Chapitre 172
Il y a quelques jours...
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Après la guerre contre les cadets du Bastion de la Fierté Somarienne quelques jours plus tôt, les choses avaient commencé à se calmer dans le Bosquet.
C’est à ce moment-là que Celeste s’approcha de Levi. Elle le trouva en train de manger une croûte de pain devant un refuge dans la caserne. Sans le moindre avertissement, elle fit valser sa nourriture, le saisit par le col et le souleva.
« Dis-moi que c’est un mensonge ! » hurla-t-elle.
« Hein ? Qu... qu’est-ce qui te prend ? T’es devenue folle ? » bégaya Levi.
Celeste resserra sa prise. « Est-ce que vous avez vraiment vendu Cedric aux marchands sans cœur de l’Arène Royale ? »
« Hé, attends une minute... » Levi essaya de lui retirer les mains.
« Réponds-moi ! »
À cet instant, l’expression de Levi changea et un sourire commença à s’étirer sur son visage. Puis il murmura : « Alors, il t’a raconté ce qui s’est passé, hein ? »
Un rire sourd et moqueur commença à lui échapper. « Eh bien, oui, c’est ce qu’on a fait. C’est nul, tu sais ? Ce bâtard aurait dû mourir, mais pour une raison ou une autre, il est... »
Il parlait encore quand Celeste lui asséna un coup de poing en plein visage. Les yeux de Levi s’écarquillèrent alors qu’il s’effondrait. Avant même qu’il puisse réaliser la douleur ou essuyer le sang sur sa lèvre, elle était déjà sur lui, les yeux brûlants de rage. Elle le frappa, encore et encore.
Levi serra les dents et essaya de se libérer, mais il n’y parvint pas. Bien sûr, malgré son apparence délicate, son niveau était supérieur au sien ; il n’était donc pas étonnant qu’il soit totalement immobilisé.
Pourtant, la main de Levi tâtonna désespérément le sol à côté d’eux jusqu’à ce que ses doigts se referment sur la bouteille de bière qu’il buvait plus tôt. Il la projeta de toutes ses forces et l’écrasa sur la tête de la jeune femme.
Celeste grimaça quand le verre vola en éclats, et dans ce bref instant, Levi lui donna un coup de pied dans le ventre. Lorsqu’elle se plia en deux de douleur, il se releva et lui donna un autre coup de pied au visage, la faisant glisser sur la terre battue.
« Tu sais quoi ? » hurla Levi en pointant un doigt colérique vers elle. « J’en ai assez de tes conneries. Cedric, Cedric, Cedric ! C’est tout ce qui te passe par la tête ? Pourquoi diable es-tu si fixée sur ce bâtard ! »
Il essuya le sang sur sa propre bouche et sa voix monta dans un ton frénétique et frustré. « Ce bâtard est une malédiction pour le nom Martini et ne mérite pas de le porter. Pourquoi tu ne peux pas voir ça, hein ?! Pourquoi es-tu si aveuglée par ton obsession ! Au point d’être prête à laisser la famille te traiter comme ils le traitent lui ! C’est stupide ! C’est tellement putain de stupide ! »
Levi fit un pas vers elle. « Tu veux entendre la vérité ? » Sa voix descendit d’une octave. « Oui. J’aimerais que ce bâtard crève dans un fossé et y reste. Crois-moi quand je dis que si j’en ai l’occasion, je n’hésiterai pas. Je tuerai ce bâtard moi-même. »
Pendant un moment, le silence s’installa entre eux. Celeste ne parla pas. En fait, elle ne s’était pas relevée et gisait toujours dans la même position où elle était tombée.
Levi haussa un sourcil, confus, et après quelques secondes, il reprit : « Sœur ? »
N’obtenant aucune réponse, il s’approcha un peu plus et c’est alors qu’il vit le sang s’écouler sous sa poitrine.
« Hein ? »
À l’aide de sa jambe, il la retourna immédiatement et put constater qu’une petite dague dépassait de sa poitrine.
...Elle était morte.
Les yeux de Levi s’agrandirent et il fit un pas en arrière, bégayant.
« Qu... quoi ? Elle s’est suicidée ? »
Il n’arrivait pas à y croire. Il savait à quel point sa sœur avait peur de mettre fin à ses jours. Mais là, elle s’était tuée ? Juste comme ça ?
Pendant quelques brèves secondes, il resta là, stupéfait. Puis, son choc fut remplacé par une panique pure. Le suicide de Celeste pour activer sa capacité liée signifiait qu’elle avait vraiment prévu de le tuer. Surtout avec la rage qu’elle avait montrée quelques instants plus tôt. S’il n’utilisait pas sa propre capacité liée immédiatement, il allait vraiment mourir de sa main.
Il regarda vers son refuge et cria dans l’urgence : « Ifrit ! »
Ifrit, qui dormait à l’intérieur de la tente, se réveilla soudainement et, en sortant, il grommela en se frottant les yeux. « Pff... Je croyais t’avoir dit de me laisser dormir quelques... »
Levi le coupa, la voix tremblante de terreur. « Dépêche-toi de venir ici ! Ou je vais mourir ! »
Ifrit s’arrêta en plein bâillement, son regard tombant finalement sur la terre tachée de sang et le corps immobile de Celeste.
« Putain ! »
Ifrit se précipita vers Levi et, d’une main, le saisit par l’épaule par-derrière. « Tu es prêt ? » demanda-t-il en armant son autre bras.
Levi répondit : « Fais-le, c’est tout. »
L’instant d’après, Ifrit plongea son bras dans la poitrine de Levi et lui arracha le cœur. Le garçon recracha une gerbe de sang alors qu’il tombait à genoux, mort.
Juste comme ça, les deux frères et sœurs gisaient sans vie. Pendant un moment, les seuls bruits furent les murmures lointains des cadets à proximité. Ils avaient observé la scène, pensant qu’il ne s’agissait que d’une banale dispute fraternelle, pour finalement assister à un double suicide.
Puis, le corps de Celeste s’enflamma soudainement. Sa forme commença à se tordre et à s’allonger, ses os craquant et se remettant en place avec un bruit sinistre, jusqu’à ce que la silhouette imposante d’un démon se tienne au-dessus du corps sans vie de Levi.
Elle tendit la main, saisit le corps de Levi et le projeta sans effort dans un refuge voisin. Le corps s’écrasa contre la structure en bois, et l’impact fit voler les supports en éclats, faisant s’effondrer le toit.
Celeste se cabra alors et laissa échapper un rugissement terrifiant qui attira l’attention d’encore plus de cadets.
Mais soudain, le refuge dans lequel elle avait jeté Levi explosa en flammes, et de ces flammes, les griffes massives d’une créature émergèrent en premier. Puis, sa forme entière émergea lentement des décombres.