Chapitre 74
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Le Chevalier errant et le Château ambulant ◈
Chapitre 74 : Donjon (2)
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« Maudits soient ces salauds damnés par les dieux. »
« Comment peut-on faire une chose pareille avec un visage humain… »
Les moines, qui avaient marché en silence, bien rangés et sans bavarder, perdirent leur sang-froid pour la première fois.
Les villages qui jalonnaient la route du Monastère de Rasta avaient été réduits en ruines.
Ils avaient été entièrement dépouillés, puis incendiés. À ce rythme, même après la fin de la guerre, la région deviendrait une terre déserte.
« Ce sont les pirates. La plupart des blessures sont des entailles courtes, mais profondes, infligées par leurs sabres recourbés. »
Un éclaireur de la tribu, qui avait examiné les corps, fit son rapport.
Les mercenaires terrestres pouvaient piller, mais ils évitaient généralement de tuer. Au moins gardaient-ils au fond du cœur un semblant de foi.
Les pirates craignaient peut-être davantage les superstitions, mais les mercenaires redoutaient bien plus le jugement dans l’au-delà.
Même ceux qui ne vivaient que pour le jour présent se rendaient environ une fois par an dans un temple pour prier, se repentir et faire un petit don.
« Nous ramasserons les corps avant de partir. »
« Est-ce bien raisonnable ? Nous devrions nous hâter vers le monastère. »
Andrew se mordit la lèvre à la question d’Eugene.
« Malgré tout, nous ne pouvons pas détourner les yeux d’une tragédie qui se déroule sous notre nez. Cela ne prendra qu’un instant. »
Les moines s’empressèrent de rassembler les corps, tandis que les hommes d’Eugene comprenaient la situation et leur prêtaient main-forte.
Ils n’avaient pas le temps de les enterrer. Ils célébrèrent donc des funérailles communes, brûlant les corps ensemble et récitant des prières pour le repos de leurs âmes.
Comme si la fortune avait eu pitié d’eux, les moines trouvèrent bientôt l’occasion de décharger leur colère. Une bande de pirates avançait au loin.
« Sir Eugene ! »
Andrew le regarda d’un air suppliant.
Seuls les chevaliers hospitaliers étaient montés ; les prêtres combattants, eux, étaient des fantassins. Les pirates étaient assez loin pour qu’une poursuite à pied leur coûte de nombreux hommes.
« Nous allons nous en occuper. »
« Merci ! »
Eugene prit la tête de la cavalerie.
« Ce sera une proie facile. Gardez vos forces pour le vrai combat, moines. »
Il avait déjà commandé une centaine d’hommes à Richwood. Pourtant, mener cent cavaliers était une tout autre affaire.
Il suffisait de détourner les yeux un instant pour que les rangs se disloquent. Le martèlement des sabots rendait aussi la transmission des ordres difficile.
À vive allure, même parler exigeait des phrases brèves, presque rythmées. Si l’on s’épanchait comme sur la terre ferme, on risquait facilement de se mordre la langue.
C’était pour cette raison qu’Eugene continuait à prendre part aux campagnes. Au-delà du butin et des relations, il avait besoin d’expérience concrète comme commandant de cavalerie.
« Je me fiche de tous les autres ordres, mais tendez l’oreille quand j’ordonne la retraite ! Celui qui ne se repliera pas à temps se fera rosser de ma propre main ! »
« Sir ! Nous sommes des mercenaires. Pour ce qui est d’obéir à l’ordre de fuir, nous sommes sacrément doués. »
« Si quelqu’un ne vous entend pas, frappez-le du fouet. Un coup de votre part le tuerait. »
Ses hommes plaisantaient, mais leurs visages restaient tendus.
Leur employeur voulait une victoire ordinaire, sans pertes, pas un triomphe éclatant et glorieux.
À certains égards, c’était une exigence plus difficile. Mais elle renforçait ceux qui le suivaient.
« Embuscade ! »
« Bon sang ! Ils sont tous à cheval ? »
Les pirates n’étaient pas en forme. Ils avaient l’air épuisés, plusieurs gardaient la tête basse et leur moral semblait inexplicablement au plus bas.
