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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 52 : Marigold la mage. (4)
──────
7.
« … ! »
Au moment où une sensation douce se répandit dans sa bouche, Lancel fut saisi d’un sentiment étrange.
Les yeux émeraude de Marigold, mi-clos, fixaient les siens, tout près de son visage.
Un brouillard envahit son esprit.
Ses pensées s’interrompirent, tandis que les sensations de son corps s’estompaient peu à peu. Ce n’était pas une illusion. Sa vue se brouillait bel et bien.
— Lancel.
Une voix résonna directement dans son esprit.
Son corps refusait de lui obéir, comme s’il était paralysé.
— Lancel.
Comme si le plaquer contre le mur ne suffisait pas, Marigold l’enlaça de tout son corps. Pour une raison ou une autre, il ne parvenait pas à résister.
Son esprit s’embrumait de plus en plus. Il avait l’impression qu’il allait perdre connaissance.
— Mon Lancel.
.
.
.
« Sir Lancel ! »
« Ah… ! »
Lancel se redressa brusquement.
Devant lui se tenait Marigold, seize ans, un balai à la main.
C’était la Marigold habituelle : à peine plus d’un mètre cinquante, une silhouette menue, les longs cheveux soigneusement attachés et un tablier noué autour de la taille.
Dans presque toutes les itérations, la jeune fille qui avait choisi la voie de la magie gardait l’une des plus petites silhouettes.
« Il faut manger. Tu vas dormir encore longtemps ? »
« Mary. »
Marigold inclina légèrement la tête, perplexe.
« Pourquoi êtes-vous trempé de sueur ? Attendez un instant. »
Ce n’est qu’alors que Lancel remarqua que son corps entier était couvert de sueur froide.
Il la laissa lui essuyer le front avec un mouchoir. Il n’avait même pas la force de le prendre lui-même.
« Mary. »
« Oui ? »
« Tu n’es pas entrée dans ma chambre hier soir, par hasard ? »
« Vous m’avez dit de ne pas entrer. »
« C’est vrai ? »
« Oui. »
« Alors, ne rentre plus non plus à partir de maintenant. »
« … Je suis seulement entrée parce que vous m’aviez demandé de vous réveiller… Pourquoi voudrais-je entrer dans la chambre d’un chevalier, de toute façon… ? »
Marigold marmonna ses reproches dans sa barbe.
Une chose était sûre : elle n’était pas entrée dans sa chambre la nuit dernière.
Lancel avait rarement vu Marigold lui mentir ; ses paroles étaient donc probablement vraies.
Mais c’était Marigold.
Oui. Son aura, sa présence, son mana, son atmosphère, sa voix et son apparence étaient tous différents, mais c’était bien Marigold.
Un rêve ?
Impossible.
Un rêve ?
Ça ?
C’était difficile à croire. Un rêve ne pouvait pas être aussi vif.
Tout avait paru si réel que les sensations laissées par Marigold à une corne semblaient encore gravées sur sa peau.
Ses bras qui l’enlaçaient étroitement, la douceur de ses lèvres, chaque parcelle de son corps pressée contre le sien sans le moindre espace.
Il lui suffisait de fermer les yeux pour que tout lui revienne avec une netteté saisissante.
Je suis épuisé.
Il avait l’impression qu’un démon lui avait aspiré toute son énergie vitale. Qu’est-ce que c’était, au juste ?
« … »
« Qu’est-ce que tu fais ? »
« Q-Quoi ?! »
Lancel leva légèrement les yeux.
Marigold, qui le fixait de près, sursauta et se redressa, surprise. Il se demandait ce qu’elle faisait, vu qu’elle était restée si silencieuse.
« L-Le repas est prêt, alors venez vite ! Vous avez beaucoup transpiré, je vais aussi préparer l’eau du bain ! J-Je vous laisse… ! »
Marigold débita ses mots d’une traite, comme une salve, puis se précipita dehors.
« Argh… »
Lancel parvint à grand-peine à redresser son corps flasque.
— Mon Lancel.
Il tressaillit.
Il se tourna vers le rebord de la fenêtre grande ouverte, mais rien ne semblait anormal. Seuls quelques moineaux étaient entrés en pépiant, affamés.
Je deviens fou.
Il était complètement déboussolé.
8.
Pendant que Marigold à une corne, qui avait mis les émotions de Lancel sens dessus dessous la nuit précédente, avait disparu, Marigold, seize ans, consacra toute sa journée à son entraînement magique.
« Expire calmement. »
Zenith avait mis ses propres recherches de côté pour rester à ses côtés.
« Rassemble ton mana. Puis guide-le lentement vers l’endroit où tu veux l’envoyer. Continue à l’attirer jusqu’à ce qu’il suive les mouvements de ta main. »
Les yeux clos, Marigold commença lentement à former des mudras, comme si elle sentait le mana se rassembler autour de ses mains.
Le mana entremêlé, semblable à une pelote de fil, changea peu à peu de direction en réponse aux mouvements de ses mains.
Elle recommença jusqu’à ce qu’il prenne enfin une forme ronde dans sa paume.
