Une lame enveloppée d’une aura bleu profond transperça le cœur de Hwairi.
« Q-Quoi… ! Argh ! »
Le son des cris de la foule résonna faiblement à ses oreilles. Hwairi haleta, agrippant l’endroit où la lame l’avait frappée. Mais rien ne sortit de sa bouche, ni sang, ni quoi que ce soit d’autre. Seule une énergie d’un blanc pur s’échappait lentement de son corps.
En voyant son aspect inhumain, les assistants se dévisagèrent, stupéfaits.
Le duc Kalinos murmura calmement : « Une poupée de pouvoir divin, Hwairi. »
« Q-Quoi, de quoi parlez-vous ? »
« Pourquoi demander alors que vous le savez déjà ? »
Alors qu’elle le fixait avec le regard de quelqu’un trahi par l’amour, le duc Kalinos chuchota d’un ton sec, comme s’il récitait une étude : « Votre pouvoir divin est un faux. Ce n’est que votre force vitale, déguisée en pouvoir divin et enveloppée autour de vous pour paraître convaincante. Une poupée contrefaite, rien de plus. C’est pourquoi je devais briser le pouvoir divin dont vous vous parez. Mon aura est l’exact opposé du pouvoir divin. »
Les yeux de Hwairi tremblèrent violemment. Ceux de Garno également. Elle tenta de tendre la main vers Garno, qui la fixait, mais il ne fit que maintenir son regard hésitant sur elle.
Alors que la confusion s’emparait de la foule, Giselle s’avança d’un pas décidé et déclara avec entrain : « Une poupée de pouvoir divin. Pour simplifier, c’est quelqu’un qui recouvre son corps de pouvoir divin au prix de sa propre force vitale. De cette façon, on dirait qu’ils possèdent une grande réserve de pouvoir divin. »
« Ah… »
« Mais une fois que la force vitale près du cœur est épuisée, ils s’évanouissent tout simplement. C’est assez pitoyable, n’est-ce pas ? »
Garno tenta de la fixer avec incrédulité, mais l’état de Hwairi lui disait tout ce qu’il avait besoin de savoir. Pourtant, Hwairi rassembla le peu de force vitale qu’il lui restait et esquissa un sourire tordu et moqueur.
Pensait-elle vraiment que je serais la seule à mourir ainsi ? Si elle devait mourir, elle s’assurerait d’emporter son ennemie avec elle.
La lame toujours logée dans son cœur, Hwairi ouvrit lentement la main. Elle y tenait l’un des effets personnels de Giselle, à moitié brisé. Crac ! De ses dernières forces, elle brisa l’interrupteur.
Les yeux de Giselle s’écarquillèrent instantanément.
« Toux, toux ! Toux ! »
Le bruit de Giselle crachant du sang résonna faiblement aux oreilles de Hwairi, et elle put voir le sang couler des lèvres de Giselle. Un sourire se dessina sur les lèvres de Hwairi, et des fossettes apparurent comme si elles avaient été tracées.
Stupide Giselle. Si je dois mourir, tu viendras avec moi. Elle n’avait aucune intention de mourir seule, jamais.
« Toux, toux… »
Alors que Hwairi chancelait en regardant Giselle, qui crachait du sang, la quinte de toux de cette dernière s’arrêta soudainement.
« Quoi, tu pensais vraiment que j’allais mourir ? » Giselle écarta sa main de sa bouche et sourit. Pas une goutte de sang n’y figurait. Elle semblait parfaitement en bonne santé.
J’ai pourtant vu du sang sortir… !
Inclinant la tête, Giselle se pencha et murmura d’une voix basse, pour que seule Hwairi puisse l’entendre : « As-tu essayé d’utiliser une magie répugnante sur moi ? »
« N-Non. C-Ce n’est pas… »
Selon les propres pensées de Hwairi, ou plutôt, selon les pensées de « lui », briser cet objet devait paralyser la cible avec un sort.
Prise de panique, Hwairi baissa les yeux vers sa main. Ses yeux s’écarquillèrent sous le choc, ses pupilles tremblant. Étonnamment, ce qu’elle tenait n’était rien d’autre qu’une mèche de cheveux roses.
« … M-Mes cheveux. Pourquoi est-ce… »
« J’ai lancé un sort d’illusion sur ces cheveux. »
« U-Une illusion… ? »
« J’ai simplement fait en sorte qu’ils ressemblent à quelque chose de précieux pour moi, pour que tu ne remarques rien. C’est ce qu’on appelle un “lavage de cerveau”. »
À ce moment, un pouillot fitis blanc de la famille Sirentium s’éleva fièrement au-dessus de la tête de Hwairi.
« Krrr. (Merci d’avoir cassé cette branche pour moi !) »
Regardant le pouillot fitis prendre son envol, Giselle sourit. Elle avait su depuis le début que Hwairi manigançait quelque chose. La toute première chose qu’elle avait faite pour se préparer avait été de nettoyer les arbres.