Leur réaction à l’embuscade s’en trouva retardée.
Comme prévu, ils n’ont pas écouté.
Eugene se retourna et aperçut les moines lourdement armés qui couraient derrière eux. Malgré leur colère contre les pirates, ils semblaient réticents à laisser ses hommes se charger seuls de l’extermination.
Vroum, vroum, vroum !
Les secousses, le vacarme et le nuage de poussière soulevés par une charge de cent cavaliers étaient véritablement intimidants.
Les pirates étaient particulièrement sensibles à la pression de la cavalerie, bien plus que les combattants terrestres, et ils se figèrent tous.
« Q-Qu’est-ce qu’on fait ? On se bat ? On fuit ? On se rend ? »
« Merde ! Si j’avais su, j’aurais participé à l’attaque du monastère. »
Tandis que les pirates paniquaient, les troupes d’Eugene ne chargèrent pas. Elles s’étendirent plutôt largement pour bloquer d’abord les voies de retraite.
« On se rend ! On se rend ! »
Certains, pensant sans doute n’avoir pas d’autre choix, se jetèrent à terre et implorèrent leur grâce.
« Feu ! »
Une salve des archers montés de la tribu s’abattit sur eux. Des pirates hurlèrent et tombèrent de tous côtés, mais ceux qui étaient couchés face contre terre furent épargnés.
« … ! »
En voyant cela, d’autres pirates jetèrent leurs armes et se rendirent.
Ils étaient pourtant encore peu nombreux. Ils savaient que, pris en flagrant délit de piraterie, ils auraient de la chance si on leur accordait une mort sans douleur.
« Bande d’idiots ! Qu’est-ce que vous fichez ? Ce ne sont qu’une bande de salauds aux longues oreilles ! Vous croyez qu’ils vous épargneront parce que vous vous rendez… Ghk ! »
L’homme qui hurlait à pleins poumons porta les mains à la flèche plantée dans sa gorge et s’écroula.
« Capitaine ! »
Il était apparemment leur chef. Le dernier soupçon de moral des pirates s’effondra, et ils se dispersèrent dans toutes les directions.
« Argh ! »
« Gah ! »
Comme les villageois avant eux, ils tombèrent sous les coups des lames de cavalerie, frappés dans le dos.
La bataille s’acheva si facilement que les prêtres combattants cessèrent de courir et s’approchèrent au pas.
Seule une poignée avait survécu : ceux qui s’étaient jetés à terre pour sauver leur peau. Les archers montés de la tribu regardèrent Eugene, qui acquiesça.
Boum !
Flac ! Flac !
Les flèches frappèrent au cou les hommes couchés. Ils moururent sans même réussir à gémir.
On n’en laissa que deux en vie pour les interroger. Leurs vêtements et leur équipement étaient de meilleure qualité, et ils avaient l’air aguerris.
Plus je reste avec eux, plus j’aurai du mal à travailler avec une autre compagnie de mercenaires.
Eugene n’avait même pas donné d’ordre que les guerriers de la tribu les avaient déjà choisis. C’était l’instinct exercé de vétérans.
« On vous dira tout ! »
« S’il vous plaît, épargnez-nous ! »
Les deux pirates comprirent pourquoi eux seuls avaient été épargnés et répondirent sans détour aux questions d’Eugene.
Ils avouèrent avoir pillé les villages et révélèrent que bien d’autres pirates se trouvaient encore dans les environs.
« Les hommes qui restaient dans la région se sont rassemblés et ont pris la direction du Monastère de Rasta. »
« Maudits salauds ! »
« Vous ne craignez donc pas le châtiment divin ? »
Les moines étaient furieux contre ces hommes impies qui comptaient piller un monastère sacré.
« Non ! Nous craignons les dieux ! »
« C’est pour ça que nous ne nous sommes pas joints à l’attaque ! »
Les pirates qui s’étaient rendus protestèrent comme s’ils avaient été lésés.
C’était vrai. Ils avaient eu trop peur du châtiment divin pour prendre part à l’assaut du monastère.
