Chapitre 415
Traduction: Moonkissed
Seo Jin-hwi ouvrit la bouche avec une expression légèrement gênée.
« En fait, à un moment donné, je suis juste devenu incapable de manger du chocolat… »
« Hein ? Du chocolat ? »
La surprise était clairement perceptible dans la voix de Park Han-su.
« Oui. Avant, j’aimais ça, mais je crois que mes goûts ont soudainement changé. »
« Vraiment ? J’ai déjà entendu dire que les goûts pouvaient parfois changer avec l’âge. »
« Waouh. Même moi, je savais pas ça. À partir de maintenant, je vais devoir manger tout le chocolat de Seo Jin-hwi. »
« Tant mieux. De toute façon, manger trop de sucreries est mauvais pour la santé. »
Les membres plus âgés, qui ignoraient les détails de la situation, ne semblèrent pas y accorder beaucoup d’importance.
Apparemment, ils pensaient simplement que Seo Jin-hwi aimait moins le chocolat qu’avant.
« …Mais si possible, j’aimerais réussir à l’aimer de nouveau. Je pourrais en avoir besoin à l’avenir… »
Seo Jin-hwi termina sa phrase à voix basse.
Tout le monde était occupé à discuter, alors personne ne sembla vraiment prêter attention à ses derniers mots.
Les messages des Sages étaient tout aussi chaotiques, avec des commentaires du genre :
— Apparemment, on devient vraiment adulte le jour où on arrête d’aimer le chocolat.
— Mange juste autre chose à la place du chocolat.
Cependant, cela faisait longtemps que je réfléchissais à ce problème, alors les derniers mots presque murmurés de Seo Jin-hwi ne m’échappèrent pas.
Il pourrait en avoir de nouveau besoin à l’avenir.
Ce n’était pas quelque chose qu’il avait dit au hasard.
Seo Jin-hwi pensait clairement au tournage de la publicité pour les chocolats Meltis, qui devait bientôt reprendre.
Peu de temps auparavant, le siège de Meltis s’était excusé pour tout ce qui s’était produit lors du précédent tournage.
Ils avaient même complètement remplacé l’agence publicitaire et repris tous les préparatifs depuis le début avant de nous demander de tourner une nouvelle fois.
Cette situation publicitaire absurde était, en fin de compte, également liée à Gye Byeong-jin.
Nous ne pouvions donc pas rejeter toute la faute sur l’entreprise, mais devoir refaire le tournage restait épuisant.
Pour quelqu’un qui était désormais à peine capable de manger du chocolat, la pression risquait d’être énorme.
Il restait environ cinq jours avant que le traumatisme de Seo Jin-hwi ne devienne un trait permanent au lieu de quelque chose qu’il pouvait encore surmonter.
Le nouveau tournage aurait lieu avant cette échéance.
Peu importe ce qui se produirait ce jour-là, j’avais l’intention de faire en sorte que Seo Jin-hwi surmonte son traumatisme.
Plus important encore, Seo Jin-hwi regrettait lui-même de ne plus pouvoir manger de chocolat.
Nous ne pouvions donc absolument pas nous permettre d’échouer.
Alors que je restais silencieux, réfléchissant aux différentes possibilités, Park Han-su changea d’ambiance et prit la parole.
« Ah. Mais qu’est-ce qu’on va faire avec ça ? »
Qu’est-ce qu’il y avait ?
Park Han-su afficha un sourire embarrassé.
« Parmi toutes les choses possibles, les snacks que Prickly Afternoon a préparés aujourd’hui sont justement des chocolats. »
Park Han-su reçut plusieurs chocolats des mains d’un membre du staff.
Ce n’étaient pas des chocolats ordinaires.
L’équipe de production les avait confectionnés elle-même afin qu’ils correspondent à l’image de chacun des membres.
« Waouh. »
Leur apparence était suffisamment impressionnante pour m’arracher immédiatement une exclamation.
« Très bien. Nous avons des spectateurs qui nous regardent, mais pour les personnes qui nous écoutent seulement à la radio, décrivez-nous à quoi ressemble chacun de vos chocolats. »
Park Han-su nous donna le signal.