L’Arbre Ver. Comme la famille Kalinos était une famille de mages renommés, le manoir lui-même était rempli de mécanismes magiques, et des arbres comme l’Arbre Ver étaient plantés pour supprimer les pouvoirs des monstres et des bêtes fantastiques. S’il s’était agi d’une créature de classe dragon comme Coocoo, les choses auraient été différentes. Mais un pouillot fitis n’était qu’un oiseau. C’est pourquoi Giselle avait passé son temps à élaguer les branches ici et là, pour drainer ne serait-ce qu’un peu du pouvoir de l’Arbre Ver.
Tout le monde pensait probablement que j’agissais étrangement, comme d’habitude.
Et pour rendre le lavage de cerveau encore plus efficace, Giselle s’était assurée d’avoir un contact physique avec sa cible. Si quelqu’un m’avait vue, ils auraient probablement pensé que je n’étais qu’une folle en train de mettre une bague et de gifler sa joue… Eh bien, peut-être que c’était exactement ça ?
Mais il y avait une chose qu’elle regrettait. Giselle ne savait toujours pas exactement comment gérer Hwairi.
Je pensais que mon plan était parfait jusqu’à ce que j’apprenne par Coocoo que Hwairi s’était secrètement échappée du manoir.
Elle avait rendu Coocoo invisible pour qu’il reste à proximité, et comme prévu, il avait pris Hwairi en flagrant délit. Giselle avait immédiatement mis en œuvre son sort de lavage de cerveau. En utilisant le pouillot fitis, elle avait fait croire à Hwairi que ses propres cheveux étaient le précieux interrupteur de Giselle, puis avait secrètement échangé le vrai.
Giselle sourit au pouillot fitis qui battait des ailes sans être remarqué, puis reporta son regard sur Hwairi. « Tu commences à comprendre maintenant ? »
Serrant les dents, Hwairi cria de colère : « Ce ne sont que des mensonges ! Vous essayez tous de me piéger ! »
« Oh mon Dieu, vraiment ? Eh bien, Giselle est curieuse d’une chose. Ce mercenaire que tu as soigné, où est-il maintenant ? »
En observant la colère vaciller dans ses yeux, Vientin murmura doucement : « Je peux répondre à cela. Le mercenaire a disparu sans laisser de trace. »
Aux mots de Vientin, les gens commencèrent à chuchoter et à lancer des regards suspicieux à Hwairi.
Hwairi sentit son monde entier s’effondrer. Les jambes tremblantes, elle fixa Giselle.
Finalement, Giselle se pencha près de l’oreille de Hwairi et murmura : « Il est temps pour toi de mourir. Et aussi… »
« … H-Hiik. »
« Celui qui t’a ordonné de faire tout cela. »
Les lèvres de Hwairi tremblaient de manière incontrôlable. J-Je ne sais pas. Vraiment. Même moi, je ne connais pas son visage… Non, ce n’était pas vrai. En fait, elle connaissait parfaitement son visage. Mais maintenant, lorsqu’elle essayait de s’en souvenir, c’était comme si quelqu’un avait peint son visage en noir profond.
À cet instant, Giselle se pencha et murmura doucement à l’oreille de Hwairi : « La sainte noble maison de Reshaniel. N’est-ce pas ? »
Au moment où elle le réalisa, le visage du gentleman qui avait regardé Hwairi et lui avait demandé de devenir une « poupée de pouvoir divin » traversa son esprit. Un homme aux cheveux blonds et aux yeux bleus.
Dès qu’elle le comprit, un bruit de fracas retentit du corps de Hwairi, comme si du sucre durci se brisait, tandis que toute l’énergie blanche se drainait d’elle. À partir de l’endroit où la lame du duc Kalinos avait touché, le corps de Hwairi commença à s’effriter. Pendant quelques secondes, sa forme scintilla comme de l’eau reflétant la lumière des étoiles.
« Adieu, Hwairi. »
Avec l’adieu calme de Giselle, Hwairi disparut. Il ne resta que le clair de lune tranquille et les visages stupéfaits de Garno et des membres de la famille Kalinos.
* * *
« C’est fini maintenant », dis-je platement, mais peut-être avais-je trop forcé sur les pouvoirs de lavage de cerveau du pouillot fitis. Ou peut-être était-ce dû à l’utilisation incessante des capacités de Coocoo. Soudain, ma vision se brouilla et des vertiges m’envahirent.
Je pressai à nouveau un mouchoir contre ma bouche et crachai du sang. « Toux, toux ! » Cette quinte de toux sanglante était inattendue.
L’air affolé, le duc Kalinos desserra rapidement sa cravate et essuya mes lèvres. « Il semble que vous vous soyez surmenée. »
Les servantes, les domestiques, tous observaient la scène.
Je forçai un sourire, agitant la main pour les rassurer. « Oui, je crois que j’ai poussé mes limites. Je vais juste entrer un instant. »
Je ne voulais pas qu’ils me voient ainsi. Surtout pas paraître faible. Agrippant ma poitrine, je tentai de marcher, mais le monde devint noir sous mes yeux.
Le duc Kalinos, qui s’apprêtait à m’escorter, me rattrapa précipitamment alors que je m’effondrais. « Giselle ! »
Et puis, tout devint complètement sombre.