Chapitre 2
Chapitre 2
Le vent hurlait à mes oreilles.
Enfin... je supposais que c'était le vent.
À cette vitesse, il était difficile de distinguer quoi que ce soit. Mon corps traversait le vide à une allure absurde tandis que l'obscurité défilait autour de moi.
Je tombais.
Toujours.
Mais surtout, beaucoup trop vite.
Je levai tant bien que mal les yeux vers le point lumineux qui s'éloignait au-dessus de ma tête.
Rin et Phoster avaient disparu depuis longtemps.
« Bon... »
Je croisai les bras derrière la tête. « J'imagine que c'est comme ça que ça se termine. »
Puisque je ne pouvais rien faire pour arrêter ma chute, autant occuper mes dernières minutes.
« C'est quand même dommage. » Je poussai un soupir. « J'aurais au moins aimé embrasser Rin avant de mourir. »
Quelques secondes passèrent.
« Ou simplement lui dire au revoir. »
Encore quelques secondes.
« Ou faire ma première fois. »
Je réfléchis.
« Non, en fait surtout faire ma première fois. »
Le silence me répondit.
« Je vais mourir puceau. »
Puis une autre pensée traversa mon esprit.
« Putain... J'ai même pas pu dire au revoir à mes parents. J'espère qu'ils ne s'inquièteront pas trop. »
Toutes ces réalisations me semblèrent beaucoup plus tragique que la chute elle-même.
« Quelle vie de merde. »
Au loin, une lumière blanche commençait à apparaître sous mes pieds.
Minuscule au départ.
Puis de plus en plus grande.
Et de plus en plus proche.
Mon cerveau comprit immédiatement ce que cela signifiait.
Le sol.
« Ah. » Je plissai les yeux. « C'est donc ça la fin. »
La lumière grossissait à vue d'œil.
Encore, encore et encore.
Puis je pris une décision.
« Quitte à mourir, autant mourir avec style. »
Je joignais les mains devant moi, tendis les jambes. Et adoptait la position du plongeon parfait.
« Que les juges me mettent un magnifique dix sur dix. »
Le sol arriva.
Très vite.
Beaucoup trop vite.
Puis...
BOING.
...
Je clignai des yeux.
Une fois.
Puis deux.
« Hein ? »
Je n'étais pas mort.
Déjà, c'était une excellent nouvelle.
Ensuite...
J'étais allongé sur quelque chose d'étrangement moelleux.
Très moelleux.
Presque trop moelleux.
J'enfonçai instinctivement mon visage à l'intérieur.
« Oh. »
Je frottai ma joue contre la surface.
« C'est agréable. »
« Jeune homme ? »
Une voix féminine me parvint.
« Vous êtes vivant ? »
« Ça dépend. »
Je relevai légèrement la tête.
« Vous êtes Dieu ? »
Un silence suivit.
« Pardon ? »
« Parce que si vous êtes Dieu, je tiens à signaler que le paradis est beaucoup plus confortable que ce que j'imaginais. »
« Je ne suis pas Dieu. »
« Ah. Dommage. »
« Et si vous retiriez votre tête du coussin, vous pourriez probablement voir où vous êtes. »
« Excellente suggestion madame. »
Je me redressai enfin.
Puis je découvris mon environnement.
Une petite maison en pierre se dressait devant moi.
Autour, plusieurs champs s'étendaient jusqu'à l'horizon.
Un potager occupait une partie du terrain tandis qu'une clôture en bois entourait l'ensemble de la propriété.
Et juste devant moi se tenait une vieille femme.
Ses cheveux gris étaient attachés en un chignon désordonné et elle s'appuyait sur une canne en bois usée par le temps.
Elle m'observait avec une expression mêlant surprise et méfiance.
Ce qui était compréhensible.
Après tout, elle venait probablement d'assister à l'atterrissage d'un adolescent tombé du ciel.