« Bien. Comprime cette masse de mana. »
« Oui. »
La sphère de mana rétrécit peu à peu. Bientôt, elle devint visible à l’œil nu.
De la magie de premier rang. Une sphère de mana.
Lancel s’émerveilla en silence. Cela n’avait peut-être pas l’air extraordinaire, mais le spectacle était incroyable.
Pour un mage médiocre, ce processus prenait des semaines, voire des mois. Marigold y était parvenue du premier coup. Comment ne pas être impressionné ?
« Excellent. »
Les yeux de Zenith s’embrasèrent. Il semblait convaincu que son apprentie était un génie.
Elle est vraiment la protagoniste.
Chevaliers et mages.
Ils se ressemblaient en ce qu’ils maniaient tous deux le mana, mais l’utilisaient de façon radicalement différente.
Les chevaliers se spécialisaient dans la concentration du mana stocké dans leur corps, qu’ils insufflaient à leurs lames et à leurs armures pour renforcer leur attaque et leur défense.
Les mages, eux, se spécialisaient dans le déplacement et le façonnage délicats de ce mana.
La magie était donc naturellement plus difficile.
Elle consistait à traiter une puissance sans précédent pour la convertir en énergie physique ; elle exigeait inévitablement des sens plus aiguisés et des calculs plus complexes.
Mais Marigold le faisait instinctivement. Du premier coup.
Fouuu !
La masse de mana scintillante dans la main de Marigold se mit à tournoyer à grande vitesse.
L’air du laboratoire tourbillonna, faisant trembler les meubles.
Les bougies s’éteignirent, les pages s’envolèrent et les objets sur les étagères grincèrent comme s’ils allaient tomber.
« Mary, arrête. Ça suffit. »
« Huuugh… »
« Mary ? »
Zenith se hâta de l’arrêter, mais Marigold n’avait pas l’air bien.
« G-G-G-G-G ! »
Oh oh. Quelque chose clochait.
« Oh non ! Mary ! »
« Qu’est-ce qui lui arrive ? »
« Elle ne maîtrise pas le mana. La quantité qu’elle a rassemblée dépasse de loin ce qu’elle peut contrôler. Elle en a perdu la maîtrise ! »
En bref, son talent dépassait son niveau de maîtrise, et c’était là le problème.
Voilà pourquoi le mana condensé dans la paume de Marigold semblait si instable, comme s’il pouvait exploser à tout instant.
Zenith ne pouvait déjà plus intervenir à temps.
« Mary. »
Lancel se précipita vers la fenêtre. Il l’ouvrit en grand et désigna le jardin.
« Jette-le ! »
« O-Oui… ! »
« Quoi ? Non, c’est mon jardin… ! »
Zenith paniqua, mais Marigold fut plus rapide. Elle tendit les deux mains vers la fenêtre, toujours chargées de la masse de mana.
« Hyaah ! »
Boum !
La sphère de mana fut projetée dans un fracas de tonnerre. Elle passa par la fenêtre en décrivant une courbe, telle un boulet de canon, puis s’écrasa droit sur la pelouse du jardin.
Rrrr… !
Une explosion.
Le sol fut arraché en éventail, et la terre ainsi que les cailloux retombèrent en pluie. Si quelqu’un s’était trouvé là, il aurait fini en bouillie sanglante, et cela n’aurait rien eu d’étonnant.
« Haa… »
Épuisée, Marigold s’effondra sur le sol. Son visage était brûlant, comme si elle avait déployé toutes ses forces d’un seul coup.
« Autant dire que c’est une bombe. »
« M-Mon jardin ! Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? »
Sans se préoccuper de l’état de Marigold, Lancel et Zenith se rassemblèrent près de la fenêtre.
Une large cicatrice marquait le centre du jardin, là où la sphère de mana avait explosé.
« Qu’en pensez-vous, Sir Zenith ? Ça ressemble vraiment à la puissance d’une magie de premier rang ? »
« Bien sûr que non. C’est au moins du deuxième ou du troisième rang. Une apprentie mage débutante ne devrait pas pouvoir manier une telle puissance. En réalité, elle ne le pouvait pas. »
« Une ou deux catégories de plus, à peu près… Vous devez être ravi d’avoir une apprentie aussi douée. »
« Ça se voit tant que ça ? C’est la première fois que je suis heureux en contemplant les ruines de mon jardin, Sir Lancel. J’ai compris qu’elle était extraordinaire dès qu’elle s’est mise à manier le mana, mais je ne me doutais pas qu’elle serait aussi remarquable. »
« Mademoiselle Mary pourrait-elle finir première de sa promotion à l’Académie ? »
« Ce sera difficile. J’ai entendu dire que la promotion de cette année comptera de nombreux génies remarquables. Mary, elle, vient tout juste de faire ses premiers pas… Finir première de sa promotion sera très difficile. »
C’est vrai.
Comme l’avait dit Zenith.
C’était justement le moment.
L’Académie allait accueillir une génération dorée.
