Chapitre 15
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Ceaseless
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◈ Le Fou Gendre du Grand-Duc du Nord ◈
Chapitre 15 : Un pet
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« Le commandant du quatrième bataillon n’arrête pas de me fusiller du regard. C’est moi qui me fais des idées ? »
« Il vous fusille bien du regard. »
« Il doit être jaloux de ma beauté. »
« … Le commandant du quatrième bataillon pense probablement que vous avez cherché les ennuis sans raison. Les mouvements des Monstres sont un peu étranges, mais pas au point de justifier une enquête de grande envergure. »
Galahad se gratta la joue à la réponse de Gilbert.
« Ça ne posera pas de problème que l’Unité des opérations spéciales se déplace, mais le souci, c’est que Lady Adrianna nous accompagne. »
Gilbert désigna discrètement un côté. Un grand carrosse blanc s’y trouvait.
« Lady Adrianna ne fait aucune exception, même pour les commandants de bataillon. Le commandant du quatrième bataillon va être sur les nerfs en sachant qu’elle vient. »
« C’est comme si on emmenait un général inspecter les troupes. »
« Qu’est-ce que vous comptez faire ? Il se peut qu’il n’y ait rien là-bas. »
« S’il n’y a rien à signaler, on se débrouillera pour qu’il y ait quelque chose. »
Gilbert fronça les sourcils. Galahad lui tapota l’épaule.
« Les exploits, ça se fabrique. »
Tom revint justement après être allé chercher le carrosse. Il avait l’air sombre.
« C’est pas un carrosse de marchandises, ça ? Comment on est censés faire tout le trajet là-dedans… ? »
Galahad examina le carrosse tandis que Tom ronchonnait. Il était assurément plus petit que celui qu’ils avaient pris auparavant et n’avait pas de fenêtres.
Quand même…
« Ça reste un carrosse, non ? »
Pour Galahad, tous les carrosses se ressemblaient. C’étaient des moyens de transport primitifs, avec des roues, tirés par des chevaux.
« C’est normal pour une unité qui vient d’être créée et qui n’a ni exploits ni histoire. Si tu trouves ça injuste, fais-toi un nom. Après, on te donnera un carrosse plus grand. »
Gilbert désigna le carrosse du quatrième bataillon. Il était plus grand que le leur, avec des roues plus épaisses. Il était aussi couvert de toutes sortes d’ornements.
Des soldats qui semblaient appartenir au quatrième bataillon se moquèrent ouvertement d’eux.
« Ils vont là-dedans ? Ils vont mourir en chemin. »
« Il n’y a même pas de revêtement en cuir. Ils ne vont pas mourir de froid ? »
Galahad ne comprenait toujours pas.
Qu’il s’agisse du carrosse du quatrième bataillon, de celui du premier bataillon ou de celui-ci, au bout du compte…
« Ça reste un carrosse, non ? »
Grand ou petit, ce n’était qu’un carrosse pour Galahad.
C’était comme agrandir un bateau en bois, le peindre et en être fier.
« Oui, c’est vrai. »
« Exactement. Un carrosse ne nous définit pas. »
Tom avait l’air étrangement ému, tandis que Gilbert semblait sceptique. Ils avaient dû mal comprendre ce qu’il disait.
À quoi bon discuter avec des idiots qui ne connaissaient rien à la magie ?
En claquant la langue, Galahad se dirigea vers le carrosse.
*Un peu de chaleur et de moelleux, ça devrait suffire.*
Il comptait installer un système magique rudimentaire. Le plus important, c’était le mana…
« Q-quoi ?! »
« Je regardais, c’est tout. »
« Vous aviez un drôle de regard ! Un regard vraiment lubrique ! »
Gwen se couvrit. Elle avait l’œil.
Gwen avait une réserve de mana plutôt importante et, comme elle n’utilisait de toute façon pas la magie, il pouvait s’en servir. Ça l’exposerait aussi au mana.
Galahad glissa une cigarette entre ses lèvres et agita la main. Il comptait s’inspirer du fonctionnement des appareils magiques.
Les appareils magiques utilisaient normalement des Pierres magiques. On y gravait une formule magique, puis on plaçait en son centre une Pierre magique à forte concentration de mana, qui puisait celui de l’atmosphère pour l’utiliser.
Cette fois, Gwen ferait office de Pierre magique. Bien sûr, se servir d’une personne comme d’une Pierre magique exigeait un sort plutôt compliqué.