« Donc je ne suis pas mort ? »
« Non. »
« C'est rassurant. »
Je regardait le gigantesque coussin sur lequel je venais de m'écraser.
Ou plutôt l'immense montagne de laine.
Vu sa taille, il devait mesurer plusieurs mètres de diamètre.
« D'accord... »
Je pointai le coussin.
« Et ça ? »
« Bonne question. »
Je tournai la tête.
La vieille femme haussa les épaules.
« Il est apparu juste avant votre arrivée. »
Je restai silencieux. « Comme ça ? »
« Comme ça. »
« Hmm... C'est inquiétant. »
« Je suis d'accord. »
Posée au sommet de la laine, une enveloppe attira alors mon attention.
Je la récupérai immédiatement.
Une simple feuille se trouvait à l'intérieur.
Je reconnus aussitôt l'écriture.
--- Bonne chance Sora.
Rin
---
Je fixai le papier pendant plusieurs secondes.
Puis je levai lentement les yeux vers le ciel.
« Sérieusement ? »
La vieille femme inclina la tête. « Quelque chose ne va pas ? »
« Une personne m'a kidnappé, m'a envoyé sur une autre planète et son seul conseil est "Bonne chance". »
« Une autre planète ? »
« C'et une longue histoire. Même moi je n'ai rien compris. »
« Je vois. »
Elle marqua une pause. « Et cette personne vous a vraiment kidnappé ? »
« Techniquement oui. »
« C'est horrible. »
« Exactement ! »
Enfin quelqu'un qui me comprenait.
Je rangeai la lettre dans ma poche avant d'observer les alentours.
Pour l'instant, une seule chose était certaine.
J'étais vivant.
Et même si je ne comprenais toujours rien à ce qui m'arrivait, risquer de mourir n'était plus ma priorité immédiate.
Ce qui était déjà une progrès considérable.
« Bon... » soufflais-je. « Puisque je ne suis pas mort, autant commencer par comprendre où je suis. »
La vieille femme hocha lentement la tête. « C'est une excellente idée. »
« Merci. J'ai parfois des éclairs de génie. »
Elle ne sembla pas savoir si je plaisantais ou non.
À vrai dire, moi non plus.
Je regardai une nouvelle fois les champs qui entouraient sa propriété.
Aucune route.
Aucun bâtiment.
Aucune ligne électrique.
Aucune voiture.
Rien.
Seulement de l'herbe, des champs, des arbres et quelques collines qui s'étendaient jusqu'à l'horizon.
« Dites-moi... » Je me tournai vers elle. « Vous savez où nous sommes exactement ? »
Elle fronça légèrement les sourcils.
« Dans mon jardin. »
« Oui, ça, j'avais remarqué. »
« Alors pourquoi poser la question ? »
« Parce que je parle du pays. De la région. De la planète. Du monde. Du truc où nous sommes. »
La vieille femme continua de me fixer quelques secondes.
Puis son expression devint soudainement étrange.
« Jeune homme... vous vous êtes cogné la tête pendant votre chute ? »
« Probablement. Pourquoi ? »
« Parce que tout le monde sait où il vit. »
« Apparemment pas moi. »
Elle sembla hésiter.
« Nous sommes à l'Étage -5. »
Je restait immobile. « Pardon ? »
« L'Étage -5. »
« C'est censé m'aider ? »
« Vous ne savez pas ce qu'est un étage ? »
« Je sais ce qu'est un étage. Je ne sais juste pas pourquoi nous vivrions dans un immeuble géant. »
Cette fois, elle me regarda comme si je venais d'affirmer que le ciel était vert.
« Vous plaisantez ? »
« Non. »
« Vraiment ? »
« Malheureusement. »
Un long silence s'installa.
Puis elle s'assit lentement sur une vieille chaise en bois posée près de sa maison, à quelques pas d'elle.
