Chapitre 90
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Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 90 : Cours particuliers
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« La Tour de magie du Vide. »
La Tour de magie du Vide était l’une des quatre premières Tours de magie fondées par le Premier Mage, et celle qui avait la charge de l’espace.
Désormais, elle n’était plus qu’une légende.
Dire que cette chose qu’il avait si minutieusement recherchée à l’époque où il travaillait au Bureau du renseignement se présentait à lui de cette façon…
« Venir dans le Nord était le bon choix. »
« …Comment connaissez-vous la magie de l’Inferno ? La Tour de magie de l’Inferno aurait dû disparaître dans les flammes depuis longtemps. »
La réaction de Masque du Renard fut d’une vivacité remarquable. La magie de l’Inferno semblait avoir bien plus d’importance que Galahad ne l’avait imaginé.
« C’était un cadeau. »
« Impossible ! »
« Et la Tour de magie du Vide, censée avoir sombré dans le néant, ne se trouve-t-elle pas juste là ? »
À la remarque de Galahad, Masque du Renard grinça des dents. Son comportement était vraiment celui d’un renard. Imprévisible, comme une bête capable de filer dans n’importe quelle direction…
« Dites-moi où vous l’avez trouvée. »
Masque du Renard baissa la voix. Galahad ne parvenait toujours pas à percevoir quoi que ce soit chez lui. Le masque l’empêchait même de voir où se posait son regard.
À en juger par la situation…
Il regarde ma tête.
Il comptait la lui faire exploser ? Galahad fit tourner nonchalamment le Feu infernal.
« Je vous l’ai déjà dit, non ? C’était un cadeau. »
Galahad sourit.
[Appeler ça une ordure ? Quelle impolitesse. Vous savez combien j’ai galéré pour trouver ça ?]
C’était une relique étrange gravée dans la pierre, plutôt qu’un grimoire. Elle était tellement abîmée qu’il l’avait d’abord prise pour un déchet.
Même Galahad avait mis longtemps à la déchiffrer. S’il n’avait pas travaillé au Bureau du renseignement, il aurait eu du mal à en comprendre le sens.
Il avait fini par apprendre le Feu infernal, mais cette magie ne lui était pas particulièrement utile.
En tant qu’agent, Galahad avait besoin de sorts rapides et discrets.
La puissance du Feu infernal était incontestable, mais il était trop lent et exigeait une concentration considérable. Il ne convenait pas vraiment à un agent.
C’était pourquoi il ne l’avait pas privilégié à l’époque.
Galahad poussa légèrement le Feu infernal vers l’avant. Masque du Renard tressaillit et recula. Galahad observa attentivement cette réaction inhabituelle.
« Vous avez peur du Feu infernal. »
« Vous êtes cinglé ? Ce serait bizarre de ne pas avoir peur quand vous me balancez du Feu infernal à la figure ! »
Masque du Renard s’emporta. D’un certain point de vue, c’était tout à fait naturel, mais il pouvait manipuler l’espace à sa guise.
Un Feu infernal aussi lent ne devait pas représenter une menace.
Masque du Renard avait délibérément reculé au lieu de se déplacer dans l’espace. C’était tout le contraire de la facilité avec laquelle il l’avait manipulé quelques instants plus tôt.
Cela signifiait que…
« Ah, je comprends. »
Le Feu infernal brûlait tout.
Absolument tout.
Par exemple…
« Il brûle aussi l’espace. Voilà pourquoi vous hésitez à utiliser la magie spatiale près de lui. »
Masque du Renard s’immobilisa brusquement aux paroles de Galahad. Il ne manifesta aucune réaction particulière.
« Quelle absurdité. »
L’espace autour du Feu infernal se déforma violemment. Les flammes vacillèrent tandis que les distorsions s’intensifiaient.
« Hum ? »
Masque du Renard pencha la tête.
Les ondulations gagnèrent encore en violence. Le Feu infernal trembla de toutes ses flammes.
Le Feu infernal rapetissa légèrement.
Masque du Renard claqua ostensiblement la langue.
« Ce n’est pas le Feu infernal. »
Masque du Renard pencha la tête de l’autre côté.
