Chapitre 199
Clic.
Arthur sortit de la pièce avec un sourire aux lèvres, mais celui-ci s'effaça dès que son regard croisa le mien.
« Tu as entendu ? »
« Tout. »
Ce fut Julien qui répondit à ma place.
« Haa... Kael... »
« Tout va bien. »
Je rassurai Arthur avant qu'il ne puisse commencer à me consoler de quelque manière que ce soit.
Je n'étais pas en colère à cause de ce que Sophie pensait de moi.
Et pourquoi le serais-je ?
La jeune fille n'était que la fille d'un homme qui m'avait prêté allégeance. La relation entre nous deux s'arrêtait là, rien de plus.
Il n'y avait donc aucune raison pour que je me sente mal à cause des paroles d'une personne qui n'avait aucune valeur à mes yeux, si ce n'est celle de servir de laisse pour Arthur.
Même si elle avait été quelqu'un d'important au sein de D.X., les choses auraient été identiques.
J'avais une vision devant moi, et pour l'atteindre, de telles futilités n'étaient que des cailloux sur le chemin.
La confiance...
La loyauté...
L'amour...
Tout cela pouvait être considéré comme important pour maintenir la stabilité d'une organisation. Après tout, si vos subordonnés n'éprouvaient ni loyauté ni confiance envers vous, les chances qu'ils sacrifient leur vie pour vous seraient négligeables.
Ainsi, même s'il était important que mes subordonnés ressentent de telles émotions pour maintenir leur allégeance... l'absence de ces sentiments ne causerait aucun dommage significatif à mes objectifs.
Cela pourrait réduire l'efficacité des opérations, mais...
En fin de compte, si les soldats sont payés correctement et capables de mener une vie décente, ils devront se battre pour moi afin de préserver leur prospérité et leur bonheur.
La plupart des soldats étaient considérés comme des criminels dans ce monde, alors travailler pour moi était leur seul moyen de survie.
Bien qu'il existât une faille majeure : les soldats pourraient compromettre D.X. si les autorités leur garantissaient une compensation suffisante pour me trahir, mais...
J'avais déjà conçu une solution à ce problème, et elle serait bientôt mise en œuvre.
Si je me moquais éperdument des opinions des soldats travaillant pour moi, pourquoi me soucierais-je des pensées d'une fille qui n'était pour moi qu'une monnaie d'échange, et dont l'utilité avait déjà été remplie ?
Arthur, voyant la fermeté dans ma voix, décida de clore le sujet, bien que je puisse sentir le regard compatissant de Julien alors que nous marchions vers l'un des coins du couloir.
« Combien de temps cela prendra-t-il ? Je veux dire, le traitement est-il long ou... »
« Une heure si son corps réagit peu à la pierre de mana, sinon le problème sera résolu en quelques minutes. »
J'interrompis Arthur pour le soulager de toute inquiétude qui aurait pu commencer à germer dans son esprit.
Arthur était une personne logique, mais en cet instant, j'avais le sentiment que toute sa logique et sa sagesse avaient été scellées quelque part, tant ses questions étaient illogiques.
Je veux dire... pourquoi le temps importerait-il si sa fille allait être guérie à la fin ?
La jeune fille avait été tourmentée par l'empoisonnement au mana toute sa vie, alors même si le traitement prenait un an... quelle différence cela ferait-il ?
Au bout du compte, elle serait guérie.
« L'inquiétude d'un père. »
Julien, semblant percevoir mes pensées, murmura à mon oreille.
Je ressentis une légère sensation de chatouillement due à son souffle chaud, bien que l'individu se soit retiré avant que je ne puisse lui faire la leçon à ce sujet.
« Papa, tu peux entrer. »𝘧𝓇ℯℯ𝑤ℯ𝘣𝓃ℴ𝓋𝑒𝑙.𝑐𝘰𝑚
L'attente ne fut pas longue, car la voix de Sophie parvint de l'intérieur de la pièce.
Jetant un coup d'œil vers moi, Arthur se dirigea rapidement vers la porte pour l'ouvrir, tandis que Julien et moi le suivions.
À peine eus-je franchi le seuil et tourné la tête vers la droite que mon regard se figea une seconde de trop.
Bien que je ne sois pas à blâmer, Sophie était assise sur le lit, vêtue de vêtements qui donnaient un accès facile à son ventre — peut-être un peu trop, d'ailleurs.
Lorsque je lui avais demandé de se changer, je pensais qu'elle mettrait un haut court, comme ceux qui étaient à la mode sur le marché récemment, mais...
« Est-ce que ça va ? »
La question de Sophie me força à plonger mon regard dans le sien tandis que je triais mes mots.
« C'est suffisant. »
Ce que Sophie portait n'était pas un haut, mais un sous-vêtement situé quelque part entre une brassière de sport et un soutien-gorge classique.
Bien que ce ne fût pas trop révélateur... c'était suffisamment suggestif en soi.
Je jetai un coup d'œil à Arthur pour voir sa réaction, pour ne trouver que ses yeux fixés sur les miens.
« C'était le seul que j'avais, car je n'ai jamais... »
« C'est bon. Commençons. »
Je l'interrompis, car je connaissais le raisonnement de Sophie.
Être accablé par un empoisonnement au mana rend le corps si faible que les mouvements quotidiens les plus simples deviennent une épreuve en soi.
Il était donc justifié que la jeune fille n'ait jamais acheté de vêtements à la mode, car il n'y en avait aucun besoin.
Si elle ne sortait jamais et ne pouvait ni marcher ni vivre comme les autres, alors acheter de tels vêtements n'avait aucun sens.
Je ne perdis pas de temps, sortant la pierre de mana de mon anneau de stockage avant de me diriger vers la jeune fille.
« Pas besoin de rester assise, tu peux simplement t'allonger sur le lit. »
Sophie fut d'abord un peu hésitante, mais après avoir jeté un regard à son père, elle se conforma rapidement à mes instructions et s'installa confortablement sur le lit.
Je m'approchai d'elle et m'assis au bord du matelas.
En observant la pierre de mana dans ma main, qui avait environ la taille d'un galet moyen, je réfléchis aux options qui s'offraient à moi.
Il existait de nombreuses méthodes pour guérir une personne de l'empoisonnement au mana, à condition d'utiliser une pierre de mana dans le processus.
Je débattais donc de la méthode exacte à employer, mais le débat fut de courte durée, car je décidai d'opter pour la plus simple.