« Je crois que nous avons un problème. »
« Ah ! Vous aussi vous commencez à le remarquer ? »
« Vous ne savez vraiment rien de la Tour ? »
Je secouai la tête. « Absolument rien. »
« Rien du tout ? »
« Je suis arrivé ici il y a environ... »
Je levai les yeux vers le ciel.
« Quinze minutes ? Peut-être vingt. »
La vieille dame cligna plusieurs fois des yeux. « Vous êtes sérieux ? »
« Je n'ai jamais été aussi sérieux de toute ma vie. »
Elle resta silencieuse quelques secondes.
Puis soupira pronfondément.
« Je comprends mieux. »
« Pas moi. »
« Je sais. »
Je commençais à apprécier cette femme.
Elle répondait exactement comme Rin.
C'est un peu dérangeant, en y réfléchissant bien.
« Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous vivons à l'Étage -5. »
Elle désigna l'horizon du bout de sa canne.
« Je suis née ici. Mes parents aussi. Tout comme mes grands-parents avant eux. »
« Vous n'avez jamais quitté cet endroit ? »
« Non. »
« Jamais ? »
« Jamais. »
Je restait bouche bée. « Ça paraît triste. »
« Pourquoi ? »
« Parce que le monde est immense. »
« Pour moi, ce monde est déjà immense. »
Je suivis son regard.
Les champs semblaient effectivement s'étendre sur des kilomètres.
Peut-être davantage.
« Vous savez combien il y a d'Étages ? »
Elle hocha la tête.
« Cent Étage supérieurs. »
Je me figeai.
« Cent ? »
« Oui. »
« Plus les négatifs ? »
« Exactement. Pour un total de cent cinq Étages. »
Je pris quelques secondes pour assimiler l'information.
Cent cinq Étages.
Une Tour composée de cent cinq mondes différents.
Même pour quelqu'un qui venait d'être téléporté dans un univers inconnu, ça restait difficile à accepter.
« Et on peut monter ? »
« Théoriquement, oui. »
« Théoriquement ? »
« Certaines personnes y arrivent. »
« Et dans la pratique ? »
Elle haussa les épaules. « Je n'en sais rien. Je n'ai jamais essayé. »
Au moins elle avait l'honnêteté de l'admettre.
« D'accord... »
Je réfléchis quelques secondes.
« Une autre question. »
« Allez-y. »
« Vous connaissez Rin Ashiba ? »
« Non. »
Réponse immédiate.
Sans la moindre hésitation.
J'avais déjà ma réponse avant même qu'elle ne parle, mais une petite partie de moi espérait tout de même un miracle.
Raté.
« Et Phoster ? »
« Jamais entendu ce nom. »
« Évidemment. »
Je poussai un soupir.
La vieille femme me regarda attentivement.
« Ce sont des amis à vous ? »
« Je crois. »
« Vous croyez ? »
« C'est compliqué. »
« Je vois. »
Elle ne voyait absolument rien.
Moi non plus d'ailleurs.
Après quelques instants, je me redressai.
« Je pense que je vais partir. »
« Déjà ? »
« Oui. »
« Vous savez où aller ? »
« J'en ai aucune idée. »
« Alors pourquoi partir ? »
Je réfléchis sérieusement à la question.
Puis je souris. « Parce que rester ici ne me donnera pas davantage de réponses. »
Pour la première fois depuis le début de notre conversation, la vieille femme sourit elle aussi.
« C'est une bonne raison. »
J'époussetai légèrement mes habits avant de regarder une dernière fois la vieille dame.
« Merci pour votre aide. »
« Je n'ai pourtant pas fait grand-chose. »
« Vous m'avez empêché de mourir écrasé. Ça compte. »
« Ce n'est pas moi. »
« Oui mais vous étiez là. »
« Je suppose. »
Je lui adressai un dernier signe de la main avant de quitter sa propriété.
Quelques minutes plus tard, je marchais seul au milieu des plaines de l'Étage -5.
Le vent faisait doucement onduler les hautes herbes.