« Le Feu infernal n’est pas aussi petit. Et il ne se laisserait pas repousser aussi facilement… Sans compter qu’un mage ne pourrait même pas l’utiliser, à la base, non ? »
Masque du Renard parlait de plus en plus vite. Puis sa tête s’immobilisa brusquement.
« C’est moi qui ai créé ce Feu infernal. »
« Vous l’avez donc révisé vous-même ? »
« Je l’ai restauré, pas révisé. »
Ha ! Masque du Renard éclata d’un rire bref.
« C’est ridicule. Je ne sais pas comment vous avez obtenu une trace de magie de l’Inferno, mais vous en avez tiré le Feu infernal ? Vous devez être le Premier Mage. »
« Désolé, mais je suis jeune. »
Le rire de Masque du Renard s’interrompit net. Le silence s’installa un instant, puis un frisson parcourut la nuque de Galahad.
« Qu’est-ce que vous êtes, exactement ? »
Toute trace d’amusement avait disparu de la voix de Masque du Renard.
« Je ne vous l’ai pas dit ? Je suis Galahad, commandant de l’Unité des opérations spéciales. Vous avez la mémoire courte. »
Cette fois, Masque du Renard ne rit pas.
« Alors, ça vous intéresse un peu, maintenant ? »
« Intéressé ? Ha ! »
Masque du Renard ricana bruyamment.
« Vous croyez que la magie de l’Inferno est une chose aussi insignifiante qu’un simple sujet d’intérêt ? Vous n’avez aucune idée de ce que vous venez de faire. »
« Et alors ? »
Galahad coupa Masque du Renard.
« On échange ? »
Le silence s’éternisa. Galahad réfléchit en fixant les ténèbres sous le masque de Masque du Renard.
Le Feu infernal brûlait aussi l’espace. Si la situation tournait mal, il enverrait les flammes vers l’endroit où se posait son regard.
Masque du Renard ricana.
« Intéressant. Mais… »
L’espace autour du Feu infernal se déforma violemment. Les flammes vacillèrent dangereusement et leur chaleur s’atténua.
Le mana se tordit et un gémissement échappa à Galahad.
Alors…
« Vous êtes un peu trop arrogant. »
Le Feu infernal disparut.
Le mana déformé s’abattit sur Galahad. Son corps chancela lourdement. Il saisit le Sceptre doré de Galahad et s’y appuya pour reprendre l’équilibre.
« Impressionnant. La magie spatiale… »
Il toussa sèchement plusieurs fois en observant Masque du Renard.
« Enfin, ce n’est pas grave. Vous pouvez bien vous montrer arrogant après avoir accompli tout ça. Mais ce n’est pas quelque chose qu’on apprend simplement parce qu’on vous l’enseigne. Et même si vous l’appreniez… »
La voix de Masque du Renard était pleine de mépris.
« Vous ne pourriez pas le supporter en tant qu’humain. »
Masque du Renard pivota lentement. Au lieu de s’arrêter à quatre-vingt-dix degrés, il tourna souplement sur lui-même jusqu’à faire un tour complet.
« Vous êtes souple. »
Masque du Renard s’immobilisa brusquement à ce compliment de Galahad.
Les ténèbres profondes, là où auraient dû se trouver les yeux du masque, fixèrent Galahad.
Galahad baissa la tête et se pencha vers lui. Il ne détourna pas les yeux de cet abîme, l’affronta de face et sourit.
« Vous avez peur que je l’apprenne ? Quelle déception. »
Un bref silence suivit.
Pfft. Masque du Renard eut un petit rire.
« Vous n’arrêtez pas vos provocations puériles. »
Une douleur cuisante frappa alors l’épaule de Galahad. Un petit trou y était apparu.
Boum ! Boum ! Boum !
L’Œuf de la Douleur trembla violemment. La peur se répandit en lui.
Galahad se remémora la douleur qu’il venait de ressentir. Elle n’avait duré qu’un instant, mais il l’avait nettement perçue à la surface de son corps. L’espace ne s’était pas simplement effacé.
« Ah, c’est vrai. Je vais vous donner une chance. »
« Une chance ? »
« Je ne peux pas laisser le Souverain tranquille. Je vous donnerai une chance équitable de l’affronter. Quand le soleil se sera levé dix fois. »
Il avait déjà l’intention de s’occuper du Souverain, et voilà que Masque du Renard allait le guider en personne jusqu’à lui…
Quelle gentillesse. Galahad hocha la tête.
