Chapitre 15
« Voici Julien, notre stratège en chef. »
Tapant sur l'épaule de Julien, je me tournai vers Arthur.
Sans attendre que l'un ou l'autre ne prenne la parole, je poursuivis :
« Maintenant que les membres principaux sont réunis, nous devons étendre nos opérations. Pour commencer, quelle est la force de vos troupes ? »
Il était essentiel pour moi de le savoir.
Tous mes plans dépendaient de la puissance de combat dont nous pouvions disposer à l'instant T.
« À l'heure actuelle, j'ai environ un millier d'hommes sous mes ordres. Quatre cents d'entre eux sont de rang Fer, principalement affectés aux tâches administratives et à la gestion. »
Il s'installa confortablement dans le canapé, croisant les jambes avec élégance.
Et je devais bien l'admettre, il était diablement séduisant.
Hum... hum...
S'il savait ce qui me passait par la tête, serait-il dégoûté ?
Sûrement pas !
Je veux dire, il est normal de complimenter ses pairs.
C'est bien ça, non ?!
Ignorant le fil de mes pensées, Arthur continua :
« Trois cents sont de rang Bronze, tandis qu'environ deux cent cinquante sont de rang Argent. Les quarante restants sont de rang Or, dont une dizaine au niveau Or 4. Il y a sept combattants dotés de noyaux de rang Platine débutant, et les trois derniers sont... peut-être entre Platine 3 et 5. »
C'était considérable.
Une force impressionnante pour quelqu'un qui n'était lié à aucune grande puissance.
Arthur expira profondément en fermant les yeux, comme s'il se remémorait quelque chose.
« Maintenant que j'y pense, David est resté au rang Platine 5 pendant un long moment. Il devrait sans aucun doute faire évoluer son noyau vers le rang Diamant dans les jours à venir. Donc, pour le moment, considérez qu'il y a aussi un rang Diamant parmi nous. »
« David ? »
Arthur hocha la tête.
« Ah... oui, David Bruth. On pourrait dire qu'il est mon second, en quelque sorte. Ce type est une véritable bête. »
Les forces d'Arthur ne pouvaient pas être qualifiées de plus puissantes, mais elles étaient tout à fait honorables compte tenu de sa zone d'opération.
Avoir quarante combattants de rang Or pouvait être considéré comme le haut du panier dans bien des régions du monde.
Monter en grade n'était pas chose aisée.
Ainsi, plus on s'élevait sur la voie de la puissance, plus les chances de faire évoluer son noyau vers le rang supérieur diminuaient.
Les individus aux noyaux de Bronze et d'Argent constituaient la majorité des effectifs de n'importe quelle armée à travers le monde.
Ceux de rang Fer n'étaient pas faibles, mais ils avaient d'autres utilités que le combat direct.
Quant au rang Platine, ces individus étaient encore plus rares.
Pour mieux comprendre, voyez les choses ainsi : pour mille combattants de Bronze, environ cent guerriers d'Argent voient le jour.
Et pour mille combattants d'Argent, on compte environ dix personnes dotées de noyaux d'Or.
Pendant ce temps, pour mille rangs Or, un seul expert Platine est produit.
Et encore, seulement si les ressources adéquates sont disponibles.
Cela illustre la rareté de ces individus.
Et si l'on considère les rangs au-dessus du Platine, seule une poignée d'élus est capable de progresser.
Outre les quantités colossales de ressources nécessaires pour faire évoluer son noyau vers des rangs supérieurs, il faut également posséder un talent inné.
La plupart des élites se satisfont d'atteindre le rang Platine et ne jugent pas nécessaire de risquer leur vie pour plus de puissance.
Parmi ceux qui franchissent ce pas mortel dans leur soif de pouvoir, tous ne survivent pas.
Sans une telle difficulté dans la culture, les gens seraient devenus fous, s'entretuant simplement pour augmenter leur rang.
Arthur continuait de me fixer, attendant que je prenne la parole.
« Vous avez amassé une force imposante. Ils doivent sûrement drainer vos richesses pour être entretenus. Mais je suis heureux que vous ayez tous ces hommes loyaux. Cela rendra la formation de D.X. bien plus aisée. »
Je souris.
« Pour quelqu'un qui gère un personnel aussi vaste, vous devez sûrement savoir ce qui est le plus important pour la survie à long terme de toute organisation. »
Je lançai un regard amusé à Arthur.
« L'argent ? »
fit-il remarquer.
« Oui. Pour bâtir quelque chose qui opérera à l'échelle mondiale, nous aurons besoin d'un grand nombre de personnes travaillant pour nous. Et pour une telle envergure, une source de revenus tout aussi stable sera requise. »
Je fis une pause, laissant mes paroles infuser.
« Nous gagnerons beaucoup grâce aux activités illégales, mais nous avons tout de même besoin d'une source de revenus légale. Quelque chose qui nous fournira la richesse nécessaire sans baisse de régime, tout en étendant simultanément notre influence sociale. »
« Mais serait-il sage d'ouvrir une telle structure sous notre nom ? »
Julien m'interrompit.
Mais avant que je ne puisse répondre, une réalisation le frappa.
« Vous prévoyez de créer une entreprise totalement différente, sans aucun lien apparent avec nous. »
« Non. Elle ne sera certes pas associée à nous aux yeux du public, mais elle gardera un lien avec nous, puisque chaque membre de cette entreprise appartiendra à D.X. »
La réponse ne sembla pas dissiper le froncement de sourcils qui barrait le visage de Julien.
« Mais pour que l'entreprise soit capable de nous soutenir financièrement, elle devra viser le segment haut de gamme du marché. Alors, voulez-vous étendre ces casinos... ou autre chose ? »
Heeh.
Ce type a encore besoin d'entraînement.
Son raisonnement est bien plus lent que le mien.
Enfin, c'est prévisible.
Il ne peut pas être aussi brillant que moi.
Néanmoins...
Haa.
Pourquoi suis-je si chanceux ?
« Qu'est-ce qui vous fait penser que les casinos pourraient répondre à nos besoins financiers ? Et pensez-vous sérieusement que les divers empires autoriseraient des inconnus à ouvrir des casinos sur leurs territoires ? »
Je le laissai digérer mes paroles.
« Ce n'est pas une activité légale. C'est simplement que les autorités la tolèrent parce qu'elle leur rapporte une bonne part d'impôts. »
« Hahaha ! C'est vrai. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? »
Julien laissa échapper un rire gêné.
« Parce que tu es un idiot », voilà ce que j'avais envie de dire, mais je me retins.
Je ne peux pas démotiver le pauvre bougre.
Il pourrait abandonner trop tôt sous la pression.
Ce serait une sacrée corvée.
Julien posa son menton dans le creux de sa main, songeant à des solutions possibles.
J'aurais aimé le laisser trouver quelque chose de concret, mais il n'y avait aucune raison de perdre du temps.
Alors...
« Connaissez-vous l'Alchimiste Fou ? »