Mais Galahad était le mage.
Une couche d’air extrêmement fine se forma au bout de ses doigts. C’était un sort de lame de vent comprimé. Il la fit courir le long du carrosse, y gravant des cercles magiques.
« Gwen, assieds-toi ici. »
« Oui ! C’est un peu bizarre ! Ça me chatouille ! »
« Tiens bon. Ah, et ne pète sous aucun prétexte. »
« … D’habitude, je ne pète pas ! Mais maintenant que vous l’avez dit, j’en ai encore plus envie ! »
Une fois Gwen assise, la magie se mit lentement en marche.
L’intérieur glacial se réchauffa rapidement.
« Waouh… Alors, c’est ça, la magie. On dirait que je suis assise devant une cheminée. »
« Pas mal. »
« C’est bizarre… Beurk… »
Damian s’affala sur le siège comme s’il fondait.
« … Tom, tu sais tenir les rênes ? »
Gilbert, qui ne les confiait jamais à personne d’ordinaire, posa la question d’un ton gêné. La chaleur semblait lui donner envie de rentrer dans le carrosse.
« Tu ne tiendras pas là-dedans. Ton armure est trop grosse. »
Galahad claqua la langue en voyant la déception évidente de Gilbert.
« Si vous me témoignez un peu de respect, je vous en installerai un aussi sur le siège du cocher. »
« Ah, notre admirable capitaine Galahad… »
« Bien. »
Après avoir tracé un cercle magique sur le siège du cocher, Gilbert sourit, ce qui lui arrivait rarement.
« Alors, les chevaliers du Nord ont froid, eux aussi. »
« Je suis toujours humain. C’est plutôt agréable. J’ai les fesses au chaud… »
« Le terme technique, c’est un chauffe-cul. »
* * *
*Un chauffe-cul…*
Gilbert sourit, les fesses bien au chaud. Seul son derrière avait été réchauffé, mais par un froid pareil, ça changeait tout.
Avec une peau de Monstre jetée sur lui, il était aussi bien que possible.
Quelqu’un s’approcha de lui. C’était Hartna, une femme montée sur un cheval brun équipé d’une selle blanche, son ancienne camarade du premier bataillon.
« Oh, ça te va plutôt bien. »
Hartna avait un ton moqueur. Elle avait toujours été particulièrement jalouse de Gilbert. Elle était sans doute venue le taquiner après avoir appris qu’il avait rejoint l’Unité des opérations spéciales.
D’habitude, ça l’aurait un peu agacé, mais après avoir passé du temps avec Galahad, ce genre de remarque ne lui faisait presque plus rien.
« Ah oui ? Tant mieux. »
Le visage de Hartna se décomposa aussitôt. Alors, c’était donc ça, l’effet que ça faisait. Gilbert fut impressionné en silence.
« Alors, ça fait quoi d’être viré du premier bataillon pour atterrir dans la force d’assaut ? Tu te prenais tellement au sérieux après avoir intégré le premier bataillon, et voilà qu’on t’en a éjecté en un rien de temps. »
« Ce n’est pas la force d’assaut. C’est l’Unité des opérations spéciales. Tu n’arrives toujours pas à retenir correctement trois mots. »
« Quoi ?! »
Hartna s’écria. Gilbert éprouva un étrange frisson de plaisir. C’était donc pour ça que Galahad cherchait la petite bête à chaque phrase.
« Ha ! Te faire envoyer dans la force d’assaut t’a rendu susceptible. Ça t’a tant secoué que ça ? »
« C’est l’Unité des opérations spéciales. »
« Très bien ! L’Unité des opérations spéciales ! Tu fais tout un putain de cirque pour un nom qui ne mérite même pas d’être retenu ! »
« Unité des opérations spéciales », ça ne se disait pas tout seul.
« C’est à cause de tes décisions débiles que tu conduis ce carrosse minable. »
*Un carrosse minable… J’imagine que c’est comme ça qu’il paraît.*
Le carrosse était plus confortable que celui d’Adrianna, quand il l’avait conduit. La seule différence, c’était d’avoir les fesses au chaud, mais ça changeait bien plus de choses qu’il ne l’aurait cru. Il n’avait jamais conduit un carrosse aussi confortable.
« Ça suffit. Lady Adrianna m’a ordonné de récupérer ta plaque d’identification. »
Gilbert regarda le carrosse blanc devant eux.
Il était un peu déçu, mais Adrianna avait toujours été comme ça.