Pour la première fois depuis mon arrivée, je n'entendais plus aucune voix.
Ni celle de Rin.
Ni celle de Phoster.
Ni celle de la vieille femme.
Seulement le silence.
« Bon... »
Je glissa les mains dans mes poches.
« Maintenant, il faudrait peut-être que je découvre des informations sur cet endroit. »
Je me rappelais encore certains morceaux de la conversation avec Rin et Phoster.
Les habitants de la Tour naissaient tous avec quelque chose.
Quelque chose que je ne possédais pas.
Ou peut-être que je possédais désormais.
Difficile à dire étant donné que la moitié de ses phrases avaient été remplacées par des grésillements.
« Réfléchissons... Ils sont nés avec quelque chose... Et moi je ne l'ai pas... »
Je levai un doigt.
« On est dans une Tour de 105 Étages... Et on peut gravir les Étages... Mais comment les grimper ? »
Deuxième doigt.
« Sûrement avec ce qu'ils ont et que je n'ai pas... »
Un troisième doigt.
« De plus, je ne suis pas mort grâce à cet énorme tas de laine qui à amorti ma chute... Et ce n'est pas la vieille dame qui l'a mit ici... »
Quatrième doigt.
« Donc soit c'est moi qui l'ai fait inconsciemment... Soit c'est quelqu'un d'autre qui l'a fait pour moi... Rin ? Phoster ? J'en sais rien... »
Cinquième doigt.
« Peut-être que c'est ça ? Peut-être que je suis capable de faire apparaître de la laine quand je veux ! »
Sixième doigt.
« En atterrissant dans ce monde, je suis devenu un sorte de héros... Et les héros ont toujours un pouvoir spécial. »
Septième doigt.
« Les héros découvrent généralement leur pouvoir face à un danger mortel. »
Huitième doigt.
« Donc il me faut un danger mortel. »
Neuvième doigt.
Je hochai la tête.
La logique était implacable.
« Je suis un génie ! » Annonçais-je à pleine voix, un grand sourire parcourant mon visage. « Et heureusement, parce que j'allais bientôt être à court de doigts sur lesquels compter... »
Une dizaine de minutes plus tard, j'étais toujours en train de marcher.
Mon plan génial commençait légèrement à perdre en crédibilité.
Parce qu'il était difficile de trouver un danger mortel lorsqu'il n'y avait absolument rien autour de soi.
Pas de monstres.
Pas de bandits.
Pas de dragons.
Pas même un écureuil agressif.
Juste de l'herbe.
Beaucoup trop d'herbe.
« Bon. » Je croisai les bras. « Soit les monstres n'existent pas, soit ils m'évitent volontairement. »
Ce qui serait assez vexant.
Après tout, même un monstre devrait être capable d'apprécier ma présence.
Je continuai encore plusieurs minutes avant de remarquer quelque chose au loin.
Une silhouette.
Massive.
Immobile.
À moitié caché derrière une petite colline.
Mes yeux s'illuminèrent immédiatement.
« Ah ! »
Je pressai le pas.
Puis je ralentis à mesure que la créature devenait plus visible.
« C'est quoi ce truc ? »
Elle ressemblait vaguement à un cheval.
Ou à une limace.
Ou aux deux en même temps.
Son corps était recouvert d'une matière translucide et visqueuse qui brillait sous la lumière.
Elle ne possédait presque aucun trait agressif.
Aucune griffe.
Aucune corne.
Aucune mâchoire impressionnante.
Elle broutait tranquillement l'herbe.
Comme si elle n'avait pas la moindre intention de tuer qui que ce soit.
« Bon. » Je posai les mains sur mes hanches. « Tu feras l'affaire. »
La créature leva lentement la tête au son de ma voix.
Puis me regarda.
Moi aussi je le regardai.
Un silence s'installa.
« Vas-y. »
...
Rien.
« Attaque-moi. »
...
