Chapitre 180
« Monsieur, veuillez me suivre. »
Le membre du personnel s'inclina poliment devant moi tandis que je me levais, me dirigeant vers le passage de téléportation.
Je me trouvais actuellement dans une ville située à environ quatre-vingts kilomètres de Namda.
Un passage de téléportation ayant déjà été construit dans cette succursale de la banque, j'avais décidé de l'utiliser.
J'aurais pu utiliser celui de Namda, mais le fait d'être si proche du Directeur me mettait mal à l'aise.
Bien que je susse que le Directeur pouvait m'espionner même si je me rendais dans cette ville, il y avait un certain réconfort à être loin de lui.
Je devais accorder un peu de crédit à sa promesse de ne pas interférer dans mes affaires personnelles.
Prenant à droite, le membre du personnel me fit signe de descendre les escaliers.
En le suivant, je découvris un immense sous-sol avec le passage de téléportation érigé en son centre.
Sans la moindre hésitation, je marchai vers le passage et attendis que la téléportation commence.
Le personnel responsable du contrôle du passage fit son travail et, en moins d'une minute, la téléportation débuta.
La sensation d'être téléporté n'était pas ce qu'il y avait de plus agréable.
Une seconde, j'étais dans un sous-sol, et l'instant d'après…
Je me retrouvai dans un autre sous-sol.
« Monsieur ! »
Hm ?
En scrutant la pièce autour de moi, je vis des soldats en uniforme me saluer en plaçant leur poing droit au centre de leur poitrine.
La manière habituelle de saluer que Julien avait suggérée.
« Monsieur, le numéro 300 présent ! »
L'un des soldats, qui semblait être le chef du groupe, s'approcha de moi en inclinant légèrement la tête.
Non par soumission, mais par pure formalité.
Ce n'est pas que j'attendais une loyauté absolue de sa part.
La plupart du temps, je n'étais pas présent ici, il était donc évident que ces soldats ne me respectaient pas de la même manière qu'ils le faisaient avec d'autres supérieurs, notamment Julien et Arthur.
« J'ai été chargé de vous escorter. Veuillez me suivre. »
Après avoir dit ce qu'il avait à dire, le soldat se dirigea vers l'une des sorties du sous-sol — ou peut-être devrais-je dire l'une des entrées, car ce n'était pas la seule pièce construite sous terre.
Alors que je suivais le soldat, un immense passage souterrain s'offrit à moi dès l'instant où je sortis de la salle de téléportation.
Des soldats encadraient les deux côtés du passage, leurs regards aussi vigilants que jamais.
Le passage de téléportation était à la fois une bénédiction et une malédiction pour quiconque l'utilisait.
Il pouvait être bénéfique pour le transfert instantané de marchandises ou de personnes, mais il permettait aussi aux ennemis de pénétrer directement dans la base.
Bien qu'il fût difficile de pirater un passage de téléportation, la possibilité existait toujours, et parier sur le fait qu'il ne serait jamais envahi par des forces étrangères aurait été insensé.
Chaque entrée reliée au passage s'étirait en longs tunnels dont toute la structure était parsemée de divers pièges.
Même si des forces ennemies parvenaient à pénétrer dans la base, elles finiraient par être piégées et éliminées.
Quant aux plus puissants, les pièges parviendraient à les retarder un moment, laissant au reste des troupes stationnées ici suffisamment de temps pour préparer une contre-attaque bien orchestrée.
En évaluant la force des soldats qui gardaient le tunnel, je pus sentir qu'ils possédaient tous un noyau d'Argent, avec un ou deux noyaux d'Or parmi eux.
Investir de telles ressources précieuses dans la garde du tunnel démontrait l'importance accordée à la protection de cette base ; après tout, il s'agissait du quartier général de D.X.
Les autres bases bénéficiaient d'une sécurité similaire, mais d'un niveau bien inférieur, n'étant gardées que par des noyaux de Bronze.
Après tout, les noyaux d'Argent constituaient les principaux atouts de combat de chaque force dans le monde de Jutan, car les individus de ce rang n'étaient ni trop puissants, ni trop faibles.
Et il était possible de produire davantage de noyaux d'Argent avec la quantité de ressources adéquate, même si les individus en question ne possédaient pas un grand talent pour la culture.
Avec du temps et sous une direction appropriée, une personne pouvait atteindre le noyau d'Argent après la trentaine, car cela rendait son corps plus adaptable au mana présent dans l'atmosphère.
Mes pensées furent interrompues alors que le tunnel touchait à sa fin, d'immenses portes métalliques se dressant devant moi.
Le soldat me jeta un coup d'œil avant de se diriger vers la porte —
Il saisit un code d'accès, suivi d'une empreinte digitale et d'un scan oculaire.
Pour finir, le soldat laissa tomber une goutte de son sang dans une fente à proximité, ce qui permit de scanner sa signature de mana dans la base de données.
Disposant du poste et des accréditations requises, la porte commença à s'ouvrir lentement.
J'attendis en silence avant de me remettre en mouvement.
À l'instant où je franchis le seuil, un autre monde m'accueillit : une immense installation apparut sous mes yeux.
Afin de garantir le secret des opérations, le quartier général de D.X. avait été entièrement construit sous la ville de Tamyr.
« Comment se passe la vie à l'Académie, Patron ? »
Une voix familière m'accueillit alors que je tournais la tête vers Julien, qui s'avançait vers moi, flanqué de soldats de chaque côté.
Essayait-il de faire étalage de sa puissance ?
« Comme d'habitude. »
Répondis-je, d'une voix aussi neutre que possible.
« Hum... Je vois. Que dirais-tu de m'accompagner pour une brève visite ? »
Julien s'inclina légèrement, tendant une main dans ma direction comme s'il m'invitait à danser.
Comme les soldats nous observaient toujours, je décidai de jouer le jeu, hochant la tête avant de commencer à marcher droit devant moi.
Voyant mon mouvement, Julien me suivit immédiatement, tandis que les soldats à proximité continuaient de nous surveiller à distance.
« L'homme qui a été chargé de m'escorter, qui est-ce ? »
« Le numéro 300 ? »
Hochant la tête, je scrutai les environs, remarquant les changements effectués depuis mon admission à l'Académie.
« Que s'est-il passé ? T'a-t-il offensé par hasard ? »
Je réfléchis un instant, car le soldat ne m'avait pas vraiment offensé, mais…
« Sa façon de s'incliner était assez rigide, comme si… je ne méritais pas qu'il s'incline. »
Les mots n'étaient pas tout à fait exacts, mais ils s'en approchaient.
« Hahaha. »
En entendant mes paroles, Julien laissa échapper un court rire, bien qu'il s'interrompit à la seconde où je posai les yeux sur lui.