Elle s’imposait les mêmes exigences.
Boum !
À cet instant, la porte s’ouvrit à la volée.
« Oh non ! Sir Gilbert ! Gwen a pété ! »
« J’ai dit que non ! C’est pas moi ! »
« En fait, c’était moi. »
Au vacarme derrière lui, Gilbert renifla en riant.
« Tiens. Prends-la. »
Il lança sa plaque d’identification usée du premier bataillon.
« Tu le regretteras. »
Hartna ricana, et Gilbert éclata de rire.
Il avait toujours eu des regrets.
* * *
La nuit était noire, et le vent hurlant ne cessait de frapper le carrosse.
*Hm…*
Galahad fronça les sourcils, troublé par une sensation étrange.
Gwen tressaillit et secoua la tête.
« C’était pas moi, cette fois ! J’ai vraiment pas pété ! »
Pendant un instant, il avait senti quelque chose d’étrange. Ça n’avait fait qu’effleurer ses sens, mais il l’avait bel et bien senti.
Galahad n’était pas assez idiot pour douter de ses propres sensations. Il ouvrit la porte du carrosse d’un coup de pied.
Boum !
La porte s’ouvrit à la volée, dévoilant le paysage extérieur.
La forêt alentour était toute blanche. De longs arbres dénudés défilaient à toute allure. L’air glacial s’engouffra aussitôt.
« Gwen a encore pété ?! »
« … Non ! Vraiment ! »
Galahad plissa les yeux, agrippa la porte du carrosse et tendit l’autre main. Le vent était si froid qu’il avait l’impression que sa main allait geler.
Les arbres étaient si serrés qu’on distinguait à peine la forêt au-delà. Il faisait assez sombre pour croire qu’un Monstre pouvait s’y tapir…
Galahad claqua légèrement des doigts. De petites étincelles jaillirent entre eux, les unes après les autres, et formèrent une grande flamme. Le feu immense repoussa les ténèbres.
Ce qu’il révéla, c’était…
« Des Monstres. »
Des loups aux yeux rouges.
Sans hésiter, Galahad lança une boule de feu. Juste avant qu’elle ne frappe un loup, celui-ci l’attrapa.
*Il l’a attrapée ?*
Galahad comprit d’où venait son malaise.
*Ce loup marche sur deux pattes.*
C’était si naturel qu’il se demanda presque si les loups n’avaient pas toujours marché sur deux pattes.
« Embuscade !! »
Un long cri retentit.
« Q-qu’est-ce qu’il y a ?! »
« L’odeur de ton pet a attiré les loups. Je t’avais dit de ne pas péter. »
« Quoiiii ?! Pardon ! Vous m’avez dit de ne pas le faire, alors j’en ai eu encore plus envie… ! »
Sans répondre, Galahad remua les doigts. Les flammes se rassemblèrent de nouveau, plus vite que tout à l’heure. Un coin de sa bouche se releva.
Il était devenu plus fort.
« Ce sont des loups bipèdes ! Ils craignent le feu ! Ils arrachent la tête des gens avec leurs crocs, alors protégez-vous la tête ! »
Tom cria, son bouclier déjà sorti. Damian se tenait à côté de lui, avec l’air d’un chiot juste avant la promenade.
« Des méchants Monstres nous attendent. On y va ? »
« Bien sûr. »
Galahad attrapa Damian par le dos et le jeta dehors. Gwen poussa un long cri.
Damian roula au sol.
Pouf !
Un loup qui avait ouvert la gueule pour attaquer Damian fut déchiqueté. Damian surgit dans l’ouverture, un grand sourire aux lèvres.
« Tes talents m’impressionnent à chaque fois, Damian ! Sir Gilbert, vous allez bien ? »
« Oui ! Tout va bien ! »
Gilbert tenait les rênes d’une main et faisait tournoyer son épée de l’autre. Les loups se fendaient sans effort sous cette aura éclatante.
« Non ! Récupérez des peaux ! »
« Quoi ?! »
« J’ai dit de récupérer les peaux ! Je vais me faire un manteau ! Tom ! Tu sais en faire un ? »
« Pour qui tu me prends ?! Bien sûr que je sais ! »
« Parfait ! Gwen, ne décolle pas les fesses de ce siège ! Il y a aussi une magie de protection ! »
« Ouuui ! »
Gwen cria, une main plaquée au plafond tandis qu’elle prenait appui contre le plancher.