Toujours rien.
« Fais quelque chose de dangereux. »
La créature continua simplement à me fixer.
J'avais presque l'impression qu'elle me jugeait.
« Écoute. »
Je pointai mon doigt vers elle.
« J'ai besoin de débloquer mon pouvoir caché. Donc si tu pouvais essayer de me tuer, ce serait vraiment apprécié. »
La créature tourna lentement la tête.
Puis recommença à manger.
« Tu te fous de ma gueule. »
Je regardai autour de moi.
Personne.
Même les oiseaux semblaient éviter la scène.
« Très bien. »
Je craquai mes doigts.
« Tu l'auras cherché. »
Je m'approchai.
La créature s'éloigna.
Je m'approchai encore.
Elle recula davantage.
« Arrête de fuir. »
Elle continua.
« Reviens ici. »
Toujours rien.
« Tu es censée être un monstre ! »
La créature accéléra légèrement.
« Arrête ! »
Je commençais à courir.
Elle aussi.
Pendant plusieurs minutes, la scène fut probablement la plus ridicule de l'histoire de la Tour.
Un adolescent poursuivant une limace-cheval terrifiée à travers une plaine.
Finalement, je réussis à la coincer contre un amas rocheux.
« Ha ! »
Je pointai un doigt triomphant dans sa direction.
« Cette fois, tu n'as plus d'échappatoire. »
La créature trembla légèrement.
« Voilà. »
Je levai les poings.
« Maintenant, attaque-moi. »
...
Rien.
« Sérieusement ? »
...
Toujours rien.
Je poussai un profond soupir.
« Bon. Puisque tu refuses de coopérer... »
Je m'avançai.
« Je vais commencer. POING DE LA JUSTICE »
Mon poing partit.
Et s'enfonça immédiatement dans une matière molle.
Très molle.
Beaucoup trop molle.
PLOUF.
Je clignai des yeux.
« Oh. »
La sensation était étrange.
Comme frapper un énorme flan.
La créature poussa un bruit aigu.
Puis une quantité impressionnante de liquide jaillit directement sur mon visage.
« Hein ? »
Je reculai immédiatement.
« C'est quoi cette— »
Le monde tourna.
Je m'interrompis.
Mes jambes devinrent soudainement lourdes.
Très lourdes.
Comme si quelqu'un venait d'y accrocher plusieurs tonnes de pierre.
« Ah. »
Je regardai mes mains.
Elles tremblaient.
« C'est pas normal. »
Ma vision se brouilla.
Le paysage sembla onduler devant moi.
Comme lorsque l'on reste trop longtemps sur un manège.
« Ouh. »
Je fis un pas.
Puis un deuxième.
Puis le troisième n'arriva jamais.
Mes genoux cédèrent.
Je tombai lourdement dans l'herbe.
« D'accord. »
Je regardai le ciel.
« Je crois qu'il m'a empoisonné. »
La créature s'était déjà éloignée.
Elle me regardait désormais à plusieurs mètres de distance.
Prudente.
Comme si elle attendait simplement que je meure.
« C'est méchant. »
Mes paupières devenaient de plus en plus lourdes.
Le ciel commençait à tourner.
Même respirer demandait un effort.
« Je retire ce que j'ai dit... »
Ma voix n'était plus qu'un murmure.
« C'était un vrai monstre... »
Ma vue s'assombrit progressivement.
Puis.
Un bruit cristallin résonna dans mon esprit.
TING.
Des caractères lumineux apparurent devant mes yeux.
Comme suspendus dans le vide.
Je crus d'abord halluciner.
Puis les lignes commencèrent à s'écrire d'elles-mêmes.
━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━
⚠ ALERTE ⚠
[ État du Grimpeur : Critique ]
[ Anomalie détectée : Poison ]
[ Intervention d'urgence autorisée ]
[ Système0 souhaite vous soigner ]
[ Accepter / Refuser ]
━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━