« Comme tout le monde s’y attendait probablement, le mien est un chat. Un chat blond. C’est un petit chat couleur fromage. Trop mignon. »
Je montrai clairement le chocolat en forme de chat à la caméra avant de le lever également en direction des Sages derrière la vitre.
« Il est vraiment mignon, pas vrai ? »
Puis je le mis entièrement dans ma bouche d’un seul coup.
Un cri retentit immédiatement de l’autre côté de la vitre.
« Hyung ! T’as mangé le chat ? »
« C’est de la nourriture. »
Kwon Jay me fixa avec une expression horrifiée.
« Monsieur Yeon Yi-eun, vous avez vraiment l’air d’être un T. La plupart des gens hésiteraient à le manger parce qu’il a la forme d’un adorable petit chat. »
« Il est délicieux. Ça a le goût de lait à la fraise. »
Lorsque je levai même le pouce en signe d’approbation, la fenêtre des messages explosa.
— Yeon Yi-eun l’a juste bouffé sans hésiter MDR.
— Évidemment que le chat glouton allait faire ça MDR.
— Non, le fait que le chat ait disparu en une seule bouchée rend ça encore mieux…
— Il est probablement parti dans un endroit meilleur…
— C’est juste du chocolat MDR.
— Ah… Moi, j’étais déjà en train d’imaginer quel nom donner au chat.
— Yeon Yi-eun MDR.
Pas mal de gens autour de nous semblaient aussi choqués que Kwon Jay.
Mais on nous avait dit de les manger.
L’un des scénaristes tenait même un carnet au-dessus du prompteur sur lequel était clairement écrit :
« Veuillez manger les chocolats après les avoir présentés. »
Ensuite, Kwon Jay présenta son chocolat en forme de lapin.
Comme je m’y attendais, il ne le mangea pas et le glissa soigneusement dans sa poche.
C’était du chocolat, alors il finirait forcément par fondre.
Les présentations continuèrent.
Les membres disaient que les chocolats avaient été beaucoup trop bien réalisés pour être gâchés, mais ils les mangèrent quand même avec plaisir.
Puis vint le tour de Seo Jin-hwi.
« Jin-hwi, si tu peux pas le manger, tu veux que je le mange à ta place ? »
Seo Jin-hwi, qui tenait fermement un chocolat violet en forme de hamster, secoua la tête.
« Non… Je vais garder le mien comme Jay… »
Seo Jin-hwi remit soigneusement le chocolat dans son emballage avant de chercher une poche.
Malheureusement, il n’en avait aucune, à l’exception d’une petite poche décorative cousue sur un côté de son T-shirt, au niveau de la poitrine.
Après une courte hésitation, Seo Jin-hwi glissa le chocolat en forme de hamster à l’intérieur et sourit timidement.
« Fonds pas… »
Il avait peut-être fini par détester le chocolat, mais apparemment, il ne détestait pas le petit hamster en chocolat lui-même.
À côté de lui, Jin Si-ho demandait avec indignation pourquoi son chocolat représentait un bichon maltais plutôt qu’un loup.
C’était probablement parce que la théorie selon laquelle la véritable identité de Jin Si-ho était celle d’un bichon maltais circulait beaucoup ces derniers temps.
« Bref, même si je peux pas le manger, vous l’avez fait tellement mignon que je vais bien m’en occuper. »
Seo Jin-hwi dit cela avec un grand sourire.
L’émission de radio continua ensuite dans une excellente ambiance.
Apparemment, les membres de notre groupe parlaient beaucoup plus que ceux de la plupart des autres groupes.
Dès la fin du tournage, Park Han-su se plaignit à moitié en plaisantant, secouant la tête en disant que nous parlions vraiment énormément.
« On était trop bruyants, pas vrai ? »
« Non. Quand des invités viennent à la radio avec beaucoup d’énergie, parlent énormément et maintiennent une ambiance animée, je leur en suis reconnaissant. »
« Mais vous avez l’air fatigué. »
« Vous m’avez quand même un peu vidé de mon énergie. »
Je sortis un bonbon au citron de ma poche et le déposai dans la main de Park Han-su.