Parmi eux se trouvaient plusieurs personnages célèbres des routes romantiques du jeu : le Septième Prince, encore jeune, un prince étranger, l’héritier d’un duc, les frères d’une célèbre maison de chevaliers, des prodiges de la magie, et bien d’autres encore.
Il arrivait même souvent qu’ils tombent amoureux à l’Académie et connaissent une fin où ils se mariaient aussitôt.
L’Académie est sans conteste l’endroit idéal pour choisir des jeunes nobles à marier…
Bien sûr, Lancel n’avait pas l’intention de la pousser dans cette direction, comme il l’avait fait auparavant.
Si elle y rencontrait un homme attiré par elle et qu’elle partageait ses sentiments… il ne chercherait tout simplement pas à les séparer. Voilà tout.
L’Académie regorgeait de gens bien. Peut-être y trouverait-elle une fin heureuse.
« … »
Enfin, bref.
« Mary. »
Lancel s’approcha de Marigold, épuisée. Après lui avoir ébouriffé les cheveux sans raison, il quitta le domaine.
« Sir Lancel ? »
« À l’Académie. »
« Pardon ? Qu’est-ce que vous voulez dire… ? »
Seul le visage perplexe de Marigold, qui clignait des yeux sans comprendre, suivit Lancel du regard tandis qu’il s’éloignait.
Lancel prit directement la route de sa terre natale, le domaine Dante.
9.
« Tu veux devenir professeur au Département des chevaliers ? »
« Je pensais le faire pendant trois ans environ. »
« Toi ? Professeur ? Comme ça, tout à coup ? »
« Oui. Alors, écris-moi une lettre de recommandation, s’il te plaît. »
« … »
Le père de Lancel, le vicomte Dante, parut déconcerté un instant, puis éclata d’un grand rire.
« Pwahahaha ! Espèce de fou, tu veux devenir professeur à l’Académie à ton âge ? Tu crois que ça a du sens ? »
« Ce n’est pas comme si j’en étais incapable. »
À l’origine, Lancel avait prévu de devenir instructeur.
Cependant, dès qu’il avait vu qu’il fallait être diplômé de l’Académie pour enseigner, il avait aussitôt revu ses ambitions à la hausse et visé le poste de professeur.
« Imbécile. Tu crois qu’ils vont t’accepter simplement parce que tu te présentes en disant que tu veux devenir professeur ? Le nombre de professeurs est fixé. Il n’y a pas de place pour toi en ce moment, voilà ce que je veux dire. »
« Ah, inutile de vous inquiéter pour ça. »
« … Pourquoi ? »
« Une place va se libérer. »
« Quoi ? »
Le vicomte Dante cligna des yeux.
« Le baron Onis, qui était professeur, s’est récemment blessé gravement à la jambe. Il aura besoin de temps pour se rétablir et devra s’absenter de son poste pendant quelques années. Je le remplacerai temporairement. »
« Comment tu sais ça ? »
« Des rumeurs. Rien que des rumeurs. »
Lancel haussa les épaules, comme s’il n’en savait rien.
« J’ai seulement entendu dire qu’une personne abominable s’était introduite dans le domaine du baron Onis et lui avait fracassé la cheville… C’est tout ce que j’ai entendu. »
« Suspect. »
Le vicomte Dante lui jeta un regard méfiant.
« Enfin, si tu y tiens, je t’écrirai cette lettre de recommandation. Mais si tu échoues lamentablement à l’examen ou si tu ternis la réputation de la maison Dante, je ne te le pardonnerai jamais. Compris ? »
« Bien sûr. »
.
.
.
Quand Lancel eut obtenu des lettres de recommandation de son père et de plusieurs autres nobles et fut rentré dans la capitale impériale, les examens d’entrée de l’Académie étaient déjà terminés.
— Marigold a été admise au département de magie de l’Académie ! Il ne lui reste plus qu’à persévérer jusqu’au jour où elle deviendra une grande mage !
※ J’espère qu’elle se fera plein de bons amis !
« De bons amis… »
La scène que Lancel découvrit en entrant dans l’Académie le fit suer à grosses gouttes.
Il était venu déposer sa candidature au poste de professeur temporaire quand un visage familier attira soudain son attention, de l’autre côté de la fenêtre.
Marigold.
Aucun doute possible.
C’était bien elle.
La blonde qui ramassait les nombreux objets éparpillés autour de l’étang du jardin ne pouvait être que Marigold.
Des livres, des oreillers, des vêtements, des sous-vêtements, des chaussures, des mouchoirs, du matériel d’écriture, des élastiques à cheveux, des boîtes à déjeuner, et bien d’autres choses encore.
On aurait dit qu’elle ne les avait pas jetés dans l’eau de son plein gré. Pourtant, elle les ramassait soigneusement un à un, debout dans l’étang, l’eau jusqu’aux genoux. Même l’ourlet de sa jupe était complètement trempé.
De… bons… amis… ?
Le semestre n’avait même pas commencé.
Elle venait à peine d’obtenir une chambre dans un dortoir, et elle était déjà dans cet état.
En voyant Marigold éternuer, Lancel poussa un soupir.
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