« On n’a rien, pas vrai ? Nos camarades nous ont traités de lâches et nous ont renvoyés les mains vides. »
« Voilà donc pourquoi vous aviez tous l’air si abattus. »
« … Oui. »
C’était pour cela qu’ils avaient tous marché la tête basse.
Ils avaient combattu et pillé jusqu’au cœur des terres, avant d’être traités de lâches et renvoyés bredouilles.
« Savez-vous quelque chose sur les hommes partis au monastère, ou sur ce qui s’est passé ensuite ? »
« Non. »
À leur réponse unanime, Eugene lança un regard éloquent à Haind, qui se tenait derrière eux.
Fchht !
La tête de l’un d’eux tomba d’un seul coup.
« Je ne sais vraiment rien d’autre ! Je vous en supplie, ayez pitié ! »
Le pirate se cogna le front contre le sol en implorant sa grâce.
« On dirait qu’il ne sait rien de plus. »
Rex avait mené ce genre d’interrogatoire si souvent qu’il arrivait à peu près à lire les gens à leur expression et à leurs gestes.
« Très bien. Je vais vous épargner. »
« Merc… »
Quand le pirate releva la tête, l’épée de Haind lui trancha le cou.
Les moines regardèrent la tête souriante rouler sur le sol sans réagir outre mesure. Même à leurs yeux, pourtant miséricordieux, les pirates n’étaient guère plus que des monstres capables de parler.
« Nous devons nous hâter, Sir Andrew. Ils ont avancé plus vite que prévu. Le monastère est peut-être déjà attaqué. »
* * *
L’armée d’Eugene se hâta à travers la forêt dense, et le Monastère de Rasta apparut à leur vue.
Comme il convenait à un lieu qui scellait un donjon, il ressemblait davantage à une forteresse qu’à un monastère. Il n’avait pas de douves, mais possédait des murs de pierre et une porte fortifiée.
Plusieurs centaines de pirates l’avaient encerclé et l’attaquaient avec acharnement.
« Heureusement que nous sommes arrivés à temps. »
« Mon Dieu, donnez-moi une juste colère et du courage. »
Aux paroles d’Eugene, Andrew sortit de sous ses vêtements un collier en forme de croix et l’embrassa.
Les prêtres combattants firent le signe de croix, tandis que les soldats en armure lourde et les guerriers de la tribu empoignaient leurs armes.
« Ils ne nous ont toujours pas remarqués. »
« La magie est vraiment incroyable. »
Avant la bataille, tous regardèrent Varda avec émerveillement.
À chacun de ses gestes délicats, un passage s’ouvrait dans cette forêt qui semblait infranchissable.
« Avec tout ce monde, nous n’avons pas fait le moindre bruit. Comme si la forêt elle-même nous avait cachés. »
C’était pour cela que les centaines de pirates qui assaillaient la forteresse n’avaient pas encore remarqué l’armée d’Eugene.
« Varda, tu as vraiment fait du bon travail. »
« Ne descends pas de cheval. »
Trempée de sueur et allongée parmi les buissons, Varda retint Eugene lorsqu’il voulut mettre pied à terre.
« Ta victoire me réjouira davantage que tes politesses. Concentre-toi sur le commandement. »
Varda lui adressa un sourire crispé. Son visage était d’une beauté à couper le souffle, et Eugene lui aussi lui était reconnaissant.
« Homi, occupe-toi de Varda. »
Homi acquiesça.
Eugene laissa Homi derrière lui tandis qu’elle lui adressait un salut militaire solennel.
« Les pirates n’ont pas besoin de biens funéraires. La seule chose qu’ils emporteront dans l’autre monde, ce sont les péchés qu’ils ont accumulés. Exterminez-les jusqu’au dernier ! »
Quand Eugene dégaina son fléau à long manche et prit la tête de ses hommes, leurs yeux brillèrent à la perspective du butin.
La bande de pirates qu’ils avaient croisée plus tôt avait fait l’affaire pour s’échauffer, mais ce n’étaient que des mendiants sans le sou.
Ceux qui assaillaient la forteresse, en revanche, scintillaient sous le soleil, couverts de tous les objets de valeur qu’ils avaient dérobés. Ils semblaient avoir amassé une belle quantité de butin.