« Sunbaenim, merci pour aujourd’hui. Prenez un bonbon pour faire remonter votre glycémie. »
« Mon Dieu. Maintenant, je comprends pourquoi tout le monde parle autant de Yeon Yi-eun. Comment quelqu’un d’aussi jeune peut-il déjà être aussi doué avec les gens ? »
« J’ai beaucoup appris auprès de mes hyungs depuis que je suis petit. »
Park Han-su afficha un sourire satisfait face à ma réponse éhontée.
La journée semblait devoir se terminer tranquillement ainsi.
Du moins, jusqu’à ce que Seo Jin-hwi commence à transpirer abondamment et à souffrir plus tard dans l’après-midi.
« Hyung, ça va ? »
Nous étions sur le point de monter sur scène.
Il était tard dans la nuit, mais nous devions répéter puis préenregistrer une performance destinée à une émission diffusée le matin.
Seo Jin-hwi avait été parfaitement bien pendant les répétitions, puis son état s’était soudainement détérioré.
Son visage était progressivement devenu rouge, sa respiration s’était accélérée et, maintenant que le préenregistrement était sur le point de commencer, il s’était effondré sur le canapé, incapable de respirer correctement.
« …Pourquoi ça m’arrive ? J’arrive pas à ralentir ma respiration. »
À part ça, il ne semblait pas malade.
Il n’avait ni rhume ni fièvre.
« Qu’est-ce que tu ressens ? T’as mal quelque part ? »
« Non. J’ai pas vraiment mal, mais j’arrive pas à respirer correctement… »
Seo Jin-hwi se frotta plusieurs fois les yeux, qui le démangeaient.
« Mes yeux me démangent… »
« Ça pourrait être une allergie ? »
« T’as mangé quelque chose ? On a seulement mangé du chocolat. »
« Mais Jin-hwi hyung a pas mangé son chocolat. »
« Ah. »
Seo Jin-hwi se redressa comme s’il venait soudainement de se souvenir de quelque chose.
« Le chocolat… »
« Quoi, le chocolat ? »
« Pendant les répétitions, celui que j’avais dans ma poche me gênait, alors je l’ai sorti pendant un moment… »
« Ah. »
« Tu avais dit que tu voulais vérifier si tu pouvais vraiment plus en manger, alors t’en as pris une bouchée tout à l’heure. »
« Oui. J’ai juste grignoté une des oreilles du hamster… »
« Ça a commencé après ça ? »
« Je crois… Et le goût était bizarre dans ma bouche. J’avais pas l’impression de manger du chocolat. C’était plutôt comme si je mangeais de l’ail. »
« Je pense que c’est le chocolat qui a provoqué ça. »
« Donc c’est pas juste que tu l’aimes plus maintenant ? T’es allergique ? »
« Une allergie peut vraiment apparaître aussi soudainement ? »
« Apparemment, oui. Et là, ça ressemble vraiment à des symptômes allergiques. »
Lee Su-seung arriva précipitamment et donna à Seo Jin-hwi un médicament qu’il avait acheté dans une pharmacie.
Après un petit moment, l’état de Seo Jin-hwi s’améliora considérablement.
« Le médicament contre les allergies a fonctionné, alors ça pourrait vraiment être une allergie. Je pense que tu devrais aller à l’hôpital et te reposer au lieu de faire le programme d’aujourd’hui… »
« Non. J’ai plus de mal à respirer, alors je vais faire le préenregistrement avant d’y aller… »
Seo Jin-hwi se releva avec détermination.
Malheureusement, des problèmes avec la scène empêchèrent le préenregistrement de se dérouler correctement.
« Attendez ! On doit vérifier le son, alors on la refait encore une fois ! »
La musique avait déjà été interrompue pour la troisième fois.
Pire encore, chaque interruption survenait juste après une partie particulièrement éprouvante de la chorégraphie, ce qui nous obligeait à épuiser notre endurance encore et encore.
