Chapitre 1 216
Comme il contrôlait leurs Positions divines, même si un chef d’alliance mourait, il pouvait maintenir de force en vie les membres de cette alliance. Ainsi, grâce à toutes ses préparations, même si aucun chef d’alliance ne parvenait à progresser et qu’il n’obtenait aucun Initié du Dao de rang 9 parmi les vingt et un, il aurait tout de même cent vingt-six cultivateurs de rang 8 à son actif.
Il avait manifestement prévu bien des choses pour lui-même et ces êtres divins. Mais, pour Œil céleste, rien de ce qu’il faisait n’avait quoi que ce soit de bon.
Son véritable corps se trouvait loin de là, mais, en tant que Dao Lord du trompeur de rang 8, elle sentait qu’il mourait un peu plus à chaque instant.
« Comme c’est étrange, dit-elle, perplexe. Qu’est-ce qui peut bien le tuer petit à petit ? »
Elle sentait ses Positions divines mourir environ chaque seconde. Cela lui semblait étrange : si quelque chose était en train de le tuer, il aurait dû mourir sur-le-champ.
Si le trompeur venait à manquer d’espérance de vie, son Feu vital aurait dû s’éteindre aussitôt, et ses quatre Positions divines cesser immédiatement de fonctionner. Ainsi, bien qu’elle sût que les êtres divins qu’elle avait prêtés à Loki risquaient de mourir, elle était intriguée par ce qui se passait et voulait en connaître la raison.
Après avoir longuement réfléchi à la question, elle imagina diverses explications à cette lente agonie. Mais elle voulait en avoir le cœur net ; son véritable corps ouvrit donc une brèche vers le royaume inférieur et y glissa les yeux pour voir ce qui se passait.
Grâce au lien qui l’unissait aux Positions divines de ses disciples, elle percevait leur emplacement. Elle savait donc exactement où regarder pour élucider cette anomalie.
Pourtant, lorsque son regard curieux se posa sur les lieux, elle ne vit qu’un monde auquel était accrochée une minuscule taupe. Le bouclier de verre lui obstruait la vue ; elle ne pouvait donc voir ce qui se passait à l’intérieur du monde ni dans la petite taupe bleue qui y était attachée.
Frustrée de ne pas pouvoir voir ce qui se passait, elle fit dire sans hésiter à son avatar, dans le Monde du Ciel Béni, à celui de Loki : « Ragnarök, qu’est-ce que tu fabriques ?
« Ton invasion vient à peine de commencer et l’un de mes disciples de rang 8 est en train de mourir. Tu ne les as pas conduits là-bas avec ton avatar ? Tu te contentes de les regarder mourir ? »
Avant que Loki ait pu se défendre, l’Érudit tiède intervint : « C’est impossible. Il a juré de préserver leur vie autant que possible. Il ne va donc pas rester là à les regarder mourir alors qu’il peut intervenir pour les sauver. »
Il parlait comme s’il prenait la défense de Loki, mais sa voix était sévère et il le fusillait du regard, comme si Loki lui devait de l’argent. Loki ne se faisait donc aucune illusion sur sa relation avec l’Érudit tiède. Pour lui comme pour tous les autres, il était évident que celui-ci ne l’aimait pas.
Lorsqu’il put enfin prendre la parole, Loki répondit à Œil céleste : « Ce que je fais avec les êtres divins est confidentiel. Tout ce que tu as besoin de savoir, c’est que je respecterai mon serment. Je les protégerai quand je le pourrai, à condition que tu ne t’en mêles pas. »
Puis il se tourna vers l’Érudit tiède : « Arrête de me regarder comme ça. Tu peux bien me fusiller du regard, je ne te laisserai pas examiner l’artefact du Pouvoir du domaine. »
« Oh, allez. Ne fais pas ton difficile. Ne sois pas hostile à la recherche, protesta l’Érudit tiède. »
« Qu’est-ce qui t’inquiète, au juste ? Tu ne t’es pas vanté d’être le seul dans la Mer des Mondes à pouvoir accomplir une telle chose ? »
« Si tu as raison — et je suis persuadé que c’est le cas —, un petit coup d’œil ne changera rien. Je n’ai ni ton habileté ni ton talent ; je ne pourrai donc jamais reproduire ton travail. Crois-moi, tu n’as rien à craindre. »
Il lui servit toutes sortes de belles paroles pour le convaincre, mais Loki renifla avec mépris et rétorqua : « Ne cherche pas à m’amadouer avec des flatteries. Je ne suis pas assez naïf pour tomber dans le panneau. »
« Je sais que je suis grand et immensément talentueux par rapport à vous tous, inutile de me le rappeler. Et puis, je suis aussi assez intelligent pour ne sous-estimer aucun d’entre vous. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda l’Érudit tiède en feignant l’ignorance.
Loki leva les yeux au ciel et répondit : « Tu ne pourras peut-être pas le reproduire. Ou peut-être que si. Je ne peux pas l’affirmer avec une certitude absolue. Seul le temps nous le dira. »
« Mais pour découvrir la vérité plus vite, il suffirait de te laisser examiner comment je m’y suis pris. Or, ce serait prendre le risque de perdre d’avance. »
« Si tu ne peux pas me copier, inutile de tenter le sort en te laissant examiner l’artefact. Mais si tu en es capable, j’ai encore plus de raisons de ne pas tenter le sort. Alors, je préfère que nous ignorions ce dont tu es capable et que je garde secrète ma méthode. »
L’Érudit tiède se lança aussitôt dans une argumentation : « Je pense que tu te sous-estimes beaucoup trop et que tu surestimes bien trop mon potentiel et mon intelligence. Tu devrais corriger cette attitude : elle nuirait à ta confiance en toi et à ton potentiel. »
Il poursuivit sans relâche, expliquant que Loki n’avait aucune raison de craindre que sa technologie soit copiée. À plusieurs reprises, il rabaissa même sa propre intelligence. À l’évidence, il était prêt à dire n’importe quoi pour obtenir ce qu’il voulait.
Malheureusement pour lui, rien de ce qu’il disait ne fit effet sur Loki. Il passa donc des paroles aux actes pour le contraindre à lui donner ce qu’il désirait.
« Comme on dit, les paroles ne coûtent rien. Puisque mes arguments ne semblent pas te faire changer d’avis, que dirais-tu d’une offre que tu ne peux pas refuser ? »