« Vous allez même me guider jusque-là ? Vous êtes bien aimable. »
Masque du Renard marqua une brève pause avant de reprendre.
« Vous cacher derrière le Grand-Duc ou Adrianna ne vous servira à rien. Ça ne ferait que compliquer les choses. Ce n’est pas parce que vous êtes à leurs côtés que je ne peux pas vous toucher. »
Masque du Renard se trouvait déjà à cinq pas derrière lui.
Maintenant que le Feu infernal a disparu, il se sert de nouveau de sa magie spatiale.
Galahad se remémora ce qu’il venait de voir.
Masque du Renard leva soudain la main.
« Pourquoi avez-vous pris ça ? »
Masque du Renard désigna le Sceptre doré de Galahad.
« Un souvenir. »
Masque du Renard éclata d’un rire rauque devant la réponse désinvolte de Galahad.
« Vous êtes vraiment intéressant. »
Masque du Renard disparut comme ça. Pas la moindre trace, comme lorsqu’il était apparu.
Galahad dispersa de nouveau son mana. Masque du Renard avait disparu.
Ce ne fut qu’après s’en être assuré qu’il laissa échapper un souffle rauque. Ses jambes se dérobèrent. Il s’appuya sur le Sceptre doré pour ne pas s’effondrer.
Il avait forcé le Feu infernal à se manifester et l’épuisement le submergeait.
Les mains tremblantes, Galahad porta une cigarette à ses lèvres. Un puissant arôme de citron se répandit en lui.
Son mana bouillonnant s’apaisa alors quelque peu. Galahad tira une longue bouffée et repensa à Masque du Renard.
Celui qui portait le Masque du Renard était sans aucun doute un mage de la Tour de magie du Vide.
Autrement, il n’aurait pas pu utiliser la magie spatiale.
Le problème, c’était que…
Ce n’est pas un mage. C’est un Démonide.
Cette capacité tenait davantage d’un pouvoir inné que de la magie. Pourtant, ce n’en était pas un.
C’était comme…
Un pouvoir inné combiné à de la magie.
Le regard de Galahad s’assombrit.
Masque du Renard venait bien de la Tour de magie du Vide. Et pourtant, c’était un Démonide…
Ça n’avait aucun sens.
Cela signifiait qu’un mage était devenu un Démonide.
Un mage d’une Tour de magie fondée par le Premier Mage, le plus grand traître de l’humanité, était devenu un Démonide…
Ça sent mauvais.
Galahad expira lentement la fumée.
Pour l’instant, son identité n’était pas ce qui comptait.
Ce qui importait davantage, c’était la magie spatiale qu’il lui avait montrée.
Masque du Renard avait dit que ce n’était pas quelque chose qu’on pouvait apprendre par un simple enseignement. Il était probablement sincère. C’était pour ça qu’il l’avait montrée aussi ouvertement.
La magie spatiale était une magie primordiale, une magie des premiers temps.
La magie actuelle, comme l’avait dit Masque du Renard, avait été « révisée » pour convenir aux humains.
On l’avait adaptée à partir d’une magie propre aux Démonides, si bien que sa puissance s’était forcément affaiblie. En contrepartie, elle était devenue plus stable et polyvalente…
Un mage moderne aurait peut-être du mal à apprendre la magie primordiale.
Non, ce serait presque impossible.
Mais Galahad avait déjà restauré le Feu infernal.
Pour quelqu’un comme lui, le fait de la voir cinq fois revenait à recevoir des cours particuliers.
Il avait repéré pas mal d’indices. Les trous dans son lobe d’oreille et son épaule, ainsi que le Feu infernal…
Quelle gentillesse.
La magie laissait des traces. Même si sa magie spatiale tenait d’un pouvoir inné, elle ne pouvait s’empêcher d’en laisser.
Les traces laissées sur son corps étaient encore plus utiles. C’était pourquoi Galahad préférait mener ses expériences directement sur lui-même.
Hoo…
Les dents serrées, Galahad enfonça un doigt dans le trou de son épaule.
Une douleur atroce le submergea. Son esprit s’aiguisa davantage. Galahad fit lentement circuler le mana accumulé dans son doigt et examina la trace.
