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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Le protagoniste d’une romance fantasy ne m’aime que moi ◈
Chapitre 40 : Marigold fonctionnaire. (1)
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0.
Était-ce là aussi une forme d’arrogance ?
Lancel semblait s’être trop habitué à repousser les avances. Il avait même refusé la demande en mariage de la Princesse impériale ; inutile, donc, d’en dire davantage.
Il en allait de même pour la façon dont il avait traité Marigold. Il avait toujours essayé de ne pas laisser ses sentiments pour lui prendre trop d’ampleur.
Bien sûr, c’était toujours le cas. Épouser Marigold équivalait pratiquement à une Mauvaise fin ; renouer avec elle ne ferait qu’ajouter un souvenir amer de plus.
Mais…
« Sir Lancel, veuillez garder vos distances. Vous êtes trop près. »
« … »
Avait-il mal entendu ?
Lancel resta sans voix.
Depuis qu’elle était montée dans le train, son attitude n’avait plus rien à voir avec celle de ses vies précédentes. Il la vit clairement se détourner et s’éloigner un peu.
« Ça ne peut pas être vrai ! »
Depuis qu’il avait rencontré Marigold, c’était la première fois que cela lui arrivait. Jusqu’ici, c’était toujours lui qui prenait ses distances, jamais elle.
Et voilà que les rôles s’inversaient complètement.
« Nous voyageons ensemble pour le travail, alors ce serait gênant si vous vous approchiez trop. J’espère que vous comprenez. »
« Oh. Bien sûr. »
Lancel s’essuya le front, couvert de sueur froide. Même au fil de ses siècles de vie, cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi décontenancé.
« Euh… »
Peut-être avait-elle chaud. Marigold s’éventait avec le bas de ses vêtements, tout en s’appliquant à éviter son regard.
« … »
Toujours aussi désorienté, Lancel n’eut d’autre choix que de s’éloigner un peu plus. Elle lui avait demandé de reculer. Qu’était-il censé faire d’autre ?
Il est vrai qu’il s’était tenu trop près d’elle lors de leurs retrouvailles. Ce n’était pas parce qu’il avait des intentions déplacées. Il était simplement heureux de la revoir. Il était si content de retrouver Marigold dans son « état normal ».
Après tout, avant de venir ici, Lancel avait rencontré une Marigold d’une anormalité écrasante, même comparée à toutes les autres Itérations.
.
.
.
« Humain ! »
« … Mary ? »
Après la mort de Marigold la Régresseuse, Lancel ne l’avait pas retrouvée pendant quatre longues années au cours de l’Itération suivante.
Naturellement, il avait cru qu’elle était morte. Quoi qu’il arrive, Marigold avait toujours été beaucoup trop proche de la mort.
Mais elle était vivante.
Et en pleine forme, avec ça.
« Donne-moi à manger, humain ! »
« … C’est une blague ? »
Presque trop en forme.
« Tout de suite ! Dépêche-toi ! »
Retrouver Marigold dans une forêt du sud de l’Empire relevait de la pure chance.
Il avait entendu une rumeur incroyable, comme il n’en avait jamais croisé, même en fouillant dans les souvenirs de plusieurs siècles. Un « monstre femelle blonde » apparaissait de temps à autre dans la forêt et dérobait leur nourriture aux voyageurs. Il s’y était rendu sur un pressentiment, et la rumeur s’était révélée vraie.
« Donne-moi les fruits dans ton sac ! Après, je te laisserai partir sans te faire de mal ! »
« Euh, baisse ta lance. C’est dangereux. »
« Tu en as deux ! Donne-m’en un ! »
« Comment as-tu su que j’en avais deux ? »
« Je les sens ! »
« Tu as le flair d’un chien. »
Elle portait des peaux de bête qui couvraient à peine sa poitrine et le bas de son corps. Une lance à la main, elle était suivie d’au moins neuf loups.
Marigold la Sauvage.
« Mais quelle vie tu as menée, Marigold ?! »
Lancel ferma un instant les yeux, accablé, puis reprit rapidement ses esprits.
Il devait quand même faire ce qu’il avait à faire.
« Je les laisse ici ? »
« Ouais ! »
« Je vous laisse les deux. »
« Humain… Tu serais un gentil humain ?! »
« … »
Le coup au moral fut rude, mais, une fois de plus, il avait retrouvé Marigold.
« Je suis là. »
Dès le lendemain, Lancel se mit à lui rendre visite régulièrement.