Même Kwon Jay était penché en avant, les mains sur les genoux, essayant de reprendre son souffle.
Kang Han-bi, qui avait pourtant une excellente endurance, semblait lui aussi assez fatigué.
Moi aussi, j’étais épuisé à force de répéter le passage avec les notes aiguës.
« Buvez pas trop d’eau. Humidifiez juste votre bouche et on recommence. »
« Oui. Si vous buvez trop, vous aurez mal au ventre en dansant. »
« Je peux pas éviter de boire. Sinon, ma voix sortira pas. »
« D’accord. Remettons-nous en formation. »
Nous dûmes répéter la chorégraphie et la chanson encore et encore, alors qu’il était déjà très tard.
L’enregistrement se poursuivit bien au-delà de l’heure à laquelle il était censé se terminer.
« Jin-hwi hyung, ça va ? »
« Oui. J’ai juste un peu chaud… »
Seo Jin-hwi s’éventa avec la main en parlant comme si ce n’était rien.
Pendant que l’équipe de coiffure et de maquillage faisait des retouches, nous dûmes encore refaire la scène plusieurs fois.
Malgré tout, Seo Jin-hwi alla jusqu’au bout sans montrer une seule fois à quel point c’était difficile pour lui.
« Bon travail, tout le monde ! »
« On a eu quelques problèmes avec la scène aujourd’hui, alors vous avez vraiment travaillé dur à devoir danser autant de fois. »
« C’est pas grave ! Bon travail à vous aussi ! »
« Désolés ! On fera en sorte que le résultat soit beau à l’écran ! »
Après avoir reçu les sincères remerciements du staff, nous retournâmes dans la salle d’attente.
« Hyung, ça va ? »
« Oui… Bizarrement, je crois que transpirer et bouger m’a fait du bien. »
Seo Jin-hwi força un sourire.
À un moment donné, même ce hyung avait perdu une bonne partie de sa fragilité et était devenu plus résistant.
« Si c’est une allergie et pas simplement que tu peux plus manger de chocolat, c’est sérieux. »
« Oui. Il y a du chocolat dans tellement d’aliments aujourd’hui. J’ai pas envie d’en manger accidentellement et de causer des problèmes à tout le monde… »
« Je pense que le dernier tournage t’a laissé un traumatisme. »
« Un traumatisme ? Tu crois que c’est pour ça que j’ai des symptômes comme ça ? »
« Le timing correspond. Parfois, quand quelqu’un développe une aversion suffisamment forte pour quelque chose, il peut avoir des éruptions cutanées ou du mal à respirer, presque comme une réaction allergique. »
Seo Jin-hwi me regarda droit dans les yeux.
« Toi, tu as déjà vécu un traumatisme, alors tu dois mieux savoir… »
« Oui. Il y a eu une époque où rien que voir la mer me faisait réagir comme ça aussi. »
« C’est vrai. Je pense que t’as raison. Ça a commencé exactement ce jour-là. D’abord, je voulais même plus regarder du chocolat. Ensuite, quand j’en mangeais, le goût me paraissait bizarre. Et maintenant, j’ai des éruptions cutanées et du mal à respirer… »
« Le nouveau tournage pour Meltis approche. »
« Oui… C’est aussi ce qui m’inquiète. Je sais pas si je réussirai à tourner correctement. »
« Tu pourrais profiter de ce jour-là pour essayer de surmonter ton traumatisme. C’est ce que j’ai fait, moi aussi. »
« Vraiment ? Alors aide-moi à le surmonter. »
« Je vais t’aider. Ça marchera peut-être pas, mais il faut qu’on essaie. »
Un sourire lumineux apparut sur le visage de Seo Jin-hwi.
« Yi-eun, savoir que tu vas m’aider me rassure… Je crois que je peux réussir à le surmonter. »
Voir Seo Jin-hwi me faire entièrement confiance renforça également ma propre détermination.
D’une manière ou d’une autre, je devais mettre un terme à son traumatisme.
Je savais, par ma propre expérience, à quel point quelque chose comme ça pouvait être douloureux.