* * *
« Encore un petit effort ! Combien de trésors peut bien cacher un monastère qui se barricade à ce point ?! »
La voix tonitruante du capitaine pirate fit rugir ses hommes, qui attaquaient le monastère.
« Plus fort ! »
Boum !
Le bélier improvisé s’abattait sans relâche contre la porte du monastère.
« Continuez à grimper ! »
On dressa des échelles contre les murs, et les pirates s’y hissèrent.
« Aaah ! »
On les attaquait pendant l’ascension, et ils tombaient les uns après les autres, mais étonnamment peu mouraient.
Au fond, ce n’était qu’un monastère : ses murs étaient bas et il manquait d’archers compétents. Il n’y avait ni huile bouillante, ni meurtrières, ni aucune des défenses essentielles.
« Vous ne mourrez pas, bande de salauds ! »
« Écrasez-les sous le nombre ! »
Même à une époque où les défenseurs avaient l’avantage, ceux qui se retrouvaient dans une telle situation finissaient inévitablement par céder face à un nombre écrasant d’assaillants. Malgré tout, l’assaut s’éternisait bien trop.
« Putain. Les prêtres devraient se comporter en prêtres et réciter leurs écritures. Pourquoi courent-ils tous avec des armes ? »
Le capitaine pirate ignorait qu’un donjon était scellé à l’intérieur, et la frustration bouillonnait en lui.
Il avait entendu dire que ses compagnons, dans d’autres régions, avaient facilement trouvé des trésors d’or et d’argent dans des monastères.
Il avait même l’impression d’être injustement pris pour cible, comme si lui seul devait souffrir sans raison.
« Attendez qu’on prenne la place. Je vais tous les déshabiller et les fouetter jusqu’à ce qu’ils crèvent… »
Le son d’une trompette et le bruit des sabots qui traversaient le champ de bataille interrompirent le fantasme du capitaine pirate.
« L’or nous attend ! »
« Pour Varda ! Offrez-lui la victoire ! »
Une lourde cavalerie fondit sur les pirates par-derrière, fonçant vers la forteresse.
« Q-Quoi ? D’où sortent ces salauds ? »
« On ne les a pas vus venir ! »
Les pirates furent plongés dans le chaos. Ils n’auraient jamais imaginé que l’ennemi puisse traverser une forêt sans chemin.
Fchht !
Boum !
Les flèches des archers montés de la tribu frappèrent l’un après l’autre le dos des hommes qui grimpaient aux échelles.
Les pirates dégringolèrent par dizaines, comme balayés par une gigantesque brosse à poussière maniée par un dieu.
« Des renforts ! »
« Qu’est-ce que je vous avais dit ? Je vous avais dit de faire confiance au duc Ismar ! »
Les moines qui luttaient sur les remparts acclamèrent les arrivants et frappèrent leurs armes contre leurs boucliers.
Pris par surprise par une importante force de cavalerie, les pirates légèrement armés n’avaient aucun moyen de tenir. Ils prirent la fuite devant les lances et les épées.
« Bande d’idiots, où allez-vous ?! »
Le problème, c’était que la forteresse leur barrait la route tandis que leur retraite était coupée.
Ils ne pouvaient pas percer les rangs de cavaliers qui brandissaient leurs armes avec une force meurtrière. Tous se précipitèrent donc vers les murs.
Bien sûr, cela ne changeait rien à leur situation. Mais leur instinct de survie leur ordonnait de tenir ne serait-ce que quelques dizaines de secondes de plus.
« Ne venez pas ! J’ai dit de ne pas venir ! »
« Il n’y a plus de place… Gasp ! »
Les pirates s’écrasaient les uns contre les autres par milliers, et des gémissements de douleur jaillissaient de toutes parts.
« Écoutez-moi ! Inutile de croiser le fer avec eux. Éparpillez-vous et faites pression ! Repoussez-les lentement vers les murs ! »
Après avoir compris la situation, Eugene cria à pleins poumons.
Même si ses hommes étaient d’élite, ils étaient plusieurs fois moins nombreux. S’ils tentaient de tuer chaque pirate par des attaques directes, leurs propres pertes s’accumuleraient aussi.