« Humain ! C’est de la nourriture ? »
« Oui. Je vous la laisse ici. »
Un jour.
« Tu es revenu ! Je ne t’attendais pas du tout, mais je suis contente de te voir, humain ! »
« Vous aussi, vous êtes humaine. Je vous laisse ça ici. »
Deux jours.
« Comment tu fais pour trouver autant de fruits ? Dis-moi ton secret ! »
« Hum ? Je les ai achetés au marché. »
« Aaah ! Le marché ! Ça fait peur ! »
« … ? »
Une semaine.
« Merci, humain. Tu es le meilleur de tous les humains. »
« Je vous l’ai dit, vous aussi, vous êtes humaine. »
Un mois.
« Humain, tu ne pourrais pas rester avec moi et ne plus jamais partir ? »
« Je le pourrais, si vous acceptiez de vivre en ville. »
« P-pas en ville ! Je veux vivre dans la nature, humain. »
« Qu’est-ce qui vous est arrivé en ville ? »
« Bouuuh ! »
Un an.
« Bon sang, fais-moi des enfants, c’est tout ! »
« … »
« Ah, ne t’enfuis pas ! »
Trois ans.
« Humain, je t’ai construit une maison. Tu te souviens, il s’était mis à pleuvoir d’un coup et tu avais eu du mal à rentrer ? À partir de maintenant, tu pourras dormir ici. Regarde, elle est spacieuse et jolie. Il y a même un lit en laine de mouton. Qu’est-ce que tu en penses ? »
Dix ans passèrent ainsi.
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[Durée de jeu : 10 ans, 0 jour]
- Marigold a eu 25 ans.
- Aucun conjoint.
- Aucun succès.
[Fin normale 98. Marigold la Barbare des cottages]
- Cette fin a été ajoutée à l’Album des souvenirs.
- Consultation de l’album.
« Je me chargerai de la chasse, de l’agriculture et de la cueillette. Humain, reste simplement à mes côtés. Tu n’as rien à faire. »
Marigold avait autrefois fui dans la forêt parce qu’elle détestait les humains, mais sa méfiance a désormais fondu comme neige au soleil.
« À présent, mon rêve est de bâtir un royaume. À partir d’aujourd’hui, j’ajouterai peu à peu des maisons, je construirai un village et je remplirai toute cette forêt de ma famille adorée. Cette maison de bois sera le début. Qu’en dis-tu, humain ? Hum ? Où vais-je trouver tous ces gens ? Qu’est-ce que tu racontes, humain ? »
Le regard de la grande Barbare Marigold se fit peu à peu plus sauvage.
« Tu ne comprends pas ce que je veux dire quand je dis qu’on va les faire ? »
[Fin normale. Marigold la Barbare des cottages - fin]
- Voulez-vous recommencer la partie ?
.
.
.
« … »
Lancel frissonna.
Le regard féroce de Marigold la Sauvage était encore gravé dans son esprit.
Comment n’aurait-il pas été heureux de la retrouver en personne civilisée, et qui plus est avec un emploi respectable ?
Elle travaillait à l’Administration centrale impériale, sans doute le meilleur endroit où un roturier pouvait espérer entrer.
1.
Dans cette Itération aussi, retrouver Marigold n’avait pas été simple.
Premier obstacle : elle n’était pas apparue dans les rues de la capitale impériale. Deuxième obstacle : c’était une personne bien plus sérieuse que Lancel ne l’avait imaginé.
- Félicitations ! Marigold a été désignée meilleure diplômée de l’Académie, dans la section Administration, bibliothéconomie et archivistique !
« L’Académie ? »
Pas étonnant qu’il ne l’ait pas vue.
Ni escrime ni magie : la section Administration, bibliothéconomie et archivistique enseignait un vaste éventail de matières, notamment l’administration de l’Empire, le droit, les archives, la géographie, la fonction publique et l’histoire. C’était aussi la voie d’accès à ce qu’on appelait le « parcours des fonctionnaires impériaux ».
Marigold y était devenue la meilleure diplômée grâce à ses seuls efforts. Trois ans exactement s’étaient écoulés depuis le début de l’Itération ; elle avait dix-huit ans et venait d’atteindre l’âge adulte.
« Eh bien, c’est une bonne chose, dans tous les cas. »
Il ignorait quelles étaient les conditions d’une Fin heureuse, mais il savait une chose avec certitude.
