Chapitre 171
« Qu’est-ce que tu veux dire par... pas humaine ? » demanda Aika en se laissant retomber à genoux aux côtés des deux autres.
Leon secoua lentement la tête, les yeux fixés sur Uriel. « Je ne... je ne sais pas ce qu’elle est, mais elle n’est pas humaine. C’est comme si ce corps n’était qu’une incarnation... une coquille pour quelque chose d’absolument terrifiant. » Sa poigne sur le bras d’Uriel se resserra. « C’est la chose la plus effrayante que j’aie jamais vue de toute ma vie. »
Leon cracha à nouveau du sang, l’image brûlant dans son esprit.
À cet instant, Uriel se tourna vers Aika. « S’il te plaît, je dois te demander de partir. Leon a besoin de repos. »
Aika hésita un instant. Finalement, elle se leva et inclina à nouveau la tête. « Je suis désolée. »
Après un moment, elle ajouta : « S’il te plaît... pourrais-tu me rendre un service et... ne pas en parler à mon Porteur ? »
Uriel ne répondit rien. Elle se contenta d’un signe de tête après une seconde, avant de retourner s’occuper de Leon.
Aika se tourna alors et quitta la tente.
***
...
..
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Retour au présent...
——
Aika soupira et serra ses jambes contre elle.
« Qu’est-ce que Seo-yeon peut bien être ? »
Cette pensée martelait son esprit, encore et encore.
Leon avait dit que Seo-yeon n’avait jamais été humaine. Ce qui signifiait que tout le temps que Cedric avait passé avec elle sur Terre, il avait été aux côtés d’un monstre. Et il ne s’en était même pas douté.
Aika frissonna, et une multitude d’autres questions commencèrent à se bousculer dans sa tête.
D’où venait cette créature terrifiante ? Quelle était son origine, et comment avait-elle réussi à atteindre la Terre ? Que voulait-elle ? Les autres seigneurs étaient-ils au courant, ou croyaient-ils tous qu’elle était une humaine comme eux ?
Plus important encore... elle était avec Cedric sur Terre. Avait-elle une motivation particulière pour rester à ses côtés ?
Les pensées d’Aika tourbillonnaient.
Et les minutes s’étirèrent en heures...
Finalement, quand l’épuisement finit par la rattraper, elle s’allongea sur la poitrine de Cedric, enroulant étroitement ses bras autour de lui avant de sombrer dans le sommeil.
***
Après le petit-déjeuner le lendemain, Cedric et Aika entamèrent le long voyage de retour vers le Bosquet du Marionnettiste.
Pour éviter que cela ne prenne des semaines, ils utilisèrent « Un avec les corbeaux » afin de voyager plus rapidement en sautant vers les endroits qu’ils avaient marqués avec leurs plumes comme points d’ancrage.
Au final, il leur fallut quatre jours pour arriver au bosquet.
En arrivant, le spectacle qui les accueillit fut pour le moins... bouleversant.
D’une part, le nombre de cadets restés au campement des cendres avait considérablement diminué. Beaucoup de ceux qui restaient portaient des blessures visibles et avaient le regard complètement vide.
Dans la zone des tentes, beaucoup avaient été déchiquetées, brûlées ou s’étaient effondrées. Et beaucoup semblaient vides. Même la caserne n’avait pas été épargnée. De nombreux abris en bois avaient été réduits en éclats, comme si quelque chose d’infiniment lourd avait simplement traversé les lieux.
Et au-delà de l’odeur métallique du sang qui flottait dans l’air, l’atmosphère entière du bosquet était étouffante et sinistre.
Bien sûr, cela ne surprit pas Cedric, car il avait déjà observé tout ce qui s’était passé à travers les yeux de Kage.
La seule consolation était que cette guerre folle et inutile était désormais terminée.
Les cadets du Bastion du Cramoisi et de l’Argent avaient pour la plupart été tués. Seuls quelques-uns survivaient, enfermés dans la caserne. Enfin, à l’exception de Yami qui, selon la carte de Cedric, se trouvait toujours quelque part dans le territoire de Grade Deux.
Cedric soupira en se dirigeant vers son abri.
« Dingue... »
À cet instant, un corbeau fendit l’air vers lui. Il tourna deux fois autour de sa tête dans un flou frénétique de plumes noires avant de se poser sur son doigt.
« Maître ! Maître ! »
Cedric sourit. « Comment vas-tu, Kage ? »
L’oiseau ébouriffa ses ailes et poussa un croassement fier et aigu. « En sécurité ! Kage est en sécurité ! »
« Bien. »
L’oiseau battit des ailes et recommença à tourner autour de Cedric alors qu’il poursuivait sa route vers l’abri.
En arrivant à l’entrée, il vit que tout le monde dînait dans l’espace commun.
Dion fut le premier à le remarquer, et un large sourire sincère apparut sur ses lèvres alors qu’il se levait de la caisse sur laquelle il était perché. « Regardez qui a décidé de revenir parmi nous. »
Cedric remarqua immédiatement le bandage autour de l’épaule de Dion, mais l’énergie du garçon semblait remarquablement intacte. Dion tendit la main pour une poignée de main virile. « On commençait à croire que les ombres t’avaient enfin eu, mec. »
Un grand sourire sincère apparut aussi sur le visage de Cedric. Mais plus que son propre soulagement, tous ceux autour rayonnaient en voyant leur chef de retour.
La personne qui semblait la plus enthousiaste était Audrey. Elle tenait un corbeau noir dans sa main qu’elle caressait doucement. Si quelqu’un ne savait pas qu’il appartenait à Cedric, il aurait pu croire que c’était sa capacité liée.
Elle se tourna vers Dion. « Tu vois, je t’avais dit qu’il reviendrait aujourd’hui », puis elle donna une légère pichenette au corbeau. « Kuro avait raison. »
Le corbeau dans sa main battit soudain des ailes et cria en signe d’accord. « Tu vois ! Je te l’avais dit ! Je te l’avais dit ! »
Les autres rirent et retrouvèrent Cedric. Après avoir traversé l’atmosphère sinistre du Bosquet, il était rassurant de voir que le groupe était resté largement indemne.
Cedric se joignit à eux pour le dîner tandis qu’ils discutaient des récents événements dans le bosquet.
Au cours de la conversation, Ino intervint : « Après que la princesse Aurora a perdu la moitié de son groupe, elle a autorisé quelques survivants des autres groupes influents à rejoindre le sien pour compléter les effectifs. »
Evelyn leva les yeux de son repas et ajouta : « J’ai entendu dire qu’Alicia, la seule survivante de son groupe, est maintenant dans celui de la princesse. Roben aussi. » Elle marqua une pause. « Oh, et ton frère aussi. »
En entendant cela, Cedric leva les yeux de sa viande.
Puis, un sourire malveillant commença lentement à étirer ses lèvres.
« Ah... mon frère. »
Tout le monde le regarda lentement avec un sentiment de malaise grandissant. L’atmosphère légère d’il y a un instant s’assombrit alors qu’ils observaient son expression changer.
Cedric fixa son repas avec un regard sombre.
« Vous savez les gars, j’avais hâte de revenir. Je crois que mon petit frère m’a vraiment manqué. Après tout, ça fait un bail que je ne l’ai pas vu. Mmm... je pense que je devrais lui rendre visite demain, et peut-être... estropier ce bâtard par la même occasion. »