elle avait en plus revêtu une armure d’argent et brandissait une épée. Elle se déplaçait avec agilité, telle une danseuse, en parant les attaques de son adversaire et en ripostant, tout en écoutant les instructions qu’on lui criait.
« Tu exposes le bas de ton corps. Baisse-toi pour te défendre ! » La voix retentit avec force sur le terrain. Maxi se retourna machinalement et découvrit qu’Uslin donnait ses instructions à la princesse. Depuis que Riftan lui avait donné un coup de poing, elle n’avait plus revu le chevalier, sinon de loin. Le chevalier Uslin Rikaido se tenait toujours dans les escaliers et l’encourageait à grands cris. La princesse s’assit par terre pour se reposer.
« Franchement ! Je croyais m’être bien entraînée, mais je n’ai même pas réussi à porter une seule attaque ! grommela Agnes.
À sa plainte, Uslin sourit et rengaina son épée, laissant le fourreau pendre à sa ceinture.
« Si j’avais du mal à m’entraîner contre une mage, on me renverrait des chevaliers. »
La voix de cet homme distingué, qui regardait toujours Maxi avec désapprobation, était étonnamment douce et bienveillante.
« Mais tu t’es beaucoup améliorée depuis la dernière fois. »
La princesse se releva en marmonnant, l’air contrarié.
« Tu dis ça, mais tu n’as même pas une goutte de sueur. »
Maxi hésita, puis descendit les marches pour les rejoindre. La princesse prit une serviette des mains d’un domestique et s’essuya le visage. Lorsqu’elle aperçut Maxi, elle lui sourit avec bienveillance.
« Bonjour, Maximilian. »
« B-bonjour. Votre c-chambre était-elle c-confortable ? »
« J’ai bien dormi, merci. »
Agnes fronça légèrement les sourcils en regardant Maxi.
« Je t’en prie, parle-moi sans façon. Pas besoin de tant de formalités. »
« Votre A-Altesse… Je ne peux p-pas m’adresser à vous s-sans titre. »
« Maximilian est quelqu’un de prudent, constata-t-elle en hochant la tête. Alors, appelle-moi au moins Agnes. Ça me ferait plaisir. Et comme on ne me rappellera pas sans cesse que je suis de sang royal, ça m’évitera de prendre la grosse tête. »
La princesse était si sûre d’elle que Maxi ne parvenait pas à soutenir son regard bleu intense. Elle baissa donc les yeux, le cœur envahi d’émotions pénibles.
« J-je comprends, dame Agnes. »
« Parfait ! Je veux toujours visiter la ville. Es-tu prête à partir ? »
« O-oui. J’ai donné l’ordre de préparer la v-voiture. »
« Il serait peut-être plus simple d’y aller à cheval, suggéra Agnes.
« U-une servante… v-viendra avec nous. »
La princesse fronça les sourcils, puis haussa les épaules.
« Bon, faisons comme tu veux, dit-elle avec amabilité.
Uslin, qui se tenait en silence derrière la princesse, jeta un bref regard à Maxi, secoua légèrement la tête, puis se tourna pour suivre Agnes.
Une voiture somptueuse, tirée par deux chevaux pur-sang, attendait devant les portes. Maxi monta à bord et s’assit à côté de Ludis. Lorsque la princesse fut prête, elle arriva avec un garde et prit place en face d’elles, tandis que les deux hommes chargés de les escorter, Hebaron et Uslin, encadraient la voiture sur leurs chevaux. Une fois les préparatifs terminés, le cocher leva son fouet et la voiture se mit en route, quittant l’enceinte du château.
Note – LN : En plus de Under the Oak Tree, je traduis maintenant 여주인공의 오빠를 지키는 방법 / La manière de protéger le frère aîné de l’héroïne. Allez le lire ! En une phrase : une femme se réveille dans un roman interdit aux moins de dix-huit ans et doit sauver le prince de sa famille de psychopathes.
Nymeria : Pff, Uslin, tu peux juste… arrêter ? Et Ruth me manque T.T