« Rien n’est plus simple que l’abondance matérielle. »
Lancel se rendit aussitôt à l’Académie où étudiait Marigold.
« Euh, Sir Lancel ? C’est que mademoiselle Mary refuse tout parrainage privé… »
« Hum ? »
Lancel, qui était arrivé les bras chargés de sacs remplis de pièces d’or, pencha la tête à ces mots. Elle n’aimait pas l’argent ? Qui ça, Marigold ?
Les paroles de l’employé de l’Académie surprirent à plus d’un titre Lancel, qui se souvenait très bien de l’avarice phénoménale de Marigold sur la voie marchande.
« Nous lui avons dit qu’elle devrait au moins accepter les offres raisonnables, mais elle ne veut pas avoir de dette personnelle envers un noble. Il a donc été difficile de la convaincre. »
« Il est rare qu’une étudiante de l’Académie refuse un parrainage. »
« Mademoiselle Mary a peut-être de grandes ambitions ? »
« Elle veut devenir fonctionnaire ? »
« Sinon, elle n’aurait aucune raison de ne pas nouer de relations avec les nobles. »
Les administrateurs impériaux avaient principalement deux voies devant eux.
1. S’attacher à un noble et devenir administrateur régional.
2. Gravir les échelons de l’administration impériale jusqu’à devenir fonctionnaire.
La plupart choisissaient la première option.
C’était beaucoup plus facile, plus confortable et mieux payé.
En général, les administrateurs voulaient travailler vingt ans dans la capitale impériale, le temps requis, puis se mettre au service d’un noble régional et vivre aussi confortablement que possible. L’Empire se servait de ce désir pour les faire trimer légalement pendant au moins vingt ans.
Mais Marigold ne voulait pas de cette vie. Pourquoi ?
« Si mademoiselle Mary change d’avis, faites-le-moi savoir. »
« Oui, Sir Lancel. »
Lancel essaya encore plusieurs fois de l’approcher, mais Marigold ne fléchit jamais. Il ne parvenait pas à deviner jusqu’où elle voulait aller dans cette vie.
* * *
Finalement, Lancel ne put rencontrer Marigold qu’environ trois mois après qu’elle eut obtenu son diplôme de l’Académie de la capitale impériale et commencé à travailler comme administratrice.
- Événement normal ! Vous avez commencé votre premier emploi d’administratrice impériale. À partir d’aujourd’hui, vous pouvez recruter un escorteur qui vous accompagnera dans vos missions administratives. Espérons que ce sera quelqu’un de bien.
« Maintenant ? »
« … Hum ? Lancel ? »
Lancel bondit aussitôt de son siège. Il ignora sans cérémonie le regard perplexe du baron Evil Shen, avec qui il prenait le thé.
Un administrateur était normalement escorté par un mercenaire recommandé par l’Empire. C’était un travail bien en dessous du rang de chevalier.
« Pardon ? Un escorteur ? Sir Lancel en personne ? »
Bien sûr, cela ne posait aucun problème à Lancel.
« C’est un travail qu’on confie habituellement à des mercenaires. Pourquoi quelqu’un comme Sir Lancel se donnerait-il la peine de… ? »
« Dois-je aussi satisfaire votre curiosité ? »
« Non, pas du tout, mais… »
« Alors faites ce que je vous dis. »
Il lui suffisait de les ignorer.
Lancel rejoignit sans difficulté l’escorte de Marigold.
Pendant un bref moment, une rumeur circula parmi les administrateurs impériaux : un chevalier étrange s’était porté volontaire pour suivre une administratrice fraîchement nommée dans une périlleuse expédition.
« Je compte sur vous ! J’ai entendu dire que vous m’aideriez dans mon travail. Je m’appelle Mary, je suis archiviste à l’Administration centrale impériale. »
Au terme d’un processus compliqué et mouvementé, Lancel avait retrouvé Marigold aujourd’hui. Oui, non sans nourrir de grandes attentes.
Et maintenant…
.
.
.
« À la fin de notre journée de travail, nous nous séparerons jusqu’au lendemain matin. Naturellement, nous dormirons dans des chambres différentes. »
« … Cela ne me pose pas de problème, mais à vous ? Et si quelqu’un vous attaquait pendant votre sommeil ? »
« Tout ira bien. Nous ne traverserons pas d’endroit assez dangereux pour que cela arrive. Je vous remercie de vous inquiéter pour moi. »
« … »
Pourquoi ?
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