La blessure était nette, comme si l’espace avait vraiment été effacé…
Galahad ne renonça pas et se concentra sur la plaie. Il se remémora le moment où le Feu infernal avait disparu. Ce que les deux avaient en commun, c’était…
L’air.
En magie, l’air servait de médium. Il était difficile d’imaginer qu’il puisse posséder un attribut.
Mais, à présent, il en avait la preuve sous les yeux.
Les pensées de Galahad s’enchaînèrent.
Comment ?
Il continua d’évaluer. D’imaginer. De calculer.
Et puis…
Il trouva la réponse.
Comme ça.
Galahad claqua des doigts.
L’espace, à une courte distance de lui, se tordit légèrement.
Ce ne fut qu’une infime fissure, l’espace d’un instant…
Mais il s’était bel et bien tordu.
C’était ça.
Les lèvres de Galahad s’étirèrent en un large sourire.
* * *
Pourquoi ne m’ont-ils pas contacté ?
Huit se rongeait nerveusement les ongles.
Pas mal de mages s’étaient rassemblés.
Les mages avaient des personnalités excentriques. Non, ils n’y pouvaient rien. Ceux qui s’étaient rendus jusqu’au Nord étaient des gens mis à l’écart du centre. Avec des individus pareils réunis au même endroit, les ennuis étaient inévitables.
Les mages avaient aussi amené un bon nombre de mercenaires. Ensemble, ils formaient une troupe conséquente.
Leur nombre suffisait à menacer même le Septième bataillon.
Pourtant, si les mages restaient sur place, c’était pour une raison simple.
Ils ne font pas confiance aux autres mages.
Ils craignaient d’être poignardés dans le dos. Les mages étaient égoïstes depuis toujours et ne pensaient qu’à eux-mêmes.
À moins qu’un événement inhabituel ne survienne, ils devraient tenir encore un peu.
Oui. Qu’est-ce qui pourrait bien arriver ?
Mais alors…
« I-Il y a un gros problème ! »
Un rapport urgent lui parvint de la part d’un subordonné. Huit sentit un étrange malaise l’envahir.
« Les mages se dirigent vers le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque ! »
« Ils bougent ? Ce n’est pas encore le moment. »
« C’est que… »
Huit plissa les yeux devant la réponse hésitante de son subordonné.
« Parle vite. »
« Le chef de section Corton a discrètement ouvert la porte principale du Septième bataillon… »
« Qu’est-ce que tu entends par “discrètement” ? »
« Le chef de section Corton a dit qu’il n’en pouvait plus de ce stupide travail à la pioche et s’est dirigé vers le Septième bataillon avec les mages. Comme c’était lui qui était chargé des entrées aujourd’hui, ils ont déjà franchi la porte principale et se dirigent vers le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque… »
Le visage de Huit se déforma à ces mots.
Corton ! Espèce de déchet ! Il fallait que tu foutes le bordel !
Il avait une chance de devenir Chef de la Société de magie noire, et voilà qu’il rassemblait les mages pour foncer tête baissée parce qu’il ne voulait pas manier une pioche…
Quel déchet fini !
Pourtant, quelque chose clochait.
Même si Corton était responsable des entrées, le commandant du Septième bataillon ne serait pas resté les bras croisés.
Ils étaient nombreux, mais s’ils s’étaient battus depuis la forteresse, on ne les aurait pas repoussés aussi facilement.
Tout s’était passé trop vite. Comme si quelqu’un leur avait ouvert la porte…
Ah, Galahad.
Galahad avait sûrement donné des ordres à part.
Il leur avait probablement dit de leur ouvrir grand la porte, comme la dernière fois. La raison était évidente.
Ces abrutis ne peuvent de toute façon pas utiliser la magie dans le Royaume démoniaque, si ?
La concentration de mana dans le Royaume démoniaque était incomparablement plus élevée que dans le Nord.
Le mana s’écoulait toujours des zones où sa concentration était faible vers celles où elle était élevée. Quand elle devenait excessive, comme dans le Royaume démoniaque, le mana nécessaire aux sorts se dispersait au lieu de se laisser manier.
Neuf mages sur dix seraient incapables d’utiliser la magie dans le Royaume démoniaque.