« Sir ! La situation est parfaite ! »
Haind cria avec enthousiasme en comprenant l’intention d’Eugene.
Haind se remémora les leçons qu’il avait entendues d’innombrables fois à la Maison des Chevaliers.
-Concentrez-vous, tout le monde. Cette carte reproduit exactement la bataille de Bützholz. C’est un exemple parfait de la réussite de la tactique du marteau et de l’enclume…
La tactique du marteau et de l’enclume que Haind avait étudiée tant de fois à la Maison des Chevaliers prenait forme sous ses yeux, à la perfection.
L’essentiel était la solidité de l’enclume. Lorsqu’ils étudiaient la tactique à la Maison des Chevaliers, ses camarades débattaient souvent de la force qui ferait la meilleure enclume.
-Évidemment, l’infanterie de Gord. Ces hommes ne sont pas de simples enclumes, ce sont des enclumes aiguisées. Ils fendent tout le monde à coups de hache.
-La priorité d’une enclume, c’est sa résistance. La formation en mur de fer des guerriers nains est le meilleur choix.
Pourtant, aucune armée ne pouvait être plus solide que des murs faits de pierre véritable.
Haind sentit le sang du chevalier bouillonner en lui jusqu’à l’explosion. Depuis qu’il suivait Eugene, il n’avait jamais ressenti une telle exaltation.
« Encerclez-les ! Enfermez-les sans laisser le moindre espace ! »
Sur l’ordre d’Eugene, les archers montés de la tribu s’étendirent largement et formèrent un encerclement sur les deux flancs.
La lourde cavalerie, elle, réagissait trop lentement, grisée par l’excitation du combat.
« Vous n’écoutez donc pas mes ordres ?! »
Boum ! Boum ! Boum !
Eugene frappa de son fléau à long manche les casques et les boucliers éparpillés autour de lui. Le vacarme assourdissant ramena la lourde cavalerie à ses esprits.
« Reculez ! J’ai dit de reculer ! Formez les rangs et poussez ces salauds de pirates vers les murs ! »
« O-Oui, Sir ! »
« Nous suivrons vos ordres ! »
Au centre, les prêtres combattants et les soldats lourdement armés formèrent un mur solide derrière leurs boucliers et avancèrent.
« N-Non ! »
« Il faut qu’on passe, d’une manière ou d’une autre… Aaah ! »
Quelques pirates comprirent vite ce qui se passait et risquèrent leur vie pour s’échapper. Ils ne firent que finir en cadavres mutilés sous les lances et les épées qui s’abattaient de tous côtés.
« Inutile de les combattre. Continuez simplement à pousser, lentement. »
Les hommes d’Eugene repoussèrent les pirates en riant, tout excités.
Environ la moitié des cavaliers mirent aussi pied à terre et rejoignirent l’encerclement, le bouclier levé.
Les pirates du bord extérieur tentèrent de se battre, mais c’était peine perdue.
Où qu’ils regardent, ils ne voyaient que d’immenses boucliers. Des lances pointaient entre eux, braquées sur leurs corps, tandis que des flèches arrivaient de derrière.
Boum ! Boum ! Boum !
Le bruit vain des armes qui frappaient les boucliers.
Vlan !
Boum !
« Argh ! »
Des cris s’élevaient parmi ceux que les lances avaient frappés au ventre, ou que les flèches avaient touchés à l’épaule et au cou.
Enfin, les pirates coincés entre la forteresse et l’armée commencèrent à étouffer.
« Beurk ! »
« Kof ! Kof ! »
De toutes parts, on entendait des halètements, des quintes de toux et des vomissements.
À mesure que l’encerclement se resserrait, les coups que les pirates extérieurs portaient contre les boucliers se firent rapidement plus nombreux.
À l’inverse, les cris de ceux qui étaient prisonniers à l’intérieur s’affaiblirent. Ils étaient trop serrés pour pouvoir encore crier.
« Gasp… »
Une fois leur souffle expiré, ils ne parvenaient plus à inspirer. Ils n’avaient même plus assez de place pour que leur poitrine se soulève un peu.
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