Chapitre 31
Chapitre 31 — Davantage d’information
Leo tourna une nouvelle page, et le livre aborda un sujet plus complexe : la structure interne des Six Grands Clans.
« Au sein des Six Grands Clans, il existe une multitude de familles secondaires. Et comme ces clans existent depuis des milliers d’années, le nombre de branches à l’époque actuelle est tout simplement absurde.
Prenez le clan Su, par exemple. À lui seul, il compte plus de cent vingt familles de branche. Et même si toutes portent le même nom prestigieux, cela ne veut pas dire qu’elles ont le même poids ni la même influence à l’échelle de l’univers.
En gros, seuls les descendants directs des Dieux qui soutiennent le clan sont considérés comme la branche principale : les véritables jeunes maîtres et jeunes maîtresses de leur lignée. Tous les autres ne sont, au mieux, que des diplomates de luxe qui profitent d’un nom célèbre.
Pour donner un ordre d’idée :
Un vrai descendant de la branche principale impose le même respect qu’un major du Gouvernement Universel. Les membres des branches, eux, n’ont au mieux qu’une influence comparable à celle d’un lieutenant : assez forts pour bousculer des recrues plus faibles, mais totalement impuissants face à une autorité réelle.
Cela dit, ce sont souvent les plus vides qui font le plus de bruit.
Et ce sont les membres des branches, pas les descendants directs, qui sont le plus souvent arrogants et imbus d’eux-mêmes.
Comme ils n’ont pas la force de leurs cousins de la branche principale, ils s’appuient sur leur nom pour se donner de l’importance : ils intimident les faibles, mendient des faveurs, et se rendent insupportables partout où ils passent.
Si vous êtes en dessous du rang de lieutenant, évitez de les affronter.
Mais si vous êtes lieutenant ou plus ?
Ils ne peuvent rien vous faire. Alors profitez-en pour les remettre à leur place. »
Leo esquissa un léger sourire en lisant ce passage.
Il ne connaissait pas l’auteur, mais il appréciait clairement sa manière de parler… et son ton.
La page suivante changea encore de sujet.
« De la même façon que l’Alliance des Justes possède ses jeunes maîtres — les héritiers des Grands Clans — le Culte Maléfique a son équivalent.
Mais contrairement aux jeunes maîtres, dont le statut dépend du sang, le Culte Maléfique attribue ce titre uniquement selon le potentiel et la force.
Ils les appellent des Dragons.
Un Candidat Dragon est un individu qui manifeste un talent hors norme, avec le potentiel d’hériter des techniques laissées par l’Assassin Intemporel.
Les critères exacts de sélection restent mystérieux, mais une chose est sûre : chaque Candidat Dragon de l’histoire a été une catastrophe ambulante.
Dès qu’une personne est identifiée comme Candidat Dragon, elle devient l’individu le plus recherché de l’univers, juste après le Dieu du Culte Maléfique lui-même.
Traquer et éliminer un Candidat Dragon est considéré comme un exploit militaire prestigieux, qui accélère souvent la carrière d’un officier au sein du Gouvernement Universel.
Cela dit — n’affrontez jamais un Candidat Dragon si vous n’avez pas atteint au minimum le niveau de Grand Maître.
Car tous les Candidats Dragons font partie des guerriers les plus redoutés que l’univers ait jamais connus. »
Leo absorbait tout, comme une éponge.
Ces « Dragons » et ce Culte Maléfique… c’était encore un pan entier du monde qui lui échappait. Et ces informations-là, il en aurait besoin, tôt ou tard, rien que pour suivre les conversations à l’académie.
Puis l’auteur conclut :
« Avec ça, on a couvert l’essentiel de la structure du pouvoir universel.
Il ne reste plus qu’à expliquer le potentiel d’un guerrier… »
Et le chapitre prit une autre direction.
« Dans cet univers, tout le monde ne naît pas égal, et votre potentiel génétique joue un rôle énorme dans la limite que vous pourrez atteindre.
Environ 85 % de la population n’a même pas assez de talent pour espérer un jour atteindre le rang de Maître, et parmi les Maîtres, seul un sur trois mille devient Grand Maître.
Cela signifie que si vous atteignez le rang de Maître, vous êtes déjà dans les 15 % les plus forts de l’univers. Si vous atteignez le rang de Grand Maître, vous frôlez déjà le sommet de ce que la vie peut offrir.
Les tests génétiques sont gratuits dans la plupart des centres du Gouvernement Universel pour les employés de l’État, et selon votre niveau, vous pourrez être — ou non — recruté par des guildes privées, des groupes de mercenaires, ou même des Grands Clans.
Un officier au potentiel génétique supérieur sera toujours favorisé pour une promotion par rapport à un autre, moins doué. Alors si un jour vous avez sous vos ordres un junior plus talentueux que vous, soyez bienveillant : il vous dépassera un jour, c’est certain… »
Leo lisait avec un intérêt total.
Il ignorait encore quel était son propre potentiel, mais comprendre les enjeux politiques autour de cette notion lui paraissait essentiel.
L’auteur ajouta ensuite, sur un ton plus personnel :
« À mes débuts, j’ai commis l’erreur de modifier mon ADN en le mélangeant à celui d’un chat.
Ma vision nocturne était l’un de mes points faibles, alors j’ai accepté un sérum de modification génétique. C’était ma plus grosse erreur.
En acceptant cette modification, j’ai sacrifié mon potentiel à long terme — celui qui m’aurait peut-être permis de devenir un guerrier exceptionnel — pour un gain immédiat.
C’est une décision que je regrette encore aujourd’hui.
Alors à toutes les recrues qui lisent ce livre : ne faites pas la même erreur. Gardez votre ADN naturel intact.
Les améliorations bestiales, même si elles semblent être une solution facile quand on manque de force aux premiers niveaux, sont une méthode inférieure sur le long terme, et elles vous handicaperont de plus en plus à mesure que vous progresserez.
Je vous conseille donc de ne pas le faire… mais au final, le choix vous appartient. »
Leo haussa légèrement un sourcil.
En repensant à l’épreuve d’admission, où près de la moitié des candidats semblaient avoir adopté une forme d’amélioration bestiale, il doutait de la fiabilité de cette affirmation.
Mais l’auteur n’avait pas l’air de mentir. Il paraissait sincère.
Alors Leo décida de garder ce conseil en tête… tout en restant prudent.
Ding.
Un son sec résonna dans la bibliothèque, interrompant ses pensées. La voix grave du bibliothécaire porta jusqu’aux derniers rayons.
— Très bien, le temps de lecture est terminé pour aujourd’hui ! Évacuez les lieux immédiatement !
Aussitôt, les élèves refermèrent leurs livres et commencèrent à quitter la bibliothèque, sans discuter.