Y avait-il quelque chose de plus inutile qu’un mage incapable d’utiliser la magie ?
Le problème, c’était que…
…Corton le sait aussi, non ?
Huit était sincèrement impressionné.
* * *
« Suivez-moiiiii ! »
Corton cria à pleins poumons. Une foule de mages le suivait.
Tant de mages obéissaient à ses ordres. Corton sentit une exaltation indescriptible l’envahir.
Quand il avait appris que les Pierres magiques décideraient de qui deviendrait Chef de la Société de magie noire, Corton avait d’abord travaillé dur, pioche à la main.
Puis il avait compris quelque chose d’important.
Ce qu’il voulait, ce n’était pas une chance équitable…
Il voulait réussir vite et sans effort !
Je veux grimper les échelons sans rien foutre !
Mais le nouveau système rendait cela impossible.
Pour devenir Chef de la Société de magie noire, il devait suer et travailler dur. Un système véritablement ignoble.
Puis, juste au moment où Corton criait son désespoir, une occasion s’était enfin présentée. Un grand rassemblement de mages, des conflits qui s’envenimaient et des ambitions qui s’entrechoquaient violemment !
Le moment est venu !
Corton avait soudoyé les soldats et les avait fait s’écarter. Ceux qui se montraient d’ordinaire si intraitables avaient battu en retraite sans difficulté. Même les chefs de compagnie s’étaient effacés.
C’était la preuve que le plan de Corton était parfait.
Bientôt, ils atteignirent le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque. C’était d’ordinaire l’endroit le mieux gardé, mais aujourd’hui, il n’y avait pas un seul garde.
« Pourquoi la garde est-elle si laxiste ? Ce serait pas un piège ? »
Une voix inquiète s’éleva derrière lui. C’était un mercenaire engagé par l’un des mages. Corton n’y prêta aucune attention.
Une fois les mages devant le Royaume démoniaque, ils n’auraient plus le temps de douter.
De fait, les mages ne s’arrêtèrent pas. Ils coururent encore plus vite.
Ils entrèrent dans le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque. Les mages poussèrent des cris divers. L’un d’eux alla même jusqu’à tomber à genoux pour embrasser le sol.
Corton se tenait fièrement tout devant.
« C’est moi qui vous ai tous menés ici ! Si vous êtes des mages, vous devez le sentir ! La puissance de cet endroit ! Son potentiel ! Faites-moi confiance et suivez-moi ! »
La réaction qu’il espérait ne vint pas. Les mages étaient trop occupés à se laisser submerger.
Alors que Corton s’apprêtait à reprendre la parole…
« Fermez la porte. »
Un ordre bref retentit. La porte claqua en se refermant.
Des soldats nus les avaient déjà encerclés. Des hommes qui n’avaient pour tout vêtement que leurs armes suspendues à la taille. Être encerclé par des hommes nus avait quelque chose d’intimidant.
Surtout quand il s’agissait de chefs de compagnie. Et le commandant du bataillon se tenait même derrière eux…
Pourquoi les chefs de compagnie du Septième bataillon sont-ils là ?
Ces chefs de compagnie étaient des pervers qui se roulaient tous les jours dans le Camp d’entraînement du Royaume démoniaque, nus comme des vers. Leur talent ne faisait aucun doute.
Mais quand même…
« Nous sommes plus nombreux ! Je vais vous montrer la grandeur de la magie ! »
Corton cria vaillamment. C’était l’esprit d’un Chef de la Société de magie noire.
Le problème, c’était que…
« Hein ? Mon mana ne répond pas… »
« C-Cette concentration est trop élevée. Impossible d’utiliser la magie ! »
« C’est un piège ! Un piège ! Merde ! Quel fils de… »
Les mages ne pouvaient pas utiliser la magie.
Ah ! C’est vrai ! Bon sang !
Corton ne le comprit que trop tard. Impossible d’utiliser la magie dans une zone où la concentration de mana était élevée !
Alors…
« Excellent jeu d’acteur. »
Un chef de compagnie tapota l’épaule de Corton.
…Du jeu d’acteur ?
Corton pencha un instant la tête, puis bomba le torse.
« Hahaha ! Bande d’imbéciles ! Vous êtes tous tombés dans mon piège ! »
Corton avait l’air tout à fait sincère.
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