En riant, Galahad agrippa le toit du carrosse. Il se hissa, poussa sur le plancher et, l’espace d’un instant, le monde se retourna.
Tap !
Galahad atterrit sur le toit d’un seul mouvement, déboutonna son manteau et secoua les mains.
« Pas mal, comme acrobatie. »
« Il y en a un derrière vous. »
« Je sais. »
Gilbert répondit sans s’émouvoir et abattit son épée en biais. Un loup qui se ruait sur lui fut fendu par une ligne bleue nette.
Les loups chargeaient de toutes les directions, mais les chevaliers et les soldats réagirent bien. Cela semblait arriver plus souvent que Galahad ne l’avait pensé.
Une lumière bleu pâle jaillit alors derrière eux.
Les cadavres des loups s’élevèrent dans les airs. Pas une goutte de sang ne les maculait. On aurait dit des carcasses desséchées.
Adrianna se tenait au milieu d’eux.
Nimbée de lumière bleu pâle de la tête aux pieds, elle ressemblait à une déesse descendue des cieux.
Adrianna balaya doucement l’air de son épée.
Une longue ligne se traça dans l’espace.
L’espace d’un instant, on aurait dit que l’espace lui-même s’était fendu.
*Elle a brûlé le mana avec son épée…*
Comment était-ce possible ?
Galahad n’arrivait pas à y croire, même en le voyant de ses yeux.
Les Monstres ne pouvaient même pas toucher Adrianna.
Non, ils ne pouvaient même pas se tenir devant elle.
Un seul coup d’épée avait suffi. Les loups s’effondrèrent le long de la ligne qu’elle avait tracée.
*Sa maîtrise martiale est complètement folle.*
Voilà pourquoi elle était la plus grande ennemie du Roi démon.
Son visage ne laissait paraître aucune fatigue. On aurait dit qu’elle s’était contentée de balancer son épée sans y penser.
Il s’était déjà demandé comment le Nord avait pu repousser les Monstres, mais désormais, sa question était tout autre.
*Comment les Monstres ont-ils bien pu tenir tête à Adrianna ?*
Voilà à quel point elle était forte.
*Je n’en ai aucune idée.*
Par habitude, Galahad imagina comment il pourrait tuer Adrianna, puis claqua la langue. Quelle que soit la méthode envisagée, il ne voyait pas comment elle pourrait marcher.
Elle était l’ennemie naturelle de tout ce qui possédait du mana.
Son regard indifférent ne trahissait aucune émotion.
L’embuscade des loups prit fin après seulement deux coups d’épée.
Tout le monde se remit en ordre comme si rien ne s’était passé.
*Quel coin pourri.*
Galahad s’essuya le visage, couvert de sang, et claqua la langue.
« Les loups bipèdes surgissent quand bon leur semble. Leur fourrure tient bien chaud, alors leurs peaux sont les plus recherchées pour les manteaux. »
Gilbert expliqua, en secouant le sang de son épée. Gilbert était resté propre et net, tandis que Damian était rouge comme s’il s’était roulé dans le sang.
*Une attaque de Monstres juste après cette étrange sensation…*
Galahad claqua des doigts et créa une Flèche de mana. C’était un sort qui servait à mesurer la concentration de mana.
Flèche en main, il se dirigea vers l’endroit qui l’avait troublé plus tôt. La Flèche de mana trembla légèrement, puis rétrécit.
*La concentration de mana est plus élevée qu’ailleurs.*
Bien sûr, la concentration de mana pouvait varier, mais il n’y avait aucune raison pour que l’écart soit aussi marqué au même endroit.
*Il y a quelque chose ici.*
Un coin de la bouche de Galahad se releva.
« Il faut aller par là. »
« La route est de l’autre côté. »
« Je suis un pionnier. Suivez-moi. »
« On va rencontrer une forte opposition. »
Gilbert désigna l’arrière. Les membres des premier et quatrième bataillons s’apprêtaient à monter dans leurs carrosses.
Pour aller là où Galahad indiquait, ils devraient abandonner les carrosses et poursuivre à pied. Ils n’accepteraient pas de le suivre de leur plein gré.
« Et alors ? Notre supérieur, c’est Son Altesse le Grand-Duc. »
Gilbert renifla, comme s’il croyait à une plaisanterie.
Galahad dissimula sa main tremblante derrière son dos et s’approcha d’Adrianna. Elle était assise, immobile, les yeux fermés.
Repassait-elle la bataille dans sa tête ? Cette bataille parfaite qu’elle venait de livrer ? Galahad claqua la langue, admiratif.
« Qu’y a-t-il ? »
Adrianna posa la question d’une voix indifférente.
« Il y a quelque chose là-bas. »
« Là-bas ? »
« La concentration de mana est élevée. Quand elle l’est, c’est qu’il y a quelque chose d’artificiel dans le coin. Et… Puis-je vous emprunter la carte un instant ? Merci. »
Galahad emprunta la carte au chevalier qui se tenait à côté d’Adrianna et la déplia.
« Nous devons être à peu près ici en ce moment. »
« Comment le savez-vous ? »
« J’ai une carte dans la tête. »
Le chevalier à côté d’Adrianna renifla, comme s’il croyait à une plaisanterie.
« Les tours de guet attaquées par les Monstres sont ici, ici, ici et ici. Mais celle du centre n’a pas été touchée. Vous ne trouvez pas ça étrange ? »
« C’est étrange. »
« Et même si nous allons voir les tours de guet effondrées, elles sont déjà en cours de réparation, alors nous n’y gagnerons rien. Nous trouverons sûrement davantage en prenant cette direction. »
« Il n’y a pas de route par là, les carrosses ne peuvent donc pas passer. Il faudra une demi-journée à pied. »
Le chevalier qui se tenait à côté d’Adrianna reprit la parole. C’était une belle femme au visage doux. Quand leurs regards se croisèrent, elle inclina légèrement la tête.
« C’est une opinion raisonnable. »
Adrianna hocha la tête.
« Cette direction est à l’opposé de celle d’où les Monstres ont attaqué. Y aller ne ferait que nous faire perdre du temps. Et cela va à l’encontre du plan, n’est-ce pas ? »
À cet instant, le commandant du quatrième bataillon s’approcha. Son corps était couvert de sang séché. Galahad analysa le commandant d’après les traces de sang.
Il aimait poignarder ses cibles.
Adrianna hocha de nouveau la tête.
« L’hypothèse du capitaine de l’Unité des opérations spéciales est assez plausible, mais les preuves ne suffisent pas à modifier le plan. Je vous prie de m’excuser : le raisonnement vient d’un mage et certains aspects m’échappent. Cela dit, chaque commandant de bataillon peut déployer ses propres troupes. Je ne peux donc pas vous empêcher de partir si vous le souhaitez. Nous inspecterons les tours de guet effondrées comme prévu, puis nous vous rejoindrons. »
Adrianna prit exactement la décision à laquelle Galahad s’attendait.
Il avait voulu se séparer des autres dès le départ. S’il voyageait avec Adrianna, tout le mérite reviendrait à cette femme rayonnante…
S’il s’était tout de même adressé à Adrianna, c’était pour obtenir son soutien, qu’elle avait mentionné ensuite. Si quelque chose lui semblait suspect, Adrianna ne passerait pas simplement son chemin. Elle reviendrait sans aucun doute.
S’ils tombaient sur un ennemi d’une puissance écrasante, il comptait attendre Adrianna.
Un agent creusait toujours deux trous pour s’échapper.
« Hmph. L’Unité des opérations spéciales… Ils vont en baver avec un capitaine aussi idiot. »
Le commandant du quatrième bataillon ricana, sans se douter de rien. Il semblait croire qu’Adrianna avait pris son parti.
Malheureusement, elle n’avait pris le parti de personne.
Elle s’était contentée de trancher.
Le rangement ne prit pas longtemps. Bientôt, ils furent seuls.
Galahad observa silencieusement son unité.
Damian qui se léchait le sang autour des lèvres, Tom qui avait l’air tendu, Gilbert qui paraissait détendu, et Gwen qui tenait un chiffon et un balai, le visage grave…
Quel sacré bazar.
« En route. »
Galahad sourit légèrement.
« … Pardon ! J’en ai juste lâché un tout petit ! Je ne savais pas que les loups allaient venir ! »
Gwen s’excusa en toute hâte.
* * *
« Hé, Karl ! Quelqu’un arrive ! »
« Qui viendrait dans un endroit pareil ? Retourne bosser ! On a presque fini ! »
« Non, il y a vraiment quelqu’un qui arrive ! Ils sont cinq ! »
« Cinq ?! On a presque fini. Ça ne sert à rien de se faire prendre pour rien. »
« Alors, on fait quoi ? »
« On les tue, idiot ! »
